TROIS QUESTIONS À JEAN NALLIT

30 novembre 2016

Ancien résistant et président du comité de Caluire-Cuire de l’association « Le Souvenir Français ».

jeannallit

1) Décrivez-nous votre parcours de Résistant.

Très tôt, je m’inquiète de la montée du nazisme, avec l’arrivée d’Hitler au pouvoir. J’ai 12 ans, je suis influencé, peut-être par mon père, grand invalide de guerre. Mes parents sont abonnés au journal Le Progrès qui mentionne les exactions du régime qui s’instaure : l’invasion de la Tchécoslovaquie, de l’annexion de l’Autriche, l’intervention de l’Allemagne et de l’Italie contre la République espagnole. Tous ces évènements me portent à résister, si ce régime vient chez nous.

En juin 1940, c’est la débâcle de l’Armée Française et, sur le conseil de mes parents, je pars de Lyon, à bicyclette, pour éviter d’être présent lors de l’arrivée de l’armée allemande. Lorsque je quitte la ville, les dépôts de carburants du port Edouard Herriot sont en feu.

Je reprends le travail à la centrale électrique et retrouve les anciens ouvriers « affectés spéciaux » qui sont déjà engagés dans la Résistance. Mon comportement et mes réactions face à l’occupation et au gouvernement de Vichy sont observés par ces camarades de travail et un jour de 1941, un de ceux-ci qui appartient à la Résistance se dévoile et me demande si je veux les aider : ma réponse est affirmative et immédiate. Je rentre ainsi dans la Résistance ouvrière et, par la suite, dans le Réseau « Charrette », Réseau créé par le neveu du Général de Gaulle. Je deviens adjoint au responsable du service identité et impression pour la région lyonnaise.

Ces activités me valent mon arrestation, la torture et la déportation à Buchenwald.

2) Vous êtes aujourd’hui un exceptionnel « Transmetteur de mémoire » auprès des jeunes générations, comment êtes-vous reçu ?

Je transmets la mémoire depuis très longtemps, parle aux élèves des collèges et lycées et j’interviens au Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation à Lyon et au Mémorial de Montluc dans le cadre des échanges scolaires. J’interviens également devant des élèves étrangers : anglais, allemands, finlandais, suédois, suisses, italiens, espagnols. Je parle aussi sur les bateaux de tourisme américains qui descendent la Saône et le Rhône.

Je suis bien accueilli, chaque intervention se termine par des applaudissements : c’est un grand réconfort et un encouragement. J’ai témoigné devant plus de 100 000 élèves !

3) Depuis quand présidez-vous le comité du Souvenir Français de Caluire ? Pourquoi vous êtes engagé dans notre association ?

A la demande du Colonel Béret, délégué général de l’époque, nous avons créé, mon épouse et moi, le comité de l’association Le Souvenir Français de Caluire et Cuire en 1982. Nous avons obtenu un « Espace du Souvenir Français » devant le monument aux Morts, place Gouailhardou. Notre comité est toujours dynamique. Il s’impose en effet dans cette commune de Caluire tant marquée par l’arrestation de Jean Moulin.

Articles récents

17 mars 2021

Les femmes, l’avenir du Souvenir Français

Discours du Président Général Serge Barcellini, lors de l’inauguration de l’exposition du musée de la Cour d’Or de Metz sur Marie Sautet. Le Souvenir Français n’a pas dans ses habitudes d’inscrire des actions dans la Journée internationale des droits des femmes. Notre agenda mémoriel est le plus souvent celui des 1er et 2 novembre – […]

Voir l'article >
29 janvier 2021

Le Souvenir Français et le rapport de Benjamin Stora au président de la République

A la recherche des Morts pour la France Mais où sont passés les Morts pour la France ? Dans les 157 pages du rapport de Benjamin Stora consacré aux questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie, cette expression n’est pas à l’ordre jour. Elle n’est présente qu’à trois reprises, deux fois dans des […]

Voir l'article >
" alt="" class="img-fluid"/>
8 avril 2021

Le monument aux morts de Levallois-Perret labellisé Patrimoine d’intérêt régional en Île-de-France

En partenariat avec la Délégation Régionale de la Fondation du Patrimoine, Le Souvenir Français a pour projet de créer un parcours mémoriel en Ile-de-France consacré à la guerre de 1870-1871. Dans ce cadre, le monument aux morts de Levallois-Perret a été présenté à la labellisation Patrimoine d’intérêt régional de la région Ile-de-France par notre association […]

Voir l'article >
7 avril 2021

Billet d’humeur du Président Général

Le Monde et l’Audace Mémorielle. Le 4 mars 2021, Le Monde consacrait son éditorial au rapport de Benjamin Stora, sous le titre « France-Algérie, poursuivre sur la voie de la vérité ». L’ensemble de l’article est centré sur le devoir de vérité que doit accomplir la France, « même en l’absence de réciprocité algérienne ».   Le rapport Stora […]

Voir l'article >
  • Ce champ n’est utilisé qu’à des fins de validation et devrait rester inchangé.

