On aime on soutient

6 juillet 2021

Portrait de combattant : la mémoire à travers le témoignage

Le Souvenir Français souhaite mettre en valeur chaque mois le témoignage d’un combattant. Pour le mois de juillet : portrait d’Emmanuel Laquière, ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale

Emmanuel Laquière, au centre de la photo, lors des commémorations à Saint-Raphaël le 4 juin 2021

1- Quel âge aviez-vous lorsque la Seconde Guerre mondiale a débuté ?

Je suis né en Algérie en mars 1922. J’étais trop jeune lorsque la guerre a commencé en 1939 pour être mobilisé. Après la débâcle de 1940, des camps de jeunesse ont été créés par le régime de Vichy sur le modèle allemand. J’y fus envoyé mais une maladie me permit d’en être rapidement exempté. En 1942 je m’engageai dans l’armée française.

        2 -Quel fut votre parcours durant la Seconde Guerre mondiale ?

En novembre 1942, les Alliés débarquent en Afrique du Nord sur les côtes du Maroc et de l’Algérie. J’ai alors 19 ans et je suis mobilisé dans l’armée française en attendant de recevoir une formation par l’armée américaine. Je suis dans ce cadre formé au poste de pilote de char d’assaut.

Une fois formé, nous sommes partis faire la campagne d’Italie. Je fis partie du Corps expéditionnaire français commandé par le Général Juin. En 1944 nous débarquons à Naples, et nous menons une offensive à Castelforte le 11 mai 1944 avec toute l’artillerie, de 23h00 à 5h00 du matin. Nous avons fait 20 000 prisonniers allemands. Mais fatigués et diminués par les pertes que nous avions subies, nous fûmes réorientés vers Marseille pour un repos de 3 mois.

En novembre 1944 nous gagnions l’Alsace afin de participer à une nouvelle offensive. C’est lors de cette attaque que je fus blessé. Je suis évacué vers l’hôpital où je suis soigné durant 4 à 5 mois. Réformé je repris ma vie civile et mon travail dans l’agriculture.

J’ai fait mon devoir pour défendre la Patrie. Mais il ne faut pas oublier la grande aide des Alliés, et notamment des Britanniques et des Américains. C’est eux qui nous ont formé et qui nous ont fourni en matériel. 

      3 – Quel regard portez-vous sur la mémoire de la Seconde Guerre mondiale ?

Je trouve que la Seconde Guerre mondiale et la mémoire de la Seconde Guerre mondiale ont tendance à être oubliées. Moi je tiens toujours à aller à la rencontre des classes de CM1 et de CM2 pour leur parler de mon histoire et de l’Histoire de cette guerre. Je travaille pour cela avec le comité du Souvenir Français de Saint-Raphaël qui est très impliqué dans ce travail de mémoire. Et lorsque j’interviens, ces élèves me posent de nombreuses questions, ils sont intéressés, et parfois impressionnés. Leurs questions sont parfois touchantes et drôles mais ils viennent toujours me remercier à la fin. Ce sont des enfants de 10 ou 11 ans.

Il faudrait plus de considération envers cette histoire et cette mémoire, car elle est en train de se perdre ! Quand nous, les témoins directs ne serons plus là, nous comptons sur les jeunes pour reprendre le flambeau. Et ce n’est pas si difficile d’intéresser ces jeunes à cette histoire, il suffit de se mettre à leur portée.

La mémoire à travers le film

Le Souvenir Français soutient un film

Le Souvenir Français a souhaité soutenir un film original sous le titre « Pour votre liberté et la Nôtre ».

Thomas Gallo, Président de l’association APIA (Association de Production Image et Audio), Isabelle et Casimir Szymczak sont partis à la recherche des derniers résistants d’origine polonaise dans le Nord de la France.

C’est une histoire singulière qu’ils nous présentent dans ce film.

En 1940, on comptait en France 500 000 Polonais répartis dans de nombreux départements (le Tarn, la Saône-et-Loire et surtout le Nord et le Pas-de-Calais).

Selon Edmond Gogolewski, ces deux départements rassemblent environ 75% des Polonais de France. La majorité des Polonais de France était ouvriers.

A travers ce film, Thomas Gallo, Casimir et Isabelle Szymczak nous présentent ces Femmes et ces Hommes, Polonais ou d’origine polonaise, devenus résistants. Venus en France avec l’espoir de travailler et de vivre mieux, ils vont se retrouver malgré eux dans un conflit qui les dépasse. Pourtant, pour nombre d’entre eux, il n’était pas question de subir. Face à cette situation exceptionnelle, résister était un devoir.

