Portraits de Délégués Généraux

4 mars 2022

Cette rubrique contient 4 portraits :
– Monsieur Christophe Raisonnier, Délégué Général pour le Canada
– Monsieur David Maurizot, Délégué Général pour la Chine
– Monsieur Pierre-Emmanuel Gillet et Monsieur Raphaël Simon, Délégués Généraux pour la Tunisie  
– Monsieur Michel Lapierre, Délégué Général pour l’Autriche

Temps de lecture: environ 8 minutes


Portrait n°1 : Monsieur Christophe Raisonnier

1. Pouvez-vous vous présenter ? Votre nom, votre âge, votre profession, quelle délégation du Souvenir Français vous représentez (le pays), depuis combien de temps vous vivez dans ce pays, et depuis quand vous occupez le titre de délégué général pour cette délégation.

Christophe Raisonnier, 54 ans, retraité de la Gendarmerie nationale, je vis au Canada depuis janvier 2010. J’occupe les fonctions de délégué général du Souvenir français depuis avril 2021. Au préalable j’étais délégué général adjoint pour les provinces canadiennes de l’Ontario et du Manitoba.

2. Que représente la communauté Française dans votre pays ?

La communauté française est importante au Canada particulièrement dans la province du Québec. 100.000 français sont officiellement inscrits sur les listes consulaires mais tous ne font pas cette démarche. On peut considérer que ce chiffre est largement en deçà de la réalité.

3. Quelles sont les principales pages de l’histoire partagée entre la France et le pays dans lequel vous résidez ?

Plus de 400 ans d’histoire lient le Canada à la France. La France a largement contribué à l’histoire du Canada jusqu’à sa défaite à la guerre de 7 ans contre l’autre puissance du vieux continent, l’Angleterre. De l’épopée de Samuel de Champlain aux faits d’armes du général Montcalm, de l’aide précieuse des soldats canadiens venus combattre aux côtés de leurs frères d’armes français lors de la Grande Guerre à la libération de la France pendant la Seconde Guerre mondiale, l’histoire commune franco-canadienne et la profonde amitié entre les deux Nations qui en découle est extrêmement riche et continue de s’écrire au quotidien grâce aux nombreuses collaborations bilatérales dans tous les domaines de notre société.

4. Quelle action que vous avez menée au sein de votre délégation du Souvenir Français vous a le plus marqué ?

Je suis fier de notre équipe canadienne qui regroupe des personnes de tous horizons socio professionnels avec une passion commune pour l’histoire franco-canadienne. Faire rayonner la France dans le deuxième pays le plus grand au monde est un réel leitmotiv pour notre équipe dynamique. Notre action la plus marquante est le fort soutien apporté au premier monument national dédié à l’amitié franco-canadienne qui se nomme Amicitia France-Canada et sera inauguré en 2022 par les autorités officielles françaises et canadiennes. Le Souvenir français est un partenaire officiel et mécène de ce projet que j’ai initié et codirigé avec notre délégué général adjoint pour l’Ontario et le Manitoba, le docteur en histoire André Levesque en 2018.

5. Quels sont vos principaux relais dans le pays ?

Nos principaux relais passent par le réseau consulaire et diplomatique français au Canada, le ministère des Anciens combattants canadien, Les Forces armées canadiennes pour tout ce qui a trait au devoir de mémoire incluant les militaires français inhumés au Canada et enfin par La Légion royale du Canada.

6. Quels sont vos projets ?

Compte tenu de la superficie du pays et de la riche histoire commune nous liant avec les Canadiens, nous avons de multiples projets mémoriaux en cours. Dans les provinces de l’Est du Canada, beaucoup de soldats français sont inhumés dans des cimetières militaires pour lesquels Le Souvenir français ne s’est jamais jusqu’ici impliqué. Nous travaillons avec le consul de France à Moncton et des passionnés d’histoire acadiens pour faire connaître l’histoire de ces hommes.

Dans les provinces de l’Ouest, il s’agit de faire revivre les monuments français érigés à la mémoire des Poilus de la Première Guerre mondiale (Saint Claude et Saint Boniface). En Ontario, il s’agit de mettre en place une cérémonie dédiée au 8 mai 1945 au sein du cimetière militaire du Canada à Ottawa. Deux de nos délégués généraux adjoints sont des historiens, nous envisageons donc d’écrire un livre sur les Canadiens décorés de la Médaille militaire française mais aussi sur les soldats français inhumés au Canada.


