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27 avril 2022

La mémoire à travers les livres

Jean-François Decraene, Lieux de mémoire des deux sièges 1870-1871, guide de la ville de Paris, Illustria – Librairie des Musées, 2022

Le 11 novembre 1920, l’entrée du cœur de Léon Gambetta au Panthéon marque symboliquement la fin mémorielle de la guerre franco-allemande de 1870-1871.

Alors que pendant plus de quarante cinq années, la République a entouré de ferveur les combattants morts pour la patrie lors d’une défaite « victorieuse », la vraie victoire de la Grande Guerre clôt ce temps de la mémoire. Progressivement, l’histoire de 1870-1871 est oubliée, ne laissant en lumière que l’épisode de la Commune.

Cet oubli est si fort qu’en 1941 le général de Gaulle à Londres, souhaitant mobiliser les Français dans la bataille contre l’Allemagne, évoque une « guerre de trente ans » commencée en 1914 et qui s’achèverait, exceptionnelle prémonition, en 1944-1945.

Or, c’est d’une « guerre de soixante quinze ans » dont il fallait alors parler. Oublier la guerre de 1870-1871, c’est en effet s’interdire de comprendre ce formidable temps de l’opposition franco-allemande marquée par trois guerres qui se sont enchâssées entre 1870 et 1945.

Cent cinquante ans ont passé. Il a semblé nécessaire au Souvenir Français de remettre en lumière ce temps où les deux pays se combattent afin de mieux faire apparaître les soixante quinze années de paix qui se sont ouvertes depuis 1945 grâce à la construction européenne.

Ces guides des lieux de mémoire du Siège de Paris (1870-1871), en Île-de-France (ici la Ville de Paris) sont une réponse du temps présent à un passé qu’il nous apparaît nécessaire de connaître ou de réapprendre.

Pour en savoir plus et pour commander l’ouvrage : https://le-souvenir-francais.fr/wp-content/uploads/2022/04/LieuxMemoire75_souscription1.pdf

Ellen Hampton, Les Rochambelles, Ambulancières de la France combattante 1943-1945, Tallandier, 2022 (réédition)

Florance Conrad, riche américaine et infirmière pendant la Grande Guerre, crée en 1943 une unité d’ambulances. Grâce aux fonds qu’elle récolte, elle achète dix-neuf véhicules Dodge et recrute à New- York les premières volontaires. Ces femmes, parfois très jeunes, sont déterminées à libérer la France et ne reculent devant rien.

En 1943, les Rochambelles qui tirent ce surnom de leur unité sanitaire Rochambeau, en mémoire du comte du même nom, compagnon de Lafayette, passent outre les railleries et tentent de s’imposer dans un monde d’hommes. Elles sont incorporées à la deuxième division (DB) du général Leclerc à Rabat et apprennent rapidement à maitriser la mécanique, repérer des mines, poser des garrots.

Le 30 mai 1944, les 39 Rochambelles embarquent pour Liverpool. En août, elles débarquent sur le sable d’Utah Beach en Normandie avec pour mission d’évacuer les blessés des zones de combat vers les postes de tri. Elles arrivent à Paris le 25 août 1944 et participent à la dure campagne d’Alsace et à la prise de Berchtesgaden. Deux d’entre elles perdent la vie dans le combat qu’elles mènent sans arme.

A partir de leurs témoignages, Ellen Hampton retrace dans un récit l’épopée de ces ambulancières, courageuses et idéalistes, guidées par leur patriotisme.

Pour en savoir plus : https://www.decitre.fr/livres/les-rochambelles-des-femmes-au-front-9791021051072.html

Ceux de Rawa-Ruska Union Nationale, Rawa-Ruska 80 ans de mémoire, 2022

Rawa-Ruska, Stalag 325, camp de représailles, reste le plus souvent absent de la mémoire collective de la Seconde Guerre mondiale. Ce livre peut aider à découvrir, ou mieux connaître, cette histoire dans l’Histoire. Des témoignages, des écrits sur ce que fut la vie de ces hommes, prisonniers de guerre français, réfractaires à l’ordre nazi, évadés, qui furent envoyés en répression dans ces terres de l’Est y sont présentés.

80 ans déjà,  ce sont aujourd’hui des descendants qui portent avec humilité leurs paroles, leurs histoires, eux qui furent souvent si peu diserts sur ce qu’ils vécurent. Quelques pages pour enrichir la connaissance de leur histoire, à travers leurs propres mots.

Quelques pages en mémoire d’une histoire singulière, trop souvent méconnue d’un camp construit en Ukraine.

Quelques pages aussi pour que vive leur esprit de résistance.

Pour en savoir plus : http://www.rawa-ruska.net/

Gilles Malvaux, Pour qui sonne la gloire, Ed. des Equateurs, 2022

Il fut un temps, pas si lointain, où la gloire était sur toutes les lèvres, de tous les discours, parmi tous nos symboles, résonnant à travers les armes, les arts et les âmes. Mais faut-il encore qu’elle soit transmise, chantée par les poètes et exaltée par les hommes pour continuer à les porter, les unir et leur dévoiler un horizon où le soleil se lèverait sans jamais se coucher.

La gloire est le sel de notre histoire et de nos mémoires : elle leur donne du goût, en adoucit les amertumes et les conserve à l’abri des dégâts du temps. Elle est notre patrimoine ; jadis le mieux partagé, aujourd’hui presque anachronique. Pourtant, préservée des affres de l’orgueil et des passions funestes, ne serait-elle pas le dernier remède à l’absence d’inspiration, d’unité et d’engagement de notre époque ? La gloire est une cathédrale qui traverse les siècles, à la fois un repère, un refuge, un lieu de pèlerinage, mais avant tout un temps sacré ouvert à tous.

De Roland mort à Roncevaux à nos jours, Gilles Malvaux retrace l’histoire de la gloire, cette passion française authentique et millénaire, et invite à mieux embrasser notre passé pour tisser des lendemains qui n’hésiteront pas à chanter.

Pour en savoir plus : https://editionsdesequateurs.fr/aParaitre/oo/PourQuiSonneLaGloire

William Benéteau (présentation), Ta femme qui t’aime, Correspondance entre Hippolyte Benéteau, Poilu du Bois-le-Prêtre, et sa famille (1914-1915), Edhisto, 2022

Parti du Marais Poitevin en août 1914, François Hippolyte Benéteau a 32 ans quand il quitte les siens pour rejoindre la ligne de front. Comme tant d’autres, il quitte ses vêtements d’agriculteur pour l’uniforme militaire. Débutent alors ses échanges épistolaires avec Marie, sa chère et tendre épouse, enceinte à laquelle il laisse tous les soins de s’occuper du domaine, de ses champs, de ses vignes et de ses quatre enfants.

Malgré son âge et sa charge de famille, il passe de la territoriale à l’active. Au sein de sa compagnie du 167ème Régiment d’infanterie, Les Loups du Bois-le-Prêtre, il engage le combat dans l’une des zones les plus meurtrières de la Première Guerre mondiale…

Hippolyte, parti plein d’espoir, ne sait pas encore qu’Angèle, sa dernière fille, ne connaîtra jamais son père.

Pour en savoir plus : https://www.edhisto.eu/librairie-en-ligne/home/172-ta-femme-qui-t-aime-9782355150449.html

Marc-Henri Barrabé, Ecrivains et artistes de la Grande Guerre, Orep ed, 2022

Qui sont ces civils mobilisés en août 1914 ? Comment garder trace de cette expérience tragique dont les poilus vont être les acteurs ? L’expérience de guerre sera-t-elle transmissible à l’arrière ? Comment représenter ce que le regard ne peut supporter ? Combien de poilus vont tenir un carnet personnel ? Comment mettre en mots une expérience indicible ? Le cri des combattants va-t-il être entendu ?

