Nos lieux de mémoire

4 mars 2022

Cette rubrique décrit 4 lieux :
– Le monument aux soldats français de confession musulmane inhumés en 1918 à Dolno Karaslari
– La stèle pour les Français Libres de Hong Kong au cimetière militaire de Stanley
– La tombe du Lieutenant-Colonel PIJEAUD au carré militaire français d’Alexandrie
– Les tombes françaises du cimetière de Puebla

Temps de lecture : environ 15 minutes


Lieu n° 1 : Le monument aux soldats français de confession musulmane inhumés en 1918 à Dolno Karaslari

Pendant la Première Guerre mondiale, la Macédoine était un territoire où se déroulaient des batailles sur le front macédonien (front de d’Orient), L’armée française ainsi que les autres armées de l’Entente se trouvaient sur le territoire de la Grèce. De l’autre côté se trouvaient les armées des puissances centrales (Allemagne, Autriche-Hongrie et Bulgarie). Le front macédonien est brisé le 15 septembre 1918. Des milliers de soldats français sont morts sur le territoire de la Macédoine. En témoignent les cimetières militaires français de Skopje et de Bitola. Il y a aussi des monuments aux soldats « Morts pour la France » qui sont enterrés dans le village de Gorno Jabolciste et dans le village de Dolno Karaslari. A cette occasion, nous présenterons le monument aux soldats français de confession musulmane enterrés dans le village de Dolno Karaslari en Macédoine.

Le monument est situé dans le centre de la République de Macédoine du Nord, (la municipalité de Veles), la route E-75, corridor 10, sur l’autoroute Skopje – Thessalonique.

Carte de la République de la Macédoine du Nord

Le monument de Dolno Karaslari est dédié aux soldats français morts près de la commune de Veles dans les combats menés par l’armée française contre l’armée bulgare qui, après la percée du front macédonien, en septembre 1918, s’est retirée de la Macédoine. Après la fin de la guerre, les tombes individuelles des soldats français, sur décision du gouvernement français, ont été transférées dans les cimetières de Skopje et de Bitola. Quelques tombes de soldats français de confession musulmane sont plus tard transférées dans une fosse commune à Dolno Karaslari. Il existe deux données sur le nombre de soldats inhumés dans l’ossuaire des soldats français. Selon la première, il y en aurait 12 corps et selon l’autre 18, de sorte que le nombre exact reste inconnu. Aucun document n’a été trouvé sur le transfert des restes de ces soldats français, ni leurs noms. La construction du monument des soldats français s’achève en 1929. La consécration solennelle de l’ossuaire a eu lieu le 1er septembre 1929. Le mot mémorial des soldats français a été prononcé par le mufti avec l’aide des prêtres musulmans.  Le consul de France à Skopje Monsieur Gise y a également assisté. Le village de Dolno Karaslari autre fois était habité par des Turcs. Le village a ensuite été établi par des chrétiens de religion orthodoxe. Après le départ de villageois en Turquie, la mosquée et le monument des soldats français se sont dégradés avec le temps. Dans les années 80, les autorités de la République de Macédoine ont relevé le monument en le replaçant au même endroit. Lors de la célébration du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale, une stèle a été inaugurée en l’honneur des soldats français tombés dans le village de Gorno Jabolciste, à l’endroit où quatre soldats français de religion musulmane ont été inhumés. Au même moment, on cherchait d’autres monuments de soldats français morts en Macédoine, en dehors des cimetières français de Bitola et de Skopje. C’est ainsi qu’on est arrivé au monument de Dolno Karaslari.

Le 1er juin 2014, M. Blagoj Zasov, ambassadeur de la République de Macédoine en retraite, a été nommé délégué général du Souvenir Français en Macédoine. Il participait chaque année aux cérémonies du 11 novembre, jour de l’Armistice de la Première Guerre mondiale, organisées par l’ambassade de France à Skopje. Sur une proposition du professeur Vele Aleksoski de Veles, M. Zasov a visité le monument des soldats français enterrés à Dolno Karaslari. Le monument était en très mauvais état : envahi par l’herbe, entouré de déchets de béton, noirci par le temps, et la clôture était déformée. En mars 2018, M. Zasov accompagné par le colonel Jean-Marc Lavallée, attaché français de défense à Skopje, fait de nouveau une visite au monument. Monsieur Zasov suggère alors que l’ambassade de France s’occupe de l’entretien de ce monument. Cependant, l’ambassade répond qu’elle n’est responsable que des cimetières français de Bitola et de Skopje. Monsieur Zasov a décidé alors de s’engager, en tant que délégué général du Souvenir Français, dans la reconstruction et l’entretien de ce monument. Pour cette idée, il a informé le Président Général du Souvenir Français à Paris M. Barcellini.

Le colonel Jean-Marc Lavallée, attaché militaire de France à Skopje, l’ambassadeur Blagoj Zasov et le professeur Vele Aleksoski

Entre 2017 et 2018, M. Zasov organise le nettoyage des abords du monument et le 10 octobre 2018, en présence du maire de la municipalité de Veles, Monsieur Ace Kocevski, pour la première fois depuis quelques années, des gerbes sont déposées. Ce monument doit être reconstruit et son environnement adapté. À cette fin, un croquis avec une description des travaux nécessaires est préparé.

Le projet a été envoyé au siège du Souvenir France à Paris. Les premiers travaux sont réalisés, mais pour la réalisation de l’ensemble du projet, des ressources financières sont nécessaires.

En juin 2021, une clôture a été érigée sur les escaliers menant au monument 

Parallèlement, un socle en fer a été préparé pour y placer une plaque au nom du Souvenir Français, qui doit être posée le 2 avril 2022 en présence du Président Général du Souvenir Français Paris et de l’Ambassadeur de France à Skopje.

Chaque année à l’occasion du 11 novembre, au nom de Souvenir Français – Skopje une gerbe est posée sur le monument.

Rédigé par Monsieur Blagoj Zasov, Délégué Général de la Macédoine.


Lieu n° 2 : La stèle pour les Français Libres de Hong Kong au cimetière militaire de Stanley

Les archives du ministère des Affaires étrangères permettent de reconstituer le sort des Français Libres « Morts pour la France » en Asie, selon les recherches réalisées par Francois Drémeaux, membre du Souvenir Français et historien spécialiste de Hong Kong :

Lieutenant Frédéric Jacosta, né le 12 juin 1908. Il est officier de liaison et chef du service de renseignement de la France Libre à Singapour. Il arrive à Hong Kong en octobre 1941 et rejoint le Corps des Volontaires dès le premier jour de l’invasion japonaise ; il est tué à North Point le 19 décembre 1941 alors qu’il défend un accès stratégique.

