
Le 5 mai 2026, à la bibliothèque Diderot de l’ENS de Lyon, le Souvenir Français, avec le soutien de l’APHG et du Laboratoire de Recherche Histoire Rhône-Alpes (LARHRA), a organisé une soirée consacrée aux étrangers dans la Résistance (1940-1944).
Cette rencontre s’inscrivait dans un temps de commémoration dédié à la mémoire de Léon Landini, résistant FTP-MOI, disparu en septembre 2025. Elle a permis de lui rendre hommage tout en apportant un éclairage sur les parcours de ces combattantes et combattants venus d’ailleurs, sur leurs motivations et sur les spécificités territoriales de leurs engagements.
Dans le cadre du thème 2026-2027 du Concours national de la Résistance et de la Déportation (CNRD), le Souvenir Français a conçu et produit, en partenariat avec la société de production Les FasCinés, un MOOC issu de cette soirée.
Vous y retrouverez les captations vidéo et audio des différentes interventions, enrichies de documents, d’archives et de sources qui pourront être mobilisés dans le cadre de la préparation du concours.
Ce MOOC s’adresse aux enseignants, mais également à toute personne intéressée par cette thématique. Avec près de deux heures de contenus, il offre les clés pour comprendre et approfondir le rôle essentiel joué par les étrangers dans la Résistance en France.

Les FTP-MOI en France, à Lyon et à Villeurbanne
Les étrangers dans les maquis
Hommes et femmes dans la résistance étrangère
Prolonger la thématique
LÉON LANDINI ET LA MÉMOIRE DES FTP-MOI

Contrôleur général des armées (2S) et Président général du Souvenir français, Serge Barcellini, historien de formation, est spécialiste des politiques de mémoire. Ancien haut responsable au ministère des Anciens combattants, il a largement contribué à la réflexion sur la mémoire de la Seconde Guerre mondiale, de la Résistance et des combattants étrangers. Il est l’auteur de nombreux ouvrages et articles sur les mémoires de guerre, les lieux de mémoire et les politiques commémoratives.
Disponible en version audio :
RINO DELLA NEGRA, UN FOOTBALLEUR CHEZ LES FTP-MOI

Historien et professeur d’histoire contemporaine à l’université de Bourgogne-Europe, Jean Vigreux est spécialiste de l’histoire politique et sociale du XXᵉ siècle, du mouvement ouvrier, du communisme et du Front populaire. Il s’est également intéressé à la Résistance, notamment à travers la figure de Rino Della Negra, footballeur du Red Star devenu combattant des FTP-MOI au sein du groupe Manouchian. Parmi ses ouvrages figurent Histoire du Front populaire (Tallandier, 2016), Le Front populaire (Que sais-je ?, 2022), Rino Della Negra, footballeur et partisan (coécrit avec Dimitri Manessis, éd. Libertalia, 2022), Avec tous tes frères étrangers : de la MOE aux FTP-MOI (coécrit avec Dimitri Manessis, éd. Libertalia, 2024).
Disponible en version audio :
LE BATAILLON CARMAGNOLE. LES FTP-MOI A LYON ET À VILLEURBANNE

Ancien professeur d’histoire-géographie, Christophe Capuano est aujourd’hui professeur des universités en histoire contemporaine (Université Grenoble Alpes), chercheur au laboratoire LARHRA et président de l’APHG Régionale de Lyon. Il mène depuis plusieurs années des travaux sur l’Occupation et la société en régime autoritaire. Après une thèse consacrée à la politique familiale sous le régime de Vichy, il a notamment travaillé sur la délation et la lutte contre l’avortement durant les années 1940, ainsi que sur la question des usages et stratégies notabiliaires en régime autoritaire à partir du cas français. Il a été membre de l’équipe RUINES (2019-2024) sous la responsabilité de Stéphane Michonneau et s’intéresse désormais aux enjeux mémoriels de la Seconde Guerre mondiale.
Texte issu de « Trois questions à Christophe Capuano, Président de l’APHG Régionale de Lyon » de la Newsletter du Souvenir Français d’avril 2026.
Disponible en version audio :
LES ÉTRANGERS DANS LES MAQUIS