Anciens mineurs, ouvriers agricoles, élèves, les Polonais de France évolueront dans de nombreux mouvements de résistance dont deux se distingueront. Par leur orientation politique, et aussi idéologique, les Polonais se réuniront principalement au sein du POWN rattaché au gouvernement polonais en exil à Londres, et la MOI rattachée au PCF proche de Moscou. Radicalement opposés sur les idées et la politique, ces mouvements se battront pour le même objectif, libérer la France pour ensuite libérer et reconstruire une Pologne nouvelle.

Des projections du film seront prévues dans le cadre des commémorations du centenaire de la convention Franco-Polonaise, organisées par le département du Pas-de-Calais.

Par la suite, ce documentaire sera disponible pour les professeurs et pour les musées intéressés. Le Sou venir Français s’efforcera également de le diffuser.

La mémoire à travers les livres

Jean Lebrun, Ici Saint-Pierre-et-Miquelon, Essai & Cie Bleu Autour, 2021

Ce titre fait écho au fameux « Ici Londres » ouvrant sur la BBC l’émission « Les Français parlent aux Français » pendant la Seconde Guerre mondiale. En effet, Saint-Pierre-et-Miquelon se rallie à de Gaulle dès Noël 1941, quand y débarque, peu après Pearl Harbor, la minuscule armada qu’il a dépêchée par surprise. Roosevelt, pour qui le Général n’est alors qu’un figurant, gronde Churchill, temporise et les hommages incarnant sur l’archipel la France libre tiennent bon, de l’amiral Muselier, pas encore dissident, au jeune Alain Savary, futur ministre de Mitterrand.

Un instant, Saint-Pierre-et-Miquelon est ainsi plus grand que lui-même. Puis ces îlots de l’Atlantique Nord cessent de faire la « une » à Londres comme en Amérique. Sur place, des notables, Préfets apostoliques en tête, entravent l’action de la France libre. Rejointe par de nombreux volontaires avant même le « coupe de Saint-Pierre », elle enrôle de force, début 1944, ceux qui renâclait encore à l’appuyer.

Il pourra ainsi être dit en 1945 que tout l’archipel était derrière de Gaulle. Il lui fera fête en 1967 lors de sa halte sur le chemin du « Québec libre ».

Pour en savoir plus :

https://nouveautes-editeurs.bnf.fr/annonces.html?id_declaration=10000000651816&titre_livre=Ici_Saint-Pierre-et-Miquelon

Danièle Frison, Mon père, déporté à Rawa-Ruska, myosotis books, 2021

Les souvenirs de Guerre d’un prisonnier, André Frison, rapportés par sa fille Danièle. Plusieurs fois évadé depuis sa captivité en 1940, André Frison est déporté en 1942 vers l’Est, au camp disciplinaire de Rawa-Ruska. Hélas trop célèbre par son surnom du « Camp de la Goutte d’eau », ce camp était destiné à mater les fortes têtes.

Situé en Galicie, à la frontière de l’Ukraine, il accueillit des Russes, des Français, des Belges… dans le Triangle de la Mort de cette Pologne où beaucoup de camps d’extermination nazis étaient installés. Le livre comprend de nombreux documents d’époque. Sa fille nous rapporte les quelques souvenirs que son père a consenti à lui confier, toujours avec réticence car cette époque restait maudite. Les autres renseignements furent obtenus auprès de sa mère qui conserva avec soin les documents présentés dans cet ouvrage. Un bel hommage à cet homme épris de liberté et de nombreuses fois décoré, en particulier de la Légion d’Honneur.

Pour en savoir plus : https://livre.fnac.com/a15930458/Daniele-Frison-Mon-Pere-deporte-a-RAWA-RUSKA

François Noudelmann, Les enfants de Cadillac, Gallimard, 2021

En 1911, fuyant les persécutions contre les Juifs en Lituanie, Chaïm, le grand-père du narrateur, arrive en France. Afin d’obtenir la nationalité française, il s’engage dans l’armée et prend part à la Grande Guerre. Il est grièvement blessé par une bombe chimique. Il passe vingt ans interné, avant de mourir dans l’anonymat à l’hôpital psychiatrique de Cadillac, en Gironde. En 1940, Albert, le père du narrateur, est fait prisonnier et dénoncé comme Juif. Lors de la libération des camps, il met plusieurs semaines à rejoindre la France à pied depuis la Pologne. Il risque plusieurs fois d’être exécuté par des soldats nazis en déroute ou des militaires russes avides.

