L’œil de l’historien : Ivan Cadeau

1 juin 2021

1951, l’année de Lattre

Après un service national effectué en 1997-1998 comme sergent à la 11e CBI du 9e régiment de commandement et de Soutien (9e division d’infanterie de marine, Nantes), Ivan Cadeau rejoint l’armée comme officier sous contrat en 2 000. Après avoir servi à l’École nationale des sous-officiers d’active comme instructeur au sein de la Division enseignement général et perfectionnement et dirigé pendant quatre ans le musée du Sous-officier, il est affecté au Service historique de la Défense à Vincennes en 2007.

Titulaire d’un doctorat en histoire sur l’arme du génie pendant la guerre d’Indochine, il est spécialiste des guerres d’Indochine et de Corée et également de la campagne de France, d’Italie et de Provence. Il effectue des missions au profit de l’enseignement militaire supérieur, participe à des colloques en France et à l’étranger et également à des études historiques sur le terrain (EHT). Il est également rédacteur en chef adjoint de la Revue historique des armées.

Auteur de nombreux articles et livres, il a notamment écrit Le Génie au combat. Indochine 1945-1956 (Service historique de la Défense, 2013), Diên Biên Phu (Tallandier, 2013 réédité en 2016), La Guerre de Corée (Perrin 2013, réédité en 2016), Histoire de la guerre d’Indochine. De l’Indochine française aux adieux à Saigon 1940-1956 (Tallandier, 2015, réédité en 2019) et De Lattre (Perrin 2017).

Fin 1950, alors que la situation en Indochine semble sérieusement compromise pour les Français, le gouvernement fait appel au général de Lattre de Tassigny – le « Roi Jean ». Sous son impulsion, le conflit connaît un tournant et « l’année de Lattre » est celle de l’espoir en un possible dénouement favorable de la guerre. Toutefois, malgré des victoires spectaculaires dans le domaine militaire et des succès indéniables au plan politique, la mort prématurée du général de Lattre, au début de l’année 1952, met un terme à l’élan donné.

Une nomination par défaut

À la mi-octobre 1950, l’issue désastreuse de la bataille de la zone frontière du nord-est, plus connue sous le nom de « bataille de la Route coloniale n° 4 » ou « de Cao Bang », rappelle aux Français que leur pays mène une guerre là-bas, en Indochine, que leurs soldats y meurent par milliers depuis leur retour en 1945. La défaite sanctionne également les politiques mises en place par les gouvernements successifs de la IVe République ainsi que la stratégie opérationnelle du haut commandement. En l’espace de cinq ans, le Viêt-Minh et son bras militaire, l’armée populaire du Vietnam, se sont considérablement renforcés et bénéficient désormais de l’aide de la République populaire de Chine. À l’époque, la France n’est pas encore prête à « lâcher » ses possessions extrême-orientales aussi, après avoir décidé la relève de l’équipe en place – le haut-commissaire, Léon Pignon, et le commandant en chef, le général Carpentier -, rendus responsables de la catastrophe de Cao Bang, le gouvernement dirigé par René Pleven cherche une figure pour redresser une situation militaire qui apparaît compromise.

Le général Juin davantage intéressé par les affaires marocaines se récusant, c’est Vincent Auriol, président de la République, qui le premier, le 8 novembre 1950, avance le nom d’un officier qui a toute son estime, le général de Lattre de Tassigny. Ce dernier n’a toutefois pas bonne presse auprès d’une partie de la classe politique et de l’armée, notamment en raison de son caractère intransigeant; aussi René Pleven ne donne pas suite à la proposition et tente de trouver une autre personnalité susceptible de remplir la mission. Il y en a peu, et les deux autres officiers généraux approchés, Guillaume et Koenig, déclinent à leur tour. Finalement, le « cas » de Lattre est de nouveau examiné et c’est vers lui que se tourne le gouvernement. De Lattre accepte à deux conditions : emmener avec lui un certain nombre de ses « maréchaux », comme sont appelés les colonels qui l’ont servi en 1944-1945, et surtout, que soient réunis entre ses mains les pouvoirs politiques et militaires. Le 6 décembre 1950, à près de 62 ans, le général de Lattre de Tassigny est donc nommé haut-commissaire de France et commandant en chef en Indochine. Le choix par défaut qu’a fait le gouvernement va se révéler payant et, sans tomber dans l’hagiographie, on peut estimer qu’à ce moment précis de la guerre, le « Roi Jean » était sans doute le seul à pouvoir provoquer le sursaut attendu.

Une entrée réussie sur la scène indochinoise

De Lattre se voit confier une mission triple : rétablir la confiance et le moral au sein du corps expéditionnaire, développer une véritable armée nationale vietnamienne – ce qui nécessite d’impliquer davantage l’empereur Bao Daï et son gouvernement dans la guerre -, et obtenir un accroissement substantiel de l’aide américaine pour pouvoir faire face à la nouvelle armée populaire et répondre à l’éventualité d’une intervention de troupes chinoises au Tonkin. C’est d’ailleurs pour contrer ce danger qu’est édifiée, à partir de la fin 1950, la « Ligne de Lattre », une ceinture de postes bétonnés protégeant le delta du fleuve Rouge, Hanoï et le port de Haiphong – environ 1 600 ouvrages à la fin de la guerre.