Armand Delcourt est né en Belgique dans une famille française le 4 mai 1899. Il travaille depuis 1926 à Hong Kong lorsque les Japonais envahissent le territoire. Engagé volontaire, il est blessé lors de la bataille du Ridge, puis capturé par les Japonais et exécuté sur la plage de Repulse Bay le 23 décembre 1941.

Pierre Mathieu est né à Marseille le 5 juillet 1911. Il est agent dans une compagnie d’import/export de Hong Kong et s’engage très tôt dans le comité France Libre dont il devient le secrétaire. Il est affecté à la Deuxième Batterie d’artillerie et il est fait prisonnier lors de la capitulation le 25 décembre 1941. Il est interné dans différents camps et meurt à Sham Shui Po le 27 août 1943 « électrocuté sur des fils de fer barbelés » sans que les circonstances de sa mort soient éclaircies.

Henri Belle, est un marin de la marine marchande en transit à Hong Kong lors de l’invasion japonaise. Il se porte immédiatement volontaire pour rejoindre la France Libre et s’engage dans la bataille. Il est fait prisonnier à l’issue des combats et comme beaucoup d’autres, il est transféré vers un camp d’internement au Japon, près de Nagoya. C’est là qu’il décède le 3 novembre 1944 dans des circonstances encore floues.

Paul de Roux est directeur de la Banque de l’Indochine à Hong Kong avant la guerre. Membre du comité France Libre, il ne prend pas part directement aux combats au moment de l’invasion. Il organise cependant un petit réseau de résistance après la chute de Hong Kong. Inquiété par la police secrète japonaise, la Kempetai, il se suicide le 19 février 1944 en sautant par la fenêtre de son immeuble pour échapper aux interrogatoires.

Capitaine Rodéric Égal est né à Montclar d’Agenais le 6 mars 1892. Il est l’ancien responsable de la France Libre à Shanghai et se trouve en transit à Hong Kong à l’ouverture des hostilités. Il rejoint le Corps volontaire de Défense et fait partie du détachement chargé de la protection de l’usine électrique de Tin Hau. Il est fait prisonnier dans le camp des officiers de Sham Shui Po où les années de captivité l’affaiblissent. Libéré en 1945, il reste à Hong Kong où il décède le 29 décembre 1947 des suites des mauvais traitements qu’il a reçu.

Ngo Chi Dao et Tran Van Truong. On sait malheureusement peu de choses sur ces deux hommes. Ce sont des Vietnamiens originaires de la province colonisée du Tonkin. Ils travaillent tous les deux à Hong Kong au service de la France et sont réputés pour leur attachement à notre pays. Ngo Chi Dao est secrétaire du consul de France et Tran Van Truong est secrétaire du directeur de la Banque de l’Indochine. Ils s’engagent dans le Corps volontaire de Défense et sont tous les deux tués par les Japonais le 19 décembre 1941, alors qu’ils prenaient position à leur poste de défense antiaérienne.

Louis Reynaud est le consul de France à Hong Kong au moment de l’invasion. Diplomate très impliqué, il a passé 29 ans en Extrême-Orient. Il répond à l’appel du général de Gaulle dès le 20 juin et devient rapidement le pivot des communications entre Londres, Singapour et Hong Kong. Dans l’adversité, il reste à son poste et ferme le consulat en mars 1942. Il tombe malade peu après et les Japonais l’enferment dans une chambre d’hôpital, interdisant toute visite et le laissant sans soin. Il meurt le 5 juillet 1943.

Léon Weill est un courtier né à Hong Kong d’une famille juive française installée de longue date dans la colonie britannique. Avec son frère Maurice, il s’engage dans le corps volontaire de défense. Il est fait prisonnier lors de la capitulation le 25 décembre. Enfermé à Sham Shui Po, il meurt de malnutrition le 27 avril 1944.

Georges Béchamp est né en 1886 à Saint-Germain en Laye, c’est un médecin réputé, fils du célèbre chimiste français Antoine Béchamp. Il dirige l’hôpital français de Chengdu avant d’être envoyé à Hong Kong pour prendre la tête du comité France Libre. En décembre 1941, il parvient à s’échapper du territoire, mais il est arrêté par la police française à Fort-Bayard dans le Guangdong. Il est conduit dans les prisons d’Indochine où il meurt le 20 juillet 1944.

La stèle de la France Libre est installée dans le cimetière militaire de Stanley. C’est l’un des deux cimetières militaires de la période coloniale du territoire, entretenu par la Commission des tombes de guerre du Commonwealth. Il est utilisé de 1841 à 1866 pour accueillir les dépouilles des membres de la garnison britannique et de leurs familles, et ne reçoit plus d’autres arrivées hormis durant la Seconde Guerre mondiale, avec notamment l’ajout, en 1948, de la stèle des Français libres.

La stèle a été inaugurée le 31 mars 1948 par le consul de France, Robert Jobez. Dans une lettre du 31 mars, le consul précise que « ce monument érigé d’accord avec les autorités locales à l’entrée du cimetière militaire de Stanley a pu être construit grâce aux souscriptions des membres et à une contribution de la section de Changhai ». Quand la stèle est inaugurée, quatre noms et mentions figurent sur une plaque de marbre blanc, où sont inscrites aussi les trois mentions « Pro Patria », « A la mémoire de nos camarades » et « Français Libres ». En 2019, le Souvenir français de Chine, section de Hong Kong, a entrepris la restauration de la stèle. Les dernières recherches historiques ont permis de mettre à jour le texte de la stèle en ajoutant les noms qui avaient été oubliés juste au sortir de la guerre.

Pendant une cinquantaine d’années, de 1948 à 1997, le Consulat de France et les attachés militaires qui y sont affectés, participent régulièrement aux commémorations organisées au cimetière militaire de Stanley, les 8 mai ou 18 juin. Après la rétrocession de 1997, les fonctions d’attachés militaires sont supprimées et la tradition semble se perdre. Depuis 2007, le comite du Souvenir Français a ravivé la tradition par la tenue d’une cérémonie annuelle, le jour anniversaire du début de la bataille de Hong Kong. Ainsi, chaque premier vendredi de décembre, le Souvenir Français de Hong Kong se joint au Consulat Général de France pour inviter la communauté à venir se recueillir devant la stèle des Français Libres. Chaque année, les élèves du lycée français international Victor-Segalen constituent une chorale pour entonner le Chant des Partisans, symbole de résistance pour la liberté. Des gerbes sont déposées au pied de la stèle.

Rédigé par Monsieur Xavier Pech, Président du comité de Hong Kong.


Lieu n° 3 : La tombe du Lieutenant-Colonel PIJEAUD au carré militaire français d’Alexandrie

Photos prises par l’Ambassade de France en Egypte.