Billet d’humeur du Président Général

7 avril 2021

Ancien résistant et président du comité de Caluire-Cuire de l’association « Le Souvenir Français ».

jeannallit

1) Décrivez-nous votre parcours de Résistant.

Très tôt, je m’inquiète de la montée du nazisme, avec l’arrivée d’Hitler au pouvoir. J’ai 12 ans, je suis influencé, peut-être par mon père, grand invalide de guerre. Mes parents sont abonnés au journal Le Progrès qui mentionne les exactions du régime qui s’instaure : l’invasion de la Tchécoslovaquie, de l’annexion de l’Autriche, l’intervention de l’Allemagne et de l’Italie contre la République espagnole. Tous ces évènements me portent à résister, si ce régime vient chez nous.

En juin 1940, c’est la débâcle de l’Armée Française et, sur le conseil de mes parents, je pars de Lyon, à bicyclette, pour éviter d’être présent lors de l’arrivée de l’armée allemande. Lorsque je quitte la ville, les dépôts de carburants du port Edouard Herriot sont en feu.

Je reprends le travail à la centrale électrique et retrouve les anciens ouvriers « affectés spéciaux » qui sont déjà engagés dans la Résistance. Mon comportement et mes réactions face à l’occupation et au gouvernement de Vichy sont observés par ces camarades de travail et un jour de 1941, un de ceux-ci qui appartient à la Résistance se dévoile et me demande si je veux les aider : ma réponse est affirmative et immédiate. Je rentre ainsi dans la Résistance ouvrière et, par la suite, dans le Réseau « Charrette », Réseau créé par le neveu du Général de Gaulle. Je deviens adjoint au responsable du service identité et impression pour la région lyonnaise.

Ces activités me valent mon arrestation, la torture et la déportation à Buchenwald.

2) Vous êtes aujourd’hui un exceptionnel « Transmetteur de mémoire » auprès des jeunes générations, comment êtes-vous reçu ?

Je transmets la mémoire depuis très longtemps, parle aux élèves des collèges et lycées et j’interviens au Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation à Lyon et au Mémorial de Montluc dans le cadre des échanges scolaires. J’interviens également devant des élèves étrangers : anglais, allemands, finlandais, suédois, suisses, italiens, espagnols. Je parle aussi sur les bateaux de tourisme américains qui descendent la Saône et le Rhône.

Je suis bien accueilli, chaque intervention se termine par des applaudissements : c’est un grand réconfort et un encouragement. J’ai témoigné devant plus de 100 000 élèves !

3) Depuis quand présidez-vous le comité du Souvenir Français de Caluire ? Pourquoi vous êtes engagé dans notre association ?

A la demande du Colonel Béret, délégué général de l’époque, nous avons créé, mon épouse et moi, le comité de l’association Le Souvenir Français de Caluire et Cuire en 1982. Nous avons obtenu un « Espace du Souvenir Français » devant le monument aux Morts, place Gouailhardou. Notre comité est toujours dynamique. Il s’impose en effet dans cette commune de Caluire tant marquée par l’arrestation de Jean Moulin.

Articles récents

17 mars 2021

Les femmes, l’avenir du Souvenir Français

Discours du Président Général Serge Barcellini, lors de l’inauguration de l’exposition du musée de la Cour d’Or de Metz sur Marie Sautet. Le Souvenir Français n’a pas dans ses habitudes d’inscrire des actions dans la Journée internationale des droits des femmes. Notre agenda mémoriel est le plus souvent celui des 1er et 2 novembre – […]

Voir l'article >
29 janvier 2021

Le Souvenir Français et le rapport de Benjamin Stora au président de la République

A la recherche des Morts pour la France Mais où sont passés les Morts pour la France ? Dans les 157 pages du rapport de Benjamin Stora consacré aux questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie, cette expression n’est pas à l’ordre jour. Elle n’est présente qu’à trois reprises, deux fois dans des […]

Voir l'article >
" alt="" class="img-fluid"/>
8 avril 2021

Le monument aux morts de Levallois-Perret labellisé Patrimoine d’intérêt régional en Île-de-France

En partenariat avec la Délégation Régionale de la Fondation du Patrimoine, Le Souvenir Français a pour projet de créer un parcours mémoriel en Ile-de-France consacré à la guerre de 1870-1871. Dans ce cadre, le monument aux morts de Levallois-Perret a été présenté à la labellisation Patrimoine d’intérêt régional de la région Ile-de-France par notre association […]

Voir l'article >
7 avril 2021

Le monument du mois

Un monument pour les Morts pour la France disparus de la guerre d’Algérie Durant la guerre d’Algérie, plusieurs centaines de militaires français sont portés disparus. Leurs familles ignorent bien souvent les circonstances de leur disparition, et par absence des corps, n’ont pas pu « faire leur deuil ». Créée en 2014, l’association SOLDIS Algérie, présidée par le […]

Voir l'article >