Lorsque de Lattre arrive à Tan Son Nhut, l’aéroport de Saïgon, le 17 décembre 1950, il lui importe avant tout de « réussir son entrée » sur la scène indochinoise. L’intéressé a toujours attaché une grande importance à ce type de manifestation et entend bien, une fois encore, frapper les esprits de façon théâtrale. Si de Lattre aime le faste et les démonstrations, il croit beaucoup en la valeur des symboles et c’est précisément par des symboles qu’il souhaite marquer le changement d’ère. Ainsi, ce premier contact doit représenter une rupture nette avec les errements passés et être l’occasion de montrer à tous les acteurs qu’une page se tourne en Indochine. Son arrivée est donc soigneusement préparée : attendant que Jean Letourneau, le ministre chargé des relations avec les États associés qui l’accompagne, soit sorti de l’avion pour aller à la rencontre des autorités venues accueillir les deux hommes, de Lattre apparaît soudain sur la passerelle en grand uniforme blanc ; il marque un temps puis, lentement, rejoint la délégation. La manœuvre est réussie : Jean Letourneau est éclipsé, l’attention de tous s’est focalisée sur de Lattre. Une fois sur le tarmac de l’aéroport, ce dernier n’a pas un mot, pas un regard pour le général Carpentier, le vaincu de Cao Bang. Son attitude, ainsi que les sévères remontrances adressées aux responsables de la revue des troupes censées lui rendre les honneurs et qu’il a trouvée misérable, ont tôt fait de se propager.

Son « grand numéro », de Lattre le réserve toutefois pour Hanoï où il arrive le 19 décembre 1950. Il ordonne que soit organisé le soir même un grand défilé dans les rues de la capitale tonkinoise ; à la nuit tombante, huit bataillons de réserve générale, soit environ 4 500 hommes, sont dans l’urgence  retirés de la ligne des contacts pour être présentés à leur nouveau chef. Pour de Lattre, ce défilé répond à plusieurs objectifs. Il doit montrer aux populations vietnamiennes comme à son adversaire que les temps ont changé : de Lattre n’a pas hésité à dégarnir son front en plein combat pour se faire présenter ses combattants. Car c’est bien pour prendre le « pouls » et « sentir » son armée qu’il a, enfin, voulu cette cérémonie. À l’issue de celle-ci, il délivre aux officiers le message qu’il entend faire passer et qu’il répète à l’envi lors de ses différentes tournées d’inspection en décembre 1950 et janvier 1951 : « Je suis venu pour les lieutenants et les capitaines », leur dit-il. Maintenant, « vous serez commandés (…), l’ère des flottements est révolue ! ». Ces quelques mots destinés prioritairement aux officiers subalternes et à la troupe, portent. Beaucoup d’officiers supérieurs, qui n’ont pas l’impression d’avoir démérité, font, de leur côté, grise mine et reprochent au nouveau  «patron », non sans raison, sa démagogie. Dans les semaines suivantes, les décisions de de Lattre et la relève de plusieurs cadres, parfois marquée d’une certaine injustice, témoignent du changement opéré et de la reprise en main du corps expéditionnaire. En déclenchant la campagne Tran Hung Dao (du nom d’un général vietnamien vainqueur des Chinois au XIIIe siècle), le Viêt-Minh donne au général de Lattre l’occasion de montrer que le traumatisme de la défaite de Cao Bang est dépassé.

Victoire(s)

À peine établi dans ses nouvelles fonctions, de Lattre doit en effet faire face à l’offensive de l’armée populaire sur Vinh Yen, une localité située sur la frange ouest du delta du fleuve Rouge à seulement cinquante kilomètres d’Hanoï. Le but du général Giap n’est pas la conquête de la capitale tonkinoise comme les propagandistes des deux camps le clament – les uns pour motiver les bo doï (soldats réguliers du Viêt-Minh), les autres pour se prévaloir de défendre la cité contre le péril communiste –, mais bien de casser l’outil militaire que les Français sont en train de développer. De fait, l’armée populaire entend attirer les réserves du corps expéditionnaire, et notamment les groupes mobiles (GM), pour les détruire. Contrairement à une légende tenace, il ne revient pas à de Lattre d’avoir créé ces GM, mais au général Boyer de Latour. Dès novembre 1950, ce dernier a exécuté les recommandations émises par le général Juin en faveur de la mise sur pied d’une « masse de manœuvres » capable de s’opposer aux divisions de l’adversaire. En revanche, c’est bien de Lattre qui donne l’impulsion nécessaire pour multiplier les GM et qui nomme à leur tête des officiers de valeur. Les combats qui se déroulent du 13 au 17 janvier 1951 devant Vinh Yen sont très violents ; ils voient de Lattre déployer une intense activité, n’hésitant pas, en pleine bataille, à se déplacer au moyen de son petit avion de liaison pour donner ses ordres et encourager ses hommes. Aussi, même si la victoire de Vinh Yen est également celle de son état-major et des commandants de GM, elle porte incontestablement la marque de de Lattre. Elle montre également que les ordres du nouveau commandant en chef ne sont pas discutés : le prélèvement de bataillons stationnés au Sud-Vietnam et la réquisition de l’aviation civile pour leur transport en un temps record, en témoignent.