Dans ce premier roman, François Noudelmann emporte le lecteur dans les tumultes des deux conflits mondiaux. Les destins de son grand-père et de son père sont de véritables épopées, à travers lesquelles l’auteur questionne son identité française.

Pour en savoir plus : http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Blanche/Les-enfants-de-Cadillac

La France dans la Seconde Guerre mondiale, ouvrage collectif, Nane Editions, 2021

En 1940, la France est écrasée en quelques jours par l’armée du IIIe Reich. De cet événement initial découle pour le pays une série de conséquences dramatiques. Ravalée au rand de pays occupé et annexé, la France se divise profondément : si la grande majorité des Français attend en essayant de composer avec un quotidien de plus en plus difficile, certains soutiennent activement la politique gouvernementale de collaboration.

Une petite minorité, au contraire, s’engage dans la résistance contre l’occupant et ses collaborateurs. Ce livre retrace les grandes lignes d’une époque particulièrement douloureuse, marquée par le chaos, les oppositions politiques et la remise en cause des valeurs de la France. A travers une série de portraits historiques et de moments clés, cet ouvrage offre une vue synthétique et vivante d’une période troublée de l’Histoire de France.

Pour en savoir plus : https://www.nane-editions.fr/produit/98/9782843681950/la-france-dans-la-seconde-guerre-mondiale

Jean-Louis Michelet, Les agents des missions spéciales 1914-1918, Société d’histoire des Ardennes, 2021

18 novembre 1914. Le pilote Paul Billard emmène l’agent Georges Berteloot dans un avion Blériot, le dépose derrière la ligne de front puis revient sur son terrain. Berteloot, resté seul en pays hostile, remplit sa mission : retrouver une compagnie, isolée et cachée au milieu de l’armée allemande.

C’est la première mission spéciale. Elle est suivie de bien d’autres. Les trois armées alliées, chacune à sa façon, envoient des agents en pays occupés pour des missions ponctuelles de renseignements ou de destruction.

Cet ouvrage décrit un grand nombre de ces missions, à partir de témoignages et d’archives, dont certains, inédits, ont été fournis par des descendants d’acteurs de ces missions.

La description privilégie les agents de missions, parce que ce sont eux qui ont fait la réussite ou l’échec de la mission, ce sont eux qui ont pris le plus de risques et qui ont payé fort cher leur volontariat. La plupart sont restés méconnus. L’ouvrage s’intéresse aussi aux pilotes et aux habitants des pays envahis. Ces derniers parfois contribuent aux missions, parfois les subissent, ou encore les dénoncent.

La description des missions spéciales est suivie, pour ce qui concerne les missions françaises, de tableaux statistiques sur le résultat des missions et le sort des agents et des pilotes.

Pour en savoir plus :

https://nouveautes-editeurs.bnf.fr/annonces.html?id_declaration=10000000689205&titre_livre=Les_agents_des_missions_sp%C3%A9ciales_1914-1918

Musée-Mémorial du Linge 1915, Bruno Ferry (coord) Religions, croyances et prophéties, 2021

La religion, les croyances populaires et les prophéties au front durant la Grande Guerre de 1914-1918.

La brutalité de la guerre, la peur, le doute et la mort omniprésente ont favorisé l’émergence d’une posture religieuse où se mêlent foi, croyances, prophéties et traditions populaires propres à chaque région. L’ouvrage, largement illustré de documents d’époques et d’objets découverts sur le champ de bataille, présente ces diverses pratiques, souvent irrationnelles, adoptées comme réponse à l’extrême violence des combats.

Pour en savoir plus : http://souvenirfrancaisesm.simplesite.com/445804040

Alain Drèze, La passion des oblats, des religieux résistants au couvent de la Brosse-Montceaux, juillet 1944, L’Harmattan, 2021

24 juillet 1944, la Gestapo envahit le couvent de La Brosse-Montceaux, situé en Seine-et-Marne. Les missionnaires oblats de Marie Immaculée qui y vivent aurait mieux fait de s’en tenir à leurs prières, plutôt que de se mêler de politique : planquer les armes qui vont contribuer à la Libération de Paris fait-il partie des attributs de la vie religieuse ? Ils ont voulu jouer aux résistants, ils vont payer, voilà ce que disent les S.S., la Gestapo et l’Oberkommando de la Wehrmacht, après avoir découvert leurs activités.

