L’œil de l’historien : Jean-François Decraene

2 décembre 2020

Jean-François Decraene est un ancien instituteur de l’Enseignement public. Après un passage dans l’industrie agro-alimentaire, il est pendant plus de 10 ans formateur à l’Ecole de la deuxième chance de Seine-Saint-Denis pour la discipline Civisme et Histoire. Ses études, son expérience et sa passion l’amènent à rédiger plusieurs communications et ouvrages sur l’histoire sociale, les lieux historiques associés à la veille mémorielle en France.


Histoire des panthéonisations

Pourquoi à chaque nouvelle mandature, le président de la République éprouve-t-il la nécessité d’une ou de plusieurs « panthéonisations » ? Que cache ce néologisme ? Quels symboles recèle la panthéonisation ? L’histoire du Panthéon lève le voile et efface bien des idées reçues.

Soixante-dix-sept places sont actuellement attribuées (octobre 2020) à des gloires illustres et parfois inconnues dans la crypte du Panthéon. Quarante-deux dignitaires du Premier Empire y reposent conformément aux dispositions du décret impérial de 1806, sans correspondre aux critères définis par l’Assemblée constituante de 1791, ni à la tradition républicaine perpétuée par les différents régimes depuis la monarchie constitutionnelle jusqu’à la Ve République. Seules 33 personnalités sont réellement panthéonisées avec inhumation dans le monument, conformément aux vœux du législateur de 1791. L’architecte et, par dérogation, trois parents de panthéonisés reposent auprès des leurs.

Le Panthéon révolutionnaire (1791-1801)

Depuis la prise de la Bastille, l’idée de construction d’un lieu funéraire pérennisant la gloire des hommes martyrs de la défense de la liberté anime l’esprit des députés de la monarchie constitutionnelle, imprégnés de la pensée civique antique. L’église Sainte-Geneviève, en cours de finition et sans consécration religieuse, est un monument vide offert aux appétits de sanctification laïque.

La disparition brutale du plus populaire de ses tribuns, Mirabeau, donne à l’Assemblée l’occasion de délibérer sur la nécessité de créer une nécropole nationale réservée au culte des hommes illustres, exemple des vertus civiques.

Le décret du 4 avril 1791 transforme l’église Sainte-Geneviève en « Temple de la Patrie ». À l’imitation des Anciens, la Révolution affecte le Panthéon français à la réception, avec ou sans inhumation, des plus vertueux de ses citoyens. Le caractère religieux de la construction classique convient parfaitement à la spiritualité humaniste des élus de la Nation. Un nouveau culte s’installe : celui des vertus civiques issues de la seule pensée humaine. Les martyrs de la Nation seront honorés dans le temple consacré à l’idéal de sacrifice contenu dans la devise qui s’inscrit aux frontons des édifices publics et dans les plis du drapeau national : « La Liberté ou la mort ! »

La phrase proposée par le marquis de Pastoret : « Aux grands hommes, la patrie reconnaissante », apparaît et disparaît selon les régimes politiques.

Après l’expulsion de Marat, « Les honneurs du Panthéon ne pourront être décernés à aucun citoyen et son buste placé dans la Convention nationale et les lieux publics que dix ans après sa mort. » La règle sera respectée, exceptions faites des inhumations objets de funérailles nationales.

Les gouvernements successifs ne dévieront pas d’un pouce de la ligne tracée depuis deux siècles et quelles que soient les vicissitudes politiques. Le Panthéon remplit la fonction qui lui est assignée par les pères de la patrie : recevoir les cendres et la mémoire de tous ceux qui sont une valeur exemplaire d’unité de la nation citoyenne.

Le sanctuaire impérial et le Panthéon napoléonien (1801-1815)

‘Empereur est soucieux de rompre tout lien avec la Révolution qu’il considère comme terminée. Les entrées et sorties de « grands hommes » reconnus comme tels selon les circonstances ont discrédité la fonction même du Panthéon français.

Dans la continuité des accords concordataires, le décret impérial du 20 février 1806 rend officiellement la basilique au culte catholique sous la double invocation de sainte Geneviève et de … saint Napoléon. Ce décret complète celui du 15 juillet 1804 affectant la crypte aux sénateurs de l’Empire en réservant le caveau n° IV aux protestants. Cette nouvelle affectation rompt avec l’esprit des panthéonisations. L’édifice devient un lieu de culte catholique comme les autres églises métropolitaines et la crypte un lieu d’inhumation officiel de grands commis de l’Etat.

