Trois questions à Emmanuelle PIEVIC

29 mars 2017

PievicEmmanuelle Piévic est inspectrice de l’éducation nationale. Elle a en charge deux missions académiques : EPS (éducation physique et sportive) et Mémoire / esprit de défense. A ce titre, elle organise des formations destinées aux directeurs d’école de Paris ou aux enseignants pour impulser des actions mémorielles.

 

 

 

 

1. Dans votre tâche d’Inspectrice de l’Education Nationale, responsable académique du groupe « Mémoire, esprit de défense », qu’est-ce que transmettre la Mémoire ?

Tout être humain a, me semble-t-il, besoin de connaître l’histoire dans laquelle il s’inscrit, à la fois sur le plan familial, local, national et même international. L’école est là pour aider chaque élève à connaître et à comprendre ce passé, tant dans sa dimension individuelle que collective, pour mieux aborder son présent et construire son avenir.

« L’histoire et la géographie poursuivent la construction par les élèves de leur rapport au temps et à l’espace, les rendant conscients de leur inscription dans un temps long de l’humanité comme dans les différents espaces qu’ils habitent. Les élèves découvrent comment la démarche historique permet d’apporter des réponses aux interrogations et apprennent à distinguer histoire et fiction. » (B.O.spécial n°11 du 26 novembre 2015,  Programmes -Les spécificités du cycle 3, p. 92)

«  L’enseignement de l’histoire a d’abord pour intention de créer une culture commune et de donner la place à chaque élève dans notre société et notre présent. Il interroge des moments historiques qui construisent l’histoire de France et la confrontent à d’autres histoires, puis l’insèrent dans la longue histoire de l’humanité. » (B.O.spécial n°11 du 26 novembre 2015,  Programmes – Domaine 5 du socle commun, p.96) )

Dans ma mission d’IEN, je dois veiller à ce que cet enseignement soit réellement mis en œuvre, tel qu’il est défini par les programmes. Pour cela, je cherche à impulser une dynamique auprès des directeurs des écoles de Paris en organisant pour eux des formations spécifiques qui passent notamment par des visites de hauts lieux de mémoire : Verdun,  Arromanches, Auschwitz… Cela suscite chez eux une réflexion sur le type d’enseignement à encourager. Ils peuvent ainsi aider les enseignants, au sein de leurs écoles, à réfléchir sur l’importance de la Mémoire, leur suggérer des visites, les aider à organiser ou à participer à des commémorations avec leurs élèves…

Je suis particulièrement attentive à la nécessité de sensibiliser tous les élèves à l’histoire du pays dans lequel ils vivent, quels que soient leurs parcours, leurs origines et dans le respect et la considération de leurs histoires respectives. Il en va de la manière de vivre ensemble et de devenir citoyens, qui se construit au sein des classes et des écoles….

2. Pouvez-vous décrire votre expérience avec le spectacle musical « un été 44, leurs vingt  ans, notre histoire » ?

« A travers les destins anonymes qu’il dépeint, ce spectacle populaire – au sens le plus noble du terme – véhicule un message fort lié au devoir de mémoire. […] Un Eté 44 est un spectacle sensible. On y pleure autant qu’on y sourit. On sent la vie y affluer de toute part… Ce spectacle fait écho, comme une bande originale, aux bribes de témoignages reçus de nos grands-parents, à ceux des résistants que l’on nous faisait rencontrer à l’école, au sable d’Omaha Beach sous nos pieds, au vent de liberté qui y souffle encore, aux ruines du port artificiel d’Arromanches qui jalonnent toujours l’horizon…

On ne saurait vous dire combien ce spectacle est précieux, pour ceux qui le défendent, et pour ceux qui le reçoivent. Alors, pour toutes ces raisons, et pour celles que nous n’avons pas listées, courez-y, sans hésiter. Surtout, ne soyez pas surpris si, après, l’envie vous prend de retourner errer sur ces plages, que vous pensiez pourtant connaître par cœur… Et si ce spectacle parvient à vous questionner, à vous faire vous interroger sur les Yvonne et les Petit René de vos racines et à changer votre regard sur ces lieux qui nous sont si familiers, alors nul doute qu’à vos yeux, comme aux nôtres, ce spectacle aura sincèrement réussi son pari… »  Cultureacaen.fr/musique

Compte-tenu de la justesse historique (vérifiée en tous points par le mémorial de Caen) de ce spectacle et des réflexions qu’il peut susciter sur les plans artistiques et culturels, il nous a paru vraiment intéressant de permettre à des élèves de voir ce spectacle, dans la mesure où nous avons trouvé des partenaires pour financer cette séance. Nous avons donné priorité aux classes de CM2 des écoles en « éducation prioritaire ».

