L’œil des historiens : André Kaspi et Pascale Morel

21 juin 2022

André Kaspi est historien, professeur émérite à la Sorbonne, spécialiste de l’histoire des Etats-Unis  Pascale Morel est professeure d’histoire au Lycée Marcelin Berthelot et à l’INSEP

La France en 1942

Plus encore qu’auparavant, le monde de 1942 est bouleversé. « Les jeux sont faits, écrit de Gaulle dans ses Mémoires. La balance se renverse. Aux Etats-Unis, d’immenses ressources sont transformées en moyens de combat. La Russie s’est ressaisie ; on va le voir à Stalingrad. Les Britanniques parviennent à se rétablir en Egypte. La France combattante grandit au-dedans et au dehors ». Il faut ajouter que le conflit s’étend à l’Atlantique, au Pacifique, au Moyen-Orient, en Afrique. Que reste-t-il des ambitions de Vichy ? Quel rôle parvient à tenir cette France libre qui devient, au printemps de 1942, la France combattante ?

Les illusions de Vichy

A Vichy, on espère que l’armistice de juin 1940 débouchera sur une fructueuse collaboration avec l’Allemagne nazie. Le 24 octobre, Pétain rencontre Hitler à Montoire. Le vieux Maréchal croit qu’un accord avec son vainqueur serait profitable à la France vaincue. Hitler préfère préparer la guerre contre l’Union soviétique. En 1941, l’amiral Darlan nourrit, lui aussi, des illusions. Il estime que l’Allemagne a gagné la guerre, qu’il est temps pour la France de prendre place dans la nouvelle Europe. Il rencontre Hitler à Berchtesgaden le 11 mai pour manifester qu’il est le fidèle vassal du nouveau souverain. Le 27 et le 28 mai, il signe « les protocoles de Paris » qui autorisent l’Allemagne nazie à intervenir en Syrie (un protectorat français), à faire relâcher ses navires dans le port de Dakar et à utiliser Bizerte pour l’Afrikakorps. Ce qu’obtient Darlan n’est pas négligeable : réduction des frais d’occupation, libération de 100 000 prisonniers, réarmement de quelques bâtiments de la flotte. Mais pour la Grande-Bretagne, ces protocoles ressemblent à un acte de guerre. Vichy tente alors d’accentuer le rapprochement avec le Reich et n’obtient rien à l’entrevue de Saint-Florentin (1er décembre 1941). Bref, la diplomatie de Pétain et de Darlan ne débouche sur aucun succès, mais, au contraire, elle ne provoque que des résultats décevants.

Et pourtant, Vichy dispose de deux atouts qui, pour le moment, lui confèrent une certaine marge de manœuvre. L’Empire, comme on dit à l’époque, tient une place primordiale dans la géostratégie de la guerre. Il couvre 12 millions de kilomètres carrés, en Afrique, au Moyen-Orient et en Indochine. Dans ce conflit qui désormais touche à l’ensemble du globe, il peut faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre. Ses richesses ne sont pas négligeables : des phosphates, du café, du cacao, des arachides, du caoutchouc. Sa localisation est essentielle dans cette guerre qui n’épargne ni les océans les plus lointains, ni les terres exotiques qu’on avait parfois oubliées. A Vichy, on est particulièrement soucieux de préserver ces richesses, de les défendre contre les forces navales et terrestres du Royaume-Uni, contre la France libre qui entreprend la reconquête du territoire national. Encore une illusion. L’Allemagne nazie reste une puissance continentale. L’Afrique et le Moyen-Orient ne sauraient être, pour elle, que des théâtres d’opération secondaires. Ce qui compte, c’est désormais la guerre contre l’URSS et la Grande-Bretagne, peut-être dans un avenir encore incertain contre les Etats-Unis. De toute évidence, Hitler ne partage pas les illusions de Vichy. L’Empire français ne fera pas oublier la défaite militaire. « La collaboration » prétendument indispensable entre Vichy et Berlin ne sert nullement les intérêts français. Vichy incarne la soumission d’une France vaincue.

