L’œil de l’Historien

6 octobre 2021

Sébastien Albertelli,

« Elles ont suivi de Gaulle. Histoire du Corps des Volontaires françaises » Perrin, Ministère des Armées, 2020.

Sébastien Albertelli est agrégé et docteur en histoire. Il est spécialiste de l’histoire de la France libre et de la Résistance. Il est l’auteur de divers ouvrages, notamment « Les services secrets du général de Gaulle. Le BCRA, 1940-1944 » (Perrin, 2009 ; Tempus, 2020) et, avec Julien Blanc et Laurent Douzou « La lutte clandestine en France. Une histoire de la Résistance, 1940-1944 » (Seuil, 2019).

            Les historiens de la France libre ont accordé très peu de place aux femmes, et je n’ai pas fait exception. J’ai longtemps travaillé sur un service, le BCRA, les services secrets de la France libre qui, en 1944, comptait trois fois plus de femmes que d’hommes. Pourtant, dans ma thèse, soutenue en 2006, je n’ai consacré tout au plus que quelques pages aux femmes.

Pourquoi cet oubli ? Les historiens sont de leur temps et l’attention portée au rôle des femmes dans l’histoire est somme toute récente. Encore ne faut-il pas caricaturer : Christine Lévisse-Touzé s’était penchée depuis bien longtemps sur les parcours de femmes au sein de la France libre. Mais nul ne leur avait encore consacré une étude approfondie. Il est vrai que les historiens se sont longtemps focalisés sur une histoire politique et combattante de la France libre, dans laquelle le rôle des femmes avait été marginal. On est par ailleurs longtemps resté convaincu que les archives feraient défaut pour retracer le parcours de ces oubliées de l’histoire. Or, les archives existent bel et bien, en France et à l’étranger, dans les archives privées et les archives publiques, notamment aux Archives nationales et dans les diverses antennes du Service historique de la Défense. De riches dossiers individuels, en particulier, permettent de retracer une histoire collective en faisant la part belle aux parcours individuels.

            Deux rencontres m’ont fait prendre conscience de l’angle mort de mes recherches et m’ont donné envie de mieux connaitre le parcours des femmes au sein de la France libre. Paulette Levalleur et Tereska Torrès étaient aussi dissemblables que possible, mais toutes deux s’étaient engagées dans la France libre alors qu’elles étaient de très jeunes filles, en 1940-1941. Toutes deux m’ont accueilli les bras ouverts et m’ont guidé dans les débuts de ma recherche consacrée à l’unité à laquelle elles avaient appartenu : le Corps des Volontaires françaises (CVF).

            En définitive, cette unité aura rassemblé environ 600 femmes, engagées entre 1940 et 1945 : elles étaient 100 en 1940, moins de 150 au début de 1942 et 379 en juillet 1943. Elles étaient loin de représenter la totalité des femmes engagées dans la France libre : celle-ci accueillit des milliers de civiles sur lesquelles nos connaissances restent très parcellaires ; en outre, des centaines de femmes s’engagèrent dans d’autres unités militaires ; il faut par ailleurs garder à l’esprit que des milliers de femmes rejoignirent l’armée en Afrique du Nord à partir de 1943.

            En 1940, ce n’était pas la première fois que des femmes revêtaient l’uniforme, mais c’était bien la première fois qu’elles intégraient une unité militaire proprement féminine, dont les membres n’étaient pas des auxiliaires, mais des militaires à part entière. Contrairement aux auxiliaires, habillées en militaires mais dépourvues des droits afférant au statut militaire, les Volontaires françaises signaient le même engagement militaire que les hommes (pour la durée de la guerre, plus trois mois) et jouissaient des mêmes droits, par exemple en matière de pensions.

            Pourquoi la France libre opéra-t-elle cette petite révolution ? Sans doute en partie sous la pression de femmes, désireuses de rejoindre ses rangs, qui arrivaient à Londres en uniformes après avoir servi comme auxiliaires et qui se percevaient comme des militaires. La France libre était trop pauvre en hommes pour pouvoir rejeter des femmes de bonne volonté. En outre, l’armée britannique se montrait résolument accueillante pour les femmes et le général de Gaulle put craindre que les Françaises ne rejoignissent ses rangs si elles ne trouvaient pas leur place au sein des Forces françaises libres.