Portrait n°2 : Monsieur David Maurizot

1. Pouvez-vous vous présenter ? Votre nom, votre âge, votre profession, quelle délégation du Souvenir Français vous représentez (le pays), depuis combien de temps vous vivez dans ce pays, et depuis quand vous occupez le titre de délégué général pour cette délégation.

David Maurizot, 38 ans, Délégué Général en Chine où j’habite depuis bientôt 20 ans. Je suis consultant en stratégie, pour Advention Business Partners, un cabinet qui accompagne les entreprises françaises dans leur développement en Chine et dans la région. J’ai pris, il y a 3 ans, la succession de Claude Jaeck qui avait fondé la Délégation il y a une quinzaine d’année.

2. Que représente la communauté Française dans votre pays ?

La communauté française représente un peu moins de 20.000 personnes qui sont réparties principalement entre Pékin, Shanghai et Hong Kong. Nous sommes la plus nombreuse communauté européenne de Chine.

3. Quelles sont les principales pages de l’histoire partagée entre la France et le pays dans lequel vous résidez ?

L’histoire entre la France et la Chine est complexe – surtout dans son interprétation actuelle par le pouvoir à Pékin. A côté des ombres (trop souvent instrumentalisées) du passé, il existe une histoire lumineuse, partagée qui est malheureusement largement ignorée : nous nous efforçons de la remémorer à nos contemporains. Par exemple, savez-vous que la météorologie moderne chinoise tient largement son origine dans le travail de missionnaires jésuites français ? Que des dizaines de milliers de travailleurs chinois ont contribué à l’effort de guerre sur le front occidental durant la Première Guerre mondiale ? Qu’en 1941 lors de la Bataille de Hong Kong des Français Libres se sont battus contre les Japonais ?

4. Quelle action que vous avez menée au sein de votre délégation du Souvenir Français vous a le plus marqué ?

Le 11 novembre 2018, les commémorations du Centenaire célébrées à l’Ambassade à Pékin et dans quasiment tous les consulats de France en Chine (ils sont au nombre de six) ont été l’occasion de fédérer toute une communauté. Ce fut un moment de souvenir, de mémoire, mais avant tout de partage : avec nos amis Européens, avec nos amis Chinois, avec les jeunes générations. Les élèves du lycée français de Shanghai ont alors pu aller au-delà de leur programme scolaire et se rendre compte de l’impact de la Grande Guerre, une guerre définitivement mondiale, pour la Chine et les Chinois.

5. Quels sont vos principaux relais dans le pays ?

Comme pour les autres Délégations à l’étranger nous entretenons de fortes relations avec les autorités françaises en Chine : Ambassade à Pékin et consulats dans les autres villes, en particulier avec l’Attaché de Défense. Nous sommes aussi proches d’autres associations françaises : UFE, ADFE et réseau FIAFE. Depuis peu, nous travaillons aussi avec une association historique francophone, la Société d’Histoire des Français de Chine, qui relaie notre travail mémoriel.

6. Quels sont vos projets ?

Beaucoup de lieux de mémoire français en Chine ont disparu, toutefois malgré les vicissitudes de l’Histoire, certains demeurent. Depuis quelques mois, nous avons entrepris de les géolocaliser. Ce travail est centralisé sur notre site internet, en suivant ce lien : https://souvenir-francais-asie.com/category/lieux-de-memoire/

Dernièrement, nous avons également beaucoup travaillé sur les canonnières françaises du Yang-Tsé (l’ancienne caserne de la Marine, avec ses plaques commémoratives, à Chongqing a été préservée), et eu accès à de nombreuses archives familiales. Ces photos, ces récits, cette aventure unique en voie d’être oubliée, mériteraient une publication en bonne et due forme. Editeurs, n’hésitez pas à me contacter pour la faire revivre !


Portrait n°3 : Monsieur Pierre-Emmanuel Gillet et Monsieur Raphaël Simon

1. Pouvez-vous vous présenter ? Votre nom, votre âge, votre profession, quelle délégation du Souvenir Français vous représentez (le pays), depuis combien de temps vous vivez dans ce pays, et depuis quand vous occupez le titre de délégué général pour cette délégation.