Vous trouverez les réponses en accompagnant dans la tourmente et la peur, lors de cette journée du dimanche 2 août 1914, ces hommes mobilisés la fleur au fusil, à la gare la plus proche de leur village pour ce « voyage au bout de la nuit », en direction du front situé au nord et à l’est, où se trouve « Le Feu ».

Pour en savoir plus : https://www.souvenirfrancaisesm.be/445804040

Cédric Istasse, Namur durant la guerre franco-prussienne de 1970-1871, Cahiers de Sambre et Meuse, 2022

Sedan, 1er septembre 1870, le Second Empire français agonise dans une terrible bataille qui l’oppose à la Prusse de Bismarck. Située en territoire neutre, à quelques dizaines de kilomètres des théâtres d’opérations, la ville de Namur devient l’un des principaux centres de soin et d’hébergement pour les militaires français et allemands blessés. Elle accueille également officiers français, prisonniers et réfugiés des deux nations. Parmi eux, le propre fils de l’empereur déchu : le prince Louis-Napoléon.

Durant plusieurs semaines, Namur vit au rythme des lendemains de la bataille. Les habitants se montrent curieux de ces proches événements, mais aussi généreux à l’égard de leurs hôtes. Les secours sont organisés par un comité créé pour l’occasion et établi dans la gare de la ville.

Rapidement tombé dans l’oubli, cet épisode de l’histoire de Namur est resté ignoré durant près d’un siècle et demi. Ce sont les deux journaux namurois du XIXème siècle, L’Ami de l’ordre et de l’Organe de Namur, qui ont permis de le redécouvrir.

En savoir plus : https://neptun.unamur.be/s/neptun/item/2432#?c=0&m=0&s=0&cv=0

Jean Norton Cru, Témoins, Agone (ed), 2022

La Grande Guerre marque l’acte de naissance du témoignage comme genre. Jamais autant d’acteurs ordinaires n’avaient pris la plume pour écrire et publier leurs souvenirs d’un événement historique majeur. Mieux, pendant plusieurs décennies ces témoins ont conquis une forme de monopole sur le récit de ce qu’ils avaient vécu. Devoir sacré envers leurs camarades disparus, dire la vérité sur cette expérience était aussi une démarche d’espoir pour en finir avec les fausses représentations de la guerre et peut-être avec la guerre elle-même. Mais tous les témoignages se valent-ils ? Peut-on et sur quels critères, évaluer sérieusement leur valeur de vérité ? Ces questions toutes simples en soulèvent beaucoup d’autres.

Ce livre a pour but de donner une image de la guerre d’après ceux qui l’ont vue de plus près ; de faire connaître les sentiments du soldat, qui sont sa réaction directe au contact de la guerre : de faire un faisceau des témoignages des combattants sur la guerre, de leur impartir la force et l’influence qu’ils ne peuvent avoir que par le groupement des voix du front, les seules autorisées à parler de la guerre, non pas comme un art, mais comme un phénomène humain.

Franco-britannique installé aux Etats-Unis comme professeur, Jean Norton Cru (1879-1949) est un ancien combattant de la Grande Guerre. Plutôt que d’écrire son témoignage personnel, il s’est fait le critique de tous les ouvrages publiés par ses camarades de tranchées.

Témoins est l’œuvre de sa vie. Au moment de sa parution en 1929 le livre a provoqué un beau scandale, on osait remettre en cause les valeurs littéraires établies comme Le Feu de Barbusse ou Les Croix de bois de Dorgelès ! Depuis, Témoins continue à faire clivage aussi bien dans le monde littéraire que chez les historiens. Vivant par les débats qu’il inspire encore aujourd’hui, ce livre est aussi un éclairage unique sur l’expérience des tranchées.

Sa manière de mettre au premier plan la simple vérité du témoignage heurte de plein fouet les visions enchantées de la guerre colportées par la littérature. En dressant le témoin face au littérateur de métier, en sommant les historiens de lui faire un juste part, le livre de Norton Cru dérange depuis presque cent ans les règles établies dans le monde intellectuel.

Pour en savoir plus : https://agone.org/livres/temoins

Christophe Woehrle, La boîte en fer ou l’odyssée d’un Alsacien aux confins des Empires, à paraitre en 2022



Et toi qui me lis, que sais-tu de ton passé ?

Dans ce livre, sont confrontés la tradition familiale et les souvenirs aux documents d’archives, aux faits, pour retracer ce que fut l’itinéraire d’un Alsacien de 1914. Il ne s’agit pas de n’importe quel parcours, il nous présente un héros ! Si les faits sont objectifs, les sentiments transparaissent pour dresser le tableau d’une odyssée aux parfums exotiques, aux confins des empires, européens, slaves, coloniaux et … familiaux.

Ceci n’est pas un livre d’histoire, c’est le livre d’un historien, ceci n’est pas un roman, c’est un témoignage, une œuvre d’histoire et un moment de mémoire.

Pour en savoir plus : https://le-souvenir-francais.fr/wp-content/uploads/2022/04/V3-boite-en-fer.pdf

Jean Vialard-Goudou, Julien Toureille, Journal de guerre d’un médecin de la France Libre, avec de Gaulle (1940-1945), Editions du félin, 2022

Médecin à Pointe-Noire au moment de la déclaration de guerre, Jean Vialard-Goudou s’engage dans la France Libre dès juillet 1940 et, de l’Erythrée à la Syrie et de la Libye à la Tunisie, organise sur ou à proximité du champ de bataille les premiers soins aux blessés des principales campagnes militaires auxquelles participe la 1ère BFL puis la 1ère DFL.

De cet extraordinaire itinéraire prolongé jusqu’à la libération de la vallée du Rhône, cet homme discret mais à la personnalité affirmée a tiré un Journal de marches et d’opérations et un Journal de Bir Hakeim qui n’avaient encore jamais été publiés et n’étaient connus, jusqu’à aujourd’hui, que des seuls initiés.

Chacun à leur manière, les deux textes proposent une lecture nuancée de l’épopée traditionnellement contée, le premier en mettant à jour un quotidien où les soldats trompent l’ennui avec les cartes, l’alcool et la bagarre, le second en révélant, lors de la bataille de Bir Hakeim, de sourdes rivalités entre médecins et entre alliés.

Ce faisant, et porté par un style sans compromission, ils livrent sur les exploits accomplis un témoignage à la fois inédit et authentique qui renouvelle leur connaissance et, quatre vingts ans après les faits, offre au lecteur, plus qu’une plongée, une expérience au cœur de l’aventure Free French.

Pour en savoir plus :

https://7x0lu.r.ag.d.sendibm3.com/mk/mr/psoN8_q92FNsXIcFyh8NwTEZvq49IMswcnHqwe6l1t3m5D-LYsCsha7Z01c01G7GiPH-qjW8-LqopUjEs1diudK5ZOn1IywR9j9eE5U08L7ePR1xtczEbP8WYGq6GKoSoUs3H2I

Olivier Petit, Un village lorrain dans la Grande Guerre, 2021

Ce livre apporte un regard neuf sur le quotidien d’un village, de ses habitants, de ses soldats, des troupes de passage et en cantonnement, en donnant également une place aux événements locaux, nationaux et internationaux. De nombreux témoignages issus de carnets de guerre, des cartes postales, des lettres et de nombreuses photos viennent illustrer cet ouvrage.

Son auteur, Olivier Petit, s’engage généreusement à reverser 3 euros au Souvenir Français pour tout exemplaire de son ouvrage vendu.