Il y a près de 80 ans, le lieutenant-colonel charles Pijeaud, commandant du Groupe de Bombardement Lorraine partait, accompagné de trois escadrons britanniques, bombarder les colonnes allemandes près de Benghazi ( 20/12/1941). Son appareil, un Bristol Blenheim est atteint par un Messerschmitt 109. Il prend feu et se pose. Capturé par une patrouille italienne, Pijeaud est hospitalisé à Derna (Lybie). Il réussit à s’évader bien qu’il soit devenu aveugle il reste caché en attendant les britanniques. Evacué sur Alexandrie, il y meurt de ses blessures le 6 janvier 1942.

Né en 1904, Charles Félix Pijeaud est le fils d’un artiste peintre mort au combat en septembre 1914. Il effectue ses études au lycée de Toulon puis à Nice. Il est reçu à l’école spéciale de saint Cyr en 1924, dans la promotion du Rif . Après différentes affectation à Oran puis Reims, il sort breveté d’état major de l’école supérieure de guerre en 1939, avec le grade de commandant. Charles Pijeaud est le premier officier supérieur de l’armée de l’air à rejoindre les forces françaises libre. Charles de Gaulle qui voyait en lui le « Leclerc » de l’aviation, en fera un Compagnon de la Libération. Il est enterré sous le nom de Félix Pijeaud, son second prénom, dans le petit carré militaire français du cimetière catholique de terre sainte. Son épouse, Colette était une infirmière. Elle était entrée en résistance dès 1940. Elle fut arrêtée puis déportée. Elle décéda à l’âge de 36 ans à Ravensbrück.

Cinq Compagnons de la Libération étaient également présents lors de cette opération. Le 20 décembre 1941, 12 appareils, dont 4 Bleiheim du Lorrain, escortés par une vingtaine de chasseurs, doivent bombarder des colonnes ennemies sur la route Tocra-Benghazi. Après une heure de vol, la formation est attaquée par une douzaine de ME 109 F. Les alliés perdent 9 avions, dont ceux du Colonel Pijeaud et du lieutenant de Boisrouvray qui disparait en mer. Des avions du Lorraine, seuls ceux pilotés par Yves Ezanno et Pol Charbonneaux réussissent à regagner la base. Gaston Guigonis, lui, est le navigateur bombardier du Colonel Pijeaud. Lorsque l’avion est abattu en flammes, il saute en parachute et reste 5 jours derrière les lignes ennemies et parvient à attendre l’arrivée des troupes amies et à rejoindre son escadrille.

La tombe se trouve dans le cimetière militaire et commémoratif d’Alexandrie (à Chatby) et plus précisément dans le carré militaire français. Chatby est un quartier situé du côté est de la ville d’Alexandrie, entre la route principale à double voie qui mène à Aboukir, connue sous le nom d’Al Horaya, et la mer. Ce cimetière comporte un édifice où se trouve l’entrée principale, composée d’une arcade et d’une porte en fer verrouillée. Pour se rendre au carré français, il faut suivre un chemin dans un environnement luxuriant.

Le « cimetière catholique de terre Sainte » renferme 145 tombes. 86 soldats sont décédés à l’hôpital français d’Alexandrie, où ils avaient été évacués après avoir participé à la bataille des Dardanelles (18 mars 1915 – 9 janvier 1916), 4 soldats sont morts durant les opérations en Cilicie (mai 1920- octobre 1921) et 26 durant les combats dans le désert libyque, en 1942. La tombe n°11 est celle du Colonel Charles Pigeaud et porte l’inscription LT COLONEL PIJEAUD FELIX 6.1.1942. Enfin, 29 sépultures ne portent aucune référence ni nom, ni date, ni lieu. Ce cimetière est très bien entretenu par l’ambassade.

Le nom du Lieutenant-Colonel Pijeaud est encore mis à l’honneur. La base aérienne 104 d’Al Dhafra aux Émirats Arabes Unis porte fièrement le nom du lieutenant-colonel Charles « Félix » Pijeaud, son parrain officiel. L’ensemble des aviateurs des FFEAU lui a d’ailleurs rendu un hommage, le 12 janvier 2022, lors d’une cérémonie militaire.

La promotion 2020 de l’Ecole de l’air a reçu comme parrain, le 25 juillet dernier, le LCL Charles Félix Pijeaud, hommage et juste retour pour un des premiers officiers supérieurs de l’Armée de l’air à avoir rejoint le général de Gaulle à Londres.

Le 30 janvier 2022, le consulat général de France à Alexandrie a organisé une cérémonie dans le cimetière militaire de Chatby, en présence du Général de brigade aérienne Marc le Bouil, commandant en second des forces aériennes stratégiques.

Une « rue Félix Pijeaud » lui rend hommage à Sanary-sur-Mer dans le Var, sa ville natale. Il en est de même à Saint-Pierre (Saint-Pierre-et-Miquelon).

Il existe d’autres cimetières français de « Morts pour la France » en Egypte. Après la campagne de Gallipoli, Alexandrie reste un important centre médical pour les opérations en Egypte et en Palestine, notamment par le renfort du navire hôpital Ben-Hoa au mouillage en rade d’Alexandrie. Le cimetière de Chatby devenu trop petit en 1916, un nouveau cimetière est ouvert à Hadra. Dans le cimetière militaire de Chatby nous avons 2259 MPF de la 1ère GM ; 503 de la 2 GM, soit 2762 sépultures. Pour le cimetière militaire de Hadra, il y a : 1700 MPF de la 1ère GM ; 1305 de la 2de, soit 3005 sépultures. Le carré du cimetière catholique de terre sainte, déjà cité, dispose d’un total de 145 tombes. Le cimetière musulman d’Al Manarah est pourvu d’un ossuaire de 38 tirailleurs (1ère GM). La plaque du consulat General de France porte le nom de 127 MPF de la communauté française d’Alexandrie partis au combat lors des 2 guerres mondiales, illustrant, par la diversité de leur patronyme, la grande pluralité de la communauté français de la première moitié du XXème siècle. Parmi eux, figure ainsi Hadj Karem Hadj Ahmed El Gholti, petit neveu de l’émir Abdelkader. La ville de Port-Saïd bénéficie de 437 sépultures françaises de la Première Guerre mondiale et 111 de la Seconde Guerre mondiale, qui sont abritées au sein du cimetière du Commonwealth. La ville de Suez dispose également de 120 militaires décédés au cours de la 1ère GM. Enfin, 163 français de la colonie tombés lors des 2 Guerres Mondiales sont enterrés dans le cimetière latin du vieux Caire. On trouve par ailleurs quelques tombes françaises disséminées dans d’autres cimetières en Egypte.

Merci à Anne de Laroullière, au Général Baptiste, à Philippe Lepinay, au Colonel Guirec Fauchon, au Colonel Yannick Desbois, à Alexandre Fritz et à l’équipe internationale de Serge Barcellini, Président Général du Souvenir Français qui ont tous contribué à priori ou à posteriori par leurs informations, à cet hommage tricolore et à cet article. C’est en croisant les informations de l’excellent dictionnaire des Compagnons de la Libération de Wladimir Trouplin, que j’ai découvert que 5 (futurs) compagnons de la Libération se trouvaient au même moment et au même endroit dans le bombardement du 20 décembre 1941.

