Trois questions à Grégory Allione

26 janvier 2022

Le contrôleur général Grégory Allione est le Président de la Fédération Nationale des Sapeurs Pompiers de France depuis le 12 octobre 2018. Originaire du Var, il devient sapeur-pompier volontaire en 1989 à l’âge de 17 ans, puis professionnel en 1997.

1. Vous présidez la Fédération nationale des Sapeurs-pompiers de France (FNSPF). Pouvez-vous nous présenter cette fédération ?

La Fédération, qui célèbre cette année son 140ème anniversaire, constitue la tête nationale du réseau associatif des sapeurs-pompiers de France. Elle rassemble aujourd’hui plus de 285 000 adhérents, civils ou militaires, issus des différentes catégories qui forment notre communauté, en métropole et outre-mer : jeunes, professionnels, volontaires, sapeurs-pompiers d’entreprises, anciens, personnels administratifs et techniques.

A travers ses différents buts, la FNSPF assure trois fonctions essentielles.

En premier lieu, une fonction de représentation : elle porte la voix légitime des sapeurs-pompiers et des territoires auprès des instances consultatives et des pouvoirs publics, du maire au président de la République, et désormais au niveau européen. Grâce à ses 25 commissions catégorielles et spécialisées, elle est une force de proposition pour faire progresser sans cesse le dispositif de protection civile des populations dans ses différents domaines : prévention et réponse aux risques ; distribution des secours et soins d’urgence ; préparation, planification et lutte contre les crises de toutes natures, climatiques, industrielles, sanitaires ou terroristes. Mais aussi un vecteur de promotion du savoir-faire et de l’expertise des sapeurs-pompiers auprès des institutions, des médias, des entreprises et du grand public.  

La seconde fonction de la Fédération est un rôle d’animation et de cohésion de notre communauté. Pour qu’un sapeur-pompier ne soit jamais seul, le réseau fédéral se mobilise à travers les amicales, les unions mais aussi l’Œuvre des pupilles (ODP) et la Mutuelle nationale des sapeurs-pompiers de France (MNSPF) : à travers elles, toute une chaîne de solidarité agit pour accompagner les sapeurs-pompiers et leurs familles face à la précarité sociale, aux blessures, à la maladie ou au deuil. Animer, c’est aussi faire progresser les techniques des sapeurs-pompiers, leur matériel et leurs méthodes d’intervention, partager les savoirs. Ou encore organiser des événements intergénérationnels entre sapeurs-pompiers et de proximité avec la population : ainsi, chaque année, la FNSPF organise dans un département différent le congrès national des sapeurs-pompiers, principal lieu de rencontre et d’échanges entre les composantes de notre communauté (pompiers, industriels, élus locaux et nationaux), mais aussi une vingtaine de compétitions sportives et techniques nationales et internationales et, tous les deux ans, le rassemblement technique des jeunes sapeurs-pompiers.  

La troisième vocation de la FNSPF est enfin une mission de transmission. Par le soutien apporté aux actions locales des amicales et des unions pour promouvoir l’engagement citoyen auprès de la jeunesse à travers les sections de jeunes sapeurs-pompiers, et favoriser la naissance de vocations de sapeur-pompier volontaire auprès de la population. Par des actions de sensibilisation et de formation aux gestes et comportements qui sauvent. Ou bien encore par la transmission des valeurs et des savoir-faire, opérée au sein de nos commissions, lors des échanges entre départements ou des manifestations intergénérationnelles.    

2. La FNSPF joue un rôle structurant dans la société française. Pouvez-vous nous décrire ce rôle ?

Ce rôle est double.

Il se déploie tout d’abord en interne, par l’action du réseau associatif en faveur du renforcement de la cohésion au sein de la communauté des sapeurs-pompiers. Notre pays est doté d’un maillage territorial de 6 200 centres d’incendie et de secours : dans chacune de ces casernes, l’amicale, le foyer joue un puissant rôle de ciment pour souder les femmes et les hommes qui composent nos corps. Les différentes activités et actions – sportives, culturelles, sociales, de formation ou de loisirs- pratiquées permettent de cultiver le vivre ensemble, de mieux se connaître, de s’enrichir collectivement et ainsi d’être plus efficaces et plus forts en intervention. Elles sont également un levier de fidélisation de nos ressources humaines, composées à 80% de citoyens engagés comme sapeurs-pompiers volontaires.  Ainsi, la vie associative est consubstantielle à l’engagement de sapeur-pompier. Elle contribue à souder nos corps et à garantir la pérennité des secours de proximité aux populations dans les territoires, sans omettre son rôle dans la vie locale, en particulier en milieu rural où la caserne de sapeurs-pompiers constitue souvent l’un des sinon le dernier service public ouvert H24, 365 jours par an.