L’inscription de Pastoret Aux grands hommes la patrie reconnaissante est effacée en 1810.

L’église Sainte-Geneviève des royautés rétablies (1815-1848)

La Restauration ne supprime aucune des dispositions impériales, tout en effaçant les signes extérieurs de décoration rappelant Napoléon. Au rythme des décès, les anciens dignitaires de l’Empire, trouvent la place qui leur est assignée dans la nécropole.

Le 29 décembre 1821, le chef de l’épiscopat parisien fait déplacer secrètement les cendres des philosophes Voltaire et de Rousseau dans un caveau sous le portique. Le 21 janvier 1822, la consécration de l’église est réalisée en grande pompe par l’archevêque de Paris.

En 1829, Charles X, respectant tardivement la volonté de l’architecte, fait inhumer les restes de Soufflot, mais ne procède à aucune panthéonisation.

En 1830, avec l’ordonnance de Louis-Philippe Ier, l’édifice reprend sa vocation de nécropole consacrée à l’inhumation des grands hommes. L’inscription Aux grands hommes la patrie reconnaissante réapparaît au-dessous du fronton. Les cendres de Voltaire et de Rousseau reprennent leur place de part et d’autre du vestibule.

Le 29 juillet 1831, par une panthéonisation collective, Louis-Philippe rend hommage aux insurgées des Trois Glorieuses, en scellant les quatre tables en airain sur lesquelles sont gravés les noms des héros de Juillet, inhumés en 1840 dans le soubassement de la colonne votive érigée au milieu de la place de la Bastille.

Le temple de l’Humanité (1848-1851)

Les partisans d’une République sociale refusant la fermeture des ateliers nationaux se révoltent contre le gouvernement de Cavaignac.

Sans qu’il soit procédé à quelque panthéonisation, le décret du 28 juin rend hommage à tous les martyrs de la Révolution de 1848, y compris à Monseigneur Affre, archevêque de Paris, qui trouve la mort en tentant, le 26 juin, de s’interposer entre les belligérants pour éviter un massacre.

Matérialisée par le pendule de Léon Foucault, la pérennité de l’expérience sous le dôme du Panthéon honore la science comme valeur exemplaire du progrès de l’Humanité, depuis son installation le 19 février 1851.

La basilique nationale du Second Empire (1851-1870)

Le décret du 6 décembre 1851 rend à nouveau le Panthéon au clergé. L’édifice devient, à cette occasion, la basilique nationale Sainte-Geneviève. Napoléon III restaure le catholicisme comme religion d’Etat. L’édifice perd sa vocation d’exemple civique.

Le Panthéon républicain (1871-1918)

Le nouvel ordre républicain, après 10 ans d’existence, a besoin d’une mythologie refondatrice de l’Etat soutenu par les vertus civiques. Le décès de Victor Hugo va fournir l’occasion d’une célébration civile unissant le peuple et son gouvernement dans la ferveur républicaine.

Les funérailles nationales sont votées pour la glorification du poète incarnant le renouveau des valeurs philosophiques des Lumières : le patriotisme (Les Soldats de l’an II, Quatre-vingt-treize), la dénonciation du despotisme (Histoire d’un crime, Napoléon-le-Petit), l’humanisme et la justice sociale (Les Misérables), l’abolition de la peine de mort (Le dernier jour d’un condamné), la famille et le travail (L’art d’être grand-père, les Travailleurs de la mer), le respect de la personne humaine (L’homme qui rit), la probité politique (Ruy Blas, Les Quatre vents de l’esprit), la laïcité (Le Pape, Religions et Religion). Le 28 mai 1885, le monument est laïcisé une nouvelle fois sur décision du président Jules Grévy et redevient le Panthéon honorant les gloires illustres. Le 1er juin 1885, le corps de Victor Hugo est transféré au Panthéon.

En 1889, pour la célébration du centenaire de la Révolution française, la IIIe République opère la translation des cendres de figures emblématiques de la défense de l’idéal républicain : Lazare Carnot, Corret de La Tour d’Auvergne, Alphonse Baudin et Marceau le 4 août commémorant l’abolition du régime féodal.