Rédigé par Philippe Germain, chargé de missions internationales pour Le Souvenir Français.


Lieu n° 4 : Les tombes françaises du cimetière de Puebla

Mausolée de la guerre 14-18
Monument franco-mexicain de la Réconciliation

Le cimetière de Puebla contient deux mausolées en son sein : Le plus ancien regroupe les dépouilles des combattants de l’Expédition du Mexique (XIXème siècle) qui décédèrent dans la ville et ses alentours en 1862 et 1863. Le plus récent accueille les soldats français originaires de la ville et morts au champ d’honneur en France durant la Première Guerre mondiale (XXème siècle). Notons que le Général d’artillerie Xavier de Laumière, mort de ses blessures lors du siège de Puebla le 5 mai 1862, a été inhumé en dehors du mausolée puis déplacé au cours du XXème siècle pour reposer actuellement dans la chapelle appelée « La cathédrale » du cimetière. Parmi les combattants du siège de Puebla, seuls trois soldats sont nommés dans le mausolée : le Lieutenant de Vaisseau Louis Gaillard, tué le 5 mai 1862 ; le Sous-intendant Ulysse Raoul, tué le 5 mai 1862 et le Sous-lieutenant Alphonse Caillot, tué le 13 mai 1862. Ceux morts entre 1914 et 1918 ont leur nom gravé dans la pierre de la stèle, sans indication du grade : Joseph Coupin ; Henri Eymard ; Alphonse Garcin ; Auguste Garnier ; Trois hommes de la famille Lions (Charles, Guillaume et Henri) ; Pierre Martel ; Adrien Massot ; Aimé Mazel ; Auguste Philip ; Léon Plaisant ; Jules Rebattu et Antoine Reynaud.

La ville de Puebla, officiellement « Heroica Puebla de Zaragoza », est la capitale de l’État de Puebla, au Mexique. À deux heures de la capitale du pays par la route, c’est maintenant une vaste agglomération d’un million et demi d’habitants. Les mausolées français du cimetière de Puebla sont situés dans l’un des trois cimetières de la ville, celui que l’on nomme au Mexique le « Panteón Francés de Puebla », attenant au cimetière municipal. Ce sont deux monuments distincts. Le cimetière français est la propriété de la Société Française, Suisse et Belge de Bienfaisance de Puebla, présidée actuellement par Madame Isabelle Aillaud Caire. Mme Aillaud est membre du Comité de l’État de Puebla au sein de la Délégation Générale pour le Mexique du Souvenir Français.

Le monument le plus ancien, appelé « Monument franco-mexicain de la réconciliation » est placé à l’intersection de ses deux allées principales. Il est majestueux et occupe un espace d’environ 250 m2. Celui construit après 1918 est plus modeste. On le trouve dès l’entrée, sur le côté gauche de l’allée principale. Les deux occupent, dans le cimetière, un espace libre d’accès.

Deux visions sont à l’origine du monument franco-mexicain : une qui souhaitait regrouper les morts français au cours des batailles dans et autour de Puebla de 1862 et 1863 ; une autre, de réconciliation, qui a voulu qu’autant de soldats mexicains soit enterrés au même endroit. Ces deux visions, complémentaires, sont importantes à souligner et à perpétuer de nos jours, car l’Expédition du Mexique est perçue fréquemment comme une tentative d’invasion du territoire mexicain par une puissance étrangère, de plus hors continentale. Car au Mexique, nul n’oublie la lettre que Victor Hugo écrivit aux défenseurs de la ville, de son exil de Guernesey : « Habitants de Puebla (…) vous avez raison de croire que je suis avec vous. Ce n’est pas la France qui vous fait la guerre, c’est l’empire ». Dans le cimetière français de Puebla, il s’agit de saluer « ceux qui sont morts en défendant leur drapeau. » Le monument est le résultat de plusieurs initiatives : celle du Président de la Société de Bienfaisance de l’époque, le Barcelonnette Fortuné Caire, celle du Président de la République du Mexique d’alors, Porfirio Diáz qui posa la première pierre le 23 novembre 1896 ; et celle des Français aisés du Mexique qui participèrent aux coûts de construction et qui organisèrent une souscription publique.

Le monument est construit en pierre de taille et prend la forme d’un hémicycle. Une crypte est placée en son sein. Elle est fermée par une grille en fer forgé. L’ensemble est couronné d’une plate-forme portant, en français, l’inscription « À la mémoire des soldats mexicains et français morts devant Puebla en 1862-1863 ». Au-dessus de celle-ci se trouve une sculpture en bronze de grandeur nature, exécutée à Paris et représentant un soldat français et un soldat mexicain se donnant la main, sous la protection d’une figure féminine (La Victoire) qui soutient une branche de laurier sur leurs têtes. Parmi les autres éléments de cette nécropole, signalons deux modestes obélisques de deux mètres et demi de hauteur, situés derrière l’hémicycle et flanquant l’allée ouest, vers le fond du cimetière originel, quoique sans le toucher. Ils sont en pierre et sur l’une de leurs faces pyramidales, celle du front, ils portent une croix avec une palme en relief. Tous deux possèdent sur leur piédestal une simple plaque de marbre avec une inscription en français : « La France à ses soldats morts pour elle devant Puebla ». Quant à l’élément situé à l’entrée du cimetière, du côté gauche, il doit avoir été mis en place dans les années 1920, en l’honneur des combattants morts durant la Première Guerre Mondiale. Il s’agit d’un monument de style néo-classique, comportant une stèle de pierre flanquée de doubles colonnes qui soutiennent un fronton triangulaire sur lequel se trouve un relief formé par une épée, un casque et une branche de laurier. Sur la frise se détachent les mots « Honneur et Patrie ». Entre la frise et la stèle se trouve un autre relief portant les initiales de la République Française. Ceux-ci se trouvent au centre d’une guirlande posée sur deux drapeaux repliés. Ce monument fut élevé à la mémoire de ceux qui, partis vers l’Europe, tombèrent au cours de la Première Guerre mondiale. Presque tous étaient employés des maisons de Barcelonnettes, et beaucoup d’entre eux de cette même origine. L’inscription de la plaque dit en français : « La colonie française de Puebla à ceux de ses membres morts pour la France pendant la Guerre de 1914-1918 ». Les quatorze noms cités précédemment y sont gravés. Les noms du premier et de Pierre Martel sont suivis de la mention : « Frère des E.C. », c’est-à-dire Frère des écoles chrétiennes.