Cinq d’entre eux vont ainsi tomber sous les balles nazies tandis que l’ensemble de la communauté, envoyé en déportation, sera libéré in extremis par les Américains.

Ce roman historique retrace l’engagement d’une communauté religieuse dans la Résistance, depuis les premières heures de la guerre et de la révolte étudiante au Quartier latin jusqu’au drame de la fusillade de juillet 1944. Sans rien sacrifier à l’exactitude des faits, l’auteur fait aussi œuvre ici de romancier et dresse un saisissant portrait de la Résistance en Seine-et-Marne durant la Seconde Guerre mondiale.

Pour en savoir plus : https://www.editions-harmattan.fr/livre la_passion_des_oblats_des_religieux_resistants_au_couvent_de_la_brosse_montceaux_alain_dreze-9782343140131-60175.html

Laurent Thiery (Dir), La Coupole, Livre des 9 000 déportés de France à Mittelbau-Dora, Ed du Cherche-Midi, 2020

Vingt-deux ans après l’engagement pris auprès des survivants de Dora réunis au sein de l’Amicale Dora-Ellrich, l’objectif va être atteint. Fruit de près de deux décennies de recherches, de la mobilisation sans précédent d’historiens, de professeurs, d’archivistes, de bénévoles, du recoupement de milliers d’archives, cet ouvrage fixera sur le papier l’histoire d’un pan entier de la déportation dans toutes ses composantes, ses diversités, sa complexité et sa pluralité.

Combien et qui étaient les déportés de France à Mittelbau-Dora et dans ses Kommandos, d’où venaient-ils, quelles avaient été leurs formes d’engagement, quels pouvaient être les liens de sociabilité tissés entre eux, quels avaient été leurs parcours dans le système concentrationnaire, combien avaient péri, quelle était l’espérance de vie des survivants, quelles traces physiques et immatérielles nous léguaient-ils de leur expérience traumatique, comment, enfin, utiliser demain ces expériences du passé comme courroie de transmission et base de réflexion pour des générations désormais privées de témoins ? Autant de questions et de phénomènes auxquels chacune de ces 9 000 vies couchées sur le papier viendront éclairer.

Depuis Abada Roger, résistant communiste matricule 117858 à Dora jusqu’à Zyman Benjamin, membre de l’Organisation Juive de Combat, matricule 75953 à Dora, en passant par Stéphane Hessel, Pierre Dejussieu-Pontcarral, Simone Veil et des milliers d’autres, ce véritable mémorial de papier les réunira pour la première fois.

Le financement du projet est toujours en cours, vous pouvez le soutenir via ce lien https://www.lacoupole-france.com/centre-de-ressources/dictionnaire-biographique-des-deportes-dora.html

La coupole s’engage à donner un exemplaire de cet ouvrage à chaque famille de déportés.

Pour en savoir plus : Dicodora2020@gmail.com

La mémoire à travers le film

Jean-Louis Sonzogni, La Ligne Maginot Aquatique, co-écrit par Isabelle Anuzet Sonzogni, avec la participation de l’historien Michel Truttmann

Un documentaire sur l’histoire de ce secteur méconnu à base d’inondations défensives et modestement fortifié de la ligne Maginot.

La ligne aquatique Maginot est un ingénieux dispositif d’inondations défensives qui permit de créer une frontière naturelle capable de stopper une éventuelle attaque allemande le long du territoire de la Sarre, un territoire où construire des fortifications aurait pu paraître provocateur. Le gouvernement français a donc rendu en toute discrétion cette zone impraticable en s’appuyant sur des étangs existants.

Pour voir le replay du documentaire :

https://www.vosgestelevision.tv/societe/documentaire/Documentaire-ligne-Maginot-aquatique-5tv06FhANn.html

La mémoire à travers les visites

Les passerelles du temps : des visites guidées de Paris, et des recherches historiques pour les particuliers

Alexis Chateauminois, a effectué son service civique au Souvenir Français. A cette occasion, il a travaillé sur 1870 et sur la revue spéciale sur les 100 combattants de 1870. Il lance aujourd’hui son activité de visites guidées en extérieur et de recherches historiques pour les particuliers : « Les passerelles du temps ».

Il propose de découvrir notamment les ponts de Paris, riches en histoire et en anecdotes. Il propose également la recherche historique sur les familles.