            Un accord fut donc conclu avec les Britanniques en octobre-novembre 1940 pour la création d’un Corps féminin dont les membres seraient formés par leurs homologues féminins de l’armée britannique, les ATS. L’unité fut rebaptisée Corps des Volontaires françaises en 1941, pour couper cours aux plaisanteries auxquelles donnait lieu le premier nom de l’unité.

            Qui étaient ces Volontaires ? De jeunes femmes : elles avaient en moyenne 27 ans au moment de leur engagement, 24 ans en 1942. Cela ne les distingue pas vraiment des hommes, dont l’âge moyen à l’engagement était de 24 ans en 1943. Une sur quatre avait moins de 20 ans, une sur deux entre 20 et 29 ans et seulement une sur dix plus de 40 ans. Il arrivait souvent que leur engagement soit une affaire de famille : une quarantaine d’entre elles servaient au côté de leur mère, d’une sœur ou d’une fille. Ainsi des trois sœurs Rose, Monique et Jeanne-Marie Duval qui fuirent Le Portel le 19 juin 1940 à bord du bateau de pêche familial et qui s’engagèrent en février 1942 en même temps que leur cousine Marie-Josèphe. Ainsi encore de Jeanne Kidd et de ses filles, Janine et Suzanne, ou de Claude Rothschild et de ses filles, Nicole et Monique.

            D’un point de vue sociologique, en revanche, l’origine des Volontaires est plus variée et moins favorisée que celle des Français libres, dont Jean-François Murracciole a pu montrer qu’ils se recrutaient prioritairement dans les élites. Leur origine, extrêmement variée, interdit de dresser un portrait-robot. La bourgeoisie est naturellement représentée à travers la championne de tennis Simonne Mathieu, qui créa l’unité, Hélène Terré, qui lui succéda ou encore Ève Curie, Claude Rothschild et ses filles. Mais beaucoup étaient serveuses, téléphonistes, vendeuses ou gouvernantes avant de s’engager.

Leur origine géographique et nationale est également variée. Beaucoup fuirent la France en 1940, souvent en forçant le passage, car il était plus difficile encore pour une femme d’accéder à un navire quand tant de soldats restaient à quai. D’autres étaient déjà en Angleterre pour y travailler ou dans le cadre de leurs études ou de séjours linguistiques et furent prises au piège. Certaines arrivèrent ensuite au compte-goutte de l’Empire et de l’étranger et durent, là encore, batailler pour trouver une place sur un navire. Raymonde Jore et Raymonde Rolly, deux jeunes Néo-Calédoniennes, incarnèrent les femmes de l’Empire et furent mises en avant par la propagande. Quelques femmes, réussirent également à s’évader de France pendant l’Occupation, en traversant la Manche ou en passant par l’Espagne. Un nombre croissant d’Anglaises rejoignirent le CVF à partir de 1942, parce qu’elles avaient vécu en France ou avaient une mère française. « J’ai vécu en France au temps de sa splendeur… je veux la servir aujourd’hui dans sa détresse », expliqua Jacqueline Cromie.

Ces femmes, comme les hommes, étaient portées par le désir de « faire quelque chose d’utile. » Très peu d’entre elles faisaient état d’opinions politiques. Beaucoup exprimaient en revanche un profond patriotisme qui leur interdisait d’accepter la défaite. Dès le 27 juin 1940, Tereska Szwarc (future Torrès) dénonçait la trahison de Vichy et disait son bonheur d’entendre la voix du général de Gaulle. Le choix de s’engager dans l’armée signait une volonté de servir en se fondant dans un groupe. Ève Curie, qui s’engagea en 1943, expliqua qu’elle voulait « abandonner le rôle individuel qu’elle jouait dans la guerre pour assumer le rôle modeste d’un soldat dans l’armée. »

L’engagement des femmes n’était pourtant pas strictement identique à celui des hommes. Il restait marqué par leur place dans la société de l’époque. Alors que l’engagement des hommes était pratiquement irrévocable, une Volontaire sur sept quitta son unité avant la Libération : pour certaines, il s’agissait d’une sanction ; pour d’autres, ce départ s’expliquait par le rôle que la société de l’époque affectait aux femmes : elles se mariaient, attendaient un enfant ou partaient soutenir de vieux parents.

