L’œil de l’historien

1 décembre 2021

Emile Kern, La mémoire napoléonienne au moment du bicentenaire de la mort de l’empereur en 2021

Emile Kern est un professeur agrégé et docteur en histoire contemporaine à l’Université Paul Valéry-Montpellier III. Il enseigne actuellement l’histoire-géographie dans un lycée au Pays basque après avoir été durant de nombreuses années chargé de cours à l’université de Nîmes et formateur au CAPES et à l’agrégation dans l’académie de Grenoble. Historien napoléonien, il a publié trois ouvrages sur Napoléon et récemment un ouvrage sur l’Histoire vivante, ainsi que de nombreux articles dans des revues scientifiques et grand public. Il est également rédacteur en chef de la revue Revivre l’histoire. Emile Klein a également publié en 2016 un ouvrage dans la collection « Histoire de Mémoire », dirigée par Serge Barcellini aux Editions Soteca, consacré à « Napoléon, deux cents ans de légende », en partenariat avec Le Souvenir Français.

Le 5 mai 2021 le président de la République Emmanuel Macron est venu à l’Institut de France prononcer un discours à l’occasion du bicentenaire de la mort de Napoléon dans lequel il mentionne : « De l’Empire nous avons renoncé au pire et de l’Empereur nous avons embelli le meilleur ». Par ces mots le président n’a pas manqué de souligner tout ce que la France devait à Napoléon, sans mettre un voile sur « les côtés obscurs ». Pourtant, l’intervention du chef de l’État a failli être annulée en raison du contexte de crise sanitaire et de polémiques autour de l’image que l’empereur renvoie auprès des Français, comme cela s’était déjà produit pour la commémoration du bicentenaire de la bataille d’Austerlitz, en décembre 2005.

Alors pourquoi, celui que tant de nations nous envient à travers le monde, reste un personnage si controversé en France, un personnage qui continue de diviser l’opinion deux cents ans après sa mort ?

L’homme donne le vertige, fait rêver, irrite, mais il ne laisse jamais personne indifférent, même parmi ses adversaires. Napoléon a plusieurs facettes : il est grand stratège, peut-être même le plus grand de toute l’histoire militaire, réformateur, bâtisseur, esprit curieux, fils des Lumières et de la Révolution, il est aussi dominateur, oppressif, sanguinaire… Pour ses laudateurs, Napoléon fascine car ce n’est pas un grand homme « ordinaire », il est scénarisé afin d’apparaître comme un héros, un demi-dieu, un objet de culte. Inversement, pour ses contempteurs, il est haïssable, dangereux et destructeur. Néanmoins, ce qui fait la force du personnage, que l’on aime ou pas Napoléon, c’est que son mythe persiste au cours du temps. Cette omniprésence, Napoléon l’a voulue, l’a construite, l’a imposée de son vivant à ses contemporains, et l’a léguée après sa mort aux générations futures, enrichissant encore et encore sa postérité. Roi d’Italie, empereur des Français, dieu de la guerre, Napoléon a construit son image, utilisant la propagande avant même que le concept n’apparaisse.

Que ce soit à Austerlitz en 1805 ou à Waterloo en 1815, Napoléon porte la même tenue, se fait représenter dans les mêmes postures, pérennisant à jamais sa silhouette désormais identifiable par tous. D’origine plutôt modeste, Napoléon intéresse toutes les couches de la société. L’histoire de son ascension fulgurante, autant que son déclin attise les curiosités. Véritable roman d’aventure, sa fougue et son énergie captivent. La fin tragique de l’épopée conforte la dramaturgie, elle entretient le goût de l’extraordinaire, le goût du mystère. Héritier ou fossoyeur de la Révolution française, il se couronne empereur pour finir exilé dans une île éloignée du monde et mourir en martyr avec pour seule litanie les vents de l’Atlantique sud. Il a su profiter du concours d’artistes et d’écrivains qui ont immortalisé chaque étape de sa vie. Mais Napoléon se veut aussi agitateur ne se contentant pas de pérenniser l’image d’un grand politique. Il avive de nombreuses polémiques créant remous, débats et colères. Despote ou réformateur, grand capitaine ou ogre sanguinaire, héros ou dictateur à l’origine du déclin de la France, responsable de la défaite de Sedan, esclavagiste… Toutes ces lectures sont multiples, adeptes ou adversaires y trouvent leur compte.