Pour en savoir plus : patrimoinedelorraine@yahoo.fr ou 06 02 50 54 53

Frédéric Pineau, Nations oubliées de la Grande Guerre, Orep éditions, 2022

La Première Guerre mondiale porte bien son nom, mais nous l’oublions parfois. Le caractère mondial de la guerre fait qu’elle étendra ses luttes bien au-delà de l’Europe. Cet ouvrage traite des pays « oubliés » de la guerre. Parmi les pays belligérants, on trouve le Portugal, le Siam, le Japon ou encore le Brésil ; il y a aussi les pays ayant rompu leurs relations diplomatiques avec les empires centraux (Pérou, Uruguay) ou encore ceux ayant marqué une neutralité stricte ou quelque peu ambiguë (Norvège, Danemark, Suède, Argentine). Sans oublier ces « petites nations » chères au président américain Woodrow Wilson, les Tchèques et les Slovaques. N’omettons pas l’Irlande et la Pologne, qui renaîtront de la guerre, ou l’éphémère royaume du Monténégro qui disparaîtra en 1918 digéré par la future Yougoslavie. L’engagement des uns et des autres répond à des intérêts, des volontés, des ambitions qui, en germe, annoncent déjà le second conflit mondial. Le présent ouvrage présente ces pays, continent par continent, en s’arrêtant tant sur les aspects médicaux, militaires, sociétaux et économiques.

Pour en savoir plus : https://www.orepeditions.com/fr/premiere-guerre-mondiale/1127-nations-oubliees-de-la-grande-guerre-9782815106429.html

Frédéric Pineau, Ouvriers et Ouvrières de la Grande Guerre, Orep Editions, 2022

La Grande Guerre est une dévoreuse de chair et de matière. Aussi pour la gagner faut-il toujours plus d’armes, toujours plus de munitions, or pas de guerre sans munitions, pas de munitions sans ouvriers. Les premières années de guerre sont difficiles. Pour la victoire, les ouvriers mobilisés sont renvoyés dans leurs usines par milliers, on fait aussi massivement appel aux femmes et même aux enfants. Mais il faut toujours plus de bras. On se tourne alors vers une main-d’œuvre étrangère, arrivant parfois de l’autre bout du monde ou en provenance des colonies françaises. Le monde des industries du temps de guerre, organisé de main de maître par le sous-secrétaire d’État à l’Artillerie et aux Munitions, le socialiste Albert Thomas, est un univers à part, complexe. Dans cet ouvrage, il est présenté dans toute sa diversité, mais aussi, pour la première fois, au travers des tenues et insignes distinctifs en usage chez les ouvriers et les ouvrières.

Pour en savoir plus : https://www.orepeditions.com/fr/premiere-guerre-mondiale/1117-ouvriers-et-ouvrieres-de-la-grande-guerre-9782815106054.html

Marc-Henri Barrabé, L’artisanat du poilu, Orep éditions, 2022

L’artisanat des tranchées, ces objets familiaux d’art populaire réalisés sur différents supports (bois, métal de récupération…), nous projettent dans l’histoire de la guerre 1914-1918. Remisés dans une armoire ou oubliés dans les greniers, ils réapparaissent et sont aujourd’hui des messagers de l’Histoire et de ce conflit apocalyptique.

Leurs auteurs sont de simples soldats ou des artistes professionnels qui se côtoient au fond des tranchées où ils trouvent l’ennui et parfois la mort. Ces situations extrêmes les amènent à améliorer leur confort de vie et à fabriquer de nombreux objets utilitaires et décoratifs pour tromper l’attente, mais aussi pour garder un lien familial avec ceux laissés à l’arrière. Sur ces objets, ils gravent des lieux de combats, des prénoms féminins et masculins… Ils semblent parler à la place des disparus et nous font réfléchir sur le vécu de « Ceux de 14 ».

Pour en savoir plus : https://www.orepeditions.com/fr/nouveautes/1123-lartisanat-du-poilu.html

Roland Haas, Journal de déportation, le réseau Plutus de faux papiers, expertise et stratégie, 2022

Engagé dans la Résistance à l’âge de 20 ans, Roland Haas a été l’un des chefs du réseau Plutus, la plus importante organisation clandestine de confection de faux-papiers durant la Seconde Guerre mondiale. Arrêté en mai 1944 ainsi que d’autres membres du réseau, il est torturé par la Gestapo. Déporté au camp d’Auschwitz, il est travailleur forcé dans une usine chimique. En janvier 1945, il survit à la « Marche de la mort » pour rejoindre le camp de Buchenwald. Il est libéré par les troupes américaines et pèse 39 kilos lorsqu’il rentre à Paris en avril.

Ce récit poignant d’un chef de réseau de la Résistance qui décrit avec minutie l’horreur de la vie des déportés.

Enrichie de nombreuses photos d’archives (faux-papiers, documents historiques, etc.), une partie de cet ouvrage est consacrée au réseau Plutus : témoignages de membres du réseau, historique, fonctionnement, méthodes de clandestinité, actions réalisées, etc.

Le réseau Plutus, c’était 64 agents permanents et 80 occasionnels, un stock de 18 000 timbres en caoutchouc, plus de 100 000 imprimés vierges et une production mensuelle de 1 500 jeux complets d’identité.

Pour en savoir plus : https://le-souvenir-francais.fr/wp-content/uploads/2022/04/Bon-de-commande-Journal-de-déportation.pdf

La mémoire à travers les films

Alexis Rousseau, Verdun la première Ligne, en ligne sur YouTube

Court-métrage réalisé par Alexis Rousseau sur un jeune soldat engagé sur la première ligne française à Verdun.

Pour visionner le court-métrage : https://www.youtube.com/embed/4AnUiOZJr1c?feature=oembed

La mémoire à travers les expositions

Musée de la Résistance et de la déportation de l’Ain, situé à Nantua, Prisonniers de guerre, A l’épreuve de la captivité (1940-1945), du 2 mars au 14 novembre 2022

6500 soldats originaires de l’Ain ont été faits prisonniers durant l’été 1940 et ont vécu la captivité pour la très large majorité loin des leurs jusqu’à l’été 1945. L’exposition présente le vécu de ces victimes détenues dans les Stalags ou Oflags, absentes de la mémoire collective, la captivité ayant longtemps été associée dans les esprits à la défaite.

Des parcours de prisonniers originaires de l’Ain et/ou aux destins liés à l’histoire des maquis de l’Ain, demeurés en captivité durant cinq ans, évadés ayant rejoint la Résistance, ou moins chanceux, repris et dirigés vers le camp disciplinaire de Rawa Ruska donnent à voir la complexité et diversité des destinées et histoires des captifs.

Pour en savoir plus : https://patrimoines.ain.fr/n/musee-de-la-resistance-et-de-la-deportation/n:809

Historial du paysan soldat, à Fleuriel dans l’Allier, Souvenirs d’Algérie, 1954-1962, du 8 avril au 11 novembre 2022

Exposition réalisée par Jean-Daniel Destemberg, délégué général du Souvenir Français dans l’Allier, à l’occasion du 60ème anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie. Un millier d’objets et de documents sont présentés, et des rencontres avec des anciens combattants ou anciens habitants d’Algérie seront organisée dans le cadre de cette exposition.

Pour en savoir plus : https://www.historialpaysansoldat.fr/

Musée de l’histoire de l’immigration à Paris, Juifs et musulmans de la France coloniale à nos jours, du 5 avril au 17 juillet 2022

L’exposition Juifs et musulmans de la France coloniale à nos jours porte un regard neuf et documenté sur l’histoire des relations entre juifs et musulmans en France en révélant le rôle essentiel de la France et de l’Etat dans la transformation de ces relations, tant en Afrique du Nord qu’en France métropolitaine.

Pour en savoir plus : https://www.histoire-immigration.fr/programmation/expositions/juifs-et-musulmans-de-la-france-coloniale-a-nos-jours

Musée de la guerre 1870 Loigny-la-Bataille, Général de Sonis, un dessin extraordinaire, conférence animée par Jean-François Vivier et Emmanuel Cerisier le 6 mai 2022

Conférence donnée sur la vie du général de Sonis, par les auteurs d’une bande dessinée qui revient sur la vie de ce général français, le 6 mai à 20h30.