Pierre-Emmanuel Gillet et Raphaël Simon, nous sommes Co-Délégués du Souvenir Français depuis le 15 janvier 2018 et résidons en Tunisie depuis 2003 et 2012. Pierre-Emmanuel Gillet, j’ai 44 ans et je suis professeur d’histoire au lycée Gustave Flaubert de La Marsa -Tunisie (AEFE). Raphaël Simon, j’ai 60 ans et je suis professeur d’histoire au lycée Pierre Mendes France de Tunis -Tunisie (AEFE).

2. Que représente la communauté Française dans votre pays ?

La communauté Française représente plus ou moins 23000 français ou franco-tunisiens.

3. Quelles sont les principales pages de l’histoire partagée entre la France et le pays dans lequel vous résidez ?

Depuis le traité de Bardo (1881), la présence française est importante en Tunisie. La participation des tunisiens dans les deux grands conflits du XXe siècle au sein de l’armée française (régiments de spahis, de tirailleurs et de zouaves, parmi les plus décorés de l’armée française) montre l’implication de la Tunisie pour la France durant ces évènements majeurs.

4. Quelle action que vous avez menée au sein de votre délégation du Souvenir Français vous a le plus marqué ?

Plusieurs actions menées au sein de notre délégation nous ont marqués. En effet, la construction d’une stèle mémorielle dédiée aux soldats tunisiens « Morts pour la France » au cimetière militaire français de Gammarth (banlieue de Tunis). L’inauguration de l’exposition qui s’est déroulée en mars 2018 ainsi que la publication de notre livre éponyme en mars 2019 intitulées toutes les deux « La Tunisie et la Grande Guerre : sur le chemin de la mémoire partagée » sont aussi des évènements marquants pour notre délégation. Notre voyage effectué à Verdun en avril 2018 est aussi un épisode important pour notre délégation. Durant ce voyage, nous avons déposé une gerbe sur la tombe du soldat Abdallah Ahmed Ben Belgacem inhumé à Verdun (mort en 1916). La cérémonie de remise de drapeaux du Souvenir Français aux établissements français Pierre Mendès France et Gustave Flaubert en mars 2018 a été un évènement majeur pour notre délégation.

5. Quels sont vos principaux relais dans le pays ?

Nous disposons de plusieurs relais en Tunisie. Cela passe par le poste diplomatique, l’association Honneur et Mérite, le musée militaire du Palais de la Rose (La Manouba), le ministère tunisien de la Défense et enfin par nos établissements scolaires.

6. Quels sont vos projets ?

Pour les prochaines années, notamment 2022/2024, nous voulons réaliser un travail mémoriel sur la Campagne d’Italie (Belvédère) et un travail mémoriel sur la 2e DB, de la Normandie à Strasbourg. Pour cela il faut se référer à la 2e DB née en Tunisie.


Portrait n°4 : Monsieur Michel Lapierre

1. Pouvez-vous vous présenter ? Votre nom, votre âge, votre profession, quelle délégation du Souvenir Français vous représentez (le pays), depuis combien de temps vous vivez dans ce pays, et depuis quand vous occupez le titre de délégué général pour cette délégation.

Michel Lapierre, j’ai 80 ans. J’étais responsable dans le service des relations humaines chez la Sté Tiefkühllogistik (Unilever). Je vis en Autriche et plus précisément à Vienne depuis 56 ans. J’occupe le poste de Délégué Général depuis 1986.

2. Que représente la communauté Française dans votre pays ?

La communauté Française est très importante. Elle représente environ 9.000 personnes pour toute l´Autriche. Pour Vienne, cela passe par les représentants de société, UNO, l’agence atomique, le lycée français de Vienne, le monde de la culture et la musique. Pour la province, nous avons des Françaises mariées à des Autrichiens mais aussi des Français mariés à des Autrichiennes. Les étudiants sont également très nombreux.

3. Quelles sont les principales pages de l’histoire partagée entre la France et le pays dans lequel vous résidez ?

L’époque napoléonienne est certainement une des pages principales de l’histoire partagée entre la France et l’Autriche. La Première Guerre mondiale est également un évènement historique que partagent ces deux pays.