Napoléon, à la différence d’autres grands personnages, reste un mythe qui s’impose à nos mémoires. Il a créé son propre destin et endossé différents costumes : quand Louis XIV se rappelle à nous en costume de sacre, Napoléon, lui, multiplie ses représentations, apparaissant au cœur des batailles, franchissant les Alpes à dos de mulet, traversant les plaines gelées de la Russie en traîneau, contemplant les pyramides sous un soleil accablant, ou bien posant majestueusement en costume de sacre… Napoléon aime cumuler les fonctions de chef de guerre, non pas invincible mais génial, de chef d’État non pas irréprochable, mais débordant d’énergie.

Napoléon en chiffres reste un chef militaire et un réformateur inégalé, qui fait rêver de nombreux dirigeants depuis deux siècles

 « Quel roman que ma vie »[1] s’écria-t-il à Sainte-Hélène. Imaginait-il que sa prédiction se réaliserait pleinement, si on en juge par l’extrême richesse de l’édition autour de son nom et de son épopée encore aujourd’hui ?60 000 ouvrages parus depuis sa mort, plus de 1 000 films sur grand et petit écran, ce qui en fait le personnage historique le plus représenté au cinéma…. Empereur de l’édition et du box office, Napoléon est également le chef de l’État qui a le plus réformé la France en moins de douze années passées au pouvoir avec plus de 500 lois votées parmi lesquelles de nombreuses institutions comme le Conseil d’État (1799), la Banque de France et le préfet (1800), le lycée et la Légion d’honneur (1802), le conseil des prud’hommes (1806), la Cour des Comptes (1807), le baccalauréat (1808), le cadastre, le code de commerce, le retour au calendrier grégorien et la création de l’université impériale. On doit également à Napoléon la numérotation des rues (depuis 1805) ou le ramassage des ordures (décidé en 1810) et bien d’autres lois et aménagements encore en application de nos jours. Parmi toutes ces réformes et legs administratifs, il faut citer le Code civil (1804). Comme le précise le directeur de la Fondation Napoléon, Thierry Lentz, nous appliquons depuis 215 ans le Code civil qui détermine le statut des citoyens, des biens et des relations entre personnes privées. « Ma vraie gloire, ce n’est pas d’avoir gagné quarante batailles ; Waterloo effacera le souvenir de tant de victoires. Ce que rien n’effacera, ce qui vivra éternellement, c’est mon Code civil », reconnaissait-il à Sainte-Hélène.

Napoléon a également su utiliser et encourager les arts, lançant d’importants travaux urbains dans Paris et un peu partout en France. Grand stratège et réformateur, Napoléon est également un constructeur. Il veut faire de Paris la plus belle ville du monde et ordonne le percement de la rue de Rivoli face aux Tuileries pour désengorger la capitale. Parmi les transformations et nouveautés, il faut noter la création de lanternes supplémentaires pour l’éclairage public, l’aménagement de cimetières à la périphérie, le ramassage des ordures, l’installation de fontaines et de nouveaux jardins mais aussi de halles et de marchés. Le canal de l’Ourcq est construit pour approvisionner Paris en eau. Admirateur de l’histoire romaine, il couvre la capitale de monuments antiques comme les arcs de triomphe du Carrousel (1808) et de l’Étoile (commencé en 1808, achevé en 1836), et la colonne Vendôme. Il restaure et embellit de nombreux palais parmi lesquels les Tuileries, Versailles, Fontainebleau, Malmaison et Compiègne. Il enrichit les collections du musée Louvre et fait construire trois nouveaux ponts sur la Seine (Austerlitz, Iéna et le pont des Arts). Alors que la France et le monde traversent actuellement une pandémie, il est intéressant de rappeler que l’empereur milita pour la vaccination systématique des Français contre la variole. Pour montrer l’exemple, il fit vacciner son propre fils en 1811 et imposa la vaccination obligatoire à tous les conscrits, ainsi, à la fin de l’Empire, un enfant sur deux est vacciné dans la moitié des départements. Napoléon, en restaurant la paix religieuse avec la signature du Concordat en 1801, permet aux protestants et aux juifs de France de pratiquer leur religion en toute quiétude.