Pour en savoir plus : https://www.lespasserellesdutemps.fr/

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Message du Président Général Serge Barcellini suite au décès de Monsieur René Randrianja

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Trois questions à Philippe Claudel

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Trois questions à Philippe Claudel

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Portrait de combattant : la mémoire à travers le témoignage

Le Souvenir Français souhaite mettre en valeur chaque mois le témoignage d’un combattant. Pour le mois de juillet : portrait d’Emmanuel Laquière, ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale

Emmanuel Laquière, au centre de la photo, lors des commémorations à Saint-Raphaël le 4 juin 2021

1- Quel âge aviez-vous lorsque la Seconde Guerre mondiale a débuté ?

Je suis né en Algérie en mars 1922. J’étais trop jeune lorsque la guerre a commencé en 1939 pour être mobilisé. Après la débâcle de 1940, des camps de jeunesse ont été créés par le régime de Vichy sur le modèle allemand. J’y fus envoyé mais une maladie me permit d’en être rapidement exempté. En 1942 je m’engageai dans l’armée française.

        2 -Quel fut votre parcours durant la Seconde Guerre mondiale ?

En novembre 1942, les Alliés débarquent en Afrique du Nord sur les côtes du Maroc et de l’Algérie. J’ai alors 19 ans et je suis mobilisé dans l’armée française en attendant de recevoir une formation par l’armée américaine. Je suis dans ce cadre formé au poste de pilote de char d’assaut.

Une fois formé, nous sommes partis faire la campagne d’Italie. Je fis partie du Corps expéditionnaire français commandé par le Général Juin. En 1944 nous débarquons à Naples, et nous menons une offensive à Castelforte le 11 mai 1944 avec toute l’artillerie, de 23h00 à 5h00 du matin. Nous avons fait 20 000 prisonniers allemands. Mais fatigués et diminués par les pertes que nous avions subies, nous fûmes réorientés vers Marseille pour un repos de 3 mois.

En novembre 1944 nous gagnions l’Alsace afin de participer à une nouvelle offensive. C’est lors de cette attaque que je fus blessé. Je suis évacué vers l’hôpital où je suis soigné durant 4 à 5 mois. Réformé je repris ma vie civile et mon travail dans l’agriculture.

J’ai fait mon devoir pour défendre la Patrie. Mais il ne faut pas oublier la grande aide des Alliés, et notamment des Britanniques et des Américains. C’est eux qui nous ont formé et qui nous ont fourni en matériel. 

      3 – Quel regard portez-vous sur la mémoire de la Seconde Guerre mondiale ?

Je trouve que la Seconde Guerre mondiale et la mémoire de la Seconde Guerre mondiale ont tendance à être oubliées. Moi je tiens toujours à aller à la rencontre des classes de CM1 et de CM2 pour leur parler de mon histoire et de l’Histoire de cette guerre. Je travaille pour cela avec le comité du Souvenir Français de Saint-Raphaël qui est très impliqué dans ce travail de mémoire. Et lorsque j’interviens, ces élèves me posent de nombreuses questions, ils sont intéressés, et parfois impressionnés. Leurs questions sont parfois touchantes et drôles mais ils viennent toujours me remercier à la fin. Ce sont des enfants de 10 ou 11 ans.

Il faudrait plus de considération envers cette histoire et cette mémoire, car elle est en train de se perdre ! Quand nous, les témoins directs ne serons plus là, nous comptons sur les jeunes pour reprendre le flambeau. Et ce n’est pas si difficile d’intéresser ces jeunes à cette histoire, il suffit de se mettre à leur portée.

La mémoire à travers le film

Le Souvenir Français soutient un film

Le Souvenir Français a souhaité soutenir un film original sous le titre « Pour votre liberté et la Nôtre ».

Thomas Gallo, Président de l’association APIA (Association de Production Image et Audio), Isabelle et Casimir Szymczak sont partis à la recherche des derniers résistants d’origine polonaise dans le Nord de la France.

C’est une histoire singulière qu’ils nous présentent dans ce film.

En 1940, on comptait en France 500 000 Polonais répartis dans de nombreux départements (le Tarn, la Saône-et-Loire et surtout le Nord et le Pas-de-Calais).

Selon Edmond Gogolewski, ces deux départements rassemblent environ 75% des Polonais de France. La majorité des Polonais de France était ouvriers.

A travers ce film, Thomas Gallo, Casimir et Isabelle Szymczak nous présentent ces Femmes et ces Hommes, Polonais ou d’origine polonaise, devenus résistants. Venus en France avec l’espoir de travailler et de vivre mieux, ils vont se retrouver malgré eux dans un conflit qui les dépasse. Pourtant, pour nombre d’entre eux, il n’était pas question de subir. Face à cette situation exceptionnelle, résister était un devoir.