Quant à la flotte, elle fait l’objet d’une attention constante, voire passionnée, de la part de l’amiral Darlan. Elle n’a pas été touchée par les combats de 1940. Elle reste plus puissante que la flotte allemande ou italienne. Elle a échappé aux conditions draconiennes de l’armistice. L’Allemagne a promis – si ses promesses ont la moindre valeur – qu’elle ne s’en emparerait pas. Mais elle fera tout pour empêcher que les Britanniques bénéficient de sa puissance. Pour Vichy, c’est un véritable dilemme, qu’il s’agisse de l’Empire ou de la flotte. Impossible de maintenir la neutralité entre les belligérants. Impossible en faisant valoir la puissance navale d’obtenir de l’Allemagne nazie un accord diplomatique et militaire, sans renforce l’hostilité de la Grande-Bretagne. En temps de guerre, la neutralité est une vue de l’esprit, voire une illusion néfaste. L’Allemagne exige la soumission et rejette clairement les prétentions de Vichy. En revanche, elle tient compte des ambitions italiennes en Méditerranée, dans la mesure où l’Italie de Mussolini est un allié qu’il ne faut pas froisser, et moins encore négliger. Conclusion : la diplomatie de Vichy n’est nullement réaliste. Elle n’obtiendra rien. En 1942, l’Empire n’est plus un atout (si jamais il le fut), et la flotte ne l’est pas davantage. Quant à Darlan, il prend du recul. Les événements l’incitent à changer d’avis. Il croit maintenant que l’entrée en guerre des Etats-Unis et la résistance de l’Union soviétique feront pencher la balance du côté des adversaires de l’Allemagne nazie. Vu de Berlin, il a cessé d’être utile.

Le 17 avril, Pierre Laval revient au pouvoir. A une collaboration, pour le moins illusoire, succède une politique de soumission. L’étau se resserre, encore que les plus déterminés des collaborationnistes soient, pour le moment, écartés du pouvoir. Il n’empêche que Laval applique avec sincérité une politique de collaboration. Ses propos sont dépourvus d’ambiguïté : « L’heure est passée, déclare-t-il, où l’intérêt français pouvait commander de finasser avec le vainqueur, de feindre la collaboration en en réduisant la portée pratique. Le salut de la France, à un moment où l’Allemagne prépare l’offensive finale contre la Russie, est dans l’obéissance totale, sans réserve mentale ». Et comme si ces propos devaient encore être précisés, il ajoute : « J’ai à remplir mon rôle de chef. Quand je vous dis que ma politique est la seule qui puisse assurer le salut de la France, vous devez me croire et me suivre. » Enfin, vient la phrase la plus célèbre et la plus lamentable que prononce Pierre Laval, le 22 juin 1942 : « Je souhaite la victoire de l’Allemagne, car, sans elle, bientôt le communisme s’installera partout en Europe ». Pour afficher sa « collaboration pacifique et laborieuse », tandis que s’accentue le pillage des ressources et les difficultés de ravitaillement, il signe le « protocole Sauckel », du nom du plénipotentiaire chargé par Hitler d’organiser le recrutement de main d’oeuvre dans les territoires occupés. Soucieux de donner rapidement satisfaction à Berlin, il exhorte donc à la « Relève » des prisonniers de guerre, à raison de trois volontaires pour un militaire. Mais son discours du 22 juin, loin de convaincre, choque les Français. Fin août, à peine 17 000 hommes se sont présentés. Une loi du 4 septembre autorise donc la réquisition d’ouvriers qualifiés, provoquant de vives réactions en zone sud. Avant même le STO (mis en place en février 1943), les premiers réfractaires apparaissent, souvent prêts à rejoindre les réseaux de résistance.

La France Combattante

Face à cet effondrement politique, diplomatique et moral de Vichy, que peut faire la France libre, devenue au printemps de 1942 la France combattante ? Son rôle est reconnu officiellement par le Royaume-Uni, même si ses forces sont encore insuffisantes pour apporter aux Alliés un renfort décisif. Du 26 mai au 11 juin, les Français libres du général Koenig tiennent un rôle décisif dans la bataille de Bir Hakeim et retardent l’avancée des troupes de Rommel. Les Britanniques n’en poursuivent pas moins le grignotage des positions françaises au Levant et à Madagascar, en dépit des vives réactions du général de Gaulle. Il n’empêche que l’Afrique centrale et une partie de l’Afrique occidentale se sont ralliées au général de Gaulle. En revanche, les Etats-Unis ont maintenu, jusqu’à l’automne, leurs relations diplomatiques avec Vichy. Franklin Roosevelt est plus que méfiant à l’endroit du chef de la France combattante. Lorsque les Américains prennent pied en Nouvelle-Calédonie, ils laissent en place les autorités locales, c’est-à-dire vichyssoises.  S’ils envisagent de débarquer leurs troupes en Europe ou dans les prolongements africains de l’Europe, ils n’ont pas l’intention de modifier leur attitude. Tout au plus jugent-ils que les Forces françaises libres serviront de renforts à la coalition anglo-américaine.