4. Quelle action que vous avez menée au sein de votre délégation du Souvenir Français vous a le plus marqué ?

La première action qui m’a marqué est lorsque j´ai repris la délégation du Souvenir Français, nous étions environ quinze cotisants. Aujourd´hui nous sommes une centaine. Le nombre de participants à la cérémonie du 11 novembre dépasse la centaine. Nous sommes une association reconnue et appréciée par les autorités françaises et autrichiennes. Ensuite, l’identification de soldats napoléoniens dans une fosse commune à Obersiebenbrunn grâce aux boutons sur les uniformes fut une activité importante au sein de notre délégation. Enfin, nous recevons chaque année les anciens déportés français de Mauthausen, qui ne sont plus qu´un ou deux maintenant, cela est très marquant.

5. Quels sont vos principaux relais dans le pays ?

Nous disposons de plusieurs relais en Autriche. Cela passe par l´Ambassade de France avec la mission militaire, le lycée français, la Croix Noire autrichienne, les associations du Kameradschaftbund autrichien et par l´Armée autrichienne.

6. Quels sont vos projets ?

Mon projet principal est de passer le flambeau à mon successeur, de bien le former et de lui montrer les lieux mémoriaux en Autriche afin qu’il puisse bien reprendre la délégation.

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– Monsieur Christophe Raisonnier, Délégué Général pour le Canada
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Portrait n°1 : Monsieur Christophe Raisonnier

1. Pouvez-vous vous présenter ? Votre nom, votre âge, votre profession, quelle délégation du Souvenir Français vous représentez (le pays), depuis combien de temps vous vivez dans ce pays, et depuis quand vous occupez le titre de délégué général pour cette délégation.

Christophe Raisonnier, 54 ans, retraité de la Gendarmerie nationale, je vis au Canada depuis janvier 2010. J’occupe les fonctions de délégué général du Souvenir français depuis avril 2021. Au préalable j’étais délégué général adjoint pour les provinces canadiennes de l’Ontario et du Manitoba.

2. Que représente la communauté Française dans votre pays ?

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4. Quelle action que vous avez menée au sein de votre délégation du Souvenir Français vous a le plus marqué ?

Je suis fier de notre équipe canadienne qui regroupe des personnes de tous horizons socio professionnels avec une passion commune pour l’histoire franco-canadienne. Faire rayonner la France dans le deuxième pays le plus grand au monde est un réel leitmotiv pour notre équipe dynamique. Notre action la plus marquante est le fort soutien apporté au premier monument national dédié à l’amitié franco-canadienne qui se nomme Amicitia France-Canada et sera inauguré en 2022 par les autorités officielles françaises et canadiennes. Le Souvenir français est un partenaire officiel et mécène de ce projet que j’ai initié et codirigé avec notre délégué général adjoint pour l’Ontario et le Manitoba, le docteur en histoire André Levesque en 2018.

5. Quels sont vos principaux relais dans le pays ?

Nos principaux relais passent par le réseau consulaire et diplomatique français au Canada, le ministère des Anciens combattants canadien, Les Forces armées canadiennes pour tout ce qui a trait au devoir de mémoire incluant les militaires français inhumés au Canada et enfin par La Légion royale du Canada.

6. Quels sont vos projets ?

Compte tenu de la superficie du pays et de la riche histoire commune nous liant avec les Canadiens, nous avons de multiples projets mémoriaux en cours. Dans les provinces de l’Est du Canada, beaucoup de soldats français sont inhumés dans des cimetières militaires pour lesquels Le Souvenir français ne s’est jamais jusqu’ici impliqué. Nous travaillons avec le consul de France à Moncton et des passionnés d’histoire acadiens pour faire connaître l’histoire de ces hommes.

Dans les provinces de l’Ouest, il s’agit de faire revivre les monuments français érigés à la mémoire des Poilus de la Première Guerre mondiale (Saint Claude et Saint Boniface). En Ontario, il s’agit de mettre en place une cérémonie dédiée au 8 mai 1945 au sein du cimetière militaire du Canada à Ottawa. Deux de nos délégués généraux adjoints sont des historiens, nous envisageons donc d’écrire un livre sur les Canadiens décorés de la Médaille militaire française mais aussi sur les soldats français inhumés au Canada.