Avec Vinh Yen, de Lattre réussit son rendez-vous avec l’Indochine et remporte la première manche.  « Cette bataille est la mienne, dit-il. Elle est certes l’affrontement général de nos forces, mais elle est bien plus celui de nos deux volontés, d’un côté d’Hô Chi Minh et de Giap, de l’autre la mienne. (…) Il faut surclasser ces gens-là et leur enlever l’auréole qu’ils ont gagnée en octobre [1950]. » Deux mois plus tard, à la fin du mois de mars 1951, de Lattre inflige une nouvelle défaite cuisante aux forces de l’armée populaire dans le secteur de Mao Khé, au nord du grand port de Haïphong, sur le front est du delta. Au mois de mai suivant, l’offensive viêt-minh – qui vise en partie la capture de la récolte du riz – le long de la rivière Day, matérialisant la frontière entre le secteur français et celui du Viêt-Minh, se solde une nouvelle fois par un succès français. Il paraît certes moins net que les deux précédents, mais quand la bataille se termine au début du mois de juin, l’adversaire a échoué dans son entreprise. Las, pour le général de Lattre, l’issue victorieuse des combats est marquée par un drame personnel : la mort de son fils unique, tué par éclats d’obus sur le piton de Ninh Binh dans la nuit du 29 au 30 mai 1951.

Vietnamiser et américaniser

La situation militaire comme le moral du corps expéditionnaire redressés, il reste à de Lattre à mener à bien les deux dernières missions que lui a confié le gouvernement français : « vietnamiser » le conflit afin de transmettre à terme, le « relais » à l’armée vietnamienne, et obtenir l’accroissement de l’aide américaine. Dans le premier domaine, les désillusions s’accumulent progressivement. Certes, l’armée nationale du Vietnam s’accroît sensiblement et, à la fin 1951, atteint 128 000 hommes (71 000 soldats réguliers et 57 000 supplétifs), mais dans le domaine politique, les améliorations souhaitées par les Français marquent le pas : « Concentration entre les mains présidentielles de tous les portefeuilles à fonds spéciaux, écrit de Lattre, mainmise sur le Sud-Vietnam par personne interposée, absence d’une politique financière véritable et ajournement d’un budget, méfiance à l’égard de toute représentation populaire et de tout organisme de contrôle, tendances rétrogrades en matière sociale, inertie dans le domaine de la propagande, incapacité totale à mettre sur pied une administration à peu près honnête et efficace […] ». Au terme de douze mois de présence, le bilan des efforts déployés par le général de Lattre pour impliquer Bao Daï et le Vietnam national dans la guerre, s’il ne constitue pas un échec total, produit donc un résultat plus que décevant : « La prise de position sans équivoque à l’égard du Viêt-minh » qu’appelait de Lattre de ses vœux, notamment de la part de l’empereur, n’est pas venue. D’un côté, le haut-commissaire et le gouvernement français se sentent floués, voire trahis par les Vietnamiens ; de l’autre, Bao Daï et les nationalistes sont frustrés. Ils posent comme préalable à toute amélioration de la situation l’effacement complet de la France dans le domaine politique, seule manière à leurs yeux de rallier les populations à leur cause. Entre Français et Vietnamiens, le dialogue de sourds va se poursuivre.

L’implication américaine dans la guerre, via la fourniture de matériels de guerre et de devises, constitue une réussite autrement plus importante de « l’ère de Lattre ». Le voyage aux États-Unis qu’entreprend le haut-commissaire au mois de septembre 1951, alors que sa maladie diagnostiquée peu de temps auparavant s’aggrave, est en effet, un succès. Le « Mac Arthur français » comme le surnomme le magazine Life, a indéniablement conquis ses interlocuteurs. Les premiers résultats du voyage de de Lattre ne se feront d’ailleurs pas attendre. Dès la fin du mois d’octobre 1951, le corps expéditionnaire peut mesurer l’accroissement de l’aide américaine, et la fin de l’année est marquée par des arrivages massifs de matériels de guerre en Indochine, l’infanterie reçoit 400 canons de 57 mm sans recul, l’artillerie 30 canons de 105 mm Hm2, et l’arme blindée et cavalerie plus de 100 automitrailleuses M8, 40 véhicules chenillés M 29C Crabe, etc. S’il est évident que l’action seule de de Lattre n’a pas été à l’origine de la décision américaine d’augmenter son soutien aux Français et à leurs alliés vietnamiens, puisqu’une telle politique correspond également aux intérêts américains, la franchise et l’investissement personnel de de Lattre ont certainement convaincu nombre d’indécis et, surtout, rallié l’opinion publique américaine à la cause française, ce qui constitue en soi une importante victoire.