En 1908, l’Etat estime que le Panthéon doit être un lieu de glorification pour les idées qui entretiennent la foi patriotique d’une nation et l’amour commun d’un héritage partagé. Les sculptures sont d’inspiration républicaine et les peintures exaltent la foi religieuse, les vertus patriotiques, les souverains, les héroïnes et les héros, ciment symbolique et artisans de l’unité nationale.

S’inspirant de la vénération des reliques religieuses, les différents gouvernements réservent des cérémonies grandioses aux nouvelles reliques civiles, lors de leur transfert en totalité ou par fragments. La pratique du partage des cendres se perpétue pour les dépouilles laïques comme c’était le cas pour celles des saints de la chrétienté.

Le Panthéon national (de 1919 à nos jours)

Pour la défense de la Patrie, toutes les classes sociales se sont fondues dans la fournaise de la Grande Guerre. Réunis contre l’ennemi commun, aristocrates, bourgeois, ouvriers, paysans, autochtones des pays colonisés offrent leur vie à la République.

En avril 1919, le général Malleterre, soldat écrivain et grand mutilé de guerre, procède à l’appel des 560 Écrivains-combattants « Morts pour la France ».

Le 11 novembre 1920, à la cérémonie de l’inhumation du Soldat Inconnu sous l’Arc de Triomphe de l’Etoile, le gouvernement associe la translation du cœur de Gambetta, organisateur en 1870 de la défense nationale de la IIIè République naissante. En 1917, les députés proposent que le sacrifice des aviateurs soit honoré par l’inscription du nom de Georges Guynemer, dévoilée le 30 avril 1922.

Actes politiques équilibrés, les translations des cendres de Jaurès, Painlevé, Langevin et Perrin, réunissent les citoyens dans l’hommage rendu aux hommes politiques fidèles à l’idéal républicain et aux hommes de sciences et de lettres représentant, par leur engagement, l’action civique et humaniste de la France.

Pendant l’Occupation, le monument s’assoupit en silence comme pour porter le deuil de la Collaboration active, des réfractaires au Service du travail obligatoire, des otages fusillés, des partisans torturés, des Juifs et des Tsiganes, hommes et femmes, vieillards et enfants, déportés vers les camps d’extermination.

À la Libération, le réveil de la nécropole nationale se fait au son de la sonnerie Aux Morts lorsque reprend, le 11 novembre 1944, la tradition commémorant le sacrifice de 560 Écrivains-combattants tombés pour la patrie durant la Grande Guerre.

Une fois la paix civile installée, la nation honore dès 1949, ceux qui s’opposèrent à la barbarie nazie à la fois par leur action politique et par leurs travaux scientifiques. Le 2 juillet, le président de la République Vincent Auriol, dévoile les noms de 197 Écrivains-combattants tombés pendant la Seconde Guerre mondiale. La démocratie triomphante conduit Paul Langevin et Jean Perrin aux marches de l’immortalité. La France résistante rend hommage au premier gouverneur autochtone des Colonies, Félix Éboué, qui a refusé le déshonneur en ouvrant les portes et les réserves en hommes de l’Empire au Premier Résistant, Charles de Gaulle. La IVe République affirme la pérennité de sa mission émancipatrice en y associant Victor Schœlcher, le libérateur des esclaves.

L’apothéose est atteinte en 1964, au moment de la translation des cendres de Jean Moulin ; avec lui tous les anonymes de l’Armée des Ombres, femmes et hommes, rejoignent les héros honorés par la République pour sa défense et sa sauvegarde.

François Mitterrand, veut à la fois marquer la rupture avec les successeurs de Charles de Gaulle, et montrer une filiation qui le relierait au socialisme. Il associe ceux dont il se réclame, Schœlcher, Moulin et Jaurès, en déposant une rose rouge sur chaque tombeau. Dans cette cérémonie de la mémoire, le Panthéon reprend la place que lui avait assignée la Révolution française : honorer tous les serviteurs méritants de la nation.

Mais la France n’est plus seule dans sa promotion des Droits de l’Homme, elle a intégré l’idée européenne. La translation des cendres de René Cassin, président de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, puis de Jean Monnet, père fondateur de l’Europe unie, confond les cérémonies du Panthéon français avec la construction de l’Europe nouvelle.