Pour en savoir plus : http://www.museedelaguerre1870.fr/fr/accueil/

Musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux, TRANCHÉES

Soldats français dans une tranchée (1914-1915) photographie sur plaque de verre, don Moscherosch, musée de la Grande Guerre, Meaux

Comme l’annonçait Jean-François Copé lors de la présentation à la presse, l’exposition Tranchées ouvre un nouveau cycle pour le Musée de la Grande Guerre qui vient de fêter ses 10 ans. Après une première décennie consacrée au Centenaire, de nouveaux événements sont prévus avec la création d’une «vraie» tranchée en extérieur en 2024.

La guerre de 1914 n’est pas seulement une guerre de tranchées qui d’ailleurs avait été inventée bien auparavant, il suffit par exemple de relire le Traité des sièges et de l’attaque de places du maréchal de Vauban. Elle est simplement redécouverte à la fin du 19e siècle avec les progrès de l’armement. Comme la Grande Guerre systématise la puissance de feu, il faut creuser pour se protéger. Et comme on s’installe dans le sol, le «système-tranchées», comme le décrit l’historien François Cochet, contribue à faire durer la guerre. Il atteint son paroxysme sur les 700 km du front Ouest.

Techniquement verrouillé, le système ne peut être contourné, d’autant que les tranchées s’emboîtent avec l’évolution du conflit. D’ailleurs, 1917 est l’année où le nombre de morts par jour est le plus faible. Mais pour gagner la guerre, il faut sortir des tranchées.

Toute l’armée française ne connaît pas la tranchée, dont le nom officiel est «fortification de campagne», mais seulement l’infanterie qui en 1918, représente moins de la moitié des combattants.

L’exposition montre toute la complexité du «système-tranchées» à travers 250 objets, souvent sortis des réserves du musée. On verra des uniformes de sapeur, du 1er régiment du Génie pour le français et de l’armée Kitchener pour le britannique.

Des objets permettent «d’habiter» la tranchée, comme des poêles et un piège à rat. La tranchée est davantage un lieu de surveillance que de combat. Seulement des coups de mains sont organisés pour ramener des prisonniers, importante source d’information.

Autre sujet mis en avant, la communication avec téléphones, signaux optiques, un tube à message bagué sur un pigeon et les systèmes de protection improvisés comme les périscopes. Les guetteurs reçoivent même l’autorisation d’ajouter des vêtements civils sur l’uniforme à cause du froid.

Et les combats? Différents modèles de pièges, queues de cochon et chevaux de frise montrent que seule l’artillerie est capable d’ouvrir une brèche pour les fantassins.

Une exposition intéressante à ne pas manquer.

François Rousseau

Jusqu’au 15 août 2022

Musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux  rue Lazare Ponticelli 77100 Meaux  Tél.: 01 60 32 14 18

Ouvert du mercredi au lundi de 9h30 à 18h

Plein tarif: 10€, réduit: 9€  Entrée libre tous les premiers dimanches du mois

Internet: www.museedelagrandeguerre.com

Château d’Auvers-sur-Oise Orangerie Sud, Les jardins secrets de Théophile Alexandre Steinlen, de Montmartre à la Vallée de l’Oise

Portait de Georges Clemenceau (1910) dessin au crayon bleu Coll. Part

L’ancienne résidence de chasse édifiée à Auvers à la manière d’une villa palladienne, accueille dans son Orangerie une petite exposition d’œuvres inédites consacrée à Steinlen (1859-1923). C’est une préfiguration du centenaire de l’artiste en 2023, qui quitta Montmartre pour habiter dans le Val-d’Oise à Jouy-le-Moutier, où son atelier est resté «dans son jus».

Après sa rencontre avec Willette qui lui présente Rodolphe Salis, il créé l’affiche de la Tournée du Chat Noir (1896), aujourd’hui plus célèbre que son auteur. Il dessine dès 1910 le portrait de Clemenceau. Une rare pierre lithographique illustre son talent de graveur.

Steinlen obtient avec Courteline un laisser-passer de Clemenceau et se rend sur le front en 1917. Ses dessins de guerre sont présentés dans une petite salle avec Le martyre de la Serbie, les tranchées dans la Marne et deux portraits d’officiers.

Il traduit les souffrances des poilus tout en restant dans l’humour noir du dessin de presse. Il est également témoin du quotidien de l’arrière, comme l’illustre un calque montrant les habitants de Verdun réfugiés à la gare de l’Est.

François Rousseau

Jusqu’au 18 septembre 2022

Château d’Auvers-sur-Oise Orangerie Sud, rue François Mitterrand 95430 Auvers-sur-Oise  Tél.: 01 34 48 48 48

Ouvert du mercredi au dimanche de 10h à 13h et de 14h à 18h

Plein tarif: 4,5€

Internet: www.chateau-auvers.fr

Musée de l’Armée, Photographiques en guerre

Evgueni Khaldeï Le Drapeau rouge sur le Reichstag, Berlin, 2 mai 1945 © Musée de l’Armée, Paris, Dist. RMN-Grand Palais/Émilie Cambier/Yevgeny Khaldeï, Adagp, Paris, 2022

L’exposition du musée de l’Armée illustre 170 ans d’histoire de la photographie de guerre. Elle est une invitation à la lecture attentive et critique des images, qui vont au-delà du reportage. Le reportage de guerre se développe avec la guerre de Crimée, couverte par des photographes de plusieurs nationalités. Méhédin offre à Napoléon III un panorama Sébastopol vue de la ville (1855). Il sera ensuite appelé par l’Empereur pour couvrir la campagne d’Italie.

La photo durant la Première Guerre peut être le fait de simple soldat pour lesquels la prise de vue est interdite, mais tolérée. Contrairement aux images officielles, ils n’hésitent pas à représenter des cadavres. La photo aérienne acquiert une importance stratégique et aide à la conduite de la guerre.

La Deuxième Guerre est une guerre en image. Elle est instrumentalisée par le 3e Reich qui participe à l’endoctrinement des soldats allemands.

On verra les images célèbres des scènes de la victoire rejouées, tel Raising the flag on Iwo Jima par Joe Rosenthal et la libération de Berlin où Khaldeï choisi le Reichstag comme meilleur point de vue.

Des images sont diffusées longtemps après le conflit pour rétablir la vérité historique, par exemple sur les crimes de la Wehrmacht à la fin des années 90.

Réunissant plus de 300 photos, l’exposition se termine sur les à-côtés de la guerre aujourd’hui, comme des vues du salon d’armement Eurosatory. La photo enrichit notre perception du monde.

François Rousseau

Jusqu’au 24 juillet 2022

Musée de l’Armée, Hôtel national des Invalides  129 rue de Grenelle 75007 Paris  Tél.: 01 44 42 38 77

Ouvert tous les jours de 10h à 18h (nocturne le mardi jusqu’à 21h)

Plein tarif: 14€, réduit: 11€

Internet: www.musee-armee.fr

VIGILANCE

Le monument de Noisseville, propriété du Souvenir Français, dont la statue avait été volée en août 2021, a été classé dans sa totalité en mars dernier, comme monument historique.

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25 février 2022

La mémoire de la guerre d’Algérie. Comment bien refermer la boite à chagrin ?

