Trois questions au général Wolfgang Schneiderhan, président du VDK

27 avril 2022

Né en 1946, Wolfgang Schneiderhan, il poursuit tout d’abord une carrière militaire avant d’être affecté au ministère de la défense, et à l’état-major OTAN aux Pays-Bas. Il prend la présidence du VDK en 2017. Pour en savoir plus sur la carrière du général Wolfgang Schneiderhan, cliquer ICI

 1 – Pouvez-vous nous présenter le Volksbund, son histoire, son organisation et ses activités ?

Les débuts

Le Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge (Association allemande pour l’entretien des sépultures militaires) est né en 1919, après la fin de la Première Guerre mondiale, en tant qu’initiative de la société civile issue du peuple. La forme d’organisation choisie a été celle d’une association de droit civil allemand, car elle permettait à tous les membres de participer au travail. Dès ses débuts, le travail du Volksbund a été basé sur l’engagement bénévole et non sur l’action de l’État.

La situation humanitaire et sociale était, comme on le sait, très tendue dans tous les pays après la Première Guerre mondiale. Les conséquences économiques de la guerre ont fait régresser les économies nationales de plusieurs années. Les immenses pertes humaines, le plus souvent des hommes dans la fleur de l’âge, ont été traumatisantes. Après la guerre, il manquait dans de nombreuses familles le fils, le père, le frère. Outre ces énormes conséquences sociales, l’Empire allemand a connu un changement radical de son système politique. L’empereur avait abdiqué et la jeune République de Weimar avait dû commencer son travail presque à zéro dans de nombreux domaines. La situation intérieure n’était pas stable et des forces réactionnaires combattaient la jeune démocratie. L’administration publique était au plus bas, les finances publiques étaient ruinées et le gouvernement allemand n’était de fait pas du tout en mesure de s’occuper des tombes des soldats morts au combat de manière satisfaisante. Par ailleurs, cette activité lui était également interdite sur le sol étranger en vertu du traité de Versailles. De nombreux cimetières militaires avaient déjà vu le jour en France pendant la guerre. Conformément à l’idéal de l’époque, ils étaient plutôt sobres. Rares étaient les cas exceptionnels où l’on trouvait des monuments ou des mémoriaux. Le gouvernement français étendait les sites existants, les déplaçait ou créait de nouveaux cimetières.

Le 16 décembre 1919, plusieurs initiatives régionales qui existaient déjà à cette date se regroupèrent pour former une association au niveau fédéral. La première revue des membres, publiée en 1921, était ornée d’une photo représentant un groupe de cinq croix chrétiennes. Elle devint l’emblème de l’association. L’association civile était autorisée à agir en France, ce qui lui permettait de décorer des tombes et de rassurer les familles sur le lieu et la manière dont le défunt avait été enterré. Bien entendu, beaucoup de personnes restèrent portées disparues et c’est ainsi que furent érigés dans les communes d’origine des monuments portant les noms des fils de la localité qui ne revinrent pas de la guerre.

Sur le plan de la politique étrangère, la situation ne s’est détendue que progressivement. Ce n’est qu’après le traité de Locarno en 1925, par lequel l’Empire allemand reconnut la frontière nationale et renonça ainsi pour toujours à l’Alsace-Lorraine, que la percée eut lieu. Avec l’admission à la Société des Nations en 1926, les relations internationales de Berlin semblaient désormais se normaliser. Les deux ministres des Affaires étrangères Gustav Stresemann et Aristide Briand furent récompensés la même année par le prix Nobel de la paix pour leur œuvre de réconciliation. Comme nous le savons tous, cette phase de paix devait prendre fin trop rapidement. Des ombres sombres se dessinaient déjà à l’horizon. Le putsch manqué d’Adolf Hitler à Munich en 1923 avait montré que des forces revanchistes et extrémistes étaient déjà à l’œuvre en Allemagne.

Mais pour le Volksbund, la collaboration avec les autorités françaises s’avérait déjà positive après 1919. Malgré le ressentiment qui couvait encore sur la scène politique, il se considérait dès le début comme une organisation humanitaire qui devait offrir une sépulture digne aux morts de la guerre. L’accompagnement des familles, le travail de deuil et la préservation de la mémoire des personnes qui avaient trouvé la mort pendant la guerre étaient autant de leitmotivs de l’organisation. De nombreuses veuves et anciens soldats qui souhaitaient rendre un dernier service à leurs camarades s’y sont donc engagés. Il convient également de souligner ici que les soldats allemands juifs ont toujours reçu une tombe digne, non pas avec une croix, mais avec l’étoile de David. C’est précisément la génération qui s’était battue pour son pays pour des motifs patriotiques qui allait être si amèrement trahie. De nombreux soldats du front de confession juive devaient plus tard trouver la mort dans les camps d’extermination nazis. Un crime abominable contre l’humanité et une trahison profondément honteuse contre le précepte de la camaraderie soldatesque.