Grand général, il reste un modèle militaire et sa stratégie continue d’être étudiée dans toutes les écoles de guerre; l’orgueil des Français continue à être nourri de ses victoires. Après la défaite de Waterloo, Clausewitz continue de le qualifier de « Dieu de la guerre » car sa stratégie repose sur la recherche de la surprise et nécessite une rapidité de mouvement de la part de ses troupes. Comme le disait lui-même Napoléon, « le meilleur soldat n’est pas tant celui qui se bat que celui qui marche ». Entre 1796 et 1815, la Grande Armée aura parcouru une grande partie de l’Europe. Napoléon a livré plus de batailles qu’Hannibal, Alexandre le Grand et César réunis. Ces batailles utilisent souvent le même système, la même manœuvre : l’attaque de rupture au centre. Contrairement à certaines croyances, les campagnes et les batailles menées par Napoléon ne sont pas improvisées mais mûrement réfléchies. Il n’est pas rare de voir l’empereur allongé sur des cartes et placer des petits drapeaux pour déterminer les étapes de sa campagne.

Depuis 200 ans, le mythe napoléonien repose sur sa légende

« Vivant Napoléon a manqué le monde, mort il le conquiert »[2], s’exclame Chateaubriand dans les Mémoires d’outre-tombe. Pourtant, bien avant sa mort, Napoléon met en place sa propre gloire. Durant la première campagne d’Italie, il crée des journaux qui vantent ses exploits : « Bonaparte vole comme l’éclair et frappe comme la foudre. Il est partout et il voit tout : il est l’envoyé de la Grande Nation »[3].

Son plus grand historien, Jean Tulard, souligne que « Loin de l’apparat des palais, c’est avant tout une silhouette que se plaît à composer Napoléon ». Sa silhouette et son physique évoluent passant du jeune corse au physique chétif, les cheveux longs et le teint malade, au Premier consul qui apparaît avec les cheveux courts, tel un consul romain, le visage et le physique s’arrondissant à partir de la campagne de Russie en 1812. Durant le Consulat, Napoléon adopte le bicorne en feutre noir, porté « en bataille »  et agrémenté d’une cocarde tricolore. Lorsqu’il ne porte pas le costume de premier consul, c’est l’uniforme de chasseur de la Garde, avec une redingote grise (ou verte). Enfin, le personnage fixe le mythe avec ses mains croisées derrière le dos ou la main dans le gilet, geste classique des officiers de l’époque pour compenser l’absence de poches dans les uniformes. L’image est ainsi fixée pour la postérité. Il reste maintenant à représenter le général invincible et l’homme politique aux pouvoirs et aux talents exceptionnels. C’est le travail qui est confié aux peintres de la cour impériale, chargés d’entretenir le culte du chef, tant il est vrai que Napoléon manie la propagande comme personne avant lui. Il a su en utiliser tous les prismes, s’affichant, une nouvelle fois, en avance sur son temps.

Si la presse est invitée à saluer les exploits du grand général, les peintres comme David ou Ingres, parmi d’autres, mettent en scène les grands moments du règne et fixent les traits du monarque. Ce mythe du héros multiforme est ensuite véhiculé, après sa mort, sur différents supports : les écrivains romantiques du XIXe siècle (Vigny, Stendhal, Balzac, Musset, Lamartine et Hugo), les peintres de la légende (Raffet ou Steuben), les historiens (Thiers) ou encore les chansonniers (Béranger ou Serge Lama), le théâtre et le cinéma. Entre 1829 et 1841, des images gravées sur bois évoquant les batailles et les grands moments de la vie de l’empereur sortent des ateliers de la famille Pellerin à Épinal. Ces gravures, parfois reprises d’après des peintures, viennent illustrer les ouvrages sur Napoléon, ou sont distribuées par les colporteurs dans les campagnes les plus profondes, accompagnant quelquefois les almanachs très prisés par les Français du XIXe siècle. Sous le Second Empire, on constate une floraison régionale des statues dédiées à Napoléon Bonaparte, comme par exemple en 1854 à La-Roche-sur-Yon, en 1857 à Cherbourg, en 1865 à Rouen ou à Montereau en 1867. Le 7e art utilise, dès ses débuts, la vie épique de Napoléon. Les frères Lumières en 1897 sont les premiers à lui consacrer des films (format court d’une minute). Toutefois, le film qui marque l’histoire du cinéma napoléonien et reste une référence encore actuellement, est le Napoléon d’Abel Gance en 1927. D’autres réalisateurs prestigieux du XXe siècle, comme Sacha Guitry, King Vidor, Sergueï Bondartchouk, Woody Allen, Youssef Chahine, Edouard Molinaro ou Ridley Scott, se lancent dans l’aventure napoléonienne.