L’expérience vécue par ces jeunes femmes fut d’abord une expérience londonienne. L’unité fut créée à Londres et toutes celles qui en firent partie vécurent dans la capitale britannique à un moment ou à un autre. Elles firent l’expérience des douleurs de l’exil et beaucoup développèrent une angoisse face au fossé qui se creusait entre elles et leurs proches restés de l’autre côté de la Manche. Tereska Szwarc notait en janvier 1942 : « Je pensais sans cesse à la France où l’on ne danse pas, où l’on ne mange pas, où règnent le froid, la misère et les larmes. » Certaines firent l’expérience de la prison sur une île qui redoutait l’infiltration d’agents de l’ennemi. Toutes les premières Volontaires firent l’expérience de la guerre et de sa violence à travers les bombardements. Moune Mallaroche perdit la vie dans la destruction de la première caserne, à Hill Street, en avril 1941. Cette identité londonienne s’effilocha ensuite avec le temps, certaines suivant les dirigeants de la France libre à Alger, d’autres réussissant à rejoindre des zones de combat, au Levant et plus tardivement en Italie.

            Les Volontaires entretenaient une relation paradoxale à leur expérience militaire, comme en témoigne leur rapport à l’uniforme. Elles étaient fières de revêtir cet uniforme, comme elles l’étaient de défiler aux côtés des hommes et d’être dans l’armée mais, dans le même temps, beaucoup le trouvaient rebutant et cherchaient à l’améliorer, au risque de s’exposer à des sanctions. La plupart furent rebutées par la vie en caserne, que la propagande avait tendance à présenter sous un jour idyllique. La promiscuité, les décalages culturels, le manque d’esprit de corps rendaient cette expérience pénible. Comme les hommes, les femmes se montraient en outre très critiques à l’égard de celles qui exerçaient l’autorité, qu’elles jugeaient au mieux distantes.

Pour beaucoup de ces jeunes femmes, le temps de la guerre se confondit avec l’apprentissage de la vie. Les dossiers militaires des femmes conservent davantage de traces des expériences intimes que ceux des hommes. Une naissance considérée alors comme illégitime peut ainsi donner lieu à de longs développements dans le dossier d’une femme mais ne pas laisser la moindre trace dans celui du père. La vie à Londres, loin des parents, même dans une caserne, était paradoxalement synonyme de liberté et de découverte de l’amour. Une soixantaine de Volontaires se marièrent, surtout en 1943. Les rapports avec les hommes semblent avoir surtout posé des problèmes quand ils se confondaient avec des rapports hiérarchiques : des officiers plus âgés, plus fortunés, plus influents profitèrent de leur situation, suscitant des réactions plus ou moins vives de la part des dirigeantes de l’unité. L’intimité des femmes étaient aussi profondément marquée par l’inquiétude pour les hommes de leur entourage engagés dans les combats. Jane Lord ou Tereska Szwarc firent toutes deux l’expérience traumatique de l’attente et de la perte de leur conjoint.

            En pratique, ces femmes n’intervenaient pas dans la guerre de la même façon que les hommes. Si elles maniaient des armes au cours de leur formation, et si même la propagande les montrait dans cet exercice, le feu resta strictement réservé aux hommes, contrairement à ce qui se passait en URSS. Le rôle qu’on leur assignait était de remplacer les hommes, en particulier dans les états-majors, comme dactylos, téléphonistes ou conductrices. Beaucoup de Volontaires n’en demandaient sans doute pas davantage et ne firent pas beaucoup parler d’elles. Mais d’autres aspiraient à participer plus activement à la guerre, à partager les risques des combattants, voire à combattre elles-mêmes. Certaines finirent par obtenir gain de cause et servirent au Levant, en Italie, en Normandie, à défaut de combattre elles-mêmes les armes à la main. Janine Serreulles vécut de très près les combats en Normandie et faillit à plusieurs reprises y laisser la vie. D’autres, comme Marianne Dumas ou Jacqueline Cromie, eurent moins de chance et furent grièvement blessées.