Le 18 avril, sur les ondes de la BBC, le général de Gaulle déclare : « La libération nationale ne peut être séparée de l’insurrection nationale ». Jean Moulin l’a convaincu qu’il est possible d’unifier les réseaux de résistance, au moins en zone libre. Pourtant, rien n’est simple : les mouvements sont divisés et soucieux de leur liberté d’action ; les communistes, entrés en lutte en juin 1941, après la rupture du pacte germano-soviétique, inquiètent ; De Gaulle veut garder la main et se montre exigeant.

Parachuté une première fois en Provence dans la nuit du 1er au 2 janvier 1942, Jean Moulin s’attelle à la tâche. Il s’établit rapidement à Lyon et multiplie les rencontres avec les chefs des réseaux, Henri Frenay, Georges Bidault, Raymond Aubrac, Emmanuel d’Astier de La Vigerie, … Sous son impulsion, la liaison radio avec Londres devient active et, dès l’été, de nouveaux émetteurs, petits et performants, sont parachutés.  En collaboration étroite avec la R.A.F., il organise le Service des Opérations Aériennes et Maritimes, afin d’organiser les parachutages d’hommes et de matériels, de trouver des planques, d’écouter et transmettre les fameux « messages personnels » diffusés sur la BBC. Un Bureau d’Information et de Presse (B.I.P.) et un Comité Général d’Études (C.G.E.) sont créés. Le premier, confié à Georges Bidault, assure des contacts étroits avec la France Libre, cette « union intérieur-extérieur » que Jean Moulin considère comme essentielle. Le second, véritable laboratoire d’idées, doit préparer la France de demain. En octobre enfin, le général Delestraint prend le commandement de l' »Armée Secrète », coordonnant les groupes Action de tous les réseaux.

Autant de structures nouvelles, pérennes et efficaces, qui permettent à la France libre de devenir, concrètement, la France combattante, et d’accroître progressivement sa crédibilité auprès des Alliés.

Le temps des rafles

L’année 1942 marque, pour les Juifs présents sur le territoire français, le passage de la persécution juridique à une persécution physique, de la stigmatisation à la déportation vers Auschwitz-Birkenau.

En zone occupée, la condition des Juifs s’aggrave encore. Par l’ordonnance allemande du 29 mai 1942, le port de l’étoile jaune devient obligatoire. Déjà discriminés et limités dans leurs actions quotidiennes, les Juifs sont désormais visibles, reconnaissables dans les rues. A l’entrée des squares ou des bâtiments, des pancartes préviennent : « Interdit aux chiens et aux Juifs ». En zone libre, si la mesure n’est pas appliquée, essentiellement par crainte de susciter, dans l’opinion publique, un élan de solidarité, un tampon « Juif » est apposé sur les cartes d’identité.

Bien plus qu’une énième humiliation, le fait de marquer les Juifs facilite leur surveillance et, très vite, leur arrestation. En effet, le 20 janvier 1942, dans une villa cossue de la banlieue berlinoise, au bord du lac de Wannsee, une quinzaine de dignitaires nazis décident de la Solution Finale. Le génocide est déjà à l’œuvre dans les ghettos ; il s’intensifie à l’Est, mené par les Einsatzgruppen. Mais puisque le continent plie sous la botte du Reich, le temps est venu de l’extermination systématique et industrielle des Juifs d’Europe.