Depuis des décennies, sous la direction de la Société Française, Suisse et Belge de Bienfaisance de Puebla, une cérémonie est rendue dans le cimetière, face au Monument franco-mexicain de la Réconciliation, chaque 5 mai, date officielle de commémoration de la Bataille de Puebla de 1862. Le Souvenir Français y participe. Un dépôt floral est toutefois maintenu pendant la pandémie. Concernant le 11 novembre, la Délégation Générale pour le Mexique du Souvenir Français est la seule association à perpétuer l’hommage national aux soldats « Morts pour la France » au cours de la Première Guerre mondiale. Le Comité de l’État de Puebla organise une cérémonie, avec le dépôt d’une couronne de fleurs.

Rédigé par Alain Fache, Délégué Général du Souvenir Français au Mexique.

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Lieu n° 1 : Le monument aux soldats français de confession musulmane inhumés en 1918 à Dolno Karaslari

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Le monument est situé dans le centre de la République de Macédoine du Nord, (la municipalité de Veles), la route E-75, corridor 10, sur l’autoroute Skopje – Thessalonique.

Carte de la République de la Macédoine du Nord

Le monument de Dolno Karaslari est dédié aux soldats français morts près de la commune de Veles dans les combats menés par l’armée française contre l’armée bulgare qui, après la percée du front macédonien, en septembre 1918, s’est retirée de la Macédoine. Après la fin de la guerre, les tombes individuelles des soldats français, sur décision du gouvernement français, ont été transférées dans les cimetières de Skopje et de Bitola. Quelques tombes de soldats français de confession musulmane sont plus tard transférées dans une fosse commune à Dolno Karaslari. Il existe deux données sur le nombre de soldats inhumés dans l’ossuaire des soldats français. Selon la première, il y en aurait 12 corps et selon l’autre 18, de sorte que le nombre exact reste inconnu. Aucun document n’a été trouvé sur le transfert des restes de ces soldats français, ni leurs noms. La construction du monument des soldats français s’achève en 1929. La consécration solennelle de l’ossuaire a eu lieu le 1er septembre 1929. Le mot mémorial des soldats français a été prononcé par le mufti avec l’aide des prêtres musulmans.  Le consul de France à Skopje Monsieur Gise y a également assisté. Le village de Dolno Karaslari autre fois était habité par des Turcs. Le village a ensuite été établi par des chrétiens de religion orthodoxe. Après le départ de villageois en Turquie, la mosquée et le monument des soldats français se sont dégradés avec le temps. Dans les années 80, les autorités de la République de Macédoine ont relevé le monument en le replaçant au même endroit. Lors de la célébration du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale, une stèle a été inaugurée en l’honneur des soldats français tombés dans le village de Gorno Jabolciste, à l’endroit où quatre soldats français de religion musulmane ont été inhumés. Au même moment, on cherchait d’autres monuments de soldats français morts en Macédoine, en dehors des cimetières français de Bitola et de Skopje. C’est ainsi qu’on est arrivé au monument de Dolno Karaslari.

Le 1er juin 2014, M. Blagoj Zasov, ambassadeur de la République de Macédoine en retraite, a été nommé délégué général du Souvenir Français en Macédoine. Il participait chaque année aux cérémonies du 11 novembre, jour de l’Armistice de la Première Guerre mondiale, organisées par l’ambassade de France à Skopje. Sur une proposition du professeur Vele Aleksoski de Veles, M. Zasov a visité le monument des soldats français enterrés à Dolno Karaslari. Le monument était en très mauvais état : envahi par l’herbe, entouré de déchets de béton, noirci par le temps, et la clôture était déformée. En mars 2018, M. Zasov accompagné par le colonel Jean-Marc Lavallée, attaché français de défense à Skopje, fait de nouveau une visite au monument. Monsieur Zasov suggère alors que l’ambassade de France s’occupe de l’entretien de ce monument. Cependant, l’ambassade répond qu’elle n’est responsable que des cimetières français de Bitola et de Skopje. Monsieur Zasov a décidé alors de s’engager, en tant que délégué général du Souvenir Français, dans la reconstruction et l’entretien de ce monument. Pour cette idée, il a informé le Président Général du Souvenir Français à Paris M. Barcellini.

Le colonel Jean-Marc Lavallée, attaché militaire de France à Skopje, l’ambassadeur Blagoj Zasov et le professeur Vele Aleksoski

Entre 2017 et 2018, M. Zasov organise le nettoyage des abords du monument et le 10 octobre 2018, en présence du maire de la municipalité de Veles, Monsieur Ace Kocevski, pour la première fois depuis quelques années, des gerbes sont déposées. Ce monument doit être reconstruit et son environnement adapté. À cette fin, un croquis avec une description des travaux nécessaires est préparé.

Le projet a été envoyé au siège du Souvenir France à Paris. Les premiers travaux sont réalisés, mais pour la réalisation de l’ensemble du projet, des ressources financières sont nécessaires.

En juin 2021, une clôture a été érigée sur les escaliers menant au monument 

Parallèlement, un socle en fer a été préparé pour y placer une plaque au nom du Souvenir Français, qui doit être posée le 2 avril 2022 en présence du Président Général du Souvenir Français Paris et de l’Ambassadeur de France à Skopje.

Chaque année à l’occasion du 11 novembre, au nom de Souvenir Français – Skopje une gerbe est posée sur le monument.

Rédigé par Monsieur Blagoj Zasov, Délégué Général de la Macédoine.


Lieu n° 2 : La stèle pour les Français Libres de Hong Kong au cimetière militaire de Stanley

Les archives du ministère des Affaires étrangères permettent de reconstituer le sort des Français Libres « Morts pour la France » en Asie, selon les recherches réalisées par Francois Drémeaux, membre du Souvenir Français et historien spécialiste de Hong Kong :

Lieutenant Frédéric Jacosta, né le 12 juin 1908. Il est officier de liaison et chef du service de renseignement de la France Libre à Singapour. Il arrive à Hong Kong en octobre 1941 et rejoint le Corps des Volontaires dès le premier jour de l’invasion japonaise ; il est tué à North Point le 19 décembre 1941 alors qu’il défend un accès stratégique.

Armand Delcourt est né en Belgique dans une famille française le 4 mai 1899. Il travaille depuis 1926 à Hong Kong lorsque les Japonais envahissent le territoire. Engagé volontaire, il est blessé lors de la bataille du Ridge, puis capturé par les Japonais et exécuté sur la plage de Repulse Bay le 23 décembre 1941.

Pierre Mathieu est né à Marseille le 5 juillet 1911. Il est agent dans une compagnie d’import/export de Hong Kong et s’engage très tôt dans le comité France Libre dont il devient le secrétaire. Il est affecté à la Deuxième Batterie d’artillerie et il est fait prisonnier lors de la capitulation le 25 décembre 1941. Il est interné dans différents camps et meurt à Sham Shui Po le 27 août 1943 « électrocuté sur des fils de fer barbelés » sans que les circonstances de sa mort soient éclaircies.