Mais le rôle structurant de la FNSPF et du réseau associatif s’exerce également en externe, en direction de la société et de nos concitoyens. Tout d’abord auprès de la jeunesse, à travers les formations aux gestes qui sauvent dispensées en milieu scolaire, de l’école primaire au lycée, ou encore lors du service civique et du service national universel, dont nous sommes des acteurs engagés depuis leur origine. Mais aussi auprès des adultes : avec plus de 100 000 formations au PSC1 dispensées chaque année, la FNSPF est l’une des plus importantes associations agréées de sécurité civile. Avec un collectif associatif, nous avons obtenu du Gouvernement de faire de l’adoption des comportements qui sauvent la Grande cause nationale de l’année 2016, au lendemain de la vague d’attentats terroristes. Nous sommes, de même, pleinement mobilisés autour de l’objectif de formation de 80% de la population aux gestes de premiers secours fixé par le Président de la République en 2017. La pandémie de la Covid-19 a, hélas, quelque peu ralenti la dynamique engagée. Mais le chef de l’Etat a justement réaffirmé cet objectif en octobre lors de notre congrès à Marseille : notre pays doit en effet combler son retard en la matière sur nos principaux partenaires. Des citoyens formés aux comportements et aux premiers gestes de secours d’urgence et à l’alerte, ce sont en effet moins d’accidents de la vie courante, des chances accrues de survie pour les victimes et une pression opérationnelle en moins pour les services de secours. Nous devons donc aller vers la création d’un continuum de formation aux différentes étapes de la vie. De ces sessions naîtront, de manière certaine, de nombreuses vocations qui viendront irriguer le bénévolat et le volontariat de la protection civile que les défis de l’accès aux soins et du climat nous imposent de développer. Nous nous inscrivons résolument en faveur de cette société de l’engagement et de cette culture de la résilience qu’il nous faut renforcer, comme nous le proposerons aux candidats à l’élection présidentielle.   

3. La FNSPF est aussi un acteur de la mémoire. Comment et pourquoi ?

Les sapeurs-pompiers français sont des héritiers de la Garde nationale, et ont été à la pointe des combats qui ont mobilisé notre pays et causé le sacrifice de tant de ses fils et filles dans notre histoire contemporaine.

Aussi notre association agit-elle depuis toujours pour transmettre, de génération en génération, les valeurs d’engagement, d’altruisme et de solidarité des sapeurs-pompiers et les valeurs de la République auprès de la jeunesse comme au sein de notre Ecole nationale : l’ENSOSP.

Les sapeurs-pompiers sont ainsi souvent aujourd’hui, dans nombre de nos communes, l’un des derniers, voire leur seul service public présent aux monuments aux morts, aux côtés des autorités de l’Etat, des élus et des associations d’anciens combattants, pour commémorer, lors des cérémonies mémorielles, le souvenir de nos aînés grâce auxquels nous vivons dans un pays libre et démocratique.

La transmission de la mémoire fait donc pleinement partie de notre ADN.

Depuis 27 ans, c’est plus particulièrement la mission de la commission Histoire, Musées et Musiques de notre Fédération.

Cette instance est composée d’un représentant par région et de conseillers techniques reconnus pour leurs contributions en matière d’histoire, de technique et de matériels de secours et de lutte contre l’incendie, ainsi que de membres référents qui lui apportent leur expérience et leurs connaissances sur des thèmes spécialisés : habillement, protocole, grands sinistres, textes fondateurs, culture, traditions…

La Commission met l’expertise que lui apportent ses membres au service des acteurs de la conservation du patrimoine du pays.
Elle conforte l’élaboration d’une doctrine raisonnée de conservation du patrimoine donnant priorité aux actions d’animation, de communication, de démonstration et de documentation. Elle favorise ainsi, en interne, la relation intergénérationnelle des sapeurs-pompiers ainsi que celle avec le public de manière à rendre la culture et le patrimoine utiles au présent et si possible à l’avenir.
Elle éclaire la Fédération en observant les publications historiques du monde des sapeurs-pompiers, offre son concours aux étudiants et chercheurs, et organise chaque année un Colloque d’histoire dans le cadre du congrès national des sapeurs-pompiers.
Forte de sa représentation territoriale, elle entreprend l’identification des éléments majeurs du patrimoine préservés dans chaque région et confie à ses membres l’animation de commissions d’histoire régionales.  