Les fêtes commémoratives du bicentenaire de la Révolution française se terminent, par l’inhumation des cendres de quelques-uns de ses artisans dont les idées présidèrent à la construction d’une Europe démocratique : Condorcet initiateur de l’abolition de la peine de mort, Monge fondateur de l’École Normale des Instituteurs et l’abbé Grégoire, évêque constitutionnel incarnant la liberté de conscience, la francophonie, l’intégration des Juifs et la première libération des Noirs.

La première femme panthéonisée, Marie Curie née en Pologne, illustre la volonté politique d’une continuité de commémoration du progrès salvateur et émancipateur de l’humanité, sans distinction de classe, d’origine ou de sexe.

En 1996, Jacques Chirac définit sa conception du Panthéon incluse dans sa politique pour réduire la fracture sociale dans le liminaire de son discours de réception des cendres d’André Malraux : « Le Panthéon n’est pas seulement un lieu de recueillement et de souvenir. C’est un lieu de vie, car les valeurs qui sont honorées ici, à travers celles et ceux qui reposent sous ses voûtes, sont d’abord des valeurs vivantes. C’est le combat pour la justice, celui de Voltaire dans l’affaire Callas, celui de Zola quand il accuse les calomniateurs du capitaine Dreyfus. C’est la dignité de l’homme, toujours à défendre et à conquérir, qui habite René Cassin quand il inspire la Déclaration des Droits de l’Homme. C’est la passion de la liberté et le refus de l’oppression qui portent Lazare Carnot et ses soldats de l’An II, comme Jean Moulin et son armée des ombres, et qui donnent à la plume de Victor Hugo sa violence et sa force. »

Nicolas Sarkosy, François Hollande et Emmanuel Macron poursuivent les gestes unitaires en rassemblant la nation autour des panthéonisations d’Aimé Césaire, de Germaine Tillon, de Jean Zay, de Pierre Brossolette, de Geneviève de Gaulle-Antonioz et de Simone Veil, confondant les femmes et les hommes sans distinction

Ils sont inhumés au Panthéon, sans décret de panthéonisation

La France aime les histoires d’amour qui, parfois font partie intégrante des vertus civiques car elles servent à la consolidation de la cellule de base d’une société équilibrée et harmonieuse. Le Panthéon accueille ainsi les symboles de l’amour conjugal (Sophie et Marcelin Berthelot, Simone et Antoine Veil) et de l’amour filial (Marc et Victor Schœlcher) au nom des valeurs exemplaires à promouvoir auprès des jeunes générations.

Ils sont panthéonisés mais leurs cendres reposent ailleurs.

Les premières panthéonisations se sont effectuées sous la pression des événements insurrectionnels, subissant les aléas des variations politiques : arrivées pompeuses ou sanglantes (Mirabeau, Lepeletier de Saint-Fargeau) et sorties précipitées (Mirabeau, Marat). L’incidence des victoires ou des défaites militaires ne permettent pas toujours de réaliser les célébrations civiques dues aux héros de la Révolution. Les corps de grands hommes bénéficiant de la reconnaissance de la patrie ne pouvant franchir les lignes ennemies sont inhumés sur place (Picot de Dampierre, Beaurepaire), sont engloutis dans les flots (marins du Vengeur), disparaissent dans des gouffres insondables (Malignon) ou sont dispersés aux vents de l’Histoire ou des insurrections locales (Chalier, Fabre de l’Hérault, Simonneau). D’autres célébrations sont différées sine die par les retournements de situations gouvernementales (Bara, Viala, Descartes).

Les édiles représentant la conscience populaire décident aussi d’honorer du Panthéon des personnalités marquantes de l’histoire de la nation, sans pour autant transférer leurs cendres dans la crypte de la nécropole. Certaines d’entre-elles ont eu une incidence sur le cours de l’histoire sans rapport avec la légende conservée par la mémoire collective (saint Denis, sainte Geneviève, Jeanne d’Arc). D’autres font partie intégrante de l’histoire comme souverain ou comme acteur fédérateur des énergies patriotiques (Clovis, Louis IX, Bonaparte, Aurelle de Paladines, Saint-Éxupéry).

Pour la plupart des panthéonisés dont les cendres ne bénéficient pas du repos éternel de la crypte, une phrase rappelle leur sacrifice (Les Justes), leur nom peut figurer sur une plaque votive individuelle (Delestraint, Guynemer, Bergson) ou dans la liste exhaustive d’une collectivité à honorer (écrivains-combattants, héros des Trois-Glorieuses).