Historien, agrégé d’histoire et directeur scientifique de la Fondation de la Résistance, Fabrice Grenard est spécialiste de la France sous l’Occupation, des maquis, du marché noir et des politiques de ravitaillement. Il a publié de nombreux ouvrages, parmi lesquels La France du marché noir : 1940-1949 (Payot, 2008), Les Maquisards, Combattre dans la France occupée (Vendémiaire, 2020) ou encore La traque des résistants (Tallandier, 2019).
Disponible en version audio :
LES RÉSISTANTS ESPAGNOLS DANS LES MAQUIS DU LIMOUSIN

Tiphaine Catalan est professeure agrégée d’espagnol dans le secondaire et docteure en études hispaniques. Elle est spécialiste de l’histoire contemporaine des Espagnols en Limousin et a particulièrement étudié leur accueil après la guerre d’Espagne, leur participation ainsi que leurs trajectoires dans la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale.
Texte issu de « L’œil de l’historienne » de la Newsletter du Souvenir Français du 2 juillet 2026.
Disponible en version audio :
ÉTRANGÈRES, ÉTRANGERS : QUEL(S) ENGAGEMENT(S) EN RÉSISTANCE ?

Historienne, inspectrice d’académie-inspectrice pédagogique régionale (IA-IPR) d’histoire-géographie, Catherine Lacour-Astol est spécialiste de la Résistance féminine. Sa thèse, consacrée à la répression et à la reconnaissance des résistantes dans le Nord de la France, a renouvelé l’histoire des engagements féminins pendant la Seconde Guerre mondiale à travers le prisme des gender studies. Elle est notamment l’autrice de Le Genre de la Résistance. La Résistance féminine dans le Nord de la France (Presses de Sciences Po, 2015).
Disponible en version audio :
PROLONGER LA THÉMATIQUE

L’épisode du podcast Passeurs d’histoires du Souvenir Français, « Léon par Gilda ».
Cet épisode retrace le parcours de Léon Landini, et celui de toute sa famille, de l’Italie fasciste à la Résistance en France. Gilda Landini y évoque l’engagement communiste de son grand-père, Aristide Landini, ainsi que les actions de résistance de son oncle Roger, l’aîné de la fratrie, et de Léon, son père.
Une différence majeure distingue pourtant les deux frères : Léon est né français tandis que Roger, né le 14 septembre 1914 à Torniella, n’obtient la nationalité française qu’en 1947, à l’issue d’un long parcours administratif.
Ce podcast permet ainsi de prolonger les parcours présentés dans ce MOOC en mettant en lumière la figure de Roger Landini, tout en offrant un éclairage sur le combat mémoriel mené par Léon Landini, depuis la Libération jusqu’à la panthéonisation de Missak Manouchian.

L’épisode du podcast Passeurs d’histoires du Souvenir Français, « Varian Fry par Jean-Michel ».
Jean-Michel Guiraud, historien et président de l’Association Varian Fry, France raconte le parcours extraordinaire de ce journaliste américain qui s’est vu confier le sauvetage d’artistes et intellectuels pourchassés par le régime nazi pendant la Seconde Guerre mondiale.
Fondateur du comité de secours d’urgence à Marseille en 1940, Varian Fry a développé avec ses équipes, au péril de sa vie, des filières ayant permis la fuite de milliers de personnes. Face aux persécutions nazies, il s’est engagé pour sauver des anonymes, mais également des grands noms de la culture comme Hannah Arendt, André Breton, Max Ernst ou encore Marc Chagall.
Au milieu de l’année 1941, il est expulsé de France pour avoir protégé « trop de Juifs et d’anti-nazis ». De retour aux États-Unis, il est ostracisé, réduit au silence et meurt dans l’anonymat. Reconnu « Juste parmi les Nations » à titre posthume, sa mémoire revient aujourd’hui peu à peu dans la lumière.

Mémoire de Résistants de Léon Landini
Livre publié par le Souvenir Français, préfacé par Serge Barcellini et Jean-Jacques Goldman.

GéoMémoire
Cette application, téléchargeable gratuitement sur smartphone et tablette, propose un parcours interactif intitulé « Lieux de mémoire du groupe Manouchian » qui vous permet de (re)découvrir l’histoire des 25 résistants du groupe FTP-MOI grâce à des notices biographiques détaillées, la localisation des lieux symboliques qui leur sont rattachés, des documents d’archives et des travaux d’élèves qui contribuent à faire vivre leur mémoire.
L’application est téléchargeable gratuitement sur smartphone et tablette, sous iOS comme sous Android.