C’est pourquoi il ne faut pas non plus passer sous silence le fait que les courants nationalistes issus de la société ont commencé à s’immiscer dans le travail du Volksbund dès les années 1920. Si l’utilisation répandue du mot « héros » peut encore s’expliquer par l’usage linguistique de l’époque, l’idée que cet « héroïsme » devait légitimer une nouvelle force militaire puissante au sein de l’Empire allemand, qui devait ensuite effacer définitivement le « traité de la honte » de Versailles, était également séduisante pour beaucoup.

L’ère du national-socialisme

L’arrivée au pouvoir des nationaux-socialistes en 1933 marque le début de l’idéologisation du Volksbund. Les membres juifs furent exclus et la culture du souvenir ainsi que la conception des tombes de guerre et des monuments prirent un autre visage. Alors que ces derniers représentaient la plupart du temps des soldats en deuil ou courbés, les statues étaient désormais vigoureuses, en marche et portaient des armes. Le culte du héros de l’Allemagne fut perverti à l’extrême et l’allégeance aveugle à Adolf Hitler glorifiée. En 1922, le Volksbund avait initié le Volkstrauertag (jour de deuil national) en tant que journée de commémoration nationale. Il s’agissait alors d’une « journée de commémoration des héros » avec des défilés de SA et de SS. Durant la Seconde Guerre mondiale, l’entretien des tombes de guerre des morts était une tâche de la Wehrmacht. De nouvelles sépultures de guerre ont vu le jour sur tous les théâtres d’opérations. Avec le début de l’effondrement de la Wehrmacht sur le front de l’Est en 1944 et le débarquement des Alliés en Normandie, il n’était plus possible d’enregistrer et d’enterrer les morts de manière ordonnée. Aujourd’hui encore, des millions de destins sont considérés comme non élucidés.

La reconstruction en République fédérale d’Allemagne

Après la libération du fascisme, le Volksbund se régénéra peu à peu dans les zones d’occupation occidentales en Allemagne. Il resta interdit dans la zone d’occupation soviétique ainsi qu’en RDA. Ce n’est qu’après la réunification en 1990 qu’il y a repris ses activités. Après 1945, le travail du Volksbund peut être divisé en trois phases. La première est le travail dans la République fédérale naissante elle-même. Contrairement à ce qui s’était passé après la Première Guerre mondiale, de nombreuses tombes de guerre se trouvaient désormais sur le sol allemand. Non seulement la reconstruction commença lentement dans les décombres du pays, mais de nombreux cimetières de guerre virent le jour en Allemagne, certains plus grands, mais aussi de nombreux petits carrés funéraires, souvent inspirés des cimetières ecclésiastiques. Les morts furent récupérés, si possible identifiés, enregistrés et enterrés. La défaite s’est accompagnée de la dénazification de l’Allemagne. Bien que la plupart des gens aient vu comment la population juive et les minorités avaient été brutalement persécutées et que l’on connaissait également l’existence des camps de concentration, l’ampleur des crimes a probablement conduit à une nouvelle réflexion fondamentale dans le domaine de l’entretien des sépultures de guerre. La commémoration des héros s’est transformée en une commémoration de la paix et en une commémoration endeuillée des millions de morts.

Une loi de 1953 ne limitait donc plus en Allemagne le champ d’action de l’assistance aux sépultures de guerre aux seules tombes de soldats, mais englobait toutes les « victimes de la guerre et de la tyrannie ». Ce titre a été choisi en sachant pertinemment que de nombreux coupables et criminels figuraient parmi les morts. Face à l’énormité du nombre, on n’avait sans doute pas les moyens, mais aussi la force et la volonté, de procéder à une différenciation individuelle. Cette situation a eu des répercussions sur le Volksbund jusqu’à aujourd’hui.

Alors que l’entretien des sépultures de guerre n’a guère eu lieu dans la zone du Pacte de Varsovie jusqu’à la chute du rideau de fer, le travail du Volksbund s’étendait de plus en plus à l’étranger après 1953. Cela ouvrait la deuxième phase du travail du Volksbund après 1945. Dans des traités officiels, les anciens pays ennemis réglaient le travail sur l’autre territoire. Le Volksbund a été alors autorisé à effectuer les travaux techniques pour la République fédérale d’Allemagne, c’est-à-dire la recherche des morts, leur récupération et leur inhumation ainsi que la création et l’entretien de sépultures de guerre. Des partenariats importants ont été conclus avec le Luxembourg (1952), la Belgique (1954), l’Italie (1955), la France (1956), la Grande-Bretagne (1959) et les Pays-Bas (1960). Avec l’admission de la République fédérale d’Allemagne dans l’OTAN en 1955 et la création de la Communauté économique européenne en 1957, les traités ont été également une conséquence de ce que l’on appelle « l’intégration occidentale » de l’Allemagne sous le gouvernement de Konrad Adenauer.