Certaines de celles qui restaient à Londres souffraient de l’écart entre ce à quoi elles aspiraient – « côtoyer la bataille et la mort », comme l’écrivait Raymonde Jore – et ce qu’elles vivaient au quotidien. Dans ces conditions, l’action clandestine ouvrit des perspectives à certaines d’entre elles.Pour beaucoup, servir dans les services secrets représentait un rêve, synonyme de proximité avec la France, voire de retour précoce au pays. Mais jusqu’en 1942, les services secrets français refusèrent – à quelques rares exceptions près – d’envoyer des femmes en mission. En 1943, le contexte évolua toutefois : le BCRA avait besoin de plus en plus d’agents et manquait de candidats. Le colonel Passy, qui dirigeait le service, convint alors que les femmes pouvaient être « très utiles » comme opératrices radios et agents de liaison. Huit Volontaires françaises partirent finalement en mission. Marguerite Petitjean, servit comme agente de liaison. D’autres furent opératrices radio : Monique Le Bail, Josiane Somers ou Danielle Reddé. Cette dernière, durement marquée par une première expérience dans la Résistance et terrorisée à l’idée d’être arrêtée, fut parachutée près de Montluçon en février 1944, puis de nouveau en août 1945 au Laos et fut la seule femme introduite de cette façon en territoire occupé par les Japonais. Jeanne Bohec fut la seule instructrice de sabotage. Volontaire dès 1942, cette chimiste fut finalement parachutée en février 1944. Son sort fut toutefois symptomatique : les premiers soldats parachutés en uniforme en Bretagne s’empressèrent de lui interdire de porter une arme et la cantonnèrent dans un rôle d’agente de liaison plus conforme à l’idée qu’ils se faisaient du rôle des femmes.

            On dispose de très peu d’informations sur le sort des Volontaires après la guerre : beaucoup se marièrent, changèrent de nom et se dispersèrent dans le monde, sans rien revendiquer. Aucune association ne vit le jour. Le besoin, pour certaines, de se retrouver, ne se manifesta que dans les années 1980, à l’orée de la retraite.

            Certaines firent carrière dans l’armée. Jusqu’en 1943, Hélène Terré assura qu’il n’en était pas question et que les femmes retourneraient à leurs foyers sitôt la guerre gagnée. Mais son discours évolua par la suite. En 1943-1944, elle lutta pied à pied pour que l’armée ne revînt pas sur les acquis des Volontaires et qu’elle accordât aux milliers de femmes engagées dans l’armée, en particulier en Afrique du Nord, un statut militaire. En 1945, elle alla plus loin, affirmant que si les femmes avaient servi pendant la guerre, elles pouvaient bien servir après la guerre dans une armée qui aurait de plus en plus besoin de spécialistes non combattants. Le chemin fut encore long et Hélène Terré quitta l’armée en 1947, sans faire de vagues, mais déçue. Un an plus tôt, l’armée avait décidé de renvoyer dans leurs foyers toutes les femmes, à l’exception des volontaires pour l’Indochine.

La brèche ouverte par les Volontaires françaises ne se referma pourtant pas tout à fait. Elle marqua le point de départ d’une longue bataille pour faire des femmes des personnels militaires à part entière. En 1951, un décret officialisa et précisa le statut des femmes militaires en France : en ouvrant aux femmes la perspective d’une carrière en temps de paix, il pérennisait leur présence dans l’armée, sans plus la limiter au temps de guerre. Il fallut toutefois encore des années pour leur permettre d’accéder aux grades, puis à l’ensemble des emplois et enfin aux postes combattants.  

Le Souvenir Français a fusionné avec le Comité d’Action de la Résistance présidé par le docteur Pierre Morel en 2015. Dans le cadre de cette fusion, Le Souvenir Français s’est engagé à perpétuer l’organisation du Prix littéraire de de la Résistance, visant à honorer les écrivains et chercheurs travaillant sur ce sujet. Le jury prix littéraire du CAR – Souvenir Français est actuellement présidé Vladimir Trouplin, conservateur au musée de l’Ordre de la Libération et le CGA (2s) Serge Barcellini, Président général du Souvenir Français. Le prix 2020 a été remis le 15 septembre 2021 au musée de l’ordre de la Libération à Sébastien Albertelli pour son ouvrage, Elles ont suivi de Gaulle, Histoire du Corps des Volontaire françaises, et une mention a été décernée à Jacqueline Fleury et Jérôme Cordelier pour l’ouvrage-témoignage Résistante. 