Le 27 août 1961, évoquant la guerre d’Algérie, le général de Gaulle confia à Hervé Alphand « il faut nous débarrasser de cette boite à chagrin où nous engloutissons pour rien nos énergies et qui nous attire toutes sortes de difficultés sur tous les plans. »

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3 février 2022

Communiqué du Président général du Souvenir Français

La vandalisation des monuments dans les départements d’Outre-Mer se poursuit. Lorsque le monument de Joséphine de Beauharnais a été décapité, la majorité des Français sont restés silencieux. Elle était la première épouse de « l’horrible » Napoléon qui avait rétabli l’esclavage. Lorsque le monument de Schoelcher a été vandalisé, la majorité des Français sont restés silencieux. Qui […]

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17 mars 2021

La revue du Souvenir Français

Vous n’êtes pas abonnés à la revue nationale mais certains textes ou articles vous intéressent ? Tous les trimestres, nous vous indiquons le sommaire de la revue à paraître (Janvier, avril, juillet et octobre). Si vous souhaitez la recevoir occasionnellement sans vous abonner, après avoir repéré un article qui vous plaisait, vous pouvez la commander […]

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27 avril 2022

Bilan des activités du Président général

24 mars 2022 : publication du grand entretien dans la revue Historiens et Géographes de l’association de professeur d’histoire et de géographie. Pour lire l’entretien, cliquer ICI Revue de l’APHG 28 mars 2022 : Interview réalisée pour l’association Les papillons de Jour. Logo de l’association Samedi 2 avril 2022 : Inauguration du monument ossuaire de Dolmo Karaslari en […]

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Billet d’humeur

Vladimir Poutine et la mémoire combattante russe à Paris. Deux monuments illustrent la volonté de Vladimir Poutine d’enraciner une mémoire combattante russe sur le territoire parisien. Deux monuments sont la parfaite illustration de la volonté de construire une « certaine mémoire ». Le premier est situé au Père Lachaise. Erigé dans l’allée des Anciens Combattants, il clôt […]

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On aime on soutient

27 avril 2022

La mémoire à travers les livres

Jean-François Decraene, Lieux de mémoire des deux sièges 1870-1871, guide de la ville de Paris, Illustria – Librairie des Musées, 2022

Le 11 novembre 1920, l’entrée du cœur de Léon Gambetta au Panthéon marque symboliquement la fin mémorielle de la guerre franco-allemande de 1870-1871.

Alors que pendant plus de quarante cinq années, la République a entouré de ferveur les combattants morts pour la patrie lors d’une défaite « victorieuse », la vraie victoire de la Grande Guerre clôt ce temps de la mémoire. Progressivement, l’histoire de 1870-1871 est oubliée, ne laissant en lumière que l’épisode de la Commune.

Cet oubli est si fort qu’en 1941 le général de Gaulle à Londres, souhaitant mobiliser les Français dans la bataille contre l’Allemagne, évoque une « guerre de trente ans » commencée en 1914 et qui s’achèverait, exceptionnelle prémonition, en 1944-1945.

Or, c’est d’une « guerre de soixante quinze ans » dont il fallait alors parler. Oublier la guerre de 1870-1871, c’est en effet s’interdire de comprendre ce formidable temps de l’opposition franco-allemande marquée par trois guerres qui se sont enchâssées entre 1870 et 1945.

Cent cinquante ans ont passé. Il a semblé nécessaire au Souvenir Français de remettre en lumière ce temps où les deux pays se combattent afin de mieux faire apparaître les soixante quinze années de paix qui se sont ouvertes depuis 1945 grâce à la construction européenne.

Ces guides des lieux de mémoire du Siège de Paris (1870-1871), en Île-de-France (ici la Ville de Paris) sont une réponse du temps présent à un passé qu’il nous apparaît nécessaire de connaître ou de réapprendre.

Pour en savoir plus et pour commander l’ouvrage : https://le-souvenir-francais.fr/wp-content/uploads/2022/04/LieuxMemoire75_souscription1.pdf

Ellen Hampton, Les Rochambelles, Ambulancières de la France combattante 1943-1945, Tallandier, 2022 (réédition)

Florance Conrad, riche américaine et infirmière pendant la Grande Guerre, crée en 1943 une unité d’ambulances. Grâce aux fonds qu’elle récolte, elle achète dix-neuf véhicules Dodge et recrute à New- York les premières volontaires. Ces femmes, parfois très jeunes, sont déterminées à libérer la France et ne reculent devant rien.

En 1943, les Rochambelles qui tirent ce surnom de leur unité sanitaire Rochambeau, en mémoire du comte du même nom, compagnon de Lafayette, passent outre les railleries et tentent de s’imposer dans un monde d’hommes. Elles sont incorporées à la deuxième division (DB) du général Leclerc à Rabat et apprennent rapidement à maitriser la mécanique, repérer des mines, poser des garrots.

Le 30 mai 1944, les 39 Rochambelles embarquent pour Liverpool. En août, elles débarquent sur le sable d’Utah Beach en Normandie avec pour mission d’évacuer les blessés des zones de combat vers les postes de tri. Elles arrivent à Paris le 25 août 1944 et participent à la dure campagne d’Alsace et à la prise de Berchtesgaden. Deux d’entre elles perdent la vie dans le combat qu’elles mènent sans arme.

A partir de leurs témoignages, Ellen Hampton retrace dans un récit l’épopée de ces ambulancières, courageuses et idéalistes, guidées par leur patriotisme.

Pour en savoir plus : https://www.decitre.fr/livres/les-rochambelles-des-femmes-au-front-9791021051072.html

Ceux de Rawa-Ruska Union Nationale, Rawa-Ruska 80 ans de mémoire, 2022

Rawa-Ruska, Stalag 325, camp de représailles, reste le plus souvent absent de la mémoire collective de la Seconde Guerre mondiale. Ce livre peut aider à découvrir, ou mieux connaître, cette histoire dans l’Histoire. Des témoignages, des écrits sur ce que fut la vie de ces hommes, prisonniers de guerre français, réfractaires à l’ordre nazi, évadés, qui furent envoyés en répression dans ces terres de l’Est y sont présentés.

80 ans déjà,  ce sont aujourd’hui des descendants qui portent avec humilité leurs paroles, leurs histoires, eux qui furent souvent si peu diserts sur ce qu’ils vécurent. Quelques pages pour enrichir la connaissance de leur histoire, à travers leurs propres mots.

Quelques pages en mémoire d’une histoire singulière, trop souvent méconnue d’un camp construit en Ukraine.

Quelques pages aussi pour que vive leur esprit de résistance.

Pour en savoir plus : http://www.rawa-ruska.net/

Gilles Malvaux, Pour qui sonne la gloire, Ed. des Equateurs, 2022

Il fut un temps, pas si lointain, où la gloire était sur toutes les lèvres, de tous les discours, parmi tous nos symboles, résonnant à travers les armes, les arts et les âmes. Mais faut-il encore qu’elle soit transmise, chantée par les poètes et exaltée par les hommes pour continuer à les porter, les unir et leur dévoiler un horizon où le soleil se lèverait sans jamais se coucher.

La gloire est le sel de notre histoire et de nos mémoires : elle leur donne du goût, en adoucit les amertumes et les conserve à l’abri des dégâts du temps. Elle est notre patrimoine ; jadis le mieux partagé, aujourd’hui presque anachronique. Pourtant, préservée des affres de l’orgueil et des passions funestes, ne serait-elle pas le dernier remède à l’absence d’inspiration, d’unité et d’engagement de notre époque ? La gloire est une cathédrale qui traverse les siècles, à la fois un repère, un refuge, un lieu de pèlerinage, mais avant tout un temps sacré ouvert à tous.

De Roland mort à Roncevaux à nos jours, Gilles Malvaux retrace l’histoire de la gloire, cette passion française authentique et millénaire, et invite à mieux embrasser notre passé pour tisser des lendemains qui n’hésiteront pas à chanter.

Pour en savoir plus : https://editionsdesequateurs.fr/aParaitre/oo/PourQuiSonneLaGloire

William Benéteau (présentation), Ta femme qui t’aime, Correspondance entre Hippolyte Benéteau, Poilu du Bois-le-Prêtre, et sa famille (1914-1915), Edhisto, 2022

Parti du Marais Poitevin en août 1914, François Hippolyte Benéteau a 32 ans quand il quitte les siens pour rejoindre la ligne de front. Comme tant d’autres, il quitte ses vêtements d’agriculteur pour l’uniforme militaire. Débutent alors ses échanges épistolaires avec Marie, sa chère et tendre épouse, enceinte à laquelle il laisse tous les soins de s’occuper du domaine, de ses champs, de ses vignes et de ses quatre enfants.