Nonobstant les 47 000 combattants de la bataille de Valmy et les 4 099 Justes français parmi les Nations, « panthéonisés » respectivement par la Convention et par le président Jacques Chirac, avec les 33 valeurs exemplaires dont les cendres reposent dans le monument, 5 894 Françaises et Français « panthéonisés » bénéficient de la reconnaissance nationale en os ou en âme sous les voûtes du Panthéon.

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Histoire des panthéonisations

Pourquoi à chaque nouvelle mandature, le président de la République éprouve-t-il la nécessité d’une ou de plusieurs « panthéonisations » ? Que cache ce néologisme ? Quels symboles recèle la panthéonisation ? L’histoire du Panthéon lève le voile et efface bien des idées reçues.

Soixante-dix-sept places sont actuellement attribuées (octobre 2020) à des gloires illustres et parfois inconnues dans la crypte du Panthéon. Quarante-deux dignitaires du Premier Empire y reposent conformément aux dispositions du décret impérial de 1806, sans correspondre aux critères définis par l’Assemblée constituante de 1791, ni à la tradition républicaine perpétuée par les différents régimes depuis la monarchie constitutionnelle jusqu’à la Ve République. Seules 33 personnalités sont réellement panthéonisées avec inhumation dans le monument, conformément aux vœux du législateur de 1791. L’architecte et, par dérogation, trois parents de panthéonisés reposent auprès des leurs.

Le Panthéon révolutionnaire (1791-1801)

Depuis la prise de la Bastille, l’idée de construction d’un lieu funéraire pérennisant la gloire des hommes martyrs de la défense de la liberté anime l’esprit des députés de la monarchie constitutionnelle, imprégnés de la pensée civique antique. L’église Sainte-Geneviève, en cours de finition et sans consécration religieuse, est un monument vide offert aux appétits de sanctification laïque.

La disparition brutale du plus populaire de ses tribuns, Mirabeau, donne à l’Assemblée l’occasion de délibérer sur la nécessité de créer une nécropole nationale réservée au culte des hommes illustres, exemple des vertus civiques.

Le décret du 4 avril 1791 transforme l’église Sainte-Geneviève en « Temple de la Patrie ». À l’imitation des Anciens, la Révolution affecte le Panthéon français à la réception, avec ou sans inhumation, des plus vertueux de ses citoyens. Le caractère religieux de la construction classique convient parfaitement à la spiritualité humaniste des élus de la Nation. Un nouveau culte s’installe : celui des vertus civiques issues de la seule pensée humaine. Les martyrs de la Nation seront honorés dans le temple consacré à l’idéal de sacrifice contenu dans la devise qui s’inscrit aux frontons des édifices publics et dans les plis du drapeau national : « La Liberté ou la mort ! »

La phrase proposée par le marquis de Pastoret : « Aux grands hommes, la patrie reconnaissante », apparaît et disparaît selon les régimes politiques.

Après l’expulsion de Marat, « Les honneurs du Panthéon ne pourront être décernés à aucun citoyen et son buste placé dans la Convention nationale et les lieux publics que dix ans après sa mort. » La règle sera respectée, exceptions faites des inhumations objets de funérailles nationales.

Les gouvernements successifs ne dévieront pas d’un pouce de la ligne tracée depuis deux siècles et quelles que soient les vicissitudes politiques. Le Panthéon remplit la fonction qui lui est assignée par les pères de la patrie : recevoir les cendres et la mémoire de tous ceux qui sont une valeur exemplaire d’unité de la nation citoyenne.

Le sanctuaire impérial et le Panthéon napoléonien (1801-1815)

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Dans la continuité des accords concordataires, le décret impérial du 20 février 1806 rend officiellement la basilique au culte catholique sous la double invocation de sainte Geneviève et de … saint Napoléon. Ce décret complète celui du 15 juillet 1804 affectant la crypte aux sénateurs de l’Empire en réservant le caveau n° IV aux protestants. Cette nouvelle affectation rompt avec l’esprit des panthéonisations. L’édifice devient un lieu de culte catholique comme les autres églises métropolitaines et la crypte un lieu d’inhumation officiel de grands commis de l’Etat.

L’inscription de Pastoret Aux grands hommes la patrie reconnaissante est effacée en 1810.