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6 octobre 2021

Sébastien Albertelli,

« Elles ont suivi de Gaulle. Histoire du Corps des Volontaires françaises » Perrin, Ministère des Armées, 2020.

Sébastien Albertelli est agrégé et docteur en histoire. Il est spécialiste de l’histoire de la France libre et de la Résistance. Il est l’auteur de divers ouvrages, notamment « Les services secrets du général de Gaulle. Le BCRA, 1940-1944 » (Perrin, 2009 ; Tempus, 2020) et, avec Julien Blanc et Laurent Douzou « La lutte clandestine en France. Une histoire de la Résistance, 1940-1944 » (Seuil, 2019).

            Les historiens de la France libre ont accordé très peu de place aux femmes, et je n’ai pas fait exception. J’ai longtemps travaillé sur un service, le BCRA, les services secrets de la France libre qui, en 1944, comptait trois fois plus de femmes que d’hommes. Pourtant, dans ma thèse, soutenue en 2006, je n’ai consacré tout au plus que quelques pages aux femmes.

Pourquoi cet oubli ? Les historiens sont de leur temps et l’attention portée au rôle des femmes dans l’histoire est somme toute récente. Encore ne faut-il pas caricaturer : Christine Lévisse-Touzé s’était penchée depuis bien longtemps sur les parcours de femmes au sein de la France libre. Mais nul ne leur avait encore consacré une étude approfondie. Il est vrai que les historiens se sont longtemps focalisés sur une histoire politique et combattante de la France libre, dans laquelle le rôle des femmes avait été marginal. On est par ailleurs longtemps resté convaincu que les archives feraient défaut pour retracer le parcours de ces oubliées de l’histoire. Or, les archives existent bel et bien, en France et à l’étranger, dans les archives privées et les archives publiques, notamment aux Archives nationales et dans les diverses antennes du Service historique de la Défense. De riches dossiers individuels, en particulier, permettent de retracer une histoire collective en faisant la part belle aux parcours individuels.

            Deux rencontres m’ont fait prendre conscience de l’angle mort de mes recherches et m’ont donné envie de mieux connaitre le parcours des femmes au sein de la France libre. Paulette Levalleur et Tereska Torrès étaient aussi dissemblables que possible, mais toutes deux s’étaient engagées dans la France libre alors qu’elles étaient de très jeunes filles, en 1940-1941. Toutes deux m’ont accueilli les bras ouverts et m’ont guidé dans les débuts de ma recherche consacrée à l’unité à laquelle elles avaient appartenu : le Corps des Volontaires françaises (CVF).

            En définitive, cette unité aura rassemblé environ 600 femmes, engagées entre 1940 et 1945 : elles étaient 100 en 1940, moins de 150 au début de 1942 et 379 en juillet 1943. Elles étaient loin de représenter la totalité des femmes engagées dans la France libre : celle-ci accueillit des milliers de civiles sur lesquelles nos connaissances restent très parcellaires ; en outre, des centaines de femmes s’engagèrent dans d’autres unités militaires ; il faut par ailleurs garder à l’esprit que des milliers de femmes rejoignirent l’armée en Afrique du Nord à partir de 1943.

            En 1940, ce n’était pas la première fois que des femmes revêtaient l’uniforme, mais c’était bien la première fois qu’elles intégraient une unité militaire proprement féminine, dont les membres n’étaient pas des auxiliaires, mais des militaires à part entière. Contrairement aux auxiliaires, habillées en militaires mais dépourvues des droits afférant au statut militaire, les Volontaires françaises signaient le même engagement militaire que les hommes (pour la durée de la guerre, plus trois mois) et jouissaient des mêmes droits, par exemple en matière de pensions.

            Pourquoi la France libre opéra-t-elle cette petite révolution ? Sans doute en partie sous la pression de femmes, désireuses de rejoindre ses rangs, qui arrivaient à Londres en uniformes après avoir servi comme auxiliaires et qui se percevaient comme des militaires. La France libre était trop pauvre en hommes pour pouvoir rejeter des femmes de bonne volonté. En outre, l’armée britannique se montrait résolument accueillante pour les femmes et le général de Gaulle put craindre que les Françaises ne rejoignissent ses rangs si elles ne trouvaient pas leur place au sein des Forces françaises libres.

