Trois questions à Sabrina Verrier

3 novembre 2021

Veuve de guerre à 25 ans, Sabrina Verrier fonde en 2019 l’Association Nationale des Veuves et des Orphelins de Guerre. Elle est actuellement adjointe du chef de la cellule d’information et d’accompagnement aux Familles de la caserne Drouot à Nancy. Elle est également déléguée de la région Nord-Est de la ligue universelle du bien public.

1 – Votre mari est « Mort pour la France ». Pouvez-vous nous décrire sa carrière et son décès ?

Mon mari, le Caporal-chef de 1ère classe Nicolas Verrier est décédé à l’âge de 31 ans en 2009. Nicolas s’est engagé à 17 ans et demi volontairement pour défendre son pays car c’était pour lui une noble cause, et les valeurs de la citoyenneté l’animaient depuis le plus jeune âge. Pour lui, s’engager signifiait aussi « choisir », prendre sa vie en main. Après de nombreuses Opérations Extérieures (OPEX) qu’il enchaine tous les ans (Kosovo, ex-Yougoslavie, Côte d’Ivoire etc.), il décède de ses blessures lors de sa dernière mission au Liban en 2009. Il laisse alors derrière lui trois jeunes enfants âgés de 2, 3 et 6 ans. Après la mort de mon mari, j’ai mené un combat de près de 12 ans pour qu’il soit reconnu officiellement comme « Mort pour la France » et inhumé en nécropole militaire, ce qui a pu être réalisé il y a un an, le 1er novembre 2020 à la nécropole militaire d’Epinal.

2 – Vous avez créé l’Association Nationale des Veuves et des Orphelins de Guerre. Quel est l’objectif de cette création ?

En 2019 je crée cette association pour faire valoir le statut des veuves et des orphelins des familles des soldats « Morts pour la France » en OPEX, ainsi que celles souhaitant recevoir la médaille de la Famille. L’idée est de faire également entendre la voix de ces veuves et de ces familles endeuillées. Nous avons organisé une marche de 597 kilomètres d’Epinal à Paris en juillet dernier. Chaque kilomètre représentait 1 soldat « Mort pour la France » en OPEX. Nous avons alors été reçus par plusieurs municipalités pendant ce périple et nous avons réussi à faire vivre le lien armée-nation auprès de tous, ce qui est aussi une des missions de notre association. Lorsque nous sommes arrivés à Paris, nous avons participé au Ravivage de la Flamme sous l’Arc de Triomphe en présence de nombreux sénateurs, députés et militaires, et plusieurs représentants de ministères. Le Souvenir Français était présent pour nous accompagner durant cette marche.

3 – Vous avez rejoint le Souvenir Français. Pourquoi ?

Nous n’avons pas hésité une seconde pour signer une convention de partenariat avec Le Souvenir Français car cela était la suite logique pour lier la belle synergie et la belle amitié entre nos deux associations. Être les sentinelles de la nation de demain et rappeler également que les familles sont la mémoire de nos défunts « Morts pour la France » était une évidence et un devoir de citoyenneté. Cette mission commune de conserver leurs mémoires nous apparait comme une évidence pour toutes les familles endeuillées des Armées.

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