L’œil de l’historien

2 septembre 2021

Histoire des assemblées générales et des congrès du Souvenir Français

Jean-Christophe Denis est le délégué général du Souvenir Français pour le Loiret et membre du Conseil d’Administration de notre association. Il a écrit un ouvrage sur le Souvenir Français, « Le Souvenir Français à travers les siècles 1887-2017 » publié en 2017.

Dès la création du Souvenir Français, le comité central, c’est comme cela que l’on appelait le siège de la société nationale du Souvenir Français à l’époque, organisa des grandes réunions pour communiquer, faire connaitre, faire adhérer, partager les réalisations des comités en France ou dans le monde tant le rayonnement de l’association dépassa rapidement les frontières.

Après l’assemblée générale de mars 1889 réunissant les membres souscripteurs, la première réunion publique remarquable eut lieu le 25 avril 1889 au Trocadéro et regroupa plus de 5000 personnes dont de nombreuses personnalités, dont, un représentant du