Outre l’assistance classique aux sépultures de guerre, un nouveau pilier indépendant a vu également le jour pour la première fois au sein du Volksbund : le travail de jeunesse et d’éducation. En 1953, des jeunes belges et allemands se sont rencontrés sur les sites des sépultures de guerre et ont travaillé ensemble pour la paix et la réconciliation. Grâce à ce travail, ce que la génération précédente n’avait pas réussi à faire devait devenir réalité. La guerre entre les peuples n’est en aucun cas une solution. Ce précepte de paix devait s’ancrer durablement dans la société, ce qui nécessitait un changement de mentalité. Jusqu’à présent, le Volksbund a réuni des centaines de milliers de jeunes d’Allemagne et des pays partenaires. Cela constitue un travail pour la paix à la base, même si les signes de confrontation en Europe pendant la guerre froide étaient évidents.

La chute du mur de Berlin et l’effondrement de l’alliance du Pacte de Varsovie, qui s’était formée sous la contrainte, ont ensuite marqué le début de la troisième phase de l’entretien des sépultures de guerre après 1945 pour le Volksbund. A l’Est, l’association a pu récupérer environ un million de morts de guerre au cours des 30 dernières années. De nombreuses nouvelles sépultures de guerre ont vu le jour et des centaines de milliers de destins ont pu être éclaircis pour les familles. Aujourd’hui encore, l’un des événements les plus émouvants dans le travail du Volksbund est de pouvoir donner à un proche la certitude de l’endroit où est enterré son grand-père, son père, son frère ou son mari, disparu depuis longtemps.

Entre-temps, le Volksbund s’est presque entièrement consacré au travail à l’étranger. Il entretient les tombes de quelque 2,8 millions de morts de guerre. Des milliers d’autres viennent s’y ajouter chaque année. Plus de 830 sépultures de guerre dans 46 pays sont sous sa responsabilité. Il s’agit le plus souvent de cimetières militaires, mais pas exclusivement. Souvent, des civils reposent également dans les tombes. En Lettonie, le Volksbund entretient un site avec des fosses communes de Juifs assassinés. Le Volksbund ne commémore pas non plus exclusivement les soldats tombés au combat, mais en principe tous les groupes de victimes de la guerre.

 2 – Quelle est l’organisation et quelles sont les activités du Volksbund en France ?

Outre la Russie, la France est la plus grande zone d’activité du Volksbund. Au total, il s’occupe de 192 sépultures de la Première Guerre mondiale et de 22 sépultures de la Seconde Guerre mondiale. Alors qu’en Russie, l’accent est mis sur la recherche des morts de guerre, toujours en cours (les travaux d’entretien sont effectués par des entreprises), la recherche active des disparus est terminée en France. En revanche, le Volksbund gère toujours son propre service de soins dans le pays, avec plus de 100 employés et saisonniers. De plus, il s’occupe depuis 1966 des tombes de la guerre de 1870/71, qui étaient déjà sous protection mutuelle depuis cette époque. Il existe même des cimetières où sont enterrés les soldats tombés des deux côtés, par exemple à Soupir dans l’Aisne, non loin de Laon. À Bayeux, plus de 400 Allemands tombés pendant la Seconde Guerre mondiale reposent dans le cimetière de la Commonwealth War Graves Commission. Toutes les organisations travaillent en étroite collaboration et se soutiennent mutuellement.

Le plus grand cimetière de guerre allemand de la Première Guerre mondiale se trouve à Neuville-Saint-Vaast, au sud-ouest de Lille, avec près de 45 000 morts, et le plus grand site de la Seconde Guerre mondiale se trouve à Andilly (au nord-ouest de Nancy) avec plus de 33 000 morts. La France joue un rôle particulier pour le Volksbund. La coopération avec aucun pays n’est aussi intense qu’avec le grand voisin occidental de l’Allemagne. C’est aussi l’expression de la réconciliation après 1945. Aujourd’hui, nous pouvons vraiment parler d’une véritable amitié franco-allemande.

Nous travaillons depuis longtemps avec l’Office franco-allemand pour la jeunesse sur des programmes communs d’échange et de formation. A Niederbronn-les-Bains (au nord de Strasbourg), le Volksbund dispose de son propre centre de rencontre pour la jeunesse. Une nouvelle exposition y a récemment été présentée, qui sert également à informer le public. Avec l’ONAC-VG, l’association organise depuis des années un concours de bande dessinée dans le cadre duquel les jeunes travaillent sur le thème de la guerre et de la paix. Cette année, la Belgique a également rejoint ce projet à succès.