Malgré son âge et sa charge de famille, il passe de la territoriale à l’active. Au sein de sa compagnie du 167ème Régiment d’infanterie, Les Loups du Bois-le-Prêtre, il engage le combat dans l’une des zones les plus meurtrières de la Première Guerre mondiale…

Hippolyte, parti plein d’espoir, ne sait pas encore qu’Angèle, sa dernière fille, ne connaîtra jamais son père.

Pour en savoir plus : https://www.edhisto.eu/librairie-en-ligne/home/172-ta-femme-qui-t-aime-9782355150449.html

Marc-Henri Barrabé, Ecrivains et artistes de la Grande Guerre, Orep ed, 2022

Qui sont ces civils mobilisés en août 1914 ? Comment garder trace de cette expérience tragique dont les poilus vont être les acteurs ? L’expérience de guerre sera-t-elle transmissible à l’arrière ? Comment représenter ce que le regard ne peut supporter ? Combien de poilus vont tenir un carnet personnel ? Comment mettre en mots une expérience indicible ? Le cri des combattants va-t-il être entendu ?

Vous trouverez les réponses en accompagnant dans la tourmente et la peur, lors de cette journée du dimanche 2 août 1914, ces hommes mobilisés la fleur au fusil, à la gare la plus proche de leur village pour ce « voyage au bout de la nuit », en direction du front situé au nord et à l’est, où se trouve « Le Feu ».

Pour en savoir plus : https://www.souvenirfrancaisesm.be/445804040

Cédric Istasse, Namur durant la guerre franco-prussienne de 1970-1871, Cahiers de Sambre et Meuse, 2022

Sedan, 1er septembre 1870, le Second Empire français agonise dans une terrible bataille qui l’oppose à la Prusse de Bismarck. Située en territoire neutre, à quelques dizaines de kilomètres des théâtres d’opérations, la ville de Namur devient l’un des principaux centres de soin et d’hébergement pour les militaires français et allemands blessés. Elle accueille également officiers français, prisonniers et réfugiés des deux nations. Parmi eux, le propre fils de l’empereur déchu : le prince Louis-Napoléon.

Durant plusieurs semaines, Namur vit au rythme des lendemains de la bataille. Les habitants se montrent curieux de ces proches événements, mais aussi généreux à l’égard de leurs hôtes. Les secours sont organisés par un comité créé pour l’occasion et établi dans la gare de la ville.

Rapidement tombé dans l’oubli, cet épisode de l’histoire de Namur est resté ignoré durant près d’un siècle et demi. Ce sont les deux journaux namurois du XIXème siècle, L’Ami de l’ordre et de l’Organe de Namur, qui ont permis de le redécouvrir.

En savoir plus : https://neptun.unamur.be/s/neptun/item/2432#?c=0&m=0&s=0&cv=0

Jean Norton Cru, Témoins, Agone (ed), 2022

La Grande Guerre marque l’acte de naissance du témoignage comme genre. Jamais autant d’acteurs ordinaires n’avaient pris la plume pour écrire et publier leurs souvenirs d’un événement historique majeur. Mieux, pendant plusieurs décennies ces témoins ont conquis une forme de monopole sur le récit de ce qu’ils avaient vécu. Devoir sacré envers leurs camarades disparus, dire la vérité sur cette expérience était aussi une démarche d’espoir pour en finir avec les fausses représentations de la guerre et peut-être avec la guerre elle-même. Mais tous les témoignages se valent-ils ? Peut-on et sur quels critères, évaluer sérieusement leur valeur de vérité ? Ces questions toutes simples en soulèvent beaucoup d’autres.

Ce livre a pour but de donner une image de la guerre d’après ceux qui l’ont vue de plus près ; de faire connaître les sentiments du soldat, qui sont sa réaction directe au contact de la guerre : de faire un faisceau des témoignages des combattants sur la guerre, de leur impartir la force et l’influence qu’ils ne peuvent avoir que par le groupement des voix du front, les seules autorisées à parler de la guerre, non pas comme un art, mais comme un phénomène humain.

Franco-britannique installé aux Etats-Unis comme professeur, Jean Norton Cru (1879-1949) est un ancien combattant de la Grande Guerre. Plutôt que d’écrire son témoignage personnel, il s’est fait le critique de tous les ouvrages publiés par ses camarades de tranchées.

Témoins est l’œuvre de sa vie. Au moment de sa parution en 1929 le livre a provoqué un beau scandale, on osait remettre en cause les valeurs littéraires établies comme Le Feu de Barbusse ou Les Croix de bois de Dorgelès ! Depuis, Témoins continue à faire clivage aussi bien dans le monde littéraire que chez les historiens. Vivant par les débats qu’il inspire encore aujourd’hui, ce livre est aussi un éclairage unique sur l’expérience des tranchées.

Sa manière de mettre au premier plan la simple vérité du témoignage heurte de plein fouet les visions enchantées de la guerre colportées par la littérature. En dressant le témoin face au littérateur de métier, en sommant les historiens de lui faire un juste part, le livre de Norton Cru dérange depuis presque cent ans les règles établies dans le monde intellectuel.

Pour en savoir plus : https://agone.org/livres/temoins

Christophe Woehrle, La boîte en fer ou l’odyssée d’un Alsacien aux confins des Empires, à paraitre en 2022



Et toi qui me lis, que sais-tu de ton passé ?

Dans ce livre, sont confrontés la tradition familiale et les souvenirs aux documents d’archives, aux faits, pour retracer ce que fut l’itinéraire d’un Alsacien de 1914. Il ne s’agit pas de n’importe quel parcours, il nous présente un héros ! Si les faits sont objectifs, les sentiments transparaissent pour dresser le tableau d’une odyssée aux parfums exotiques, aux confins des empires, européens, slaves, coloniaux et … familiaux.

Ceci n’est pas un livre d’histoire, c’est le livre d’un historien, ceci n’est pas un roman, c’est un témoignage, une œuvre d’histoire et un moment de mémoire.

Pour en savoir plus : https://le-souvenir-francais.fr/wp-content/uploads/2022/04/V3-boite-en-fer.pdf

Jean Vialard-Goudou, Julien Toureille, Journal de guerre d’un médecin de la France Libre, avec de Gaulle (1940-1945), Editions du félin, 2022

Médecin à Pointe-Noire au moment de la déclaration de guerre, Jean Vialard-Goudou s’engage dans la France Libre dès juillet 1940 et, de l’Erythrée à la Syrie et de la Libye à la Tunisie, organise sur ou à proximité du champ de bataille les premiers soins aux blessés des principales campagnes militaires auxquelles participe la 1ère BFL puis la 1ère DFL.

De cet extraordinaire itinéraire prolongé jusqu’à la libération de la vallée du Rhône, cet homme discret mais à la personnalité affirmée a tiré un Journal de marches et d’opérations et un Journal de Bir Hakeim qui n’avaient encore jamais été publiés et n’étaient connus, jusqu’à aujourd’hui, que des seuls initiés.

Chacun à leur manière, les deux textes proposent une lecture nuancée de l’épopée traditionnellement contée, le premier en mettant à jour un quotidien où les soldats trompent l’ennui avec les cartes, l’alcool et la bagarre, le second en révélant, lors de la bataille de Bir Hakeim, de sourdes rivalités entre médecins et entre alliés.

Ce faisant, et porté par un style sans compromission, ils livrent sur les exploits accomplis un témoignage à la fois inédit et authentique qui renouvelle leur connaissance et, quatre vingts ans après les faits, offre au lecteur, plus qu’une plongée, une expérience au cœur de l’aventure Free French.

Pour en savoir plus :

https://7x0lu.r.ag.d.sendibm3.com/mk/mr/psoN8_q92FNsXIcFyh8NwTEZvq49IMswcnHqwe6l1t3m5D-LYsCsha7Z01c01G7GiPH-qjW8-LqopUjEs1diudK5ZOn1IywR9j9eE5U08L7ePR1xtczEbP8WYGq6GKoSoUs3H2I

Olivier Petit, Un village lorrain dans la Grande Guerre, 2021

Ce livre apporte un regard neuf sur le quotidien d’un village, de ses habitants, de ses soldats, des troupes de passage et en cantonnement, en donnant également une place aux événements locaux, nationaux et internationaux. De nombreux témoignages issus de carnets de guerre, des cartes postales, des lettres et de nombreuses photos viennent illustrer cet ouvrage.

