Billet d’humeur du Président Général

30 septembre 2022

Ne confondons pas l’histoire et la mémoire !

En voyage officiel au Cameroun, Emmanuel Macron a annoncé la création d’une commission d’historiens chargée de faire la lumière sur l’action de la France au Cameroun pendant la colonisation et après l’indépendance.

Comme il le fait traditionnellement, il en fixe l’agenda : création de la commission d’ici 3 mois, rapport rendu d’ici 24 mois. Cette initiative s’inscrit dans le prolongement du Rwanda (Rapport Duclert) et de l’Algérie (Rapport Stora).

Sur le même modèle, tout est désormais possible. Parmi une liste non exhaustive des commissions à mettre en place, suggérons Madagascar (et les massacres de 1947), l’Indochine, mais aussi Haïti (et les massacres du temps napoléonien).

Ces initiatives sont incontestablement des avancées pour l’histoire.

Les citoyens rwandais, algériens, camerounais connaitront avec précision tous les massacres, les tortures, les viols que la France a commis dans leur pays. La mémoire nationale française en sortira-t-elle grandie et plus unie ?

Ernest Renan, dont nous fêtons cette année le bicentenaire de la naissance a clairement évoqué cette question dans son ouvrage qui s’impose aujourd’hui comme un « must » politique, mais que bien rares sont ceux qui l’ont lu en entier (et pourtant cet ouvrage est court).

« L’oubli, et je dirai même l’erreur historique, sont un facteur essentiel de la création d’une nation, et c’est ainsi que le progrès des études historiques est souvent pour la nationalité un danger. L’investigation historique, en effet, remet en lumière les faits de violence qui se sont passés à l’origine de toutes les formations politiques, même de celles dont les conséquences ont été le plus bienfaisantes. L’unité se fait toujours brutalement ; la réunion de la France du Nord et de la France du Midi a été le résultat d’une extermination et d’une terreur continuée pendant près d’un siècle. »

Chacun, dès lors, doit réfléchir sur la différence entre histoire et mémoire.

L’histoire est une science qui doit permettre de connaitre avec précision et sans tabou le temps passé. Cette science doit toujours progresser.

La mémoire, c’est le tri de cette histoire, au temps présent, dans le cadre d’un objectif (tri national, tri communal, tri familial).

A chacun de réfléchir sur les conséquences de la substitution de la mémoire par l’histoire.

Articles récents

1 juin 2026

Journal du Président Général pour mai 2026

Retrouvez dans cette rubrique les principales actions et déplacements du Président général du Souvenir Français pour le mois passé. Lundi 4 mai 2026 Déplacement à Brive-la-Gaillarde (Corrèze) dans le cadre d’un dépôt de drapeau à l’Ensemble scolaire Edmond Michelet. Un drapeau particulier, celui de l’amicale des « Anciens de l’Armée secrète de Corrèze ». Il s’agit là […]

Voir l'article >

Nos partenaires

Le Souvenir Français est la plus ancienne association mémorielle en France (création en 1887). Elle n’a qu’une ambition « servir la nation républicaine » en sauvegardant la mémoire nationale de la France. Afin d’atteindre cet objectif, Le Souvenir Français entretient des liens amicaux avec de nombreuses associations qui œuvrent en totalité ou partiellement afin de faire vivre […]

Voir l'article >

Œil de l’historien

Michaël Bourlet : 1916, l’année où la guerre change de nature Ancien officier de l’armée de terre, Michaël Bourlet a notamment servi au Service historique de la Défense et aux écoles de Saint-Cyr Coëtquidan où il a dirigé le département histoire et géographie. Agrégé et docteur en histoire, il enseigne aujourd’hui dans un lycée en […]

Voir l'article >
  • Ce champ n’est utilisé qu’à des fins de validation et devrait rester inchangé.