
Monument du Souvenir Français à Quimper.
Un article de François Fouré, délégué général honoraire du Finistère et président du comité du Pays Bigouden
En 1877, Quimper abrite le 118ème régiment d’infanterie de ligne. Chaque année, cinq à six soldats décèdent de maladie ou d’accident. Ils sont alors inhumés au cimetière Saint-Joseph, puis en 1892, dans le cimetière Saint-Marc.
En 1909, le comité local du Souvenir Français obtient de la ville la concession d’un terrain à proximité des tombes militaires pour y ériger un monument à la mémoire des « Morts pour la patrie ». Le choix du modèle se porte sur un personnage issu du monument dédié au général Chanzy, œuvre du sculpteur Aristide Croisy (1840-1899), élevé à la gloire de la deuxième armée de la Loire de 1870 et qui a été inauguré en 1885 au Mans. Le personnage choisi est celui du jeune fusilier marin qui figure à droite au pied du monument.

Monument au Général Chanzy (Le Mans).
Son visage est celui d’un tout jeune homme. Il est mis au centre d’une imposante composition architecturale au cimetière Saint-Marc. Placé sur un socle en granit au centre d’une arche en pierre surmontée d’un coq, dont les ailes déployées sonnent la victoire, il domine le carré militaire. De part et d’autre de l’arche, sont apposées des plaques de marbre gravées sur lesquelles sont inscrits les noms des « Morts pour la France ».
Dès août 1914, la ville de Quimper, bien qu’éloignée du front, reçoit des trains de blessés qui sont accueillis dans des hôpitaux de campagne. Entre le 2 août 1914 et le 24 octobre 1919, 221 soldats y décèdent. Ils sont inhumés dans les cimetières de Saint-Marc (111), Saint-Joseph (108) et Saint-Louis (2). Conformément à la loi du 25 septembre 1920 relative aux soldats et marins « Morts pour la France », leurs sépultures deviennent perpétuelles et leur entretien revient à la commune. En 1921 il est décidé de regrouper l’ensemble des tombes dans un seul carré militaire au cimetière de Saint-Marc.
Ce mouvement ne s’opère qu’en 1937. À cette occasion, de nombreux corps furent rendus à leurs familles et transférés dans d’autres régions. Dans le même temps, la ligne de chemin de fer Quimper-Pont l’Abbé a été construite à proximité du cimetière. Les ébranlements produits par le passage des trains obligent la municipalité à déplacer le fusilier marin vers la place de la Tour-d’Auvergne, ce qui est fait en 1951. Le reste du monument est réaménagé. Dans cet espace de recueillement du cimetière de Saint-Marc reposent encore aujourd’hui les dépouilles de 119 soldats français de la Grande Guerre, de 5 de la Seconde Guerre mondiale et 1 tué en Indochine, tous « Morts pour la France ». Tous les 11 novembre, Le Souvenir Français fleurit chacune de ces tombes.
En 2018, à l’occasion des commémorations du centenaire, le fusilier marin est de nouveau déplacé sur « l’esplanade François Mitterrand » où ont lieu toutes les cérémonies et commémorations nationales présidées par les autorités municipales et départementales. Ainsi, le monument élevé par Le Souvenir Français en souvenir des soldats de 1870, devenu monument aux Morts de la ville de Quimper, ville préfectorale, continue aujourd’hui encore de porter la mémoire de toutes celles et tous ceux qui sont « Morts pour la France ».

Le monument aujourd’hui
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