Henri Belle, est un marin de la marine marchande en transit à Hong Kong lors de l’invasion japonaise. Il se porte immédiatement volontaire pour rejoindre la France Libre et s’engage dans la bataille. Il est fait prisonnier à l’issue des combats et comme beaucoup d’autres, il est transféré vers un camp d’internement au Japon, près de Nagoya. C’est là qu’il décède le 3 novembre 1944 dans des circonstances encore floues.

Paul de Roux est directeur de la Banque de l’Indochine à Hong Kong avant la guerre. Membre du comité France Libre, il ne prend pas part directement aux combats au moment de l’invasion. Il organise cependant un petit réseau de résistance après la chute de Hong Kong. Inquiété par la police secrète japonaise, la Kempetai, il se suicide le 19 février 1944 en sautant par la fenêtre de son immeuble pour échapper aux interrogatoires.

Capitaine Rodéric Égal est né à Montclar d’Agenais le 6 mars 1892. Il est l’ancien responsable de la France Libre à Shanghai et se trouve en transit à Hong Kong à l’ouverture des hostilités. Il rejoint le Corps volontaire de Défense et fait partie du détachement chargé de la protection de l’usine électrique de Tin Hau. Il est fait prisonnier dans le camp des officiers de Sham Shui Po où les années de captivité l’affaiblissent. Libéré en 1945, il reste à Hong Kong où il décède le 29 décembre 1947 des suites des mauvais traitements qu’il a reçu.

Ngo Chi Dao et Tran Van Truong. On sait malheureusement peu de choses sur ces deux hommes. Ce sont des Vietnamiens originaires de la province colonisée du Tonkin. Ils travaillent tous les deux à Hong Kong au service de la France et sont réputés pour leur attachement à notre pays. Ngo Chi Dao est secrétaire du consul de France et Tran Van Truong est secrétaire du directeur de la Banque de l’Indochine. Ils s’engagent dans le Corps volontaire de Défense et sont tous les deux tués par les Japonais le 19 décembre 1941, alors qu’ils prenaient position à leur poste de défense antiaérienne.

Louis Reynaud est le consul de France à Hong Kong au moment de l’invasion. Diplomate très impliqué, il a passé 29 ans en Extrême-Orient. Il répond à l’appel du général de Gaulle dès le 20 juin et devient rapidement le pivot des communications entre Londres, Singapour et Hong Kong. Dans l’adversité, il reste à son poste et ferme le consulat en mars 1942. Il tombe malade peu après et les Japonais l’enferment dans une chambre d’hôpital, interdisant toute visite et le laissant sans soin. Il meurt le 5 juillet 1943.

Léon Weill est un courtier né à Hong Kong d’une famille juive française installée de longue date dans la colonie britannique. Avec son frère Maurice, il s’engage dans le corps volontaire de défense. Il est fait prisonnier lors de la capitulation le 25 décembre. Enfermé à Sham Shui Po, il meurt de malnutrition le 27 avril 1944.

Georges Béchamp est né en 1886 à Saint-Germain en Laye, c’est un médecin réputé, fils du célèbre chimiste français Antoine Béchamp. Il dirige l’hôpital français de Chengdu avant d’être envoyé à Hong Kong pour prendre la tête du comité France Libre. En décembre 1941, il parvient à s’échapper du territoire, mais il est arrêté par la police française à Fort-Bayard dans le Guangdong. Il est conduit dans les prisons d’Indochine où il meurt le 20 juillet 1944.

La stèle de la France Libre est installée dans le cimetière militaire de Stanley. C’est l’un des deux cimetières militaires de la période coloniale du territoire, entretenu par la Commission des tombes de guerre du Commonwealth. Il est utilisé de 1841 à 1866 pour accueillir les dépouilles des membres de la garnison britannique et de leurs familles, et ne reçoit plus d’autres arrivées hormis durant la Seconde Guerre mondiale, avec notamment l’ajout, en 1948, de la stèle des Français libres.

La stèle a été inaugurée le 31 mars 1948 par le consul de France, Robert Jobez. Dans une lettre du 31 mars, le consul précise que « ce monument érigé d’accord avec les autorités locales à l’entrée du cimetière militaire de Stanley a pu être construit grâce aux souscriptions des membres et à une contribution de la section de Changhai ». Quand la stèle est inaugurée, quatre noms et mentions figurent sur une plaque de marbre blanc, où sont inscrites aussi les trois mentions « Pro Patria », « A la mémoire de nos camarades » et « Français Libres ». En 2019, le Souvenir français de Chine, section de Hong Kong, a entrepris la restauration de la stèle. Les dernières recherches historiques ont permis de mettre à jour le texte de la stèle en ajoutant les noms qui avaient été oubliés juste au sortir de la guerre.

Pendant une cinquantaine d’années, de 1948 à 1997, le Consulat de France et les attachés militaires qui y sont affectés, participent régulièrement aux commémorations organisées au cimetière militaire de Stanley, les 8 mai ou 18 juin. Après la rétrocession de 1997, les fonctions d’attachés militaires sont supprimées et la tradition semble se perdre. Depuis 2007, le comite du Souvenir Français a ravivé la tradition par la tenue d’une cérémonie annuelle, le jour anniversaire du début de la bataille de Hong Kong. Ainsi, chaque premier vendredi de décembre, le Souvenir Français de Hong Kong se joint au Consulat Général de France pour inviter la communauté à venir se recueillir devant la stèle des Français Libres. Chaque année, les élèves du lycée français international Victor-Segalen constituent une chorale pour entonner le Chant des Partisans, symbole de résistance pour la liberté. Des gerbes sont déposées au pied de la stèle.

Rédigé par Monsieur Xavier Pech, Président du comité de Hong Kong.


Lieu n° 3 : La tombe du Lieutenant-Colonel PIJEAUD au carré militaire français d’Alexandrie

Photos prises par l’Ambassade de France en Egypte.

Il y a près de 80 ans, le lieutenant-colonel charles Pijeaud, commandant du Groupe de Bombardement Lorraine partait, accompagné de trois escadrons britanniques, bombarder les colonnes allemandes près de Benghazi ( 20/12/1941). Son appareil, un Bristol Blenheim est atteint par un Messerschmitt 109. Il prend feu et se pose. Capturé par une patrouille italienne, Pijeaud est hospitalisé à Derna (Lybie). Il réussit à s’évader bien qu’il soit devenu aveugle il reste caché en attendant les britanniques. Evacué sur Alexandrie, il y meurt de ses blessures le 6 janvier 1942.