En outre, le Volksbund est également engagé dans la culture du souvenir et de la commémoration d’aujourd’hui. Il participe de manière éminente à la cérémonie commémorative annuelle au mémorial de l’OTAN à Fréthun, près de Calais. C’est là que l’ancien gendarme français Willy Breton a érigé un monument aux morts de l’Alliance de l’Atlantique Nord. Entre-temps, cette manifestation est devenue très connue au niveau national et international et le Volksbund considère cette commémoration internationale commune comme extrêmement importante, car aujourd’hui, nos soldats sont ensemble dans les missions à l’étranger et dans la défense de notre liberté.

La liste des projets menés en France et avec la France est trop longue pour que nous puissions tous les énumérer ici. En 2017, le président allemand Frank-Walter Steinmeier et le président français Emmanuel Macron ont inauguré un centre commémoratif franco-allemand commun au Hartmannwillerkopf (au nord-ouest de Mulhouse). De violents combats s’y sont déroulés de décembre 1914 à janvier 1916. Le dernier projet en date est le tunnel du Winterberg, au Chemin-des-Dames, près de Laon. Il semble que plus de 100 soldats du 111ème régiment d’infanterie de réserve badois reposent toujours dans une galerie de la Première Guerre mondiale. Le Volksbund y est encore actif avec un projet de sondage. Le projet a déjà fait réagir le Conseil des ministres franco-allemand et l’on souhaite une solution commémorative commune. Il y a donc encore suffisamment à faire pour le Volksbund et ses partenaires français.

 3 – Quels sont les partenariats et les accords avec Le Souvenir français ?

Depuis 2016, le Volksbund et Le Souvenir Français ont un accord de coopération. Des réunions annuelles devaient avoir lieu, mais la pandémie de Covid ne l’a pas permis ces deux dernières années. Cela a été particulièrement regrettable, puisque le 150e anniversaire de la guerre de 1870/71 aurait été une occasion importante. Mais il existe aussi une représentation du Souvenir Français en Allemagne. Avec huit représentations régionales, l’organisation est très présente dans tout le pays et les associations du Volksbund dans les Länder allemands coopèrent étroitement avec elles. Le plus bel exemple est la mise en place d’un monument français de 1870/71 à Dresde, pour la ré-inauguration duquel le général Barcellini est également attendu. L’organisation sur place est dirigée par notre association régionale de Saxe. Le Volksbund sera présent avec son président adjoint, l’ancien député du Bundestag Wolfgang Wieland.

Cependant un nouveau projet se profile, et nous n’en sommes qu’au début.  En 2021, un accord tripartite a été signé entre Le Souvenir français, le Volksbund et le ministère français de la Défense. Il s’agit de recenser toutes les sépultures de la guerre de 1870/71. C’est une tâche plus complexe qu’il pourrait y paraître à première vue. Il y a notamment des tombes de prisonniers de guerre français qui ont été inhumés à l’époque sur le territoire de l’Empire allemand, qui fait aujourd’hui partie de la Pologne. Les archives allemandes sont malheureusement très incomplètes, notamment parce qu’il y a eu de grandes pertes pendant la Seconde Guerre mondiale. Une première réunion d’un groupe de travail visant à définir l’étendue des travaux n’a pas encore eu lieu, mais nous espérons qu’elle se concrétisera bientôt. Une prochaine réunion des dirigeants des organisations à Paris est prévue pour cette année.

Pour marquer son attachement particulier au Souvenir français, le Volksbund a récemment décidé d’apporter un soutien sur ses fonds propres, toujours largement financées par des dons. La statue de « La Lorraine qui pleure » a été volée sur le monument français aux soldats morts au combat près de Noisseville (à l’est de Metz). Une subvention pour la rénovation prévue doit également souligner le partenariat particulier entre les deux pays et leurs organisations de sépultures de guerre. 

Le Souvenir français est un partenaire décisif pour le Volksbund, notamment sur la question de la mémoire commune franco-allemande. Nous devons prendre conscience qu’une culture digne et constante de la mémoire patriotique comme en France n’existe pas en Allemagne et ne pourra pas exister pour des raisons historiques compréhensibles. Les crimes du national-socialisme et les actes de la Wehrmacht étaient trop cruels pour cela. La réconciliation politique des années cinquante et soixante a toujours été suivie d’une réconciliation entre les peuples. Les jeunes en France et en Allemagne ne peuvent tout simplement plus s’imaginer que les deux pays au cœur de l’Europe aient pu être ennemis. Mais c’est aussi une chance pour Le Souvenir français et pour le Volksbund. Avec nos informations et nos messages, nous rencontrons plutôt des jeunes curieux que des jeunes hostiles. Les belles relations d’amitié ont leur importance, mais elles doivent aussi être entretenues. C’est notre mission commune pour l’avenir.