Son auteur, Olivier Petit, s’engage généreusement à reverser 3 euros au Souvenir Français pour tout exemplaire de son ouvrage vendu.

Pour en savoir plus : patrimoinedelorraine@yahoo.fr ou 06 02 50 54 53

Frédéric Pineau, Nations oubliées de la Grande Guerre, Orep éditions, 2022

La Première Guerre mondiale porte bien son nom, mais nous l’oublions parfois. Le caractère mondial de la guerre fait qu’elle étendra ses luttes bien au-delà de l’Europe. Cet ouvrage traite des pays « oubliés » de la guerre. Parmi les pays belligérants, on trouve le Portugal, le Siam, le Japon ou encore le Brésil ; il y a aussi les pays ayant rompu leurs relations diplomatiques avec les empires centraux (Pérou, Uruguay) ou encore ceux ayant marqué une neutralité stricte ou quelque peu ambiguë (Norvège, Danemark, Suède, Argentine). Sans oublier ces « petites nations » chères au président américain Woodrow Wilson, les Tchèques et les Slovaques. N’omettons pas l’Irlande et la Pologne, qui renaîtront de la guerre, ou l’éphémère royaume du Monténégro qui disparaîtra en 1918 digéré par la future Yougoslavie. L’engagement des uns et des autres répond à des intérêts, des volontés, des ambitions qui, en germe, annoncent déjà le second conflit mondial. Le présent ouvrage présente ces pays, continent par continent, en s’arrêtant tant sur les aspects médicaux, militaires, sociétaux et économiques.

Pour en savoir plus : https://www.orepeditions.com/fr/premiere-guerre-mondiale/1127-nations-oubliees-de-la-grande-guerre-9782815106429.html

Frédéric Pineau, Ouvriers et Ouvrières de la Grande Guerre, Orep Editions, 2022

La Grande Guerre est une dévoreuse de chair et de matière. Aussi pour la gagner faut-il toujours plus d’armes, toujours plus de munitions, or pas de guerre sans munitions, pas de munitions sans ouvriers. Les premières années de guerre sont difficiles. Pour la victoire, les ouvriers mobilisés sont renvoyés dans leurs usines par milliers, on fait aussi massivement appel aux femmes et même aux enfants. Mais il faut toujours plus de bras. On se tourne alors vers une main-d’œuvre étrangère, arrivant parfois de l’autre bout du monde ou en provenance des colonies françaises. Le monde des industries du temps de guerre, organisé de main de maître par le sous-secrétaire d’État à l’Artillerie et aux Munitions, le socialiste Albert Thomas, est un univers à part, complexe. Dans cet ouvrage, il est présenté dans toute sa diversité, mais aussi, pour la première fois, au travers des tenues et insignes distinctifs en usage chez les ouvriers et les ouvrières.

Pour en savoir plus : https://www.orepeditions.com/fr/premiere-guerre-mondiale/1117-ouvriers-et-ouvrieres-de-la-grande-guerre-9782815106054.html

Marc-Henri Barrabé, L’artisanat du poilu, Orep éditions, 2022

L’artisanat des tranchées, ces objets familiaux d’art populaire réalisés sur différents supports (bois, métal de récupération…), nous projettent dans l’histoire de la guerre 1914-1918. Remisés dans une armoire ou oubliés dans les greniers, ils réapparaissent et sont aujourd’hui des messagers de l’Histoire et de ce conflit apocalyptique.

Leurs auteurs sont de simples soldats ou des artistes professionnels qui se côtoient au fond des tranchées où ils trouvent l’ennui et parfois la mort. Ces situations extrêmes les amènent à améliorer leur confort de vie et à fabriquer de nombreux objets utilitaires et décoratifs pour tromper l’attente, mais aussi pour garder un lien familial avec ceux laissés à l’arrière. Sur ces objets, ils gravent des lieux de combats, des prénoms féminins et masculins… Ils semblent parler à la place des disparus et nous font réfléchir sur le vécu de « Ceux de 14 ».

Pour en savoir plus : https://www.orepeditions.com/fr/nouveautes/1123-lartisanat-du-poilu.html

Roland Haas, Journal de déportation, le réseau Plutus de faux papiers, expertise et stratégie, 2022

Engagé dans la Résistance à l’âge de 20 ans, Roland Haas a été l’un des chefs du réseau Plutus, la plus importante organisation clandestine de confection de faux-papiers durant la Seconde Guerre mondiale. Arrêté en mai 1944 ainsi que d’autres membres du réseau, il est torturé par la Gestapo. Déporté au camp d’Auschwitz, il est travailleur forcé dans une usine chimique. En janvier 1945, il survit à la « Marche de la mort » pour rejoindre le camp de Buchenwald. Il est libéré par les troupes américaines et pèse 39 kilos lorsqu’il rentre à Paris en avril.

Ce récit poignant d’un chef de réseau de la Résistance qui décrit avec minutie l’horreur de la vie des déportés.

Enrichie de nombreuses photos d’archives (faux-papiers, documents historiques, etc.), une partie de cet ouvrage est consacrée au réseau Plutus : témoignages de membres du réseau, historique, fonctionnement, méthodes de clandestinité, actions réalisées, etc.

Le réseau Plutus, c’était 64 agents permanents et 80 occasionnels, un stock de 18 000 timbres en caoutchouc, plus de 100 000 imprimés vierges et une production mensuelle de 1 500 jeux complets d’identité.

Pour en savoir plus : https://le-souvenir-francais.fr/wp-content/uploads/2022/04/Bon-de-commande-Journal-de-déportation.pdf

La mémoire à travers les films

Alexis Rousseau, Verdun la première Ligne, en ligne sur YouTube

Court-métrage réalisé par Alexis Rousseau sur un jeune soldat engagé sur la première ligne française à Verdun.

Pour visionner le court-métrage : https://www.youtube.com/embed/4AnUiOZJr1c?feature=oembed

La mémoire à travers les expositions

Musée de la Résistance et de la déportation de l’Ain, situé à Nantua, Prisonniers de guerre, A l’épreuve de la captivité (1940-1945), du 2 mars au 14 novembre 2022

6500 soldats originaires de l’Ain ont été faits prisonniers durant l’été 1940 et ont vécu la captivité pour la très large majorité loin des leurs jusqu’à l’été 1945. L’exposition présente le vécu de ces victimes détenues dans les Stalags ou Oflags, absentes de la mémoire collective, la captivité ayant longtemps été associée dans les esprits à la défaite.

Des parcours de prisonniers originaires de l’Ain et/ou aux destins liés à l’histoire des maquis de l’Ain, demeurés en captivité durant cinq ans, évadés ayant rejoint la Résistance, ou moins chanceux, repris et dirigés vers le camp disciplinaire de Rawa Ruska donnent à voir la complexité et diversité des destinées et histoires des captifs.

Pour en savoir plus : https://patrimoines.ain.fr/n/musee-de-la-resistance-et-de-la-deportation/n:809

Historial du paysan soldat, à Fleuriel dans l’Allier, Souvenirs d’Algérie, 1954-1962, du 8 avril au 11 novembre 2022

Exposition réalisée par Jean-Daniel Destemberg, délégué général du Souvenir Français dans l’Allier, à l’occasion du 60ème anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie. Un millier d’objets et de documents sont présentés, et des rencontres avec des anciens combattants ou anciens habitants d’Algérie seront organisée dans le cadre de cette exposition.