En France, des rafles avaient déjà eu lieu en 1941, touchant uniquement les hommes, pour la plupart étrangers mais aussi français, ou fraîchement dénaturalisés par Vichy, dans une indifférence quasi générale. A partir de juin 1942, ce sont des familles entières, hommes, femmes, enfants, vieillards, qui sont arrêtées et enfermés dans des camps d’internement, à Drancy, Compiègne, Pithiviers, Beaune-la-Rolande, et dans la zone dite libre, à Gurs, Les Milles.

Soucieuse de prouver l’efficacité de son administration de sa police, de sa gendarmerie, Vichy participe activement à l’organisation des rafles et des convois, en zone occupée mais aussi, à partir d’août 1942, en zone libre, allant jusqu’à anticiper les demandes des nazis. Aujourd’hui symbole de la collaboration française au génocide des Juifs, la rafle du Vel d’Hiv, chapeautée par René Bousquet, mobilise la police parisienne les 16 et 17 juillet. 12884 Juifs, de tous âges et de toutes origines, dont près de 4000 enfants, presque tous français, sont alors arrêtés.

Au total, en 1942, ce sont 6800 enfants, 14500 femmes et 20800 hommes qui sont entassés dans les wagons à bestiaux et déportés vers Auschwitz-Birkenau. Bilan macabre qui aurait pu être bien plus élevé encore sans la protestation des autorités religieuses (protestante et catholique) et, bientôt, d’anonymes. A partir de l’automne, la pression se fait moins forte, pour ménager l’opinion. Mais plus de la moitié des Juifs déportés depuis le territoire français l’a été en 1942.

Le 27 mars 1942, à 17h, le convoi n°1 quitte la gare du Bourget. 78 suivent, dont 45 entre fin mars et la mi-novembre 1942. Le 14 août, part le convoi 19, le premier à déporter des enfants de moins de 12 ans.

Le temps des rafles est aussi le temps des Justes, celui des actions individuelles pour sauver ceux qui peuvent l’être. Chacun à sa place, organisations juives en tête, chacun selon ses moyens. Mais l' »irréparable », selon les termes du président Chirac en 1995, a été commis.

Le débarquement allié en Afrique du Nord

 Le débarquement anglo-américain en Algérie et au Maroc, le 8 novembre 1942, inaugure un tournant dans l’histoire de la guerre. Plus encore que la Grande-Bretagne, ce sont les Etats-Unis qui sont les maîtres de la situation du point de vue militaire, économique et politique. Pour eux, la France n’existe plus désormais sur le plan diplomatique. Ce qui compte, ce sont les autorités locales qui permettront l’arrêt des combats. Tout au plus accepteraient-ils que le général Giraud soit exfiltré de France pour coopérer avec leurs forces. Mais Giraud tarde à atteindre l’Afrique du Nord et comprend mal la situation politique. Et surtout, l’amiral Darlan se trouve à Alger, par hasard, dit-on, au chevet de son fils hospitalisé. Dans un embrouillamini politique, Darlan fait semblant de croire qu’il peut signer le cessez-le-feu au nom du « Maréchal empêché » qui lui-même approuve, sans le dire ou en faisant semblant, l’attitude de l’amiral. Les Américains n’ont aucune hésitation à accepter « le Darlan deal ». Encore une fois, ils préfèrent s’entendre avec les autorités locales, plutôt que perdre du temps dans les complexités de la situation française. Et tant pis si le Darlan deal signifie, d’une certaine manière, qu’ils négocient, une fois encore, avec Vichy ou, du moins, avec l’un de ses représentants. Pas question, bien évidemment, d’introduire de Gaulle dans ce méli-mélo, car pour Franklin Roosevelt, le général ne représente qu’un groupe de résistants, peu sûrs du point de vue politique, sans appuis solides en France.

Le 11 novembre 1942, les Allemands envahissent la zone libre. Le régime de Vichy a perdu jusqu’aux apparences de sa liberté de manœuvre. La France tout entière est occupée. Peu après, la flotte française se saborde, conformément aux ordres que Darlan avait rédigés plusieurs années auparavant. A l’extrême fin de l’année 1942, que reste-t-il des ambitions françaises ?  Le Vichy de Pétain est devenu le Vichy de Laval et des pires collaborationnistes. La France combattante est exclue, pour le moment, de l’Afrique du Nord. Darlan est assassiné le 24 décembre. Les Alliés, en particulier les Américains, tiennent le rôle principal.