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 1 – Pouvez-vous nous présenter le Volksbund, son histoire, son organisation et ses activités ?

Les débuts

Le Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge (Association allemande pour l’entretien des sépultures militaires) est né en 1919, après la fin de la Première Guerre mondiale, en tant qu’initiative de la société civile issue du peuple. La forme d’organisation choisie a été celle d’une association de droit civil allemand, car elle permettait à tous les membres de participer au travail. Dès ses débuts, le travail du Volksbund a été basé sur l’engagement bénévole et non sur l’action de l’État.

La situation humanitaire et sociale était, comme on le sait, très tendue dans tous les pays après la Première Guerre mondiale. Les conséquences économiques de la guerre ont fait régresser les économies nationales de plusieurs années. Les immenses pertes humaines, le plus souvent des hommes dans la fleur de l’âge, ont été traumatisantes. Après la guerre, il manquait dans de nombreuses familles le fils, le père, le frère. Outre ces énormes conséquences sociales, l’Empire allemand a connu un changement radical de son système politique. L’empereur avait abdiqué et la jeune République de Weimar avait dû commencer son travail presque à zéro dans de nombreux domaines. La situation intérieure n’était pas stable et des forces réactionnaires combattaient la jeune démocratie. L’administration publique était au plus bas, les finances publiques étaient ruinées et le gouvernement allemand n’était de fait pas du tout en mesure de s’occuper des tombes des soldats morts au combat de manière satisfaisante. Par ailleurs, cette activité lui était également interdite sur le sol étranger en vertu du traité de Versailles. De nombreux cimetières militaires avaient déjà vu le jour en France pendant la guerre. Conformément à l’idéal de l’époque, ils étaient plutôt sobres. Rares étaient les cas exceptionnels où l’on trouvait des monuments ou des mémoriaux. Le gouvernement français étendait les sites existants, les déplaçait ou créait de nouveaux cimetières.

Le 16 décembre 1919, plusieurs initiatives régionales qui existaient déjà à cette date se regroupèrent pour former une association au niveau fédéral. La première revue des membres, publiée en 1921, était ornée d’une photo représentant un groupe de cinq croix chrétiennes. Elle devint l’emblème de l’association. L’association civile était autorisée à agir en France, ce qui lui permettait de décorer des tombes et de rassurer les familles sur le lieu et la manière dont le défunt avait été enterré. Bien entendu, beaucoup de personnes restèrent portées disparues et c’est ainsi que furent érigés dans les communes d’origine des monuments portant les noms des fils de la localité qui ne revinrent pas de la guerre.

Sur le plan de la politique étrangère, la situation ne s’est détendue que progressivement. Ce n’est qu’après le traité de Locarno en 1925, par lequel l’Empire allemand reconnut la frontière nationale et renonça ainsi pour toujours à l’Alsace-Lorraine, que la percée eut lieu. Avec l’admission à la Société des Nations en 1926, les relations internationales de Berlin semblaient désormais se normaliser. Les deux ministres des Affaires étrangères Gustav Stresemann et Aristide Briand furent récompensés la même année par le prix Nobel de la paix pour leur œuvre de réconciliation. Comme nous le savons tous, cette phase de paix devait prendre fin trop rapidement. Des ombres sombres se dessinaient déjà à l’horizon. Le putsch manqué d’Adolf Hitler à Munich en 1923 avait montré que des forces revanchistes et extrémistes étaient déjà à l’œuvre en Allemagne.

Mais pour le Volksbund, la collaboration avec les autorités françaises s’avérait déjà positive après 1919. Malgré le ressentiment qui couvait encore sur la scène politique, il se considérait dès le début comme une organisation humanitaire qui devait offrir une sépulture digne aux morts de la guerre. L’accompagnement des familles, le travail de deuil et la préservation de la mémoire des personnes qui avaient trouvé la mort pendant la guerre étaient autant de leitmotivs de l’organisation. De nombreuses veuves et anciens soldats qui souhaitaient rendre un dernier service à leurs camarades s’y sont donc engagés. Il convient également de souligner ici que les soldats allemands juifs ont toujours reçu une tombe digne, non pas avec une croix, mais avec l’étoile de David. C’est précisément la génération qui s’était battue pour son pays pour des motifs patriotiques qui allait être si amèrement trahie. De nombreux soldats du front de confession juive devaient plus tard trouver la mort dans les camps d’extermination nazis. Un crime abominable contre l’humanité et une trahison profondément honteuse contre le précepte de la camaraderie soldatesque.