L’église Sainte-Geneviève des royautés rétablies (1815-1848)

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Le 29 décembre 1821, le chef de l’épiscopat parisien fait déplacer secrètement les cendres des philosophes Voltaire et de Rousseau dans un caveau sous le portique. Le 21 janvier 1822, la consécration de l’église est réalisée en grande pompe par l’archevêque de Paris.

En 1829, Charles X, respectant tardivement la volonté de l’architecte, fait inhumer les restes de Soufflot, mais ne procède à aucune panthéonisation.

En 1830, avec l’ordonnance de Louis-Philippe Ier, l’édifice reprend sa vocation de nécropole consacrée à l’inhumation des grands hommes. L’inscription Aux grands hommes la patrie reconnaissante réapparaît au-dessous du fronton. Les cendres de Voltaire et de Rousseau reprennent leur place de part et d’autre du vestibule.

Le 29 juillet 1831, par une panthéonisation collective, Louis-Philippe rend hommage aux insurgées des Trois Glorieuses, en scellant les quatre tables en airain sur lesquelles sont gravés les noms des héros de Juillet, inhumés en 1840 dans le soubassement de la colonne votive érigée au milieu de la place de la Bastille.

Le temple de l’Humanité (1848-1851)

Les partisans d’une République sociale refusant la fermeture des ateliers nationaux se révoltent contre le gouvernement de Cavaignac.

Sans qu’il soit procédé à quelque panthéonisation, le décret du 28 juin rend hommage à tous les martyrs de la Révolution de 1848, y compris à Monseigneur Affre, archevêque de Paris, qui trouve la mort en tentant, le 26 juin, de s’interposer entre les belligérants pour éviter un massacre.

Matérialisée par le pendule de Léon Foucault, la pérennité de l’expérience sous le dôme du Panthéon honore la science comme valeur exemplaire du progrès de l’Humanité, depuis son installation le 19 février 1851.

La basilique nationale du Second Empire (1851-1870)

Le décret du 6 décembre 1851 rend à nouveau le Panthéon au clergé. L’édifice devient, à cette occasion, la basilique nationale Sainte-Geneviève. Napoléon III restaure le catholicisme comme religion d’Etat. L’édifice perd sa vocation d’exemple civique.

Le Panthéon républicain (1871-1918)

Le nouvel ordre républicain, après 10 ans d’existence, a besoin d’une mythologie refondatrice de l’Etat soutenu par les vertus civiques. Le décès de Victor Hugo va fournir l’occasion d’une célébration civile unissant le peuple et son gouvernement dans la ferveur républicaine.

Les funérailles nationales sont votées pour la glorification du poète incarnant le renouveau des valeurs philosophiques des Lumières : le patriotisme (Les Soldats de l’an II, Quatre-vingt-treize), la dénonciation du despotisme (Histoire d’un crime, Napoléon-le-Petit), l’humanisme et la justice sociale (Les Misérables), l’abolition de la peine de mort (Le dernier jour d’un condamné), la famille et le travail (L’art d’être grand-père, les Travailleurs de la mer), le respect de la personne humaine (L’homme qui rit), la probité politique (Ruy Blas, Les Quatre vents de l’esprit), la laïcité (Le Pape, Religions et Religion). Le 28 mai 1885, le monument est laïcisé une nouvelle fois sur décision du président Jules Grévy et redevient le Panthéon honorant les gloires illustres. Le 1er juin 1885, le corps de Victor Hugo est transféré au Panthéon.

En 1889, pour la célébration du centenaire de la Révolution française, la IIIe République opère la translation des cendres de figures emblématiques de la défense de l’idéal républicain : Lazare Carnot, Corret de La Tour d’Auvergne, Alphonse Baudin et Marceau le 4 août commémorant l’abolition du régime féodal.

En 1908, l’Etat estime que le Panthéon doit être un lieu de glorification pour les idées qui entretiennent la foi patriotique d’une nation et l’amour commun d’un héritage partagé. Les sculptures sont d’inspiration républicaine et les peintures exaltent la foi religieuse, les vertus patriotiques, les souverains, les héroïnes et les héros, ciment symbolique et artisans de l’unité nationale.

S’inspirant de la vénération des reliques religieuses, les différents gouvernements réservent des cérémonies grandioses aux nouvelles reliques civiles, lors de leur transfert en totalité ou par fragments. La pratique du partage des cendres se perpétue pour les dépouilles laïques comme c’était le cas pour celles des saints de la chrétienté.