Fin de règne

Le 19 octobre 1951, de Lattre est de retour à Saïgon. Fatigué, il sait que sa santé se détériore de jour en jour et que seule une opération en France a quelque chance de le guérir. Pourtant le gouvernement lui demande un dernier effort. L’élan victorieux des premiers mois de l’année est retombé et les opérations de « nettoyage » du delta du fleuve Rouge n’entament pas réellement le potentiel du corps de bataille adverse. Or, pour défendre sa politique indochinoise, le gouvernement Pleven, attaqué par l’opposition, a besoin de signes tangibles d’une évolution de la situation : de Lattre doit reprendre l’offensive. Une victoire redonnerait foi à une partie de l’opinion publique, qui commence à douter du succès français en Extrême-Orient, et permettrait, à la veille du vote du budget des crédits militaires à l’Assemblée nationale, d’influer favorablement sur les débats. C’est dans ce contexte qu’est déclenchée la bataille d’Hoa Binh, un village situé à 80 kilomètres à l’ouest d’Hanoï qui constitue un important nœud de communication viêt-minh entre le nord et le centre du Vietnam. Le général de Lattre ne connaîtra pas l’issue de la bataille – une victoire en trompe l’œil – puisqu’il s’envole pour la France le 19 novembre pour se faire opérer. « L’année de Lattre » en Indochine est terminée.

Au terme d’un an d’effort, de Lattre est parvenu à redresser la situation militaire ; il est arrivé également à obtenir l’implication plus grande des États-Unis dans la guerre et a réussi, en outre, à développer l’armée nationale vietnamienne, à défaut d’avoir pu véritablement engager Bao Dai dans la guerre. Malgré les victoires remportées et l’impulsion donnée, la disparition du général de Lattre laisse le « problème indochinois entier » : l’armée populaire a subi des rudes coups, elle est affaiblie mais son potentiel de reconstruction intact peut lui permettre de retrouver rapidement sa valeur. Certains thuriféraires du général de Lattre avancent que sa mort a interdit une victoire militaire du corps expéditionnaire. Cette lecture des événements ne résiste pas à une analyse un peu poussée mais peut-être peut-on admettre que sa conduite des opérations aurait permis de négocier autrement la fin de la guerre si son action avait pu perdurer. Au moment de sa disparition, en janvier 1952, ce qu’il écrivait dans un rapport au gouvernement au mois de septembre 1951 reste ainsi valable : « Il peut survenir une catastrophe en Indochine, il ne peut pas y surgir de miracle. »

Articles récents

21 avril 2021

Message du Président Général Serge Barcellini suite au décès de Monsieur René Randrianja

Mesdames, Messieurs, Cher(e) ami(e), J’ai l’immense tristesse de vous faire part de la disparition brutale de René Randrianja dimanche dernier. René Randrianja avait rejoint notre conseil d’administration en septembre 2019. Il avait été président du CA de l’Association des anciens des Lycées Français du Monde. Il était un jeune homme plein d’avenir, il se plaisait […]

Voir l'article >
17 mars 2021

Les femmes, l’avenir du Souvenir Français

Discours du Président Général Serge Barcellini, lors de l’inauguration de l’exposition du musée de la Cour d’Or de Metz sur Marie Sautet. Le Souvenir Français n’a pas dans ses habitudes d’inscrire des actions dans la Journée internationale des droits des femmes. Notre agenda mémoriel est le plus souvent celui des 1er et 2 novembre – […]

Voir l'article >
29 janvier 2021

Le Souvenir Français et le rapport de Benjamin Stora au président de la République

A la recherche des Morts pour la France Mais où sont passés les Morts pour la France ? Dans les 157 pages du rapport de Benjamin Stora consacré aux questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie, cette expression n’est pas à l’ordre jour. Elle n’est présente qu’à trois reprises, deux fois dans des […]

Voir l'article >
2 septembre 2021

Intervention de Serge Barcellini le 23 août

Serge Barcellini, Président Général du Souvenir Français est intervenu lors de la cérémonie organisée dans le cadre de la Journée des Tirailleurs sénégalais à Marseille le 23 août 2021. Vous trouverez son allocution en cliquant ICI

Voir l'article >

Trois questions à Philippe Claudel

(Photo de Dominique Kucharzewski) Philippe Claudel est le parrain du Souvenir Français pour l’année 2021 Il est né en 1962. Agrégé de lettres modernes et docteur ès lettres, il est maître de conférences en anthropologie culturelle à l’université de Lorraine. Écrivain et dramaturge ses principaux romans (Les âmes grises, La petite fille de Monsieur Linh, Le Rapport […]

Voir l'article >
  • Ce champ n’est utilisé qu’à des fins de validation et devrait rester inchangé.