            Un accord fut donc conclu avec les Britanniques en octobre-novembre 1940 pour la création d’un Corps féminin dont les membres seraient formés par leurs homologues féminins de l’armée britannique, les ATS. L’unité fut rebaptisée Corps des Volontaires françaises en 1941, pour couper cours aux plaisanteries auxquelles donnait lieu le premier nom de l’unité.

            Qui étaient ces Volontaires ? De jeunes femmes : elles avaient en moyenne 27 ans au moment de leur engagement, 24 ans en 1942. Cela ne les distingue pas vraiment des hommes, dont l’âge moyen à l’engagement était de 24 ans en 1943. Une sur quatre avait moins de 20 ans, une sur deux entre 20 et 29 ans et seulement une sur dix plus de 40 ans. Il arrivait souvent que leur engagement soit une affaire de famille : une quarantaine d’entre elles servaient au côté de leur mère, d’une sœur ou d’une fille. Ainsi des trois sœurs Rose, Monique et Jeanne-Marie Duval qui fuirent Le Portel le 19 juin 1940 à bord du bateau de pêche familial et qui s’engagèrent en février 1942 en même temps que leur cousine Marie-Josèphe. Ainsi encore de Jeanne Kidd et de ses filles, Janine et Suzanne, ou de Claude Rothschild et de ses filles, Nicole et Monique.

            D’un point de vue sociologique, en revanche, l’origine des Volontaires est plus variée et moins favorisée que celle des Français libres, dont Jean-François Murracciole a pu montrer qu’ils se recrutaient prioritairement dans les élites. Leur origine, extrêmement variée, interdit de dresser un portrait-robot. La bourgeoisie est naturellement représentée à travers la championne de tennis Simonne Mathieu, qui créa l’unité, Hélène Terré, qui lui succéda ou encore Ève Curie, Claude Rothschild et ses filles. Mais beaucoup étaient serveuses, téléphonistes, vendeuses ou gouvernantes avant de s’engager.

Leur origine géographique et nationale est également variée. Beaucoup fuirent la France en 1940, souvent en forçant le passage, car il était plus difficile encore pour une femme d’accéder à un navire quand tant de soldats restaient à quai. D’autres étaient déjà en Angleterre pour y travailler ou dans le cadre de leurs études ou de séjours linguistiques et furent prises au piège. Certaines arrivèrent ensuite au compte-goutte de l’Empire et de l’étranger et durent, là encore, batailler pour trouver une place sur un navire. Raymonde Jore et Raymonde Rolly, deux jeunes Néo-Calédoniennes, incarnèrent les femmes de l’Empire et furent mises en avant par la propagande. Quelques femmes, réussirent également à s’évader de France pendant l’Occupation, en traversant la Manche ou en passant par l’Espagne. Un nombre croissant d’Anglaises rejoignirent le CVF à partir de 1942, parce qu’elles avaient vécu en France ou avaient une mère française. « J’ai vécu en France au temps de sa splendeur… je veux la servir aujourd’hui dans sa détresse », expliqua Jacqueline Cromie.

Ces femmes, comme les hommes, étaient portées par le désir de « faire quelque chose d’utile. » Très peu d’entre elles faisaient état d’opinions politiques. Beaucoup exprimaient en revanche un profond patriotisme qui leur interdisait d’accepter la défaite. Dès le 27 juin 1940, Tereska Szwarc (future Torrès) dénonçait la trahison de Vichy et disait son bonheur d’entendre la voix du général de Gaulle. Le choix de s’engager dans l’armée signait une volonté de servir en se fondant dans un groupe. Ève Curie, qui s’engagea en 1943, expliqua qu’elle voulait « abandonner le rôle individuel qu’elle jouait dans la guerre pour assumer le rôle modeste d’un soldat dans l’armée. »

L’engagement des femmes n’était pourtant pas strictement identique à celui des hommes. Il restait marqué par leur place dans la société de l’époque. Alors que l’engagement des hommes était pratiquement irrévocable, une Volontaire sur sept quitta son unité avant la Libération : pour certaines, il s’agissait d’une sanction ; pour d’autres, ce départ s’expliquait par le rôle que la société de l’époque affectait aux femmes : elles se mariaient, attendaient un enfant ou partaient soutenir de vieux parents.