Et pourtant, malgré le mythe, Napoléon reste au centre des controverses entre détracteurs et admirateurs… En effet, le personnage déchaîne les passions en France et dans le monde. Les années qui ont marqué les commémorations du bicentenaire de l’épopée napoléonienne, entre 1969 et 2021, ont montré cette opposition de certains face à l’admiration des autres. Napoléon continue de diviser les Français deux cents ans après sa mort. Les royalistes, puis l’extrême-droite, au début du XXe siècle, autant que les communistes, dénoncent le dictateur qui a affaibli la France. Durant les commémorations du bicentenaire, les gestes d’opposition à l’encontre du mythe napoléonien se sont développés provoquant même l’annulation de la commémoration de la bataille d’Austerlitz en 2005, décidée par le président Jacques Chirac, ou, plus récemment, la destruction de la statue de Joséphine en Martinique en 2020. Si durant longtemps les opposants à Napoléon mettaient en avant le démolisseur de la République et des libertés ou l’ogre à l’origine de la mort de plusieurs centaines de milliers de personnes en France et en Europe, de nos jours c’est le rétablissement de l’esclavage qui est systématiquement dénoncé, ainsi que la misogynie du chef d’État soumettant les femmes à leur mari dans le Code civil, en pleine vague #MeeToo. Le décret de 1802, qui rétablit l’esclavage après l’abolition de 1794, est brandi par certains opposants à la commémoration du bicentenaire de la mort de l’empereur en 2021. Dans la quasi-totalité des journaux télévisés, dans de nombreuses émissions spéciales (Laissez-vous guider, Secrets d’histoire, La Grande Librairie, Stupéfiant…), et aussi à la radio, écrivains, historiens et spécialistes se relayent pour expliquer, rappeler et contextualiser les différents événements de la vie napoléonienne.

2021, « L’Année Napoléon »

Malgré toutes ces polémiques, la journée du 5 mai fut consacrée au bicentenaire de Napoléon. Librairies et kiosques n’ont jamais été autant achalandés par des ouvrages et revues historiques ayant pour sujet l’épopée; même les grands journaux et la presse nationale y vont de leur « numéro spécial Napoléon ».

L’année 2021 a donc bel et bien été « l’Année Napoléon », comme elle le fut en 1969 pour le bicentenaire de la naissance, dont le point d’orgue avait été le discours du président Georges Pompidou à Ajaccio. En 2021, de nombreuses expositions sont organisées à Paris, et un peu partout dans le reste de la France : Napoléon à La Villette, Napoléon n’est plus au Musée de l’Armée, Joséphine et Napoléon, une histoire extraordinaire à la Maison Chaumet, Dessiner pour Napoléon aux Archives nationales ou Napoléon, Bertrand. Le retour des héros au musée Bertrand à Châteauroux, Napoléon sous toutes les coutures à Brienne, De Toulon à Alexandrie à la Galerie des musées de Toulon, pour n’en citer que quelques-unes. D’autres manifestations, comme des colloques ou de grands rassemblements de reconstituteurs (à Saint-Cloud, Lavaur, Châteauroux, etc.) ont permis de rappeler au public les différentes facettes qui font de Napoléon l’un des personnages clefs de l’histoire de France. Il faut noter que la force de la mémoire napoléonienne ne se limite pas à l’hexagone car des musées dans d’autres pays ont choisi de marquer l’événement en organisant des manifestations comme à Waterloo ou à Liège en Belgique ou à Rome et d’autres lieux en Italie.

