Le monument du mois

3 mai 2023

La plaque du lycée Lalande, médaillé de la résistance

Le 3 octobre 1946 est publié le décret attribuant la médaille de la Résistance française au lycée Lalande de Bourg-en-Bresse (Ain). C’est le seul établissement scolaire public à avoir reçu cette décoration.

C’est à partir d’octobre 1941, qu’ont lieu les premiers engagements dans la Résistance des élèves du lycée Lalande : Marcel Thenon et Paul Morin. Tous deux décident, sous l’autorité de Paul Pioda (commerçant tenant une entreprise de vitrerie et encadrement), de créer la première sizaine « Libération » (tiré du nom du journal clandestin) au lycée Lalande. Une sizaine, sur le modèle scout, est un groupe de six personnes menées par un chef. Les membres des sizaines ne se connaissent pas entre eux, seuls les chefs de groupe savent qui fait partie des différentes sizaines.

A l’époque, plusieurs mouvements de jeunes résistants (Libération, Combat, Franc-tireur) mènent des actions dans l’Ain, mais de faible ampleur. En novembre 1942, les différents groupes décident d’unir leurs forces et de former un nouveau mouvement : les FUJ (Forces Unies de la Jeunesse). Leurs missions se diversifient : diffusion de la presse clandestine, manifestations lors des départs pour le STO, etc. Les sizaines formées au lycée Lalande rejoignent les FUJ.

En 1943, une action est lancée afin de détruire les fichiers départementaux d’appel au STO. Avec l’aide d’autres membres des FUJ, Marcel Thenon et Paul Morin montent l’opération. Après une première tentative avortée, le groupe de résistants parvient à détruire tous les fichiers le 21 mai 1943, avant d’être dénoncés et arrêtés.

À la fin du mois de mai 1944, les FUJ sont contactées par le colonel Romans, chef des FFI de l’Ain et du Haut Jura, pour effectuer une mission particulière. Avec l’intensité des actions de résistance, et l’augmentation des effectifs des FFI, les financements assurés par la France Libre à Londres se révèlent insuffisants. Le colonel Romans charge donc les FUJ d’intercepter les fonds qui sont transportés chaque matin depuis la Banque de France à la Trésorerie Générale de l’Ain. Deux garçons venus d’un maquis FUJ de Gravelle, ainsi que trois lycéens de Lalande : Gilbert Guilland, Roger Guettet et Jean Marinet, mènent l’opération.

Alors que les élèves sont postés et attendent la venue du caissier, une camionnette de miliciens surgit d’une rue. Très vite les résistants sont encerclés et mitraillés de tous côtés. Trois des cinq résistants parviennent à s’échapper.

Suite à cet événement, la milice, qui possède une liste de lycéens susceptibles d’avoir participé à des actes de résistance, décide de se rendre au lycée Lalande, où se déroulait la dernière épreuve du bac. Elle procède à l’arrestation des élèves appartenant aux FUJ.

Une soixantaine d’élèves et professeurs sont interrogés. Si une grande partie d’entre eux est relâchée, 10 restent en détention et sont ensuite déportés en Allemagne dans un « camp de représailles » à Heydebreck en Haute-Silésie.  

Lycée Lalande – musée de la Résistance en ligne

Parmi les nombreux élèves, professeurs et membres du personnel du lycée Lalande qui rejoignent la Résistance entre 1941 et 1945, 32 furent tués ou fusillés et plus d’une vingtaine furent déportés.

M. Jeunet, proviseur du lycée Lalande, leur a rendu hommage lors de la cérémonie de remise de la médaille de la Résistance à l’établissement, le 12 janvier 1947 : « Vous nous avez donné tout d’abord une leçon d’union. Vous apparteniez à toutes les catégories universitaires et sociales. Vous comptiez dans vos rangs le professeur et le maître d’internat, le répétiteur et l’agent du Lycée, le fils de la bourgeoisie et celui de l’ouvrier, l’enfant de la ville et celui de la terre… Vous apparteniez à toutes les opinions politiques, et votre légion présentait côte à côte celui qui croyait au ciel et celui qui n’y croyait pas ».

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