A titre d’exemple, la FNSPF a été actrice de la célébration du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale, en organisant le 10 novembre 2018 à Verdun un hommage aux sapeurs-pompiers de France morts sur les champs de bataille de la Grande Guerre, marqué par le dépôt au Mémorial d’un Livre d’Or recensant l’ensemble de nos pairs tombés au champ d’honneur et le dévoilement d’une plaque commémorative à l’ossuaire de Douaumont.

Le partenariat fructueux développé depuis 4 ans entre la FNSPF et Le Souvenir français s’inscrit totalement dans l’objectif partagé de renforcement de ces actions.

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1. Vous présidez la Fédération nationale des Sapeurs-pompiers de France (FNSPF). Pouvez-vous nous présenter cette fédération ?

La Fédération, qui célèbre cette année son 140ème anniversaire, constitue la tête nationale du réseau associatif des sapeurs-pompiers de France. Elle rassemble aujourd’hui plus de 285 000 adhérents, civils ou militaires, issus des différentes catégories qui forment notre communauté, en métropole et outre-mer : jeunes, professionnels, volontaires, sapeurs-pompiers d’entreprises, anciens, personnels administratifs et techniques.

A travers ses différents buts, la FNSPF assure trois fonctions essentielles.

En premier lieu, une fonction de représentation : elle porte la voix légitime des sapeurs-pompiers et des territoires auprès des instances consultatives et des pouvoirs publics, du maire au président de la République, et désormais au niveau européen. Grâce à ses 25 commissions catégorielles et spécialisées, elle est une force de proposition pour faire progresser sans cesse le dispositif de protection civile des populations dans ses différents domaines : prévention et réponse aux risques ; distribution des secours et soins d’urgence ; préparation, planification et lutte contre les crises de toutes natures, climatiques, industrielles, sanitaires ou terroristes. Mais aussi un vecteur de promotion du savoir-faire et de l’expertise des sapeurs-pompiers auprès des institutions, des médias, des entreprises et du grand public.  

La seconde fonction de la Fédération est un rôle d’animation et de cohésion de notre communauté. Pour qu’un sapeur-pompier ne soit jamais seul, le réseau fédéral se mobilise à travers les amicales, les unions mais aussi l’Œuvre des pupilles (ODP) et la Mutuelle nationale des sapeurs-pompiers de France (MNSPF) : à travers elles, toute une chaîne de solidarité agit pour accompagner les sapeurs-pompiers et leurs familles face à la précarité sociale, aux blessures, à la maladie ou au deuil. Animer, c’est aussi faire progresser les techniques des sapeurs-pompiers, leur matériel et leurs méthodes d’intervention, partager les savoirs. Ou encore organiser des événements intergénérationnels entre sapeurs-pompiers et de proximité avec la population : ainsi, chaque année, la FNSPF organise dans un département différent le congrès national des sapeurs-pompiers, principal lieu de rencontre et d’échanges entre les composantes de notre communauté (pompiers, industriels, élus locaux et nationaux), mais aussi une vingtaine de compétitions sportives et techniques nationales et internationales et, tous les deux ans, le rassemblement technique des jeunes sapeurs-pompiers.  

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3. La FNSPF est aussi un acteur de la mémoire. Comment et pourquoi ?

Les sapeurs-pompiers français sont des héritiers de la Garde nationale, et ont été à la pointe des combats qui ont mobilisé notre pays et causé le sacrifice de tant de ses fils et filles dans notre histoire contemporaine.

Aussi notre association agit-elle depuis toujours pour transmettre, de génération en génération, les valeurs d’engagement, d’altruisme et de solidarité des sapeurs-pompiers et les valeurs de la République auprès de la jeunesse comme au sein de notre Ecole nationale : l’ENSOSP.

Les sapeurs-pompiers sont ainsi souvent aujourd’hui, dans nombre de nos communes, l’un des derniers, voire leur seul service public présent aux monuments aux morts, aux côtés des autorités de l’Etat, des élus et des associations d’anciens combattants, pour commémorer, lors des cérémonies mémorielles, le souvenir de nos aînés grâce auxquels nous vivons dans un pays libre et démocratique.

La transmission de la mémoire fait donc pleinement partie de notre ADN.

Depuis 27 ans, c’est plus particulièrement la mission de la commission Histoire, Musées et Musiques de notre Fédération.

Cette instance est composée d’un représentant par région et de conseillers techniques reconnus pour leurs contributions en matière d’histoire, de technique et de matériels de secours et de lutte contre l’incendie, ainsi que de membres référents qui lui apportent leur expérience et leurs connaissances sur des thèmes spécialisés : habillement, protocole, grands sinistres, textes fondateurs, culture, traditions…

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