Trois questions à Philippe Claudel

2 septembre 2021

1951, l’année de Lattre

Après un service national effectué en 1997-1998 comme sergent à la 11e CBI du 9e régiment de commandement et de Soutien (9e division d’infanterie de marine, Nantes), Ivan Cadeau rejoint l’armée comme officier sous contrat en 2 000. Après avoir servi à l’École nationale des sous-officiers d’active comme instructeur au sein de la Division enseignement général et perfectionnement et dirigé pendant quatre ans le musée du Sous-officier, il est affecté au Service historique de la Défense à Vincennes en 2007.

Titulaire d’un doctorat en histoire sur l’arme du génie pendant la guerre d’Indochine, il est spécialiste des guerres d’Indochine et de Corée et également de la campagne de France, d’Italie et de Provence. Il effectue des missions au profit de l’enseignement militaire supérieur, participe à des colloques en France et à l’étranger et également à des études historiques sur le terrain (EHT). Il est également rédacteur en chef adjoint de la Revue historique des armées.

Auteur de nombreux articles et livres, il a notamment écrit Le Génie au combat. Indochine 1945-1956 (Service historique de la Défense, 2013), Diên Biên Phu (Tallandier, 2013 réédité en 2016), La Guerre de Corée (Perrin 2013, réédité en 2016), Histoire de la guerre d’Indochine. De l’Indochine française aux adieux à Saigon 1940-1956 (Tallandier, 2015, réédité en 2019) et De Lattre (Perrin 2017).

Fin 1950, alors que la situation en Indochine semble sérieusement compromise pour les Français, le gouvernement fait appel au général de Lattre de Tassigny – le « Roi Jean ». Sous son impulsion, le conflit connaît un tournant et « l’année de Lattre » est celle de l’espoir en un possible dénouement favorable de la guerre. Toutefois, malgré des victoires spectaculaires dans le domaine militaire et des succès indéniables au plan politique, la mort prématurée du général de Lattre, au début de l’année 1952, met un terme à l’élan donné.

Une nomination par défaut

À la mi-octobre 1950, l’issue désastreuse de la bataille de la zone frontière du nord-est, plus connue sous le nom de « bataille de la Route coloniale n° 4 » ou « de Cao Bang », rappelle aux Français que leur pays mène une guerre là-bas, en Indochine, que leurs soldats y meurent par milliers depuis leur retour en 1945. La défaite sanctionne également les politiques mises en place par les gouvernements successifs de la IVe République ainsi que la stratégie opérationnelle du haut commandement. En l’espace de cinq ans, le Viêt-Minh et son bras militaire, l’armée populaire du Vietnam, se sont considérablement renforcés et bénéficient désormais de l’aide de la République populaire de Chine. À l’époque, la France n’est pas encore prête à « lâcher » ses possessions extrême-orientales aussi, après avoir décidé la relève de l’équipe en place – le haut-commissaire, Léon Pignon, et le commandant en chef, le général Carpentier -, rendus responsables de la catastrophe de Cao Bang, le gouvernement dirigé par René Pleven cherche une figure pour redresser une situation militaire qui apparaît compromise.

Le général Juin davantage intéressé par les affaires marocaines se récusant, c’est Vincent Auriol, président de la République, qui le premier, le 8 novembre 1950, avance le nom d’un officier qui a toute son estime, le général de Lattre de Tassigny. Ce dernier n’a toutefois pas bonne presse auprès d’une partie de la classe politique et de l’armée, notamment en raison de son caractère intransigeant; aussi René Pleven ne donne pas suite à la proposition et tente de trouver une autre personnalité susceptible de remplir la mission. Il y en a peu, et les deux autres officiers généraux approchés, Guillaume et Koenig, déclinent à leur tour. Finalement, le « cas » de Lattre est de nouveau examiné et c’est vers lui que se tourne le gouvernement. De Lattre accepte à deux conditions : emmener avec lui un certain nombre de ses « maréchaux », comme sont appelés les colonels qui l’ont servi en 1944-1945, et surtout, que soient réunis entre ses mains les pouvoirs politiques et militaires. Le 6 décembre 1950, à près de 62 ans, le général de Lattre de Tassigny est donc nommé haut-commissaire de France et commandant en chef en Indochine. Le choix par défaut qu’a fait le gouvernement va se révéler payant et, sans tomber dans l’hagiographie, on peut estimer qu’à ce moment précis de la guerre, le « Roi Jean » était sans doute le seul à pouvoir provoquer le sursaut attendu.