Comme l’affirme le président de la République Emmanuel Macron dans son discours sous la Coupole : « On aime Napoléon parce que sa vie a le goût du possible… Napoléon est une part de nous ». Le président, qui a fait venir des lycéens pour l’occasion, insiste sur le droit de critiquer un personnage comme Napoléon, à la condition qu’on en connaisse son histoire. Ainsi, on aura beau essayer de déconstruire l’image et le mythe de Napoléon, comme il le disait lui-même à Sainte-Hélène : « Il y aura toujours un historien pour me défendre ».


[1] Las Cases, Mémorial de Sainte-Hélène, 30 juin 1816, dans Jean Tulard, Le Monde selon Napoléon. Maximes, pensées, réflexions, confidences et prophéties, Tallandier, Paris, 2015

[2] François-René de Chateaubriand, « Vie de Napoléon » dans Mémoires d’outre-tombe, Editions de Fallois, 1840.

[3] Courrier de l’Armée d’Italie, 1796

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Le 5 mai 2021 le président de la République Emmanuel Macron est venu à l’Institut de France prononcer un discours à l’occasion du bicentenaire de la mort de Napoléon dans lequel il mentionne : « De l’Empire nous avons renoncé au pire et de l’Empereur nous avons embelli le meilleur ». Par ces mots le président n’a pas manqué de souligner tout ce que la France devait à Napoléon, sans mettre un voile sur « les côtés obscurs ». Pourtant, l’intervention du chef de l’État a failli être annulée en raison du contexte de crise sanitaire et de polémiques autour de l’image que l’empereur renvoie auprès des Français, comme cela s’était déjà produit pour la commémoration du bicentenaire de la bataille d’Austerlitz, en décembre 2005.

Alors pourquoi, celui que tant de nations nous envient à travers le monde, reste un personnage si controversé en France, un personnage qui continue de diviser l’opinion deux cents ans après sa mort ?

L’homme donne le vertige, fait rêver, irrite, mais il ne laisse jamais personne indifférent, même parmi ses adversaires. Napoléon a plusieurs facettes : il est grand stratège, peut-être même le plus grand de toute l’histoire militaire, réformateur, bâtisseur, esprit curieux, fils des Lumières et de la Révolution, il est aussi dominateur, oppressif, sanguinaire… Pour ses laudateurs, Napoléon fascine car ce n’est pas un grand homme « ordinaire », il est scénarisé afin d’apparaître comme un héros, un demi-dieu, un objet de culte. Inversement, pour ses contempteurs, il est haïssable, dangereux et destructeur. Néanmoins, ce qui fait la force du personnage, que l’on aime ou pas Napoléon, c’est que son mythe persiste au cours du temps. Cette omniprésence, Napoléon l’a voulue, l’a construite, l’a imposée de son vivant à ses contemporains, et l’a léguée après sa mort aux générations futures, enrichissant encore et encore sa postérité. Roi d’Italie, empereur des Français, dieu de la guerre, Napoléon a construit son image, utilisant la propagande avant même que le concept n’apparaisse.

Que ce soit à Austerlitz en 1805 ou à Waterloo en 1815, Napoléon porte la même tenue, se fait représenter dans les mêmes postures, pérennisant à jamais sa silhouette désormais identifiable par tous. D’origine plutôt modeste, Napoléon intéresse toutes les couches de la société. L’histoire de son ascension fulgurante, autant que son déclin attise les curiosités. Véritable roman d’aventure, sa fougue et son énergie captivent. La fin tragique de l’épopée conforte la dramaturgie, elle entretient le goût de l’extraordinaire, le goût du mystère. Héritier ou fossoyeur de la Révolution française, il se couronne empereur pour finir exilé dans une île éloignée du monde et mourir en martyr avec pour seule litanie les vents de l’Atlantique sud. Il a su profiter du concours d’artistes et d’écrivains qui ont immortalisé chaque étape de sa vie. Mais Napoléon se veut aussi agitateur ne se contentant pas de pérenniser l’image d’un grand politique. Il avive de nombreuses polémiques créant remous, débats et colères. Despote ou réformateur, grand capitaine ou ogre sanguinaire, héros ou dictateur à l’origine du déclin de la France, responsable de la défaite de Sedan, esclavagiste… Toutes ces lectures sont multiples, adeptes ou adversaires y trouvent leur compte.