L’expérience vécue par ces jeunes femmes fut d’abord une expérience londonienne. L’unité fut créée à Londres et toutes celles qui en firent partie vécurent dans la capitale britannique à un moment ou à un autre. Elles firent l’expérience des douleurs de l’exil et beaucoup développèrent une angoisse face au fossé qui se creusait entre elles et leurs proches restés de l’autre côté de la Manche. Tereska Szwarc notait en janvier 1942 : « Je pensais sans cesse à la France où l’on ne danse pas, où l’on ne mange pas, où règnent le froid, la misère et les larmes. » Certaines firent l’expérience de la prison sur une île qui redoutait l’infiltration d’agents de l’ennemi. Toutes les premières Volontaires firent l’expérience de la guerre et de sa violence à travers les bombardements. Moune Mallaroche perdit la vie dans la destruction de la première caserne, à Hill Street, en avril 1941. Cette identité londonienne s’effilocha ensuite avec le temps, certaines suivant les dirigeants de la France libre à Alger, d’autres réussissant à rejoindre des zones de combat, au Levant et plus tardivement en Italie.

            Les Volontaires entretenaient une relation paradoxale à leur expérience militaire, comme en témoigne leur rapport à l’uniforme. Elles étaient fières de revêtir cet uniforme, comme elles l’étaient de défiler aux côtés des hommes et d’être dans l’armée mais, dans le même temps, beaucoup le trouvaient rebutant et cherchaient à l’améliorer, au risque de s’exposer à des sanctions. La plupart furent rebutées par la vie en caserne, que la propagande avait tendance à présenter sous un jour idyllique. La promiscuité, les décalages culturels, le manque d’esprit de corps rendaient cette expérience pénible. Comme les hommes, les femmes se montraient en outre très critiques à l’égard de celles qui exerçaient l’autorité, qu’elles jugeaient au mieux distantes.

Pour beaucoup de ces jeunes femmes, le temps de la guerre se confondit avec l’apprentissage de la vie. Les dossiers militaires des femmes conservent davantage de traces des expériences intimes que ceux des hommes. Une naissance considérée alors comme illégitime peut ainsi donner lieu à de longs développements dans le dossier d’une femme mais ne pas laisser la moindre trace dans celui du père. La vie à Londres, loin des parents, même dans une caserne, était paradoxalement synonyme de liberté et de découverte de l’amour. Une soixantaine de Volontaires se marièrent, surtout en 1943. Les rapports avec les hommes semblent avoir surtout posé des problèmes quand ils se confondaient avec des rapports hiérarchiques : des officiers plus âgés, plus fortunés, plus influents profitèrent de leur situation, suscitant des réactions plus ou moins vives de la part des dirigeantes de l’unité. L’intimité des femmes étaient aussi profondément marquée par l’inquiétude pour les hommes de leur entourage engagés dans les combats. Jane Lord ou Tereska Szwarc firent toutes deux l’expérience traumatique de l’attente et de la perte de leur conjoint.

            En pratique, ces femmes n’intervenaient pas dans la guerre de la même façon que les hommes. Si elles maniaient des armes au cours de leur formation, et si même la propagande les montrait dans cet exercice, le feu resta strictement réservé aux hommes, contrairement à ce qui se passait en URSS. Le rôle qu’on leur assignait était de remplacer les hommes, en particulier dans les états-majors, comme dactylos, téléphonistes ou conductrices. Beaucoup de Volontaires n’en demandaient sans doute pas davantage et ne firent pas beaucoup parler d’elles. Mais d’autres aspiraient à participer plus activement à la guerre, à partager les risques des combattants, voire à combattre elles-mêmes. Certaines finirent par obtenir gain de cause et servirent au Levant, en Italie, en Normandie, à défaut de combattre elles-mêmes les armes à la main. Janine Serreulles vécut de très près les combats en Normandie et faillit à plusieurs reprises y laisser la vie. D’autres, comme Marianne Dumas ou Jacqueline Cromie, eurent moins de chance et furent grièvement blessées.