Une entrée réussie sur la scène indochinoise

De Lattre se voit confier une mission triple : rétablir la confiance et le moral au sein du corps expéditionnaire, développer une véritable armée nationale vietnamienne – ce qui nécessite d’impliquer davantage l’empereur Bao Daï et son gouvernement dans la guerre -, et obtenir un accroissement substantiel de l’aide américaine pour pouvoir faire face à la nouvelle armée populaire et répondre à l’éventualité d’une intervention de troupes chinoises au Tonkin. C’est d’ailleurs pour contrer ce danger qu’est édifiée, à partir de la fin 1950, la « Ligne de Lattre », une ceinture de postes bétonnés protégeant le delta du fleuve Rouge, Hanoï et le port de Haiphong – environ 1 600 ouvrages à la fin de la guerre.

Lorsque de Lattre arrive à Tan Son Nhut, l’aéroport de Saïgon, le 17 décembre 1950, il lui importe avant tout de « réussir son entrée » sur la scène indochinoise. L’intéressé a toujours attaché une grande importance à ce type de manifestation et entend bien, une fois encore, frapper les esprits de façon théâtrale. Si de Lattre aime le faste et les démonstrations, il croit beaucoup en la valeur des symboles et c’est précisément par des symboles qu’il souhaite marquer le changement d’ère. Ainsi, ce premier contact doit représenter une rupture nette avec les errements passés et être l’occasion de montrer à tous les acteurs qu’une page se tourne en Indochine. Son arrivée est donc soigneusement préparée : attendant que Jean Letourneau, le ministre chargé des relations avec les États associés qui l’accompagne, soit sorti de l’avion pour aller à la rencontre des autorités venues accueillir les deux hommes, de Lattre apparaît soudain sur la passerelle en grand uniforme blanc ; il marque un temps puis, lentement, rejoint la délégation. La manœuvre est réussie : Jean Letourneau est éclipsé, l’attention de tous s’est focalisée sur de Lattre. Une fois sur le tarmac de l’aéroport, ce dernier n’a pas un mot, pas un regard pour le général Carpentier, le vaincu de Cao Bang. Son attitude, ainsi que les sévères remontrances adressées aux responsables de la revue des troupes censées lui rendre les honneurs et qu’il a trouvée misérable, ont tôt fait de se propager.

Son « grand numéro », de Lattre le réserve toutefois pour Hanoï où il arrive le 19 décembre 1950. Il ordonne que soit organisé le soir même un grand défilé dans les rues de la capitale tonkinoise ; à la nuit tombante, huit bataillons de réserve générale, soit environ 4 500 hommes, sont dans l’urgence  retirés de la ligne des contacts pour être présentés à leur nouveau chef. Pour de Lattre, ce défilé répond à plusieurs objectifs. Il doit montrer aux populations vietnamiennes comme à son adversaire que les temps ont changé : de Lattre n’a pas hésité à dégarnir son front en plein combat pour se faire présenter ses combattants. Car c’est bien pour prendre le « pouls » et « sentir » son armée qu’il a, enfin, voulu cette cérémonie. À l’issue de celle-ci, il délivre aux officiers le message qu’il entend faire passer et qu’il répète à l’envi lors de ses différentes tournées d’inspection en décembre 1950 et janvier 1951 : « Je suis venu pour les lieutenants et les capitaines », leur dit-il. Maintenant, « vous serez commandés (…), l’ère des flottements est révolue ! ». Ces quelques mots destinés prioritairement aux officiers subalternes et à la troupe, portent. Beaucoup d’officiers supérieurs, qui n’ont pas l’impression d’avoir démérité, font, de leur côté, grise mine et reprochent au nouveau  «patron », non sans raison, sa démagogie. Dans les semaines suivantes, les décisions de de Lattre et la relève de plusieurs cadres, parfois marquée d’une certaine injustice, témoignent du changement opéré et de la reprise en main du corps expéditionnaire. En déclenchant la campagne Tran Hung Dao (du nom d’un général vietnamien vainqueur des Chinois au XIIIe siècle), le Viêt-Minh donne au général de Lattre l’occasion de montrer que le traumatisme de la défaite de Cao Bang est dépassé.

Victoire(s)

À peine établi dans ses nouvelles fonctions, de Lattre doit en effet faire face à l’offensive de l’armée populaire sur Vinh Yen, une localité située sur la frange ouest du delta du fleuve Rouge à seulement cinquante kilomètres d’Hanoï. Le but du général Giap n’est pas la conquête de la capitale tonkinoise comme les propagandistes des deux camps le clament – les uns pour motiver les bo doï (soldats réguliers du Viêt-Minh), les autres pour se prévaloir de défendre la cité contre le péril communiste –, mais bien de casser l’outil militaire que les Français sont en train de développer. De fait, l’armée populaire entend attirer les réserves du corps expéditionnaire, et notamment les groupes mobiles (GM), pour les détruire. Contrairement à une légende tenace, il ne revient pas à de Lattre d’avoir créé ces GM, mais au général Boyer de Latour. Dès novembre 1950, ce dernier a exécuté les recommandations émises par le général Juin en faveur de la mise sur pied d’une « masse de manœuvres » capable de s’opposer aux divisions de l’adversaire. En revanche, c’est bien de Lattre qui donne l’impulsion nécessaire pour multiplier les GM et qui nomme à leur tête des officiers de valeur. Les combats qui se déroulent du 13 au 17 janvier 1951 devant Vinh Yen sont très violents ; ils voient de Lattre déployer une intense activité, n’hésitant pas, en pleine bataille, à se déplacer au moyen de son petit avion de liaison pour donner ses ordres et encourager ses hommes. Aussi, même si la victoire de Vinh Yen est également celle de son état-major et des commandants de GM, elle porte incontestablement la marque de de Lattre. Elle montre également que les ordres du nouveau commandant en chef ne sont pas discutés : le prélèvement de bataillons stationnés au Sud-Vietnam et la réquisition de l’aviation civile pour leur transport en un temps record, en témoignent.