Anciens mineurs, ouvriers agricoles, élèves, les Polonais de France évolueront dans de nombreux mouvements de résistance dont deux se distingueront. Par leur orientation politique, et aussi idéologique, les Polonais se réuniront principalement au sein du POWN rattaché au gouvernement polonais en exil à Londres, et la MOI rattachée au PCF proche de Moscou. Radicalement opposés sur les idées et la politique, ces mouvements se battront pour le même objectif, libérer la France pour ensuite libérer et reconstruire une Pologne nouvelle.

Des projections du film seront prévues dans le cadre des commémorations du centenaire de la convention Franco-Polonaise, organisées par le département du Pas-de-Calais.

Par la suite, ce documentaire sera disponible pour les professeurs et pour les musées intéressés. Le Sou venir Français s’efforcera également de le diffuser.

La mémoire à travers les livres

Jean Lebrun, Ici Saint-Pierre-et-Miquelon, Essai & Cie Bleu Autour, 2021

Ce titre fait écho au fameux « Ici Londres » ouvrant sur la BBC l’émission « Les Français parlent aux Français » pendant la Seconde Guerre mondiale. En effet, Saint-Pierre-et-Miquelon se rallie à de Gaulle dès Noël 1941, quand y débarque, peu après Pearl Harbor, la minuscule armada qu’il a dépêchée par surprise. Roosevelt, pour qui le Général n’est alors qu’un figurant, gronde Churchill, temporise et les hommages incarnant sur l’archipel la France libre tiennent bon, de l’amiral Muselier, pas encore dissident, au jeune Alain Savary, futur ministre de Mitterrand.

Un instant, Saint-Pierre-et-Miquelon est ainsi plus grand que lui-même. Puis ces îlots de l’Atlantique Nord cessent de faire la « une » à Londres comme en Amérique. Sur place, des notables, Préfets apostoliques en tête, entravent l’action de la France libre. Rejointe par de nombreux volontaires avant même le « coupe de Saint-Pierre », elle enrôle de force, début 1944, ceux qui renâclait encore à l’appuyer.

Il pourra ainsi être dit en 1945 que tout l’archipel était derrière de Gaulle. Il lui fera fête en 1967 lors de sa halte sur le chemin du « Québec libre ».

Pour en savoir plus :

https://nouveautes-editeurs.bnf.fr/annonces.html?id_declaration=10000000651816&titre_livre=Ici_Saint-Pierre-et-Miquelon

Danièle Frison, Mon père, déporté à Rawa-Ruska, myosotis books, 2021

Les souvenirs de Guerre d’un prisonnier, André Frison, rapportés par sa fille Danièle. Plusieurs fois évadé depuis sa captivité en 1940, André Frison est déporté en 1942 vers l’Est, au camp disciplinaire de Rawa-Ruska. Hélas trop célèbre par son surnom du « Camp de la Goutte d’eau », ce camp était destiné à mater les fortes têtes.

Situé en Galicie, à la frontière de l’Ukraine, il accueillit des Russes, des Français, des Belges… dans le Triangle de la Mort de cette Pologne où beaucoup de camps d’extermination nazis étaient installés. Le livre comprend de nombreux documents d’époque. Sa fille nous rapporte les quelques souvenirs que son père a consenti à lui confier, toujours avec réticence car cette époque restait maudite. Les autres renseignements furent obtenus auprès de sa mère qui conserva avec soin les documents présentés dans cet ouvrage. Un bel hommage à cet homme épris de liberté et de nombreuses fois décoré, en particulier de la Légion d’Honneur.

Pour en savoir plus : https://livre.fnac.com/a15930458/Daniele-Frison-Mon-Pere-deporte-a-RAWA-RUSKA

François Noudelmann, Les enfants de Cadillac, Gallimard, 2021

En 1911, fuyant les persécutions contre les Juifs en Lituanie, Chaïm, le grand-père du narrateur, arrive en France. Afin d’obtenir la nationalité française, il s’engage dans l’armée et prend part à la Grande Guerre. Il est grièvement blessé par une bombe chimique. Il passe vingt ans interné, avant de mourir dans l’anonymat à l’hôpital psychiatrique de Cadillac, en Gironde. En 1940, Albert, le père du narrateur, est fait prisonnier et dénoncé comme Juif. Lors de la libération des camps, il met plusieurs semaines à rejoindre la France à pied depuis la Pologne. Il risque plusieurs fois d’être exécuté par des soldats nazis en déroute ou des militaires russes avides.