Napoléon, à la différence d’autres grands personnages, reste un mythe qui s’impose à nos mémoires. Il a créé son propre destin et endossé différents costumes : quand Louis XIV se rappelle à nous en costume de sacre, Napoléon, lui, multiplie ses représentations, apparaissant au cœur des batailles, franchissant les Alpes à dos de mulet, traversant les plaines gelées de la Russie en traîneau, contemplant les pyramides sous un soleil accablant, ou bien posant majestueusement en costume de sacre… Napoléon aime cumuler les fonctions de chef de guerre, non pas invincible mais génial, de chef d’État non pas irréprochable, mais débordant d’énergie.

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 « Quel roman que ma vie »[1] s’écria-t-il à Sainte-Hélène. Imaginait-il que sa prédiction se réaliserait pleinement, si on en juge par l’extrême richesse de l’édition autour de son nom et de son épopée encore aujourd’hui ?60 000 ouvrages parus depuis sa mort, plus de 1 000 films sur grand et petit écran, ce qui en fait le personnage historique le plus représenté au cinéma…. Empereur de l’édition et du box office, Napoléon est également le chef de l’État qui a le plus réformé la France en moins de douze années passées au pouvoir avec plus de 500 lois votées parmi lesquelles de nombreuses institutions comme le Conseil d’État (1799), la Banque de France et le préfet (1800), le lycée et la Légion d’honneur (1802), le conseil des prud’hommes (1806), la Cour des Comptes (1807), le baccalauréat (1808), le cadastre, le code de commerce, le retour au calendrier grégorien et la création de l’université impériale. On doit également à Napoléon la numérotation des rues (depuis 1805) ou le ramassage des ordures (décidé en 1810) et bien d’autres lois et aménagements encore en application de nos jours. Parmi toutes ces réformes et legs administratifs, il faut citer le Code civil (1804). Comme le précise le directeur de la Fondation Napoléon, Thierry Lentz, nous appliquons depuis 215 ans le Code civil qui détermine le statut des citoyens, des biens et des relations entre personnes privées. « Ma vraie gloire, ce n’est pas d’avoir gagné quarante batailles ; Waterloo effacera le souvenir de tant de victoires. Ce que rien n’effacera, ce qui vivra éternellement, c’est mon Code civil », reconnaissait-il à Sainte-Hélène.

Napoléon a également su utiliser et encourager les arts, lançant d’importants travaux urbains dans Paris et un peu partout en France. Grand stratège et réformateur, Napoléon est également un constructeur. Il veut faire de Paris la plus belle ville du monde et ordonne le percement de la rue de Rivoli face aux Tuileries pour désengorger la capitale. Parmi les transformations et nouveautés, il faut noter la création de lanternes supplémentaires pour l’éclairage public, l’aménagement de cimetières à la périphérie, le ramassage des ordures, l’installation de fontaines et de nouveaux jardins mais aussi de halles et de marchés. Le canal de l’Ourcq est construit pour approvisionner Paris en eau. Admirateur de l’histoire romaine, il couvre la capitale de monuments antiques comme les arcs de triomphe du Carrousel (1808) et de l’Étoile (commencé en 1808, achevé en 1836), et la colonne Vendôme. Il restaure et embellit de nombreux palais parmi lesquels les Tuileries, Versailles, Fontainebleau, Malmaison et Compiègne. Il enrichit les collections du musée Louvre et fait construire trois nouveaux ponts sur la Seine (Austerlitz, Iéna et le pont des Arts). Alors que la France et le monde traversent actuellement une pandémie, il est intéressant de rappeler que l’empereur milita pour la vaccination systématique des Français contre la variole. Pour montrer l’exemple, il fit vacciner son propre fils en 1811 et imposa la vaccination obligatoire à tous les conscrits, ainsi, à la fin de l’Empire, un enfant sur deux est vacciné dans la moitié des départements. Napoléon, en restaurant la paix religieuse avec la signature du Concordat en 1801, permet aux protestants et aux juifs de France de pratiquer leur religion en toute quiétude.