Avec Vinh Yen, de Lattre réussit son rendez-vous avec l’Indochine et remporte la première manche.  « Cette bataille est la mienne, dit-il. Elle est certes l’affrontement général de nos forces, mais elle est bien plus celui de nos deux volontés, d’un côté d’Hô Chi Minh et de Giap, de l’autre la mienne. (…) Il faut surclasser ces gens-là et leur enlever l’auréole qu’ils ont gagnée en octobre [1950]. » Deux mois plus tard, à la fin du mois de mars 1951, de Lattre inflige une nouvelle défaite cuisante aux forces de l’armée populaire dans le secteur de Mao Khé, au nord du grand port de Haïphong, sur le front est du delta. Au mois de mai suivant, l’offensive viêt-minh – qui vise en partie la capture de la récolte du riz – le long de la rivière Day, matérialisant la frontière entre le secteur français et celui du Viêt-Minh, se solde une nouvelle fois par un succès français. Il paraît certes moins net que les deux précédents, mais quand la bataille se termine au début du mois de juin, l’adversaire a échoué dans son entreprise. Las, pour le général de Lattre, l’issue victorieuse des combats est marquée par un drame personnel : la mort de son fils unique, tué par éclats d’obus sur le piton de Ninh Binh dans la nuit du 29 au 30 mai 1951.

Vietnamiser et américaniser

La situation militaire comme le moral du corps expéditionnaire redressés, il reste à de Lattre à mener à bien les deux dernières missions que lui a confié le gouvernement français : « vietnamiser » le conflit afin de transmettre à terme, le « relais » à l’armée vietnamienne, et obtenir l’accroissement de l’aide américaine. Dans le premier domaine, les désillusions s’accumulent progressivement. Certes, l’armée nationale du Vietnam s’accroît sensiblement et, à la fin 1951, atteint 128 000 hommes (71 000 soldats réguliers et 57 000 supplétifs), mais dans le domaine politique, les améliorations souhaitées par les Français marquent le pas : « Concentration entre les mains présidentielles de tous les portefeuilles à fonds spéciaux, écrit de Lattre, mainmise sur le Sud-Vietnam par personne interposée, absence d’une politique financière véritable et ajournement d’un budget, méfiance à l’égard de toute représentation populaire et de tout organisme de contrôle, tendances rétrogrades en matière sociale, inertie dans le domaine de la propagande, incapacité totale à mettre sur pied une administration à peu près honnête et efficace […] ». Au terme de douze mois de présence, le bilan des efforts déployés par le général de Lattre pour impliquer Bao Daï et le Vietnam national dans la guerre, s’il ne constitue pas un échec total, produit donc un résultat plus que décevant : « La prise de position sans équivoque à l’égard du Viêt-minh » qu’appelait de Lattre de ses vœux, notamment de la part de l’empereur, n’est pas venue. D’un côté, le haut-commissaire et le gouvernement français se sentent floués, voire trahis par les Vietnamiens ; de l’autre, Bao Daï et les nationalistes sont frustrés. Ils posent comme préalable à toute amélioration de la situation l’effacement complet de la France dans le domaine politique, seule manière à leurs yeux de rallier les populations à leur cause. Entre Français et Vietnamiens, le dialogue de sourds va se poursuivre.

L’implication américaine dans la guerre, via la fourniture de matériels de guerre et de devises, constitue une réussite autrement plus importante de « l’ère de Lattre ». Le voyage aux États-Unis qu’entreprend le haut-commissaire au mois de septembre 1951, alors que sa maladie diagnostiquée peu de temps auparavant s’aggrave, est en effet, un succès. Le « Mac Arthur français » comme le surnomme le magazine Life, a indéniablement conquis ses interlocuteurs. Les premiers résultats du voyage de de Lattre ne se feront d’ailleurs pas attendre. Dès la fin du mois d’octobre 1951, le corps expéditionnaire peut mesurer l’accroissement de l’aide américaine, et la fin de l’année est marquée par des arrivages massifs de matériels de guerre en Indochine, l’infanterie reçoit 400 canons de 57 mm sans recul, l’artillerie 30 canons de 105 mm Hm2, et l’arme blindée et cavalerie plus de 100 automitrailleuses M8, 40 véhicules chenillés M 29C Crabe, etc. S’il est évident que l’action seule de de Lattre n’a pas été à l’origine de la décision américaine d’augmenter son soutien aux Français et à leurs alliés vietnamiens, puisqu’une telle politique correspond également aux intérêts américains, la franchise et l’investissement personnel de de Lattre ont certainement convaincu nombre d’indécis et, surtout, rallié l’opinion publique américaine à la cause française, ce qui constitue en soi une importante victoire.