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1. Pouvez-vous vous présenter ? Votre nom, votre âge, votre profession, quelle délégation du Souvenir Français vous représentez (le pays), depuis combien de temps vous vivez dans ce pays, et depuis quand vous occupez le titre de délégué général pour cette délégation.

David Maurizot, 38 ans, Délégué Général en Chine où j’habite depuis bientôt 20 ans. Je suis consultant en stratégie, pour Advention Business Partners, un cabinet qui accompagne les entreprises françaises dans leur développement en Chine et dans la région. J’ai pris, il y a 3 ans, la succession de Claude Jaeck qui avait fondé la Délégation il y a une quinzaine d’année.

2. Que représente la communauté Française dans votre pays ?

La communauté française représente un peu moins de 20.000 personnes qui sont réparties principalement entre Pékin, Shanghai et Hong Kong. Nous sommes la plus nombreuse communauté européenne de Chine.

3. Quelles sont les principales pages de l’histoire partagée entre la France et le pays dans lequel vous résidez ?

L’histoire entre la France et la Chine est complexe – surtout dans son interprétation actuelle par le pouvoir à Pékin. A côté des ombres (trop souvent instrumentalisées) du passé, il existe une histoire lumineuse, partagée qui est malheureusement largement ignorée : nous nous efforçons de la remémorer à nos contemporains. Par exemple, savez-vous que la météorologie moderne chinoise tient largement son origine dans le travail de missionnaires jésuites français ? Que des dizaines de milliers de travailleurs chinois ont contribué à l’effort de guerre sur le front occidental durant la Première Guerre mondiale ? Qu’en 1941 lors de la Bataille de Hong Kong des Français Libres se sont battus contre les Japonais ?

4. Quelle action que vous avez menée au sein de votre délégation du Souvenir Français vous a le plus marqué ?

Le 11 novembre 2018, les commémorations du Centenaire célébrées à l’Ambassade à Pékin et dans quasiment tous les consulats de France en Chine (ils sont au nombre de six) ont été l’occasion de fédérer toute une communauté. Ce fut un moment de souvenir, de mémoire, mais avant tout de partage : avec nos amis Européens, avec nos amis Chinois, avec les jeunes générations. Les élèves du lycée français de Shanghai ont alors pu aller au-delà de leur programme scolaire et se rendre compte de l’impact de la Grande Guerre, une guerre définitivement mondiale, pour la Chine et les Chinois.

5. Quels sont vos principaux relais dans le pays ?

Comme pour les autres Délégations à l’étranger nous entretenons de fortes relations avec les autorités françaises en Chine : Ambassade à Pékin et consulats dans les autres villes, en particulier avec l’Attaché de Défense. Nous sommes aussi proches d’autres associations françaises : UFE, ADFE et réseau FIAFE. Depuis peu, nous travaillons aussi avec une association historique francophone, la Société d’Histoire des Français de Chine, qui relaie notre travail mémoriel.

6. Quels sont vos projets ?

Beaucoup de lieux de mémoire français en Chine ont disparu, toutefois malgré les vicissitudes de l’Histoire, certains demeurent. Depuis quelques mois, nous avons entrepris de les géolocaliser. Ce travail est centralisé sur notre site internet, en suivant ce lien : https://souvenir-francais-asie.com/category/lieux-de-memoire/

Dernièrement, nous avons également beaucoup travaillé sur les canonnières françaises du Yang-Tsé (l’ancienne caserne de la Marine, avec ses plaques commémoratives, à Chongqing a été préservée), et eu accès à de nombreuses archives familiales. Ces photos, ces récits, cette aventure unique en voie d’être oubliée, mériteraient une publication en bonne et due forme. Editeurs, n’hésitez pas à me contacter pour la faire revivre !


Portrait n°3 : Monsieur Pierre-Emmanuel Gillet et Monsieur Raphaël Simon

1. Pouvez-vous vous présenter ? Votre nom, votre âge, votre profession, quelle délégation du Souvenir Français vous représentez (le pays), depuis combien de temps vous vivez dans ce pays, et depuis quand vous occupez le titre de délégué général pour cette délégation.

Pierre-Emmanuel Gillet et Raphaël Simon, nous sommes Co-Délégués du Souvenir Français depuis le 15 janvier 2018 et résidons en Tunisie depuis 2003 et 2012. Pierre-Emmanuel Gillet, j’ai 44 ans et je suis professeur d’histoire au lycée Gustave Flaubert de La Marsa -Tunisie (AEFE). Raphaël Simon, j’ai 60 ans et je suis professeur d’histoire au lycée Pierre Mendes France de Tunis -Tunisie (AEFE).