Né en 1904, Charles Félix Pijeaud est le fils d’un artiste peintre mort au combat en septembre 1914. Il effectue ses études au lycée de Toulon puis à Nice. Il est reçu à l’école spéciale de saint Cyr en 1924, dans la promotion du Rif . Après différentes affectation à Oran puis Reims, il sort breveté d’état major de l’école supérieure de guerre en 1939, avec le grade de commandant. Charles Pijeaud est le premier officier supérieur de l’armée de l’air à rejoindre les forces françaises libre. Charles de Gaulle qui voyait en lui le « Leclerc » de l’aviation, en fera un Compagnon de la Libération. Il est enterré sous le nom de Félix Pijeaud, son second prénom, dans le petit carré militaire français du cimetière catholique de terre sainte. Son épouse, Colette était une infirmière. Elle était entrée en résistance dès 1940. Elle fut arrêtée puis déportée. Elle décéda à l’âge de 36 ans à Ravensbrück.

Cinq Compagnons de la Libération étaient également présents lors de cette opération. Le 20 décembre 1941, 12 appareils, dont 4 Bleiheim du Lorrain, escortés par une vingtaine de chasseurs, doivent bombarder des colonnes ennemies sur la route Tocra-Benghazi. Après une heure de vol, la formation est attaquée par une douzaine de ME 109 F. Les alliés perdent 9 avions, dont ceux du Colonel Pijeaud et du lieutenant de Boisrouvray qui disparait en mer. Des avions du Lorraine, seuls ceux pilotés par Yves Ezanno et Pol Charbonneaux réussissent à regagner la base. Gaston Guigonis, lui, est le navigateur bombardier du Colonel Pijeaud. Lorsque l’avion est abattu en flammes, il saute en parachute et reste 5 jours derrière les lignes ennemies et parvient à attendre l’arrivée des troupes amies et à rejoindre son escadrille.

La tombe se trouve dans le cimetière militaire et commémoratif d’Alexandrie (à Chatby) et plus précisément dans le carré militaire français. Chatby est un quartier situé du côté est de la ville d’Alexandrie, entre la route principale à double voie qui mène à Aboukir, connue sous le nom d’Al Horaya, et la mer. Ce cimetière comporte un édifice où se trouve l’entrée principale, composée d’une arcade et d’une porte en fer verrouillée. Pour se rendre au carré français, il faut suivre un chemin dans un environnement luxuriant.

Le « cimetière catholique de terre Sainte » renferme 145 tombes. 86 soldats sont décédés à l’hôpital français d’Alexandrie, où ils avaient été évacués après avoir participé à la bataille des Dardanelles (18 mars 1915 – 9 janvier 1916), 4 soldats sont morts durant les opérations en Cilicie (mai 1920- octobre 1921) et 26 durant les combats dans le désert libyque, en 1942. La tombe n°11 est celle du Colonel Charles Pigeaud et porte l’inscription LT COLONEL PIJEAUD FELIX 6.1.1942. Enfin, 29 sépultures ne portent aucune référence ni nom, ni date, ni lieu. Ce cimetière est très bien entretenu par l’ambassade.

Le nom du Lieutenant-Colonel Pijeaud est encore mis à l’honneur. La base aérienne 104 d’Al Dhafra aux Émirats Arabes Unis porte fièrement le nom du lieutenant-colonel Charles « Félix » Pijeaud, son parrain officiel. L’ensemble des aviateurs des FFEAU lui a d’ailleurs rendu un hommage, le 12 janvier 2022, lors d’une cérémonie militaire.

La promotion 2020 de l’Ecole de l’air a reçu comme parrain, le 25 juillet dernier, le LCL Charles Félix Pijeaud, hommage et juste retour pour un des premiers officiers supérieurs de l’Armée de l’air à avoir rejoint le général de Gaulle à Londres.

Le 30 janvier 2022, le consulat général de France à Alexandrie a organisé une cérémonie dans le cimetière militaire de Chatby, en présence du Général de brigade aérienne Marc le Bouil, commandant en second des forces aériennes stratégiques.

Une « rue Félix Pijeaud » lui rend hommage à Sanary-sur-Mer dans le Var, sa ville natale. Il en est de même à Saint-Pierre (Saint-Pierre-et-Miquelon).

Il existe d’autres cimetières français de « Morts pour la France » en Egypte. Après la campagne de Gallipoli, Alexandrie reste un important centre médical pour les opérations en Egypte et en Palestine, notamment par le renfort du navire hôpital Ben-Hoa au mouillage en rade d’Alexandrie. Le cimetière de Chatby devenu trop petit en 1916, un nouveau cimetière est ouvert à Hadra. Dans le cimetière militaire de Chatby nous avons 2259 MPF de la 1ère GM ; 503 de la 2 GM, soit 2762 sépultures. Pour le cimetière militaire de Hadra, il y a : 1700 MPF de la 1ère GM ; 1305 de la 2de, soit 3005 sépultures. Le carré du cimetière catholique de terre sainte, déjà cité, dispose d’un total de 145 tombes. Le cimetière musulman d’Al Manarah est pourvu d’un ossuaire de 38 tirailleurs (1ère GM). La plaque du consulat General de France porte le nom de 127 MPF de la communauté française d’Alexandrie partis au combat lors des 2 guerres mondiales, illustrant, par la diversité de leur patronyme, la grande pluralité de la communauté français de la première moitié du XXème siècle. Parmi eux, figure ainsi Hadj Karem Hadj Ahmed El Gholti, petit neveu de l’émir Abdelkader. La ville de Port-Saïd bénéficie de 437 sépultures françaises de la Première Guerre mondiale et 111 de la Seconde Guerre mondiale, qui sont abritées au sein du cimetière du Commonwealth. La ville de Suez dispose également de 120 militaires décédés au cours de la 1ère GM. Enfin, 163 français de la colonie tombés lors des 2 Guerres Mondiales sont enterrés dans le cimetière latin du vieux Caire. On trouve par ailleurs quelques tombes françaises disséminées dans d’autres cimetières en Egypte.

Merci à Anne de Laroullière, au Général Baptiste, à Philippe Lepinay, au Colonel Guirec Fauchon, au Colonel Yannick Desbois, à Alexandre Fritz et à l’équipe internationale de Serge Barcellini, Président Général du Souvenir Français qui ont tous contribué à priori ou à posteriori par leurs informations, à cet hommage tricolore et à cet article. C’est en croisant les informations de l’excellent dictionnaire des Compagnons de la Libération de Wladimir Trouplin, que j’ai découvert que 5 (futurs) compagnons de la Libération se trouvaient au même moment et au même endroit dans le bombardement du 20 décembre 1941.

Rédigé par Philippe Germain, chargé de missions internationales pour Le Souvenir Français.