Pour en savoir plus : https://www.historialpaysansoldat.fr/

Musée de l’histoire de l’immigration à Paris, Juifs et musulmans de la France coloniale à nos jours, du 5 avril au 17 juillet 2022

L’exposition Juifs et musulmans de la France coloniale à nos jours porte un regard neuf et documenté sur l’histoire des relations entre juifs et musulmans en France en révélant le rôle essentiel de la France et de l’Etat dans la transformation de ces relations, tant en Afrique du Nord qu’en France métropolitaine.

Pour en savoir plus : https://www.histoire-immigration.fr/programmation/expositions/juifs-et-musulmans-de-la-france-coloniale-a-nos-jours

Musée de la guerre 1870 Loigny-la-Bataille, Général de Sonis, un dessin extraordinaire, conférence animée par Jean-François Vivier et Emmanuel Cerisier le 6 mai 2022

Conférence donnée sur la vie du général de Sonis, par les auteurs d’une bande dessinée qui revient sur la vie de ce général français, le 6 mai à 20h30.

Pour en savoir plus : http://www.museedelaguerre1870.fr/fr/accueil/

Musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux, TRANCHÉES

Soldats français dans une tranchée (1914-1915) photographie sur plaque de verre, don Moscherosch, musée de la Grande Guerre, Meaux

Comme l’annonçait Jean-François Copé lors de la présentation à la presse, l’exposition Tranchées ouvre un nouveau cycle pour le Musée de la Grande Guerre qui vient de fêter ses 10 ans. Après une première décennie consacrée au Centenaire, de nouveaux événements sont prévus avec la création d’une «vraie» tranchée en extérieur en 2024.

La guerre de 1914 n’est pas seulement une guerre de tranchées qui d’ailleurs avait été inventée bien auparavant, il suffit par exemple de relire le Traité des sièges et de l’attaque de places du maréchal de Vauban. Elle est simplement redécouverte à la fin du 19e siècle avec les progrès de l’armement. Comme la Grande Guerre systématise la puissance de feu, il faut creuser pour se protéger. Et comme on s’installe dans le sol, le «système-tranchées», comme le décrit l’historien François Cochet, contribue à faire durer la guerre. Il atteint son paroxysme sur les 700 km du front Ouest.

Techniquement verrouillé, le système ne peut être contourné, d’autant que les tranchées s’emboîtent avec l’évolution du conflit. D’ailleurs, 1917 est l’année où le nombre de morts par jour est le plus faible. Mais pour gagner la guerre, il faut sortir des tranchées.

Toute l’armée française ne connaît pas la tranchée, dont le nom officiel est «fortification de campagne», mais seulement l’infanterie qui en 1918, représente moins de la moitié des combattants.

L’exposition montre toute la complexité du «système-tranchées» à travers 250 objets, souvent sortis des réserves du musée. On verra des uniformes de sapeur, du 1er régiment du Génie pour le français et de l’armée Kitchener pour le britannique.

Des objets permettent «d’habiter» la tranchée, comme des poêles et un piège à rat. La tranchée est davantage un lieu de surveillance que de combat. Seulement des coups de mains sont organisés pour ramener des prisonniers, importante source d’information.

Autre sujet mis en avant, la communication avec téléphones, signaux optiques, un tube à message bagué sur un pigeon et les systèmes de protection improvisés comme les périscopes. Les guetteurs reçoivent même l’autorisation d’ajouter des vêtements civils sur l’uniforme à cause du froid.

Et les combats? Différents modèles de pièges, queues de cochon et chevaux de frise montrent que seule l’artillerie est capable d’ouvrir une brèche pour les fantassins.

Une exposition intéressante à ne pas manquer.

François Rousseau

Jusqu’au 15 août 2022

Musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux  rue Lazare Ponticelli 77100 Meaux  Tél.: 01 60 32 14 18

Ouvert du mercredi au lundi de 9h30 à 18h

Plein tarif: 10€, réduit: 9€  Entrée libre tous les premiers dimanches du mois

Internet: www.museedelagrandeguerre.com

Château d’Auvers-sur-Oise Orangerie Sud, Les jardins secrets de Théophile Alexandre Steinlen, de Montmartre à la Vallée de l’Oise

Portait de Georges Clemenceau (1910) dessin au crayon bleu Coll. Part

L’ancienne résidence de chasse édifiée à Auvers à la manière d’une villa palladienne, accueille dans son Orangerie une petite exposition d’œuvres inédites consacrée à Steinlen (1859-1923). C’est une préfiguration du centenaire de l’artiste en 2023, qui quitta Montmartre pour habiter dans le Val-d’Oise à Jouy-le-Moutier, où son atelier est resté «dans son jus».

Après sa rencontre avec Willette qui lui présente Rodolphe Salis, il créé l’affiche de la Tournée du Chat Noir (1896), aujourd’hui plus célèbre que son auteur. Il dessine dès 1910 le portrait de Clemenceau. Une rare pierre lithographique illustre son talent de graveur.

Steinlen obtient avec Courteline un laisser-passer de Clemenceau et se rend sur le front en 1917. Ses dessins de guerre sont présentés dans une petite salle avec Le martyre de la Serbie, les tranchées dans la Marne et deux portraits d’officiers.

Il traduit les souffrances des poilus tout en restant dans l’humour noir du dessin de presse. Il est également témoin du quotidien de l’arrière, comme l’illustre un calque montrant les habitants de Verdun réfugiés à la gare de l’Est.

François Rousseau

Jusqu’au 18 septembre 2022

Château d’Auvers-sur-Oise Orangerie Sud, rue François Mitterrand 95430 Auvers-sur-Oise  Tél.: 01 34 48 48 48

Ouvert du mercredi au dimanche de 10h à 13h et de 14h à 18h

Plein tarif: 4,5€

Internet: www.chateau-auvers.fr

Musée de l’Armée, Photographiques en guerre

Evgueni Khaldeï Le Drapeau rouge sur le Reichstag, Berlin, 2 mai 1945 © Musée de l’Armée, Paris, Dist. RMN-Grand Palais/Émilie Cambier/Yevgeny Khaldeï, Adagp, Paris, 2022

L’exposition du musée de l’Armée illustre 170 ans d’histoire de la photographie de guerre. Elle est une invitation à la lecture attentive et critique des images, qui vont au-delà du reportage. Le reportage de guerre se développe avec la guerre de Crimée, couverte par des photographes de plusieurs nationalités. Méhédin offre à Napoléon III un panorama Sébastopol vue de la ville (1855). Il sera ensuite appelé par l’Empereur pour couvrir la campagne d’Italie.

La photo durant la Première Guerre peut être le fait de simple soldat pour lesquels la prise de vue est interdite, mais tolérée. Contrairement aux images officielles, ils n’hésitent pas à représenter des cadavres. La photo aérienne acquiert une importance stratégique et aide à la conduite de la guerre.

La Deuxième Guerre est une guerre en image. Elle est instrumentalisée par le 3e Reich qui participe à l’endoctrinement des soldats allemands.

On verra les images célèbres des scènes de la victoire rejouées, tel Raising the flag on Iwo Jima par Joe Rosenthal et la libération de Berlin où Khaldeï choisi le Reichstag comme meilleur point de vue.

Des images sont diffusées longtemps après le conflit pour rétablir la vérité historique, par exemple sur les crimes de la Wehrmacht à la fin des années 90.

Réunissant plus de 300 photos, l’exposition se termine sur les à-côtés de la guerre aujourd’hui, comme des vues du salon d’armement Eurosatory. La photo enrichit notre perception du monde.

François Rousseau

Jusqu’au 24 juillet 2022

Musée de l’Armée, Hôtel national des Invalides  129 rue de Grenelle 75007 Paris  Tél.: 01 44 42 38 77

Ouvert tous les jours de 10h à 18h (nocturne le mardi jusqu’à 21h)

Plein tarif: 14€, réduit: 11€

Internet: www.musee-armee.fr

VIGILANCE

Le monument de Noisseville, propriété du Souvenir Français, dont la statue avait été volée en août 2021, a été classé dans sa totalité en mars dernier, comme monument historique.

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