Les élèves, qui pour la plupart n’avaient jamais assisté à ce genre de spectacle, ont été à la fois éblouis, émus, silencieux aux moments les plus prégnants et euphoriques lors des scènes remémorant la libération de Paris. Ils ont surpris tous les adultes en entonnant spontanément la Marseillaise lorsqu’ils en ont reconnu les premières notes, ce qui a eu pour effet de créer du côté des spectateurs comme du côté des acteurs, un moment d’émotion d’autant plus grand qu’il était imprévu.

A la suite de ce spectacle, les classes ont pu travailler en histoire, mais aussi en éducation civique et morale, en géographie, en français, en musique, en danse sur des thèmes présentés dans le spectacle et développés dans un guide pédagogique réalisé par la commission « Mémoire, esprit de défense ». Une école a même eu l’initiative d’organiser un voyage à Arromanches pour l’une de ses classes.

Nous cherchons actuellement des financements pour permettre à d’autres élèves de voir ce spectacle.

3. Pourquoi avez-vous rejoint Le Souvenir Français et pris la présidence du comité du 18ème arrondissement ?

Lorsque la mission « mémoire / esprit de défense » a cherché un financement pour que des élèves puissent assister au spectacle « Un été 44 », nous avons sollicité la ville de Paris, l’association André Maginot et l’ONACVG… et le Souvenir Français, que j’ai connu à cette occasion. Il m’a alors été proposé de m’occuper du comité du 18ème où se trouve ma circonscription d’IEN.

J’ai volontiers accepté compte-tenu du lien avec la mission académique qui m’est confiée, confiante dans le fait que cela permettra de renforcer les liens entre le Souvenir français et les écoles et d’impulser de nouveaux projets qui aideront les élèves à devenir les citoyens de demain.

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1. Dans votre tâche d’Inspectrice de l’Education Nationale, responsable académique du groupe « Mémoire, esprit de défense », qu’est-ce que transmettre la Mémoire ?

Tout être humain a, me semble-t-il, besoin de connaître l’histoire dans laquelle il s’inscrit, à la fois sur le plan familial, local, national et même international. L’école est là pour aider chaque élève à connaître et à comprendre ce passé, tant dans sa dimension individuelle que collective, pour mieux aborder son présent et construire son avenir.

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«  L’enseignement de l’histoire a d’abord pour intention de créer une culture commune et de donner la place à chaque élève dans notre société et notre présent. Il interroge des moments historiques qui construisent l’histoire de France et la confrontent à d’autres histoires, puis l’insèrent dans la longue histoire de l’humanité. » (B.O.spécial n°11 du 26 novembre 2015,  Programmes – Domaine 5 du socle commun, p.96) )

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Je suis particulièrement attentive à la nécessité de sensibiliser tous les élèves à l’histoire du pays dans lequel ils vivent, quels que soient leurs parcours, leurs origines et dans le respect et la considération de leurs histoires respectives. Il en va de la manière de vivre ensemble et de devenir citoyens, qui se construit au sein des classes et des écoles….

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« A travers les destins anonymes qu’il dépeint, ce spectacle populaire – au sens le plus noble du terme – véhicule un message fort lié au devoir de mémoire. […] Un Eté 44 est un spectacle sensible. On y pleure autant qu’on y sourit. On sent la vie y affluer de toute part… Ce spectacle fait écho, comme une bande originale, aux bribes de témoignages reçus de nos grands-parents, à ceux des résistants que l’on nous faisait rencontrer à l’école, au sable d’Omaha Beach sous nos pieds, au vent de liberté qui y souffle encore, aux ruines du port artificiel d’Arromanches qui jalonnent toujours l’horizon…

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