Lieu n° 4 : Les tombes françaises du cimetière de Puebla

Mausolée de la guerre 14-18
Monument franco-mexicain de la Réconciliation

Le cimetière de Puebla contient deux mausolées en son sein : Le plus ancien regroupe les dépouilles des combattants de l’Expédition du Mexique (XIXème siècle) qui décédèrent dans la ville et ses alentours en 1862 et 1863. Le plus récent accueille les soldats français originaires de la ville et morts au champ d’honneur en France durant la Première Guerre mondiale (XXème siècle). Notons que le Général d’artillerie Xavier de Laumière, mort de ses blessures lors du siège de Puebla le 5 mai 1862, a été inhumé en dehors du mausolée puis déplacé au cours du XXème siècle pour reposer actuellement dans la chapelle appelée « La cathédrale » du cimetière. Parmi les combattants du siège de Puebla, seuls trois soldats sont nommés dans le mausolée : le Lieutenant de Vaisseau Louis Gaillard, tué le 5 mai 1862 ; le Sous-intendant Ulysse Raoul, tué le 5 mai 1862 et le Sous-lieutenant Alphonse Caillot, tué le 13 mai 1862. Ceux morts entre 1914 et 1918 ont leur nom gravé dans la pierre de la stèle, sans indication du grade : Joseph Coupin ; Henri Eymard ; Alphonse Garcin ; Auguste Garnier ; Trois hommes de la famille Lions (Charles, Guillaume et Henri) ; Pierre Martel ; Adrien Massot ; Aimé Mazel ; Auguste Philip ; Léon Plaisant ; Jules Rebattu et Antoine Reynaud.

La ville de Puebla, officiellement « Heroica Puebla de Zaragoza », est la capitale de l’État de Puebla, au Mexique. À deux heures de la capitale du pays par la route, c’est maintenant une vaste agglomération d’un million et demi d’habitants. Les mausolées français du cimetière de Puebla sont situés dans l’un des trois cimetières de la ville, celui que l’on nomme au Mexique le « Panteón Francés de Puebla », attenant au cimetière municipal. Ce sont deux monuments distincts. Le cimetière français est la propriété de la Société Française, Suisse et Belge de Bienfaisance de Puebla, présidée actuellement par Madame Isabelle Aillaud Caire. Mme Aillaud est membre du Comité de l’État de Puebla au sein de la Délégation Générale pour le Mexique du Souvenir Français.

Le monument le plus ancien, appelé « Monument franco-mexicain de la réconciliation » est placé à l’intersection de ses deux allées principales. Il est majestueux et occupe un espace d’environ 250 m2. Celui construit après 1918 est plus modeste. On le trouve dès l’entrée, sur le côté gauche de l’allée principale. Les deux occupent, dans le cimetière, un espace libre d’accès.

Deux visions sont à l’origine du monument franco-mexicain : une qui souhaitait regrouper les morts français au cours des batailles dans et autour de Puebla de 1862 et 1863 ; une autre, de réconciliation, qui a voulu qu’autant de soldats mexicains soit enterrés au même endroit. Ces deux visions, complémentaires, sont importantes à souligner et à perpétuer de nos jours, car l’Expédition du Mexique est perçue fréquemment comme une tentative d’invasion du territoire mexicain par une puissance étrangère, de plus hors continentale. Car au Mexique, nul n’oublie la lettre que Victor Hugo écrivit aux défenseurs de la ville, de son exil de Guernesey : « Habitants de Puebla (…) vous avez raison de croire que je suis avec vous. Ce n’est pas la France qui vous fait la guerre, c’est l’empire ». Dans le cimetière français de Puebla, il s’agit de saluer « ceux qui sont morts en défendant leur drapeau. » Le monument est le résultat de plusieurs initiatives : celle du Président de la Société de Bienfaisance de l’époque, le Barcelonnette Fortuné Caire, celle du Président de la République du Mexique d’alors, Porfirio Diáz qui posa la première pierre le 23 novembre 1896 ; et celle des Français aisés du Mexique qui participèrent aux coûts de construction et qui organisèrent une souscription publique.

Le monument est construit en pierre de taille et prend la forme d’un hémicycle. Une crypte est placée en son sein. Elle est fermée par une grille en fer forgé. L’ensemble est couronné d’une plate-forme portant, en français, l’inscription « À la mémoire des soldats mexicains et français morts devant Puebla en 1862-1863 ». Au-dessus de celle-ci se trouve une sculpture en bronze de grandeur nature, exécutée à Paris et représentant un soldat français et un soldat mexicain se donnant la main, sous la protection d’une figure féminine (La Victoire) qui soutient une branche de laurier sur leurs têtes. Parmi les autres éléments de cette nécropole, signalons deux modestes obélisques de deux mètres et demi de hauteur, situés derrière l’hémicycle et flanquant l’allée ouest, vers le fond du cimetière originel, quoique sans le toucher. Ils sont en pierre et sur l’une de leurs faces pyramidales, celle du front, ils portent une croix avec une palme en relief. Tous deux possèdent sur leur piédestal une simple plaque de marbre avec une inscription en français : « La France à ses soldats morts pour elle devant Puebla ». Quant à l’élément situé à l’entrée du cimetière, du côté gauche, il doit avoir été mis en place dans les années 1920, en l’honneur des combattants morts durant la Première Guerre Mondiale. Il s’agit d’un monument de style néo-classique, comportant une stèle de pierre flanquée de doubles colonnes qui soutiennent un fronton triangulaire sur lequel se trouve un relief formé par une épée, un casque et une branche de laurier. Sur la frise se détachent les mots « Honneur et Patrie ». Entre la frise et la stèle se trouve un autre relief portant les initiales de la République Française. Ceux-ci se trouvent au centre d’une guirlande posée sur deux drapeaux repliés. Ce monument fut élevé à la mémoire de ceux qui, partis vers l’Europe, tombèrent au cours de la Première Guerre mondiale. Presque tous étaient employés des maisons de Barcelonnettes, et beaucoup d’entre eux de cette même origine. L’inscription de la plaque dit en français : « La colonie française de Puebla à ceux de ses membres morts pour la France pendant la Guerre de 1914-1918 ». Les quatorze noms cités précédemment y sont gravés. Les noms du premier et de Pierre Martel sont suivis de la mention : « Frère des E.C. », c’est-à-dire Frère des écoles chrétiennes.

Depuis des décennies, sous la direction de la Société Française, Suisse et Belge de Bienfaisance de Puebla, une cérémonie est rendue dans le cimetière, face au Monument franco-mexicain de la Réconciliation, chaque 5 mai, date officielle de commémoration de la Bataille de Puebla de 1862. Le Souvenir Français y participe. Un dépôt floral est toutefois maintenu pendant la pandémie. Concernant le 11 novembre, la Délégation Générale pour le Mexique du Souvenir Français est la seule association à perpétuer l’hommage national aux soldats « Morts pour la France » au cours de la Première Guerre mondiale. Le Comité de l’État de Puebla organise une cérémonie, avec le dépôt d’une couronne de fleurs.

Rédigé par Alain Fache, Délégué Général du Souvenir Français au Mexique.

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