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Depuis 200 ans, le mythe napoléonien repose sur sa légende

« Vivant Napoléon a manqué le monde, mort il le conquiert »[2], s’exclame Chateaubriand dans les Mémoires d’outre-tombe. Pourtant, bien avant sa mort, Napoléon met en place sa propre gloire. Durant la première campagne d’Italie, il crée des journaux qui vantent ses exploits : « Bonaparte vole comme l’éclair et frappe comme la foudre. Il est partout et il voit tout : il est l’envoyé de la Grande Nation »[3].

Son plus grand historien, Jean Tulard, souligne que « Loin de l’apparat des palais, c’est avant tout une silhouette que se plaît à composer Napoléon ». Sa silhouette et son physique évoluent passant du jeune corse au physique chétif, les cheveux longs et le teint malade, au Premier consul qui apparaît avec les cheveux courts, tel un consul romain, le visage et le physique s’arrondissant à partir de la campagne de Russie en 1812. Durant le Consulat, Napoléon adopte le bicorne en feutre noir, porté « en bataille »  et agrémenté d’une cocarde tricolore. Lorsqu’il ne porte pas le costume de premier consul, c’est l’uniforme de chasseur de la Garde, avec une redingote grise (ou verte). Enfin, le personnage fixe le mythe avec ses mains croisées derrière le dos ou la main dans le gilet, geste classique des officiers de l’époque pour compenser l’absence de poches dans les uniformes. L’image est ainsi fixée pour la postérité. Il reste maintenant à représenter le général invincible et l’homme politique aux pouvoirs et aux talents exceptionnels. C’est le travail qui est confié aux peintres de la cour impériale, chargés d’entretenir le culte du chef, tant il est vrai que Napoléon manie la propagande comme personne avant lui. Il a su en utiliser tous les prismes, s’affichant, une nouvelle fois, en avance sur son temps.

Si la presse est invitée à saluer les exploits du grand général, les peintres comme David ou Ingres, parmi d’autres, mettent en scène les grands moments du règne et fixent les traits du monarque. Ce mythe du héros multiforme est ensuite véhiculé, après sa mort, sur différents supports : les écrivains romantiques du XIXe siècle (Vigny, Stendhal, Balzac, Musset, Lamartine et Hugo), les peintres de la légende (Raffet ou Steuben), les historiens (Thiers) ou encore les chansonniers (Béranger ou Serge Lama), le théâtre et le cinéma. Entre 1829 et 1841, des images gravées sur bois évoquant les batailles et les grands moments de la vie de l’empereur sortent des ateliers de la famille Pellerin à Épinal. Ces gravures, parfois reprises d’après des peintures, viennent illustrer les ouvrages sur Napoléon, ou sont distribuées par les colporteurs dans les campagnes les plus profondes, accompagnant quelquefois les almanachs très prisés par les Français du XIXe siècle. Sous le Second Empire, on constate une floraison régionale des statues dédiées à Napoléon Bonaparte, comme par exemple en 1854 à La-Roche-sur-Yon, en 1857 à Cherbourg, en 1865 à Rouen ou à Montereau en 1867. Le 7e art utilise, dès ses débuts, la vie épique de Napoléon. Les frères Lumières en 1897 sont les premiers à lui consacrer des films (format court d’une minute). Toutefois, le film qui marque l’histoire du cinéma napoléonien et reste une référence encore actuellement, est le Napoléon d’Abel Gance en 1927. D’autres réalisateurs prestigieux du XXe siècle, comme Sacha Guitry, King Vidor, Sergueï Bondartchouk, Woody Allen, Youssef Chahine, Edouard Molinaro ou Ridley Scott, se lancent dans l’aventure napoléonienne.