C’est pourquoi il ne faut pas non plus passer sous silence le fait que les courants nationalistes issus de la société ont commencé à s’immiscer dans le travail du Volksbund dès les années 1920. Si l’utilisation répandue du mot « héros » peut encore s’expliquer par l’usage linguistique de l’époque, l’idée que cet « héroïsme » devait légitimer une nouvelle force militaire puissante au sein de l’Empire allemand, qui devait ensuite effacer définitivement le « traité de la honte » de Versailles, était également séduisante pour beaucoup.

L’ère du national-socialisme

L’arrivée au pouvoir des nationaux-socialistes en 1933 marque le début de l’idéologisation du Volksbund. Les membres juifs furent exclus et la culture du souvenir ainsi que la conception des tombes de guerre et des monuments prirent un autre visage. Alors que ces derniers représentaient la plupart du temps des soldats en deuil ou courbés, les statues étaient désormais vigoureuses, en marche et portaient des armes. Le culte du héros de l’Allemagne fut perverti à l’extrême et l’allégeance aveugle à Adolf Hitler glorifiée. En 1922, le Volksbund avait initié le Volkstrauertag (jour de deuil national) en tant que journée de commémoration nationale. Il s’agissait alors d’une « journée de commémoration des héros » avec des défilés de SA et de SS. Durant la Seconde Guerre mondiale, l’entretien des tombes de guerre des morts était une tâche de la Wehrmacht. De nouvelles sépultures de guerre ont vu le jour sur tous les théâtres d’opérations. Avec le début de l’effondrement de la Wehrmacht sur le front de l’Est en 1944 et le débarquement des Alliés en Normandie, il n’était plus possible d’enregistrer et d’enterrer les morts de manière ordonnée. Aujourd’hui encore, des millions de destins sont considérés comme non élucidés.

La reconstruction en République fédérale d’Allemagne

Après la libération du fascisme, le Volksbund se régénéra peu à peu dans les zones d’occupation occidentales en Allemagne. Il resta interdit dans la zone d’occupation soviétique ainsi qu’en RDA. Ce n’est qu’après la réunification en 1990 qu’il y a repris ses activités. Après 1945, le travail du Volksbund peut être divisé en trois phases. La première est le travail dans la République fédérale naissante elle-même. Contrairement à ce qui s’était passé après la Première Guerre mondiale, de nombreuses tombes de guerre se trouvaient désormais sur le sol allemand. Non seulement la reconstruction commença lentement dans les décombres du pays, mais de nombreux cimetières de guerre virent le jour en Allemagne, certains plus grands, mais aussi de nombreux petits carrés funéraires, souvent inspirés des cimetières ecclésiastiques. Les morts furent récupérés, si possible identifiés, enregistrés et enterrés. La défaite s’est accompagnée de la dénazification de l’Allemagne. Bien que la plupart des gens aient vu comment la population juive et les minorités avaient été brutalement persécutées et que l’on connaissait également l’existence des camps de concentration, l’ampleur des crimes a probablement conduit à une nouvelle réflexion fondamentale dans le domaine de l’entretien des sépultures de guerre. La commémoration des héros s’est transformée en une commémoration de la paix et en une commémoration endeuillée des millions de morts.

Une loi de 1953 ne limitait donc plus en Allemagne le champ d’action de l’assistance aux sépultures de guerre aux seules tombes de soldats, mais englobait toutes les « victimes de la guerre et de la tyrannie ». Ce titre a été choisi en sachant pertinemment que de nombreux coupables et criminels figuraient parmi les morts. Face à l’énormité du nombre, on n’avait sans doute pas les moyens, mais aussi la force et la volonté, de procéder à une différenciation individuelle. Cette situation a eu des répercussions sur le Volksbund jusqu’à aujourd’hui.

Alors que l’entretien des sépultures de guerre n’a guère eu lieu dans la zone du Pacte de Varsovie jusqu’à la chute du rideau de fer, le travail du Volksbund s’étendait de plus en plus à l’étranger après 1953. Cela ouvrait la deuxième phase du travail du Volksbund après 1945. Dans des traités officiels, les anciens pays ennemis réglaient le travail sur l’autre territoire. Le Volksbund a été alors autorisé à effectuer les travaux techniques pour la République fédérale d’Allemagne, c’est-à-dire la recherche des morts, leur récupération et leur inhumation ainsi que la création et l’entretien de sépultures de guerre. Des partenariats importants ont été conclus avec le Luxembourg (1952), la Belgique (1954), l’Italie (1955), la France (1956), la Grande-Bretagne (1959) et les Pays-Bas (1960). Avec l’admission de la République fédérale d’Allemagne dans l’OTAN en 1955 et la création de la Communauté économique européenne en 1957, les traités ont été également une conséquence de ce que l’on appelle « l’intégration occidentale » de l’Allemagne sous le gouvernement de Konrad Adenauer.

