Trois questions à Valérie Arnold-Gautier

10 juillet 2020

Valérie Arnold-Gautier est présidente de la Fédération Française de Généalogie.

1- Les célébrations du Centenaire de la Grande Guerre ont entraîné un regain d’intérêt pour la généalogie. Grâce à l’importante numérisation d’archives, de nombreux Français se sont penchés sur le destin de leurs ancêtres Poilus. Pour les conflits précédents, ces recherches sont néanmoins plus complexes. Que peut leur apporter la Fédération française de généalogie ?

La Fédération française de généalogie représente 150 associations de généalogistes réparties sur une bonne partie du territoire. La plupart de ces clubs ou cercles ont dépassé le quart de siècle d’existence et des passionnés aiment partager leur savoir-faire, leur expertise. Ces bénévoles exploitent les registres d’état civil et autres informations individuelles, tels les registres matricules ou toute autre source, à la recherche de leurs ancêtres ou de ceux de leurs amis. Ce faisant, ils ont la capacité d’identifier les événements familiaux, heureux ou malheureux, tels les décès de jeunes conscrits lors de guerres comme celle de 1870.

Cela fait partie de l’Histoire familiale, car avoir perdu un frère, un oncle ou grand-oncle, soldat au cours d’une guerre, n’est pas quelque chose de négligeable dans cette histoire, d’où l’importance de rattacher à une famille chacun de ces disparus.

Les généalogistes sont donc les abeilles de la ruche et aident à produire au moyen de leurs indexations un miel qui fait le régal des chercheurs ! Il n’y a pas plus opiniâtre et généreux qu’un généalogiste qui n’hésite pas à passer des heures à décrypter ou à transcrire un document ancien pour le communiquer à la communauté.

2Le Souvenir Français et la Fédération française de généalogie ont signé une convention de partenariat dans le cadre du 150ème anniversaire de la guerre de 1870. Pourquoi une telle convention ?

Cette convention a pour but de retrouver tous les soldats morts pour la Patrie durant le conflit, afin que ceux qui n’ont jamais figuré sur un Monument aux Morts puissent être dignement honorés par notre Nation. Notre rôle est de retrouver les lieux de naissance de chacun des valeureux soldats. C’est un magnifique travail de mémoire et la Fédération française de généalogie est très honorée d’avoir été choisie comme partenaire du Souvenir Français pour ce projet ambitieux.

En outre, nous savons que probablement plus des trois quarts des morts de 1870, sont décédés d’une maladie infectieuse. Ceci est important pour l’histoire sociale de notre pays, mais n’a jamais été étudié.

La mesure de l’impact des maladies infectieuses sur la population générale est empêchée par la règle du code civil qui interdit la mention de la cause du décès dans l’acte de décès, alors que le bordereau transmis par le régiment mentionne cette cause que l’on retrouve dans sa transcription sur le registre communal.

On imagine difficilement aujourd’hui l’incidence de maladies comme la variole ou la typhoïde à une époque où la population générale n’était pas vaccinée (même si le vaccin anti-variolique existait déjà).

3Dans le cadre de cette convention, vous menez un grand projet de généalogie sur 1870. Pouvez-vous nous en dire plus ? Quelle est son échéance ?

Notre projet initial est de créer une base de données des soldats morts pour la Patrie en 1870 dans laquelle les généalogistes et historiens pourront trouver des informations sur ces héros.

De nombreuses associations et bénévoles ont répondu à notre appel et sont déjà à l’œuvre. Je profite de l’occasion qui m’est donnée pour tous les remercier. La tâche est d’autant plus ardue que nos généalogistes doivent consulter plusieurs documents (état civil, registres matricules, documents d’archives) pour croiser les informations afin d’établir un relevé le plus exhaustif possible. 

Quant à l’échéance, il est difficile de l’évaluer car nous sommes face à un challenge. Je vous répondrais que notre souhait est d’indexer tous ces soldats le plus vite possible.

À terme, nous espérons raccrocher cette base à notre grand Mémorial des Premier et Second Empire afin de constituer une base de données sur le XIXe siècle, de haut niveau scientifique et qui intéressera tous les chercheurs sur cette période.

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