Fin de règne

Le 19 octobre 1951, de Lattre est de retour à Saïgon. Fatigué, il sait que sa santé se détériore de jour en jour et que seule une opération en France a quelque chance de le guérir. Pourtant le gouvernement lui demande un dernier effort. L’élan victorieux des premiers mois de l’année est retombé et les opérations de « nettoyage » du delta du fleuve Rouge n’entament pas réellement le potentiel du corps de bataille adverse. Or, pour défendre sa politique indochinoise, le gouvernement Pleven, attaqué par l’opposition, a besoin de signes tangibles d’une évolution de la situation : de Lattre doit reprendre l’offensive. Une victoire redonnerait foi à une partie de l’opinion publique, qui commence à douter du succès français en Extrême-Orient, et permettrait, à la veille du vote du budget des crédits militaires à l’Assemblée nationale, d’influer favorablement sur les débats. C’est dans ce contexte qu’est déclenchée la bataille d’Hoa Binh, un village situé à 80 kilomètres à l’ouest d’Hanoï qui constitue un important nœud de communication viêt-minh entre le nord et le centre du Vietnam. Le général de Lattre ne connaîtra pas l’issue de la bataille – une victoire en trompe l’œil – puisqu’il s’envole pour la France le 19 novembre pour se faire opérer. « L’année de Lattre » en Indochine est terminée.

Au terme d’un an d’effort, de Lattre est parvenu à redresser la situation militaire ; il est arrivé également à obtenir l’implication plus grande des États-Unis dans la guerre et a réussi, en outre, à développer l’armée nationale vietnamienne, à défaut d’avoir pu véritablement engager Bao Dai dans la guerre. Malgré les victoires remportées et l’impulsion donnée, la disparition du général de Lattre laisse le « problème indochinois entier » : l’armée populaire a subi des rudes coups, elle est affaiblie mais son potentiel de reconstruction intact peut lui permettre de retrouver rapidement sa valeur. Certains thuriféraires du général de Lattre avancent que sa mort a interdit une victoire militaire du corps expéditionnaire. Cette lecture des événements ne résiste pas à une analyse un peu poussée mais peut-être peut-on admettre que sa conduite des opérations aurait permis de négocier autrement la fin de la guerre si son action avait pu perdurer. Au moment de sa disparition, en janvier 1952, ce qu’il écrivait dans un rapport au gouvernement au mois de septembre 1951 reste ainsi valable : « Il peut survenir une catastrophe en Indochine, il ne peut pas y surgir de miracle. »

Articles récents

21 avril 2021

Message du Président Général Serge Barcellini suite au décès de Monsieur René Randrianja

Mesdames, Messieurs, Cher(e) ami(e), J’ai l’immense tristesse de vous faire part de la disparition brutale de René Randrianja dimanche dernier. René Randrianja avait rejoint notre conseil d’administration en septembre 2019. Il avait été président du CA de l’Association des anciens des Lycées Français du Monde. Il était un jeune homme plein d’avenir, il se plaisait […]

Voir l'article >
17 mars 2021

Les femmes, l’avenir du Souvenir Français

Discours du Président Général Serge Barcellini, lors de l’inauguration de l’exposition du musée de la Cour d’Or de Metz sur Marie Sautet. Le Souvenir Français n’a pas dans ses habitudes d’inscrire des actions dans la Journée internationale des droits des femmes. Notre agenda mémoriel est le plus souvent celui des 1er et 2 novembre – […]

Voir l'article >
29 janvier 2021

Le Souvenir Français et le rapport de Benjamin Stora au président de la République

A la recherche des Morts pour la France Mais où sont passés les Morts pour la France ? Dans les 157 pages du rapport de Benjamin Stora consacré aux questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie, cette expression n’est pas à l’ordre jour. Elle n’est présente qu’à trois reprises, deux fois dans des […]

Voir l'article >
2 septembre 2021

Intervention de Serge Barcellini le 23 août

Serge Barcellini, Président Général du Souvenir Français est intervenu lors de la cérémonie organisée dans le cadre de la Journée des Tirailleurs sénégalais à Marseille le 23 août 2021. Vous trouverez son allocution en cliquant ICI

Voir l'article >

Agenda du mois de septembre

Télécharger l’agenda du mois en cliquant ICI

Voir l'article >