Outre l’assistance classique aux sépultures de guerre, un nouveau pilier indépendant a vu également le jour pour la première fois au sein du Volksbund : le travail de jeunesse et d’éducation. En 1953, des jeunes belges et allemands se sont rencontrés sur les sites des sépultures de guerre et ont travaillé ensemble pour la paix et la réconciliation. Grâce à ce travail, ce que la génération précédente n’avait pas réussi à faire devait devenir réalité. La guerre entre les peuples n’est en aucun cas une solution. Ce précepte de paix devait s’ancrer durablement dans la société, ce qui nécessitait un changement de mentalité. Jusqu’à présent, le Volksbund a réuni des centaines de milliers de jeunes d’Allemagne et des pays partenaires. Cela constitue un travail pour la paix à la base, même si les signes de confrontation en Europe pendant la guerre froide étaient évidents.

La chute du mur de Berlin et l’effondrement de l’alliance du Pacte de Varsovie, qui s’était formée sous la contrainte, ont ensuite marqué le début de la troisième phase de l’entretien des sépultures de guerre après 1945 pour le Volksbund. A l’Est, l’association a pu récupérer environ un million de morts de guerre au cours des 30 dernières années. De nombreuses nouvelles sépultures de guerre ont vu le jour et des centaines de milliers de destins ont pu être éclaircis pour les familles. Aujourd’hui encore, l’un des événements les plus émouvants dans le travail du Volksbund est de pouvoir donner à un proche la certitude de l’endroit où est enterré son grand-père, son père, son frère ou son mari, disparu depuis longtemps.

Entre-temps, le Volksbund s’est presque entièrement consacré au travail à l’étranger. Il entretient les tombes de quelque 2,8 millions de morts de guerre. Des milliers d’autres viennent s’y ajouter chaque année. Plus de 830 sépultures de guerre dans 46 pays sont sous sa responsabilité. Il s’agit le plus souvent de cimetières militaires, mais pas exclusivement. Souvent, des civils reposent également dans les tombes. En Lettonie, le Volksbund entretient un site avec des fosses communes de Juifs assassinés. Le Volksbund ne commémore pas non plus exclusivement les soldats tombés au combat, mais en principe tous les groupes de victimes de la guerre.

 2 – Quelle est l’organisation et quelles sont les activités du Volksbund en France ?

Outre la Russie, la France est la plus grande zone d’activité du Volksbund. Au total, il s’occupe de 192 sépultures de la Première Guerre mondiale et de 22 sépultures de la Seconde Guerre mondiale. Alors qu’en Russie, l’accent est mis sur la recherche des morts de guerre, toujours en cours (les travaux d’entretien sont effectués par des entreprises), la recherche active des disparus est terminée en France. En revanche, le Volksbund gère toujours son propre service de soins dans le pays, avec plus de 100 employés et saisonniers. De plus, il s’occupe depuis 1966 des tombes de la guerre de 1870/71, qui étaient déjà sous protection mutuelle depuis cette époque. Il existe même des cimetières où sont enterrés les soldats tombés des deux côtés, par exemple à Soupir dans l’Aisne, non loin de Laon. À Bayeux, plus de 400 Allemands tombés pendant la Seconde Guerre mondiale reposent dans le cimetière de la Commonwealth War Graves Commission. Toutes les organisations travaillent en étroite collaboration et se soutiennent mutuellement.

Le plus grand cimetière de guerre allemand de la Première Guerre mondiale se trouve à Neuville-Saint-Vaast, au sud-ouest de Lille, avec près de 45 000 morts, et le plus grand site de la Seconde Guerre mondiale se trouve à Andilly (au nord-ouest de Nancy) avec plus de 33 000 morts. La France joue un rôle particulier pour le Volksbund. La coopération avec aucun pays n’est aussi intense qu’avec le grand voisin occidental de l’Allemagne. C’est aussi l’expression de la réconciliation après 1945. Aujourd’hui, nous pouvons vraiment parler d’une véritable amitié franco-allemande.

Nous travaillons depuis longtemps avec l’Office franco-allemand pour la jeunesse sur des programmes communs d’échange et de formation. A Niederbronn-les-Bains (au nord de Strasbourg), le Volksbund dispose de son propre centre de rencontre pour la jeunesse. Une nouvelle exposition y a récemment été présentée, qui sert également à informer le public. Avec l’ONAC-VG, l’association organise depuis des années un concours de bande dessinée dans le cadre duquel les jeunes travaillent sur le thème de la guerre et de la paix. Cette année, la Belgique a également rejoint ce projet à succès.