ERRATA
Il y a précisément 17 % de personnes juives exécutées au Mont-Valérien entre mars 1941 et l’été 1944. 176 hommes juifs sont exécutés, soit comme condamnés à mort, soit comme otages. Un tiers de ces personnes sont exécutées le même jour, le 15 décembre 1941, avec cette dernière étiquette.
Sur le millier d’hommes exécutés, 685 précisément sont inhumés par la suite au cimetière d’Ivry-sur-Seine. Ces inhumations sont souvent temporaires, car les familles obtiennent, soit pendant l’Occupation, soit à la fin de la guerre, le droit d’exhumer le corps de leurs proches pour réaliser une inhumation dans le cimetière du village d’origine de la personne, dans le caveau familial. Ainsi, aujourd’hui, le cimetière d’Ivry abrite les 237 sépultures restantes de fusillés du Mont-Valérien.
Enfin, les derniers des fusillés sont inhumés dans différents cimetières, soit au Père-Lachaise, soit dans des cimetières de la région parisienne tels que Suresnes, Puteaux ou Thiais.
L’année 2023 constitue une année charnière dans l’histoire de la reconnaissance des fusillés du Mont-Valérien. En février de cette année, Szlama Grywacz, membre du groupe Manouchian, est reconnu « Mort pour la France ». Fusillé avec la majorité de ses camarades le 21 février 1944, il est le dernier membre du groupe à obtenir cette mention.
Cette reconnaissance tardive s’explique par l’absence, jusqu’alors, de demande visant à lui attribuer cette mention. Sa situation constitue ainsi un cas singulier au sein du groupe Manouchian : la plupart de ses camarades avaient obtenu la mention en 1946, tandis que d’autres l’avaient obtenue au cours des années 1950.
Le 18 juin 2023, Emmanuel Macron annonce, dans un second temps, l’attribution de la mention « Mort pour la France » à 91 autres fusillés du Mont-Valérien. Cette décision concerne des personnes qui, a priori, ne remplissaient pas les critères traditionnellement prévus par le Code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de guerre, notamment les conditions liées à la nationalité française et au fait d’être « mort au feu », c’est-à-dire dans le cadre d’un combat.
Cette décision conduit à une évolution du cadre juridique applicable à l’attribution de la mention. Celle-ci ne repose plus uniquement sur les critères traditionnels liés à la nationalité ou aux circonstances militaires du décès, mais prend également en considération les valeurs incarnées par les personnes exécutées par les forces allemandes pendant l’Occupation. Parce qu’elles étaient considérées comme des ennemis du Reich et exécutées en raison de leur engagement dans la Résistance ou de leur statut d’otage, ces personnes sont désormais reconnues comme ayant défendu des valeurs auxquelles la France se rattache.
Le cadre juridique est ainsi élargi afin de permettre l’attribution de la mention « Mort pour la France » à des personnes exécutées par une puissance étrangère, dans le contexte de l’Occupation du territoire français ou, plus largement, dans des circonstances liées à la défaite et à l’occupation d’un État par une puissance ennemie.
Bien qu’issu d’une famille d’Italiens du Frioul, Rino est né en France. Son parcours ne s’inscrit donc pas dans le cadre des directives ministérielles pour la préparation du concours, qui précisent que le sujet « ne porte pas […] sur les personnes d’origine étrangère ayant obtenu la nationalité française […] ». Ses différentes trajectoires ne doivent pourtant pas être délaissées, car elles ont également pu servir de modèle à toute une communauté. En outre, son parcours, comme celui de Léon Landini, vient mettre en lumière un réseau international proche.
Le 28 septembre 1943, quatre membres des FTP-MOI de la région parisienne, Marcel Rajman, Célestino Alfonso, Spartaco Fontano, et Léo Kneler, abattent dans le XVIe arrondissement de Paris Julius Ritter, capitaine SS, chef du Service du Travail Obligatoire en France. En réaction, 50 otages sont exécutés au Mont-Valérien le 2 octobre 1943. Il s’agit là de la dernière action marquante du groupe Manouchian avant le coup de filet de la Brigade spéciale de la mi-novembre 1943, permettant l’arrestation de 24 résistants du groupe.