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L’œil des historiens : André Kaspi et Pascale Morel

21 juin 2022

André Kaspi est historien, professeur émérite à la Sorbonne, spécialiste de l’histoire des Etats-Unis  Pascale Morel est professeure d’histoire au Lycée Marcelin Berthelot et à l’INSEP

La France en 1942

Plus encore qu’auparavant, le monde de 1942 est bouleversé. « Les jeux sont faits, écrit de Gaulle dans ses Mémoires. La balance se renverse. Aux Etats-Unis, d’immenses ressources sont transformées en moyens de combat. La Russie s’est ressaisie ; on va le voir à Stalingrad. Les Britanniques parviennent à se rétablir en Egypte. La France combattante grandit au-dedans et au dehors ». Il faut ajouter que le conflit s’étend à l’Atlantique, au Pacifique, au Moyen-Orient, en Afrique. Que reste-t-il des ambitions de Vichy ? Quel rôle parvient à tenir cette France libre qui devient, au printemps de 1942, la France combattante ?

Les illusions de Vichy

A Vichy, on espère que l’armistice de juin 1940 débouchera sur une fructueuse collaboration avec l’Allemagne nazie. Le 24 octobre, Pétain rencontre Hitler à Montoire. Le vieux Maréchal croit qu’un accord avec son vainqueur serait profitable à la France vaincue. Hitler préfère préparer la guerre contre l’Union soviétique. En 1941, l’amiral Darlan nourrit, lui aussi, des illusions. Il estime que l’Allemagne a gagné la guerre, qu’il est temps pour la France de prendre place dans la nouvelle Europe. Il rencontre Hitler à Berchtesgaden le 11 mai pour manifester qu’il est le fidèle vassal du nouveau souverain. Le 27 et le 28 mai, il signe « les protocoles de Paris » qui autorisent l’Allemagne nazie à intervenir en Syrie (un protectorat français), à faire relâcher ses navires dans le port de Dakar et à utiliser Bizerte pour l’Afrikakorps. Ce qu’obtient Darlan n’est pas négligeable : réduction des frais d’occupation, libération de 100 000 prisonniers, réarmement de quelques bâtiments de la flotte. Mais pour la Grande-Bretagne, ces protocoles ressemblent à un acte de guerre. Vichy tente alors d’accentuer le rapprochement avec le Reich et n’obtient rien à l’entrevue de Saint-Florentin (1er décembre 1941). Bref, la diplomatie de Pétain et de Darlan ne débouche sur aucun succès, mais, au contraire, elle ne provoque que des résultats décevants.

Et pourtant, Vichy dispose de deux atouts qui, pour le moment, lui confèrent une certaine marge de manœuvre. L’Empire, comme on dit à l’époque, tient une place primordiale dans la géostratégie de la guerre. Il couvre 12 millions de kilomètres carrés, en Afrique, au Moyen-Orient et en Indochine. Dans ce conflit qui désormais touche à l’ensemble du globe, il peut faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre. Ses richesses ne sont pas négligeables : des phosphates, du café, du cacao, des arachides, du caoutchouc. Sa localisation est essentielle dans cette guerre qui n’épargne ni les océans les plus lointains, ni les terres exotiques qu’on avait parfois oubliées. A Vichy, on est particulièrement soucieux de préserver ces richesses, de les défendre contre les forces navales et terrestres du Royaume-Uni, contre la France libre qui entreprend la reconquête du territoire national. Encore une illusion. L’Allemagne nazie reste une puissance continentale. L’Afrique et le Moyen-Orient ne sauraient être, pour elle, que des théâtres d’opération secondaires. Ce qui compte, c’est désormais la guerre contre l’URSS et la Grande-Bretagne, peut-être dans un avenir encore incertain contre les Etats-Unis. De toute évidence, Hitler ne partage pas les illusions de Vichy. L’Empire français ne fera pas oublier la défaite militaire. « La collaboration » prétendument indispensable entre Vichy et Berlin ne sert nullement les intérêts français. Vichy incarne la soumission d’une France vaincue.