Certaines de celles qui restaient à Londres souffraient de l’écart entre ce à quoi elles aspiraient – « côtoyer la bataille et la mort », comme l’écrivait Raymonde Jore – et ce qu’elles vivaient au quotidien. Dans ces conditions, l’action clandestine ouvrit des perspectives à certaines d’entre elles.Pour beaucoup, servir dans les services secrets représentait un rêve, synonyme de proximité avec la France, voire de retour précoce au pays. Mais jusqu’en 1942, les services secrets français refusèrent – à quelques rares exceptions près – d’envoyer des femmes en mission. En 1943, le contexte évolua toutefois : le BCRA avait besoin de plus en plus d’agents et manquait de candidats. Le colonel Passy, qui dirigeait le service, convint alors que les femmes pouvaient être « très utiles » comme opératrices radios et agents de liaison. Huit Volontaires françaises partirent finalement en mission. Marguerite Petitjean, servit comme agente de liaison. D’autres furent opératrices radio : Monique Le Bail, Josiane Somers ou Danielle Reddé. Cette dernière, durement marquée par une première expérience dans la Résistance et terrorisée à l’idée d’être arrêtée, fut parachutée près de Montluçon en février 1944, puis de nouveau en août 1945 au Laos et fut la seule femme introduite de cette façon en territoire occupé par les Japonais. Jeanne Bohec fut la seule instructrice de sabotage. Volontaire dès 1942, cette chimiste fut finalement parachutée en février 1944. Son sort fut toutefois symptomatique : les premiers soldats parachutés en uniforme en Bretagne s’empressèrent de lui interdire de porter une arme et la cantonnèrent dans un rôle d’agente de liaison plus conforme à l’idée qu’ils se faisaient du rôle des femmes.

            On dispose de très peu d’informations sur le sort des Volontaires après la guerre : beaucoup se marièrent, changèrent de nom et se dispersèrent dans le monde, sans rien revendiquer. Aucune association ne vit le jour. Le besoin, pour certaines, de se retrouver, ne se manifesta que dans les années 1980, à l’orée de la retraite.

            Certaines firent carrière dans l’armée. Jusqu’en 1943, Hélène Terré assura qu’il n’en était pas question et que les femmes retourneraient à leurs foyers sitôt la guerre gagnée. Mais son discours évolua par la suite. En 1943-1944, elle lutta pied à pied pour que l’armée ne revînt pas sur les acquis des Volontaires et qu’elle accordât aux milliers de femmes engagées dans l’armée, en particulier en Afrique du Nord, un statut militaire. En 1945, elle alla plus loin, affirmant que si les femmes avaient servi pendant la guerre, elles pouvaient bien servir après la guerre dans une armée qui aurait de plus en plus besoin de spécialistes non combattants. Le chemin fut encore long et Hélène Terré quitta l’armée en 1947, sans faire de vagues, mais déçue. Un an plus tôt, l’armée avait décidé de renvoyer dans leurs foyers toutes les femmes, à l’exception des volontaires pour l’Indochine.

La brèche ouverte par les Volontaires françaises ne se referma pourtant pas tout à fait. Elle marqua le point de départ d’une longue bataille pour faire des femmes des personnels militaires à part entière. En 1951, un décret officialisa et précisa le statut des femmes militaires en France : en ouvrant aux femmes la perspective d’une carrière en temps de paix, il pérennisait leur présence dans l’armée, sans plus la limiter au temps de guerre. Il fallut toutefois encore des années pour leur permettre d’accéder aux grades, puis à l’ensemble des emplois et enfin aux postes combattants.  

Le Souvenir Français a fusionné avec le Comité d’Action de la Résistance présidé par le docteur Pierre Morel en 2015. Dans le cadre de cette fusion, Le Souvenir Français s’est engagé à perpétuer l’organisation du Prix littéraire de de la Résistance, visant à honorer les écrivains et chercheurs travaillant sur ce sujet. Le jury prix littéraire du CAR – Souvenir Français est actuellement présidé Vladimir Trouplin, conservateur au musée de l’Ordre de la Libération et le CGA (2s) Serge Barcellini, Président général du Souvenir Français. Le prix 2020 a été remis le 15 septembre 2021 au musée de l’ordre de la Libération à Sébastien Albertelli pour son ouvrage, Elles ont suivi de Gaulle, Histoire du Corps des Volontaire françaises, et une mention a été décernée à Jacqueline Fleury et Jérôme Cordelier pour l’ouvrage-témoignage Résistante. 

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