Sous les projecteurs

3 mai 2021

La passion d’Eric Amouraben

Le 15 juin 1944, cinq résistants sont fusillés dans le bois de Larnot à Idron. Parmi eux, Michel Loustant, Louis Mourlhon et Pierre Cotonat, tous trois policiers de la 17ème brigade de la police judiciaire de Pau. Mais aussi René Arriel, résistant au sein du Corps franc Pommiès. Le cinquième est un inconnu. C’était sans compter sur l’enquête menée par Eric Amouraben. Cet ancien Délégué Général adjoint du Souvenir Français pour le Rhône est le petit-fils de Pierre Cotonat, dont il a suivi les traces en devenant inspecteur au sein de la PJ de Pau.

Après 10 ans de recherche, Eric Amouraben parvient à redonner un nom à cet inconnu : Georges Coran. Ce boulanger, né en 1899, et père d’une petite fille est un fervent patriote. Engagé volontaire en 1918, il est mobilisé à la déclaration de guerre en 1939, et sert comme marin à bord du Terre-Neuve, torpillé à Mers-el-Kébir en 1940.

Eric Amouraben

                Après l’armistice, alors démobilisé, il entre en résistance et rejoint le mouvement Combat. Le 12 juin 1944 à l’entrée d’Aire-sur-l’Adour, un camion de la Wehrmacht se heurte à deux résistants armés. Il y a plusieurs victimes parmi les militaires allemands. Un commando du Sipo-SD (police de sureté allemande) de Pau s’installe le lendemain à l’hôtel Terminus, épaulé par un détachement de troupes de montagne qui multiplient les exactions en représailles. Le 14 juin, Georges Coran travaille dans un pré avec un collègue, Gaston Mouchez (celui-ci sera relâché quelques temps plus tard). Une patrouille les arrête et les conduit à la Kommandatur provisoire. Après avoir été torturé, Coran est amené le jour même au siège de la police allemande à Pau. Le lendemain en fin de journée, il est fusillé dans le bois de Larnot à Idron.

                L’identité étant retrouvée, Eric Amouraben part à la recherche de la tombe. Inhumé dans un premier temps à Pau, le corps de l’inconnu a été transféré par les services du Ministère des Anciens Combattants à la nécropole de la Doua à Villeurbanne.  

                Afin de valider sa recherche, Eric Amouraben se lance dans une recherche ADN. Grâce au soutien financier du Souvenir Français, il fait exhumer le corps de l’inconnu en 2015 et fait comparer son ADN avec celui d’un de ses descendants masculins de Georges Coran. Malheureusement, les résultats de ce test ne sont pas concluants. Pour autant, il ne baisse pas les bras et décide de se tourner vers la mère de Coran, dont l’ADN Mitochondrial sera beaucoup plus fiable. Une nouvelle fois avec l’aide du Souvenir Français, il procède à l’exhumation du corps de celle-ci en 2018. Les résultats sont cette fois-ci concluants. L’inconnu se trouve bien être Georges Coran, l’ADN correspond à 99,999%.

Georges Coran a retrouvé toute sa place dans l’histoire de la Résistance grâce à la passion d’Éric Amouraben.

Article de journal
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L’œil de l’Historien

Frédéric Guelton, L’alliance avec la Pologne dans la diplomatie et la stratégie françaises après la Première Guerre mondiale Colonel (er) ancien chef du département de l’Armée de Terre au service historique de la Défense et ancien rédacteur en chef de la revue historique des Armées. Membre du Conseil scientifique de la Mission du centenaire de […]

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