Quant à la flotte, elle fait l’objet d’une attention constante, voire passionnée, de la part de l’amiral Darlan. Elle n’a pas été touchée par les combats de 1940. Elle reste plus puissante que la flotte allemande ou italienne. Elle a échappé aux conditions draconiennes de l’armistice. L’Allemagne a promis – si ses promesses ont la moindre valeur – qu’elle ne s’en emparerait pas. Mais elle fera tout pour empêcher que les Britanniques bénéficient de sa puissance. Pour Vichy, c’est un véritable dilemme, qu’il s’agisse de l’Empire ou de la flotte. Impossible de maintenir la neutralité entre les belligérants. Impossible en faisant valoir la puissance navale d’obtenir de l’Allemagne nazie un accord diplomatique et militaire, sans renforce l’hostilité de la Grande-Bretagne. En temps de guerre, la neutralité est une vue de l’esprit, voire une illusion néfaste. L’Allemagne exige la soumission et rejette clairement les prétentions de Vichy. En revanche, elle tient compte des ambitions italiennes en Méditerranée, dans la mesure où l’Italie de Mussolini est un allié qu’il ne faut pas froisser, et moins encore négliger. Conclusion : la diplomatie de Vichy n’est nullement réaliste. Elle n’obtiendra rien. En 1942, l’Empire n’est plus un atout (si jamais il le fut), et la flotte ne l’est pas davantage. Quant à Darlan, il prend du recul. Les événements l’incitent à changer d’avis. Il croit maintenant que l’entrée en guerre des Etats-Unis et la résistance de l’Union soviétique feront pencher la balance du côté des adversaires de l’Allemagne nazie. Vu de Berlin, il a cessé d’être utile.

Le 17 avril, Pierre Laval revient au pouvoir. A une collaboration, pour le moins illusoire, succède une politique de soumission. L’étau se resserre, encore que les plus déterminés des collaborationnistes soient, pour le moment, écartés du pouvoir. Il n’empêche que Laval applique avec sincérité une politique de collaboration. Ses propos sont dépourvus d’ambiguïté : « L’heure est passée, déclare-t-il, où l’intérêt français pouvait commander de finasser avec le vainqueur, de feindre la collaboration en en réduisant la portée pratique. Le salut de la France, à un moment où l’Allemagne prépare l’offensive finale contre la Russie, est dans l’obéissance totale, sans réserve mentale ». Et comme si ces propos devaient encore être précisés, il ajoute : « J’ai à remplir mon rôle de chef. Quand je vous dis que ma politique est la seule qui puisse assurer le salut de la France, vous devez me croire et me suivre. » Enfin, vient la phrase la plus célèbre et la plus lamentable que prononce Pierre Laval, le 22 juin 1942 : « Je souhaite la victoire de l’Allemagne, car, sans elle, bientôt le communisme s’installera partout en Europe ». Pour afficher sa « collaboration pacifique et laborieuse », tandis que s’accentue le pillage des ressources et les difficultés de ravitaillement, il signe le « protocole Sauckel », du nom du plénipotentiaire chargé par Hitler d’organiser le recrutement de main d’oeuvre dans les territoires occupés. Soucieux de donner rapidement satisfaction à Berlin, il exhorte donc à la « Relève » des prisonniers de guerre, à raison de trois volontaires pour un militaire. Mais son discours du 22 juin, loin de convaincre, choque les Français. Fin août, à peine 17 000 hommes se sont présentés. Une loi du 4 septembre autorise donc la réquisition d’ouvriers qualifiés, provoquant de vives réactions en zone sud. Avant même le STO (mis en place en février 1943), les premiers réfractaires apparaissent, souvent prêts à rejoindre les réseaux de résistance.

La France Combattante

Face à cet effondrement politique, diplomatique et moral de Vichy, que peut faire la France libre, devenue au printemps de 1942 la France combattante ? Son rôle est reconnu officiellement par le Royaume-Uni, même si ses forces sont encore insuffisantes pour apporter aux Alliés un renfort décisif. Du 26 mai au 11 juin, les Français libres du général Koenig tiennent un rôle décisif dans la bataille de Bir Hakeim et retardent l’avancée des troupes de Rommel. Les Britanniques n’en poursuivent pas moins le grignotage des positions françaises au Levant et à Madagascar, en dépit des vives réactions du général de Gaulle. Il n’empêche que l’Afrique centrale et une partie de l’Afrique occidentale se sont ralliées au général de Gaulle. En revanche, les Etats-Unis ont maintenu, jusqu’à l’automne, leurs relations diplomatiques avec Vichy. Franklin Roosevelt est plus que méfiant à l’endroit du chef de la France combattante. Lorsque les Américains prennent pied en Nouvelle-Calédonie, ils laissent en place les autorités locales, c’est-à-dire vichyssoises.  S’ils envisagent de débarquer leurs troupes en Europe ou dans les prolongements africains de l’Europe, ils n’ont pas l’intention de modifier leur attitude. Tout au plus jugent-ils que les Forces françaises libres serviront de renforts à la coalition anglo-américaine.