Et pourtant, malgré le mythe, Napoléon reste au centre des controverses entre détracteurs et admirateurs… En effet, le personnage déchaîne les passions en France et dans le monde. Les années qui ont marqué les commémorations du bicentenaire de l’épopée napoléonienne, entre 1969 et 2021, ont montré cette opposition de certains face à l’admiration des autres. Napoléon continue de diviser les Français deux cents ans après sa mort. Les royalistes, puis l’extrême-droite, au début du XXe siècle, autant que les communistes, dénoncent le dictateur qui a affaibli la France. Durant les commémorations du bicentenaire, les gestes d’opposition à l’encontre du mythe napoléonien se sont développés provoquant même l’annulation de la commémoration de la bataille d’Austerlitz en 2005, décidée par le président Jacques Chirac, ou, plus récemment, la destruction de la statue de Joséphine en Martinique en 2020. Si durant longtemps les opposants à Napoléon mettaient en avant le démolisseur de la République et des libertés ou l’ogre à l’origine de la mort de plusieurs centaines de milliers de personnes en France et en Europe, de nos jours c’est le rétablissement de l’esclavage qui est systématiquement dénoncé, ainsi que la misogynie du chef d’État soumettant les femmes à leur mari dans le Code civil, en pleine vague #MeeToo. Le décret de 1802, qui rétablit l’esclavage après l’abolition de 1794, est brandi par certains opposants à la commémoration du bicentenaire de la mort de l’empereur en 2021. Dans la quasi-totalité des journaux télévisés, dans de nombreuses émissions spéciales (Laissez-vous guider, Secrets d’histoire, La Grande Librairie, Stupéfiant…), et aussi à la radio, écrivains, historiens et spécialistes se relayent pour expliquer, rappeler et contextualiser les différents événements de la vie napoléonienne.

2021, « L’Année Napoléon »

Malgré toutes ces polémiques, la journée du 5 mai fut consacrée au bicentenaire de Napoléon. Librairies et kiosques n’ont jamais été autant achalandés par des ouvrages et revues historiques ayant pour sujet l’épopée; même les grands journaux et la presse nationale y vont de leur « numéro spécial Napoléon ».

L’année 2021 a donc bel et bien été « l’Année Napoléon », comme elle le fut en 1969 pour le bicentenaire de la naissance, dont le point d’orgue avait été le discours du président Georges Pompidou à Ajaccio. En 2021, de nombreuses expositions sont organisées à Paris, et un peu partout dans le reste de la France : Napoléon à La Villette, Napoléon n’est plus au Musée de l’Armée, Joséphine et Napoléon, une histoire extraordinaire à la Maison Chaumet, Dessiner pour Napoléon aux Archives nationales ou Napoléon, Bertrand. Le retour des héros au musée Bertrand à Châteauroux, Napoléon sous toutes les coutures à Brienne, De Toulon à Alexandrie à la Galerie des musées de Toulon, pour n’en citer que quelques-unes. D’autres manifestations, comme des colloques ou de grands rassemblements de reconstituteurs (à Saint-Cloud, Lavaur, Châteauroux, etc.) ont permis de rappeler au public les différentes facettes qui font de Napoléon l’un des personnages clefs de l’histoire de France. Il faut noter que la force de la mémoire napoléonienne ne se limite pas à l’hexagone car des musées dans d’autres pays ont choisi de marquer l’événement en organisant des manifestations comme à Waterloo ou à Liège en Belgique ou à Rome et d’autres lieux en Italie.

Comme l’affirme le président de la République Emmanuel Macron dans son discours sous la Coupole : « On aime Napoléon parce que sa vie a le goût du possible… Napoléon est une part de nous ». Le président, qui a fait venir des lycéens pour l’occasion, insiste sur le droit de critiquer un personnage comme Napoléon, à la condition qu’on en connaisse son histoire. Ainsi, on aura beau essayer de déconstruire l’image et le mythe de Napoléon, comme il le disait lui-même à Sainte-Hélène : « Il y aura toujours un historien pour me défendre ».


[1] Las Cases, Mémorial de Sainte-Hélène, 30 juin 1816, dans Jean Tulard, Le Monde selon Napoléon. Maximes, pensées, réflexions, confidences et prophéties, Tallandier, Paris, 2015

[2] François-René de Chateaubriand, « Vie de Napoléon » dans Mémoires d’outre-tombe, Editions de Fallois, 1840.

[3] Courrier de l’Armée d’Italie, 1796

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