Le Panthéon national (de 1919 à nos jours)

Pour la défense de la Patrie, toutes les classes sociales se sont fondues dans la fournaise de la Grande Guerre. Réunis contre l’ennemi commun, aristocrates, bourgeois, ouvriers, paysans, autochtones des pays colonisés offrent leur vie à la République.

En avril 1919, le général Malleterre, soldat écrivain et grand mutilé de guerre, procède à l’appel des 560 Écrivains-combattants « Morts pour la France ».

Le 11 novembre 1920, à la cérémonie de l’inhumation du Soldat Inconnu sous l’Arc de Triomphe de l’Etoile, le gouvernement associe la translation du cœur de Gambetta, organisateur en 1870 de la défense nationale de la IIIè République naissante. En 1917, les députés proposent que le sacrifice des aviateurs soit honoré par l’inscription du nom de Georges Guynemer, dévoilée le 30 avril 1922.

Actes politiques équilibrés, les translations des cendres de Jaurès, Painlevé, Langevin et Perrin, réunissent les citoyens dans l’hommage rendu aux hommes politiques fidèles à l’idéal républicain et aux hommes de sciences et de lettres représentant, par leur engagement, l’action civique et humaniste de la France.

Pendant l’Occupation, le monument s’assoupit en silence comme pour porter le deuil de la Collaboration active, des réfractaires au Service du travail obligatoire, des otages fusillés, des partisans torturés, des Juifs et des Tsiganes, hommes et femmes, vieillards et enfants, déportés vers les camps d’extermination.

À la Libération, le réveil de la nécropole nationale se fait au son de la sonnerie Aux Morts lorsque reprend, le 11 novembre 1944, la tradition commémorant le sacrifice de 560 Écrivains-combattants tombés pour la patrie durant la Grande Guerre.

Une fois la paix civile installée, la nation honore dès 1949, ceux qui s’opposèrent à la barbarie nazie à la fois par leur action politique et par leurs travaux scientifiques. Le 2 juillet, le président de la République Vincent Auriol, dévoile les noms de 197 Écrivains-combattants tombés pendant la Seconde Guerre mondiale. La démocratie triomphante conduit Paul Langevin et Jean Perrin aux marches de l’immortalité. La France résistante rend hommage au premier gouverneur autochtone des Colonies, Félix Éboué, qui a refusé le déshonneur en ouvrant les portes et les réserves en hommes de l’Empire au Premier Résistant, Charles de Gaulle. La IVe République affirme la pérennité de sa mission émancipatrice en y associant Victor Schœlcher, le libérateur des esclaves.

L’apothéose est atteinte en 1964, au moment de la translation des cendres de Jean Moulin ; avec lui tous les anonymes de l’Armée des Ombres, femmes et hommes, rejoignent les héros honorés par la République pour sa défense et sa sauvegarde.

François Mitterrand, veut à la fois marquer la rupture avec les successeurs de Charles de Gaulle, et montrer une filiation qui le relierait au socialisme. Il associe ceux dont il se réclame, Schœlcher, Moulin et Jaurès, en déposant une rose rouge sur chaque tombeau. Dans cette cérémonie de la mémoire, le Panthéon reprend la place que lui avait assignée la Révolution française : honorer tous les serviteurs méritants de la nation.

Mais la France n’est plus seule dans sa promotion des Droits de l’Homme, elle a intégré l’idée européenne. La translation des cendres de René Cassin, président de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, puis de Jean Monnet, père fondateur de l’Europe unie, confond les cérémonies du Panthéon français avec la construction de l’Europe nouvelle.

Les fêtes commémoratives du bicentenaire de la Révolution française se terminent, par l’inhumation des cendres de quelques-uns de ses artisans dont les idées présidèrent à la construction d’une Europe démocratique : Condorcet initiateur de l’abolition de la peine de mort, Monge fondateur de l’École Normale des Instituteurs et l’abbé Grégoire, évêque constitutionnel incarnant la liberté de conscience, la francophonie, l’intégration des Juifs et la première libération des Noirs.

La première femme panthéonisée, Marie Curie née en Pologne, illustre la volonté politique d’une continuité de commémoration du progrès salvateur et émancipateur de l’humanité, sans distinction de classe, d’origine ou de sexe.