2. Que représente la communauté Française dans votre pays ?

La communauté Française représente plus ou moins 23000 français ou franco-tunisiens.

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Depuis le traité de Bardo (1881), la présence française est importante en Tunisie. La participation des tunisiens dans les deux grands conflits du XXe siècle au sein de l’armée française (régiments de spahis, de tirailleurs et de zouaves, parmi les plus décorés de l’armée française) montre l’implication de la Tunisie pour la France durant ces évènements majeurs.

4. Quelle action que vous avez menée au sein de votre délégation du Souvenir Français vous a le plus marqué ?

Plusieurs actions menées au sein de notre délégation nous ont marqués. En effet, la construction d’une stèle mémorielle dédiée aux soldats tunisiens « Morts pour la France » au cimetière militaire français de Gammarth (banlieue de Tunis). L’inauguration de l’exposition qui s’est déroulée en mars 2018 ainsi que la publication de notre livre éponyme en mars 2019 intitulées toutes les deux « La Tunisie et la Grande Guerre : sur le chemin de la mémoire partagée » sont aussi des évènements marquants pour notre délégation. Notre voyage effectué à Verdun en avril 2018 est aussi un épisode important pour notre délégation. Durant ce voyage, nous avons déposé une gerbe sur la tombe du soldat Abdallah Ahmed Ben Belgacem inhumé à Verdun (mort en 1916). La cérémonie de remise de drapeaux du Souvenir Français aux établissements français Pierre Mendès France et Gustave Flaubert en mars 2018 a été un évènement majeur pour notre délégation.

5. Quels sont vos principaux relais dans le pays ?

Nous disposons de plusieurs relais en Tunisie. Cela passe par le poste diplomatique, l’association Honneur et Mérite, le musée militaire du Palais de la Rose (La Manouba), le ministère tunisien de la Défense et enfin par nos établissements scolaires.

6. Quels sont vos projets ?

Pour les prochaines années, notamment 2022/2024, nous voulons réaliser un travail mémoriel sur la Campagne d’Italie (Belvédère) et un travail mémoriel sur la 2e DB, de la Normandie à Strasbourg. Pour cela il faut se référer à la 2e DB née en Tunisie.


Portrait n°4 : Monsieur Michel Lapierre

1. Pouvez-vous vous présenter ? Votre nom, votre âge, votre profession, quelle délégation du Souvenir Français vous représentez (le pays), depuis combien de temps vous vivez dans ce pays, et depuis quand vous occupez le titre de délégué général pour cette délégation.

Michel Lapierre, j’ai 80 ans. J’étais responsable dans le service des relations humaines chez la Sté Tiefkühllogistik (Unilever). Je vis en Autriche et plus précisément à Vienne depuis 56 ans. J’occupe le poste de Délégué Général depuis 1986.

2. Que représente la communauté Française dans votre pays ?

La communauté Française est très importante. Elle représente environ 9.000 personnes pour toute l´Autriche. Pour Vienne, cela passe par les représentants de société, UNO, l’agence atomique, le lycée français de Vienne, le monde de la culture et la musique. Pour la province, nous avons des Françaises mariées à des Autrichiens mais aussi des Français mariés à des Autrichiennes. Les étudiants sont également très nombreux.

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4. Quelle action que vous avez menée au sein de votre délégation du Souvenir Français vous a le plus marqué ?

La première action qui m’a marqué est lorsque j´ai repris la délégation du Souvenir Français, nous étions environ quinze cotisants. Aujourd´hui nous sommes une centaine. Le nombre de participants à la cérémonie du 11 novembre dépasse la centaine. Nous sommes une association reconnue et appréciée par les autorités françaises et autrichiennes. Ensuite, l’identification de soldats napoléoniens dans une fosse commune à Obersiebenbrunn grâce aux boutons sur les uniformes fut une activité importante au sein de notre délégation. Enfin, nous recevons chaque année les anciens déportés français de Mauthausen, qui ne sont plus qu´un ou deux maintenant, cela est très marquant.

5. Quels sont vos principaux relais dans le pays ?

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