Le 18 avril, sur les ondes de la BBC, le général de Gaulle déclare : « La libération nationale ne peut être séparée de l’insurrection nationale ». Jean Moulin l’a convaincu qu’il est possible d’unifier les réseaux de résistance, au moins en zone libre. Pourtant, rien n’est simple : les mouvements sont divisés et soucieux de leur liberté d’action ; les communistes, entrés en lutte en juin 1941, après la rupture du pacte germano-soviétique, inquiètent ; De Gaulle veut garder la main et se montre exigeant.

Parachuté une première fois en Provence dans la nuit du 1er au 2 janvier 1942, Jean Moulin s’attelle à la tâche. Il s’établit rapidement à Lyon et multiplie les rencontres avec les chefs des réseaux, Henri Frenay, Georges Bidault, Raymond Aubrac, Emmanuel d’Astier de La Vigerie, … Sous son impulsion, la liaison radio avec Londres devient active et, dès l’été, de nouveaux émetteurs, petits et performants, sont parachutés.  En collaboration étroite avec la R.A.F., il organise le Service des Opérations Aériennes et Maritimes, afin d’organiser les parachutages d’hommes et de matériels, de trouver des planques, d’écouter et transmettre les fameux « messages personnels » diffusés sur la BBC. Un Bureau d’Information et de Presse (B.I.P.) et un Comité Général d’Études (C.G.E.) sont créés. Le premier, confié à Georges Bidault, assure des contacts étroits avec la France Libre, cette « union intérieur-extérieur » que Jean Moulin considère comme essentielle. Le second, véritable laboratoire d’idées, doit préparer la France de demain. En octobre enfin, le général Delestraint prend le commandement de l' »Armée Secrète », coordonnant les groupes Action de tous les réseaux.

Autant de structures nouvelles, pérennes et efficaces, qui permettent à la France libre de devenir, concrètement, la France combattante, et d’accroître progressivement sa crédibilité auprès des Alliés.

Le temps des rafles

L’année 1942 marque, pour les Juifs présents sur le territoire français, le passage de la persécution juridique à une persécution physique, de la stigmatisation à la déportation vers Auschwitz-Birkenau.

En zone occupée, la condition des Juifs s’aggrave encore. Par l’ordonnance allemande du 29 mai 1942, le port de l’étoile jaune devient obligatoire. Déjà discriminés et limités dans leurs actions quotidiennes, les Juifs sont désormais visibles, reconnaissables dans les rues. A l’entrée des squares ou des bâtiments, des pancartes préviennent : « Interdit aux chiens et aux Juifs ». En zone libre, si la mesure n’est pas appliquée, essentiellement par crainte de susciter, dans l’opinion publique, un élan de solidarité, un tampon « Juif » est apposé sur les cartes d’identité.

Bien plus qu’une énième humiliation, le fait de marquer les Juifs facilite leur surveillance et, très vite, leur arrestation. En effet, le 20 janvier 1942, dans une villa cossue de la banlieue berlinoise, au bord du lac de Wannsee, une quinzaine de dignitaires nazis décident de la Solution Finale. Le génocide est déjà à l’œuvre dans les ghettos ; il s’intensifie à l’Est, mené par les Einsatzgruppen. Mais puisque le continent plie sous la botte du Reich, le temps est venu de l’extermination systématique et industrielle des Juifs d’Europe.