Dans ce premier roman, François Noudelmann emporte le lecteur dans les tumultes des deux conflits mondiaux. Les destins de son grand-père et de son père sont de véritables épopées, à travers lesquelles l’auteur questionne son identité française.

Pour en savoir plus : http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Blanche/Les-enfants-de-Cadillac

La France dans la Seconde Guerre mondiale, ouvrage collectif, Nane Editions, 2021

En 1940, la France est écrasée en quelques jours par l’armée du IIIe Reich. De cet événement initial découle pour le pays une série de conséquences dramatiques. Ravalée au rand de pays occupé et annexé, la France se divise profondément : si la grande majorité des Français attend en essayant de composer avec un quotidien de plus en plus difficile, certains soutiennent activement la politique gouvernementale de collaboration.

Une petite minorité, au contraire, s’engage dans la résistance contre l’occupant et ses collaborateurs. Ce livre retrace les grandes lignes d’une époque particulièrement douloureuse, marquée par le chaos, les oppositions politiques et la remise en cause des valeurs de la France. A travers une série de portraits historiques et de moments clés, cet ouvrage offre une vue synthétique et vivante d’une période troublée de l’Histoire de France.

Pour en savoir plus : https://www.nane-editions.fr/produit/98/9782843681950/la-france-dans-la-seconde-guerre-mondiale

Jean-Louis Michelet, Les agents des missions spéciales 1914-1918, Société d’histoire des Ardennes, 2021

18 novembre 1914. Le pilote Paul Billard emmène l’agent Georges Berteloot dans un avion Blériot, le dépose derrière la ligne de front puis revient sur son terrain. Berteloot, resté seul en pays hostile, remplit sa mission : retrouver une compagnie, isolée et cachée au milieu de l’armée allemande.

C’est la première mission spéciale. Elle est suivie de bien d’autres. Les trois armées alliées, chacune à sa façon, envoient des agents en pays occupés pour des missions ponctuelles de renseignements ou de destruction.

Cet ouvrage décrit un grand nombre de ces missions, à partir de témoignages et d’archives, dont certains, inédits, ont été fournis par des descendants d’acteurs de ces missions.

La description privilégie les agents de missions, parce que ce sont eux qui ont fait la réussite ou l’échec de la mission, ce sont eux qui ont pris le plus de risques et qui ont payé fort cher leur volontariat. La plupart sont restés méconnus. L’ouvrage s’intéresse aussi aux pilotes et aux habitants des pays envahis. Ces derniers parfois contribuent aux missions, parfois les subissent, ou encore les dénoncent.

La description des missions spéciales est suivie, pour ce qui concerne les missions françaises, de tableaux statistiques sur le résultat des missions et le sort des agents et des pilotes.

Pour en savoir plus :

https://nouveautes-editeurs.bnf.fr/annonces.html?id_declaration=10000000689205&titre_livre=Les_agents_des_missions_sp%C3%A9ciales_1914-1918

Musée-Mémorial du Linge 1915, Bruno Ferry (coord) Religions, croyances et prophéties, 2021

La religion, les croyances populaires et les prophéties au front durant la Grande Guerre de 1914-1918.

La brutalité de la guerre, la peur, le doute et la mort omniprésente ont favorisé l’émergence d’une posture religieuse où se mêlent foi, croyances, prophéties et traditions populaires propres à chaque région. L’ouvrage, largement illustré de documents d’époques et d’objets découverts sur le champ de bataille, présente ces diverses pratiques, souvent irrationnelles, adoptées comme réponse à l’extrême violence des combats.

Pour en savoir plus : http://souvenirfrancaisesm.simplesite.com/445804040

Alain Drèze, La passion des oblats, des religieux résistants au couvent de la Brosse-Montceaux, juillet 1944, L’Harmattan, 2021

24 juillet 1944, la Gestapo envahit le couvent de La Brosse-Montceaux, situé en Seine-et-Marne. Les missionnaires oblats de Marie Immaculée qui y vivent aurait mieux fait de s’en tenir à leurs prières, plutôt que de se mêler de politique : planquer les armes qui vont contribuer à la Libération de Paris fait-il partie des attributs de la vie religieuse ? Ils ont voulu jouer aux résistants, ils vont payer, voilà ce que disent les S.S., la Gestapo et l’Oberkommando de la Wehrmacht, après avoir découvert leurs activités.

