Les 100 de 1943

26 octobre 2023

Comme chaque année depuis 2018, Le Souvenir Français publie une revue spéciale mettant à l’honneur 100 combattants.

Pour ce numéro de 2023, Le Souvenir Français vous propose de découvrir les portraits de combattants, de résistants ou de résistantes qui se sont illustrés durant l’année 1943.

Gabriel Joseph Longueville

Le brigadier Gabriel Joseph Longueville est né le 19 juillet 1902 à Auty dans le Tarn-et-Garonne.

Au début de la guerre, il rejoint les rangs de l’armée française (Parc de Munitions de l’Armée – 617ème compagnie, en tant que maitre d’armes). Il est fait prisonnier et interné en Allemagne a une date inconnue.

Le 2 juin 1943 à 9h55, il trouve la mort à l’hôpital de Wurzen, pour cause de maladie (méningite). Il est inhumé au cimetière de Wurzen, avec les honneurs. Accompagné par ses camarades jusqu’à sa dernière demeure, une couronne est déposée près de son cercueil par ces derniers puis par l’armée allemande.

Il laisse derrière lui sa femme, Alice Longueville, sans enfants.

Son corps repose désormais au cimetière d’Auty (82).

Gabriel Joseph Longueville fait partie des 541 000 soldats français qui ont sacrifié leur vie pour la France au cours de la Seconde Guerre mondiale.


Guy Le Stum

Fils de Guillaume Le Stum et de Anne Louise Le Pape, Guy Christophe Louis Le Stum est né 02 mars 1916 à Brest. Sa famille a de nombreuses attaches à Irvillac, son oncle, Christophe Le Stum est Maire de la ville de 1929 à 1943.

Guy le Stum choisit la carrière militaire : il sera pilote.

Sous-lieutenant, il est affecté le 6 mars 1940 à la 4ème escadrille du groupe de chasse II/5 La Fayette. Créé en janvier 1933, le GCII/5 regroupait la fameuse escadrille SPA 124 La Fayette (tête de chef Sioux – emblème des pilotes américains qui s’étaient engagés dans l’aviation française en 1916) et la SPA 167 (cigogne blanche à ailes hautes).

Le GC II/5 fut le deuxième Groupe de Chasse à être doté de Curtiss H75 en mars 1939. Cet avion s’est trouvé surclassé par les avions de chasse ennemis (Messerschmitt 109) car moins rapide et doté d’un armement trop faible, handicapes que les pilotes compensaient par leur courage et leur dextérité en combat aérien.

Le 24 mai 1940, le sous-lieutenant Le Stum détruit un Messerschmitt 109, le 7 juin 1940 il remporte une victoire probable sur un Dornier 215.

Guy Le Stum reçoit une citation à l’ordre de l’armée aérienne « Jeune officier faisant preuve de cran et d’habileté. Le 24 mai 1940, au cours d’un dur combat contre la chasse ennemie, supérieure en nombre a, avec son équipier, abattu un Messerschmitt 109 dans nos lignes »

L’armistice est signé le 22 juin 1940. Le GC II/5 se replie en Afrique du nord et s’installe tout d’abord en Algérie.

Guy Le Stum participe avec son groupe à la défense aérienne de Casablanca pendant les opérations de novembre 1942. Son comportement lui vaut une nouvelle citation.

Après le débarquement anglo-américain, du 8 novembre 1942, en Afrique du Nord, les forces aériennes françaises sont réorganisées et rééquipées par les Américains et les Anglais.

Premier groupe de chasse doté de Curtiss P40 F, le « La Fayette » est également le premier à reprendre le combat. Dès le 7 janvier 1943, il est envoyé sur le front tunisien contre les forces allemandes et italiennes débarquées en Tunisie. Attaques et contre-attaques se succèdent sous les bombardements intensifs de l’aviation allemande qui conserve la maîtrise de l’air jusqu’à la mi-mars 1943.

Arrivé à Thélepte dans le Sud-Tunisien le groupe assure les missions d’escortes de bombardiers, de reconnaissances, de protection de la base régulièrement attaquée.

A la demande du commandement des troupes françaises engagées sur le terrain, le 13 janvier 1943, huit P40 menés par les lieutenants Villacèque et le Stum soutiennent les troupes françaises au djebel Ben-Dabouss.

Le 15 janvier, de retour de patrouille, quatre P-40 sont attaqués par 8 Messerschmitt109. Guy Le Stum, blessé au visage pose sur le ventre son avion criblé de balles.

La campagne de Tunisie étant gagnée, le groupe fait mouvement sur le terrain de Bone en septembre 1943, il effectue des patrouilles côtières, de longs vols en protection des convois maritimes, qui usent les pilotes et les avions.

Titulaire de l’Air Medal, du Purple Heart, le lieutenant Guy Le Stum, Croix de guerre avec 4 palmes, est Mort pour la France le 27 décembre 1943 à 27 ans 9 mois et 24 jours,

Par décret du 3 juillet 1946, le lieutenant Le Stum est nommé au grade de chevalier dans l’Ordre National de la Légion d’Honneur à titre posthume.

« Officier pilote de chasse remarquable par sa grande valeur et son courage réfléchi. Le 27 décembre 1943, par suite d’ennuis mécaniques a dû abandonner à ses coéquipiers la protection d’un convoi au large de Bône, ayant pris seul le cap du retour, a trouvé la mort en mer. »
« Exemple d’abnégation et de foi, il lègue aux pilotes de son groupe le souvenir d’une pure figure de soldat de l’Air. »


Jean Jules Maurice Nicolas

Jean Jules Maurice Nicolas est né le 2 novembre 1914 à Saint-Bonnet-en-Bresse, près de Chalon-sur-Saône, en Saône-et-Loire.

Dès que la seconde guerre mondiale éclate, Jean Nicolas s’engage dans la Résistance. Il est responsable régional, interrégional puis subdivisionnaire de 17 départements et commande la branche militaire des FTP. A ce titre, il supervise des opérations de sabotage, distribue des tracts et journaux et multiplie les actions visant à saper la résilience de l’occupant. L’ensemble de son engagement lui vaut d’être nommé commandant des FFI. Dénoncé, il est arrêté le 19 janvier 1944 à Courbevoie. Il est déporté au camp de concentration de Buchenwald où il demeure prisonnier jusqu’à la libération du camp.

Sa fiancée, Marie Adèle Juliette Mairot, rejoint également la Résistance, ce dès 1941. Elle devient rapidement agent de liaison pour 17 départements. Elle prend le pseudonyme de Jeannette, qu’elle conserve toute sa vie. Arrêtée elle aussi le 19 janvier 1944, elle est déportée au camp de concentration de Ravensbrück.

Après la guerre, Jean Nicolas est employé aux services techniques des PTT. Le lieutenant-colonel Jean Nicolas est Mort pour la France le 26 octobre 1973 à l’hôpital militaire Hyacinthe-Vincent à Dijon, décoré de la Médaille de la Résistance française avec rosette et de la Croix de guerre 1939-1945 avec étoile de vermeil.

Son épouse, Jeannette Nicolas, meurt le 8 juillet 1978 à Quetigny. Elle est inhumée près de son époux au cimetière communal de Quetigny. Décorée de la Médaille militaire, de la Médaille de la Résistance française et de la Croix de guerre 1939-1945 avec palme de bronze, elle avait été faite Chevalier de la Légion d’honneur par décret du 16 novembre 1964 (JO du 18 novembre 1964).


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