En 1996, Jacques Chirac définit sa conception du Panthéon incluse dans sa politique pour réduire la fracture sociale dans le liminaire de son discours de réception des cendres d’André Malraux : « Le Panthéon n’est pas seulement un lieu de recueillement et de souvenir. C’est un lieu de vie, car les valeurs qui sont honorées ici, à travers celles et ceux qui reposent sous ses voûtes, sont d’abord des valeurs vivantes. C’est le combat pour la justice, celui de Voltaire dans l’affaire Callas, celui de Zola quand il accuse les calomniateurs du capitaine Dreyfus. C’est la dignité de l’homme, toujours à défendre et à conquérir, qui habite René Cassin quand il inspire la Déclaration des Droits de l’Homme. C’est la passion de la liberté et le refus de l’oppression qui portent Lazare Carnot et ses soldats de l’An II, comme Jean Moulin et son armée des ombres, et qui donnent à la plume de Victor Hugo sa violence et sa force. »

Nicolas Sarkosy, François Hollande et Emmanuel Macron poursuivent les gestes unitaires en rassemblant la nation autour des panthéonisations d’Aimé Césaire, de Germaine Tillon, de Jean Zay, de Pierre Brossolette, de Geneviève de Gaulle-Antonioz et de Simone Veil, confondant les femmes et les hommes sans distinction

Ils sont inhumés au Panthéon, sans décret de panthéonisation

La France aime les histoires d’amour qui, parfois font partie intégrante des vertus civiques car elles servent à la consolidation de la cellule de base d’une société équilibrée et harmonieuse. Le Panthéon accueille ainsi les symboles de l’amour conjugal (Sophie et Marcelin Berthelot, Simone et Antoine Veil) et de l’amour filial (Marc et Victor Schœlcher) au nom des valeurs exemplaires à promouvoir auprès des jeunes générations.

Ils sont panthéonisés mais leurs cendres reposent ailleurs.

Les premières panthéonisations se sont effectuées sous la pression des événements insurrectionnels, subissant les aléas des variations politiques : arrivées pompeuses ou sanglantes (Mirabeau, Lepeletier de Saint-Fargeau) et sorties précipitées (Mirabeau, Marat). L’incidence des victoires ou des défaites militaires ne permettent pas toujours de réaliser les célébrations civiques dues aux héros de la Révolution. Les corps de grands hommes bénéficiant de la reconnaissance de la patrie ne pouvant franchir les lignes ennemies sont inhumés sur place (Picot de Dampierre, Beaurepaire), sont engloutis dans les flots (marins du Vengeur), disparaissent dans des gouffres insondables (Malignon) ou sont dispersés aux vents de l’Histoire ou des insurrections locales (Chalier, Fabre de l’Hérault, Simonneau). D’autres célébrations sont différées sine die par les retournements de situations gouvernementales (Bara, Viala, Descartes).

Les édiles représentant la conscience populaire décident aussi d’honorer du Panthéon des personnalités marquantes de l’histoire de la nation, sans pour autant transférer leurs cendres dans la crypte de la nécropole. Certaines d’entre-elles ont eu une incidence sur le cours de l’histoire sans rapport avec la légende conservée par la mémoire collective (saint Denis, sainte Geneviève, Jeanne d’Arc). D’autres font partie intégrante de l’histoire comme souverain ou comme acteur fédérateur des énergies patriotiques (Clovis, Louis IX, Bonaparte, Aurelle de Paladines, Saint-Éxupéry).

Pour la plupart des panthéonisés dont les cendres ne bénéficient pas du repos éternel de la crypte, une phrase rappelle leur sacrifice (Les Justes), leur nom peut figurer sur une plaque votive individuelle (Delestraint, Guynemer, Bergson) ou dans la liste exhaustive d’une collectivité à honorer (écrivains-combattants, héros des Trois-Glorieuses).

Nonobstant les 47 000 combattants de la bataille de Valmy et les 4 099 Justes français parmi les Nations, « panthéonisés » respectivement par la Convention et par le président Jacques Chirac, avec les 33 valeurs exemplaires dont les cendres reposent dans le monument, 5 894 Françaises et Français « panthéonisés » bénéficient de la reconnaissance nationale en os ou en âme sous les voûtes du Panthéon.

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