Cinq d’entre eux vont ainsi tomber sous les balles nazies tandis que l’ensemble de la communauté, envoyé en déportation, sera libéré in extremis par les Américains.

Ce roman historique retrace l’engagement d’une communauté religieuse dans la Résistance, depuis les premières heures de la guerre et de la révolte étudiante au Quartier latin jusqu’au drame de la fusillade de juillet 1944. Sans rien sacrifier à l’exactitude des faits, l’auteur fait aussi œuvre ici de romancier et dresse un saisissant portrait de la Résistance en Seine-et-Marne durant la Seconde Guerre mondiale.

Pour en savoir plus : https://www.editions-harmattan.fr/livre la_passion_des_oblats_des_religieux_resistants_au_couvent_de_la_brosse_montceaux_alain_dreze-9782343140131-60175.html

Laurent Thiery (Dir), La Coupole, Livre des 9 000 déportés de France à Mittelbau-Dora, Ed du Cherche-Midi, 2020

Vingt-deux ans après l’engagement pris auprès des survivants de Dora réunis au sein de l’Amicale Dora-Ellrich, l’objectif va être atteint. Fruit de près de deux décennies de recherches, de la mobilisation sans précédent d’historiens, de professeurs, d’archivistes, de bénévoles, du recoupement de milliers d’archives, cet ouvrage fixera sur le papier l’histoire d’un pan entier de la déportation dans toutes ses composantes, ses diversités, sa complexité et sa pluralité.

Combien et qui étaient les déportés de France à Mittelbau-Dora et dans ses Kommandos, d’où venaient-ils, quelles avaient été leurs formes d’engagement, quels pouvaient être les liens de sociabilité tissés entre eux, quels avaient été leurs parcours dans le système concentrationnaire, combien avaient péri, quelle était l’espérance de vie des survivants, quelles traces physiques et immatérielles nous léguaient-ils de leur expérience traumatique, comment, enfin, utiliser demain ces expériences du passé comme courroie de transmission et base de réflexion pour des générations désormais privées de témoins ? Autant de questions et de phénomènes auxquels chacune de ces 9 000 vies couchées sur le papier viendront éclairer.

Depuis Abada Roger, résistant communiste matricule 117858 à Dora jusqu’à Zyman Benjamin, membre de l’Organisation Juive de Combat, matricule 75953 à Dora, en passant par Stéphane Hessel, Pierre Dejussieu-Pontcarral, Simone Veil et des milliers d’autres, ce véritable mémorial de papier les réunira pour la première fois.

Le financement du projet est toujours en cours, vous pouvez le soutenir via ce lien https://www.lacoupole-france.com/centre-de-ressources/dictionnaire-biographique-des-deportes-dora.html

La coupole s’engage à donner un exemplaire de cet ouvrage à chaque famille de déportés.

Pour en savoir plus : Dicodora2020@gmail.com

La mémoire à travers le film

Jean-Louis Sonzogni, La Ligne Maginot Aquatique, co-écrit par Isabelle Anuzet Sonzogni, avec la participation de l’historien Michel Truttmann

Un documentaire sur l’histoire de ce secteur méconnu à base d’inondations défensives et modestement fortifié de la ligne Maginot.

La ligne aquatique Maginot est un ingénieux dispositif d’inondations défensives qui permit de créer une frontière naturelle capable de stopper une éventuelle attaque allemande le long du territoire de la Sarre, un territoire où construire des fortifications aurait pu paraître provocateur. Le gouvernement français a donc rendu en toute discrétion cette zone impraticable en s’appuyant sur des étangs existants.

Pour voir le replay du documentaire :

https://www.vosgestelevision.tv/societe/documentaire/Documentaire-ligne-Maginot-aquatique-5tv06FhANn.html

La mémoire à travers les visites

Les passerelles du temps : des visites guidées de Paris, et des recherches historiques pour les particuliers

Alexis Chateauminois, a effectué son service civique au Souvenir Français. A cette occasion, il a travaillé sur 1870 et sur la revue spéciale sur les 100 combattants de 1870. Il lance aujourd’hui son activité de visites guidées en extérieur et de recherches historiques pour les particuliers : « Les passerelles du temps ».

Il propose de découvrir notamment les ponts de Paris, riches en histoire et en anecdotes. Il propose également la recherche historique sur les familles.

Pour en savoir plus : https://www.lespasserellesdutemps.fr/

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