En outre, le Volksbund est également engagé dans la culture du souvenir et de la commémoration d’aujourd’hui. Il participe de manière éminente à la cérémonie commémorative annuelle au mémorial de l’OTAN à Fréthun, près de Calais. C’est là que l’ancien gendarme français Willy Breton a érigé un monument aux morts de l’Alliance de l’Atlantique Nord. Entre-temps, cette manifestation est devenue très connue au niveau national et international et le Volksbund considère cette commémoration internationale commune comme extrêmement importante, car aujourd’hui, nos soldats sont ensemble dans les missions à l’étranger et dans la défense de notre liberté.

La liste des projets menés en France et avec la France est trop longue pour que nous puissions tous les énumérer ici. En 2017, le président allemand Frank-Walter Steinmeier et le président français Emmanuel Macron ont inauguré un centre commémoratif franco-allemand commun au Hartmannwillerkopf (au nord-ouest de Mulhouse). De violents combats s’y sont déroulés de décembre 1914 à janvier 1916. Le dernier projet en date est le tunnel du Winterberg, au Chemin-des-Dames, près de Laon. Il semble que plus de 100 soldats du 111ème régiment d’infanterie de réserve badois reposent toujours dans une galerie de la Première Guerre mondiale. Le Volksbund y est encore actif avec un projet de sondage. Le projet a déjà fait réagir le Conseil des ministres franco-allemand et l’on souhaite une solution commémorative commune. Il y a donc encore suffisamment à faire pour le Volksbund et ses partenaires français.

 3 – Quels sont les partenariats et les accords avec Le Souvenir français ?

Depuis 2016, le Volksbund et Le Souvenir Français ont un accord de coopération. Des réunions annuelles devaient avoir lieu, mais la pandémie de Covid ne l’a pas permis ces deux dernières années. Cela a été particulièrement regrettable, puisque le 150e anniversaire de la guerre de 1870/71 aurait été une occasion importante. Mais il existe aussi une représentation du Souvenir Français en Allemagne. Avec huit représentations régionales, l’organisation est très présente dans tout le pays et les associations du Volksbund dans les Länder allemands coopèrent étroitement avec elles. Le plus bel exemple est la mise en place d’un monument français de 1870/71 à Dresde, pour la ré-inauguration duquel le général Barcellini est également attendu. L’organisation sur place est dirigée par notre association régionale de Saxe. Le Volksbund sera présent avec son président adjoint, l’ancien député du Bundestag Wolfgang Wieland.

Cependant un nouveau projet se profile, et nous n’en sommes qu’au début.  En 2021, un accord tripartite a été signé entre Le Souvenir français, le Volksbund et le ministère français de la Défense. Il s’agit de recenser toutes les sépultures de la guerre de 1870/71. C’est une tâche plus complexe qu’il pourrait y paraître à première vue. Il y a notamment des tombes de prisonniers de guerre français qui ont été inhumés à l’époque sur le territoire de l’Empire allemand, qui fait aujourd’hui partie de la Pologne. Les archives allemandes sont malheureusement très incomplètes, notamment parce qu’il y a eu de grandes pertes pendant la Seconde Guerre mondiale. Une première réunion d’un groupe de travail visant à définir l’étendue des travaux n’a pas encore eu lieu, mais nous espérons qu’elle se concrétisera bientôt. Une prochaine réunion des dirigeants des organisations à Paris est prévue pour cette année.

Pour marquer son attachement particulier au Souvenir français, le Volksbund a récemment décidé d’apporter un soutien sur ses fonds propres, toujours largement financées par des dons. La statue de « La Lorraine qui pleure » a été volée sur le monument français aux soldats morts au combat près de Noisseville (à l’est de Metz). Une subvention pour la rénovation prévue doit également souligner le partenariat particulier entre les deux pays et leurs organisations de sépultures de guerre. 

Le Souvenir français est un partenaire décisif pour le Volksbund, notamment sur la question de la mémoire commune franco-allemande. Nous devons prendre conscience qu’une culture digne et constante de la mémoire patriotique comme en France n’existe pas en Allemagne et ne pourra pas exister pour des raisons historiques compréhensibles. Les crimes du national-socialisme et les actes de la Wehrmacht étaient trop cruels pour cela. La réconciliation politique des années cinquante et soixante a toujours été suivie d’une réconciliation entre les peuples. Les jeunes en France et en Allemagne ne peuvent tout simplement plus s’imaginer que les deux pays au cœur de l’Europe aient pu être ennemis. Mais c’est aussi une chance pour Le Souvenir français et pour le Volksbund. Avec nos informations et nos messages, nous rencontrons plutôt des jeunes curieux que des jeunes hostiles. Les belles relations d’amitié ont leur importance, mais elles doivent aussi être entretenues. C’est notre mission commune pour l’avenir.

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