En France, des rafles avaient déjà eu lieu en 1941, touchant uniquement les hommes, pour la plupart étrangers mais aussi français, ou fraîchement dénaturalisés par Vichy, dans une indifférence quasi générale. A partir de juin 1942, ce sont des familles entières, hommes, femmes, enfants, vieillards, qui sont arrêtées et enfermés dans des camps d’internement, à Drancy, Compiègne, Pithiviers, Beaune-la-Rolande, et dans la zone dite libre, à Gurs, Les Milles.

Soucieuse de prouver l’efficacité de son administration de sa police, de sa gendarmerie, Vichy participe activement à l’organisation des rafles et des convois, en zone occupée mais aussi, à partir d’août 1942, en zone libre, allant jusqu’à anticiper les demandes des nazis. Aujourd’hui symbole de la collaboration française au génocide des Juifs, la rafle du Vel d’Hiv, chapeautée par René Bousquet, mobilise la police parisienne les 16 et 17 juillet. 12884 Juifs, de tous âges et de toutes origines, dont près de 4000 enfants, presque tous français, sont alors arrêtés.

Au total, en 1942, ce sont 6800 enfants, 14500 femmes et 20800 hommes qui sont entassés dans les wagons à bestiaux et déportés vers Auschwitz-Birkenau. Bilan macabre qui aurait pu être bien plus élevé encore sans la protestation des autorités religieuses (protestante et catholique) et, bientôt, d’anonymes. A partir de l’automne, la pression se fait moins forte, pour ménager l’opinion. Mais plus de la moitié des Juifs déportés depuis le territoire français l’a été en 1942.

Le 27 mars 1942, à 17h, le convoi n°1 quitte la gare du Bourget. 78 suivent, dont 45 entre fin mars et la mi-novembre 1942. Le 14 août, part le convoi 19, le premier à déporter des enfants de moins de 12 ans.

Le temps des rafles est aussi le temps des Justes, celui des actions individuelles pour sauver ceux qui peuvent l’être. Chacun à sa place, organisations juives en tête, chacun selon ses moyens. Mais l' »irréparable », selon les termes du président Chirac en 1995, a été commis.

Le débarquement allié en Afrique du Nord

 Le débarquement anglo-américain en Algérie et au Maroc, le 8 novembre 1942, inaugure un tournant dans l’histoire de la guerre. Plus encore que la Grande-Bretagne, ce sont les Etats-Unis qui sont les maîtres de la situation du point de vue militaire, économique et politique. Pour eux, la France n’existe plus désormais sur le plan diplomatique. Ce qui compte, ce sont les autorités locales qui permettront l’arrêt des combats. Tout au plus accepteraient-ils que le général Giraud soit exfiltré de France pour coopérer avec leurs forces. Mais Giraud tarde à atteindre l’Afrique du Nord et comprend mal la situation politique. Et surtout, l’amiral Darlan se trouve à Alger, par hasard, dit-on, au chevet de son fils hospitalisé. Dans un embrouillamini politique, Darlan fait semblant de croire qu’il peut signer le cessez-le-feu au nom du « Maréchal empêché » qui lui-même approuve, sans le dire ou en faisant semblant, l’attitude de l’amiral. Les Américains n’ont aucune hésitation à accepter « le Darlan deal ». Encore une fois, ils préfèrent s’entendre avec les autorités locales, plutôt que perdre du temps dans les complexités de la situation française. Et tant pis si le Darlan deal signifie, d’une certaine manière, qu’ils négocient, une fois encore, avec Vichy ou, du moins, avec l’un de ses représentants. Pas question, bien évidemment, d’introduire de Gaulle dans ce méli-mélo, car pour Franklin Roosevelt, le général ne représente qu’un groupe de résistants, peu sûrs du point de vue politique, sans appuis solides en France.

Le 11 novembre 1942, les Allemands envahissent la zone libre. Le régime de Vichy a perdu jusqu’aux apparences de sa liberté de manœuvre. La France tout entière est occupée. Peu après, la flotte française se saborde, conformément aux ordres que Darlan avait rédigés plusieurs années auparavant. A l’extrême fin de l’année 1942, que reste-t-il des ambitions françaises ?  Le Vichy de Pétain est devenu le Vichy de Laval et des pires collaborationnistes. La France combattante est exclue, pour le moment, de l’Afrique du Nord. Darlan est assassiné le 24 décembre. Les Alliés, en particulier les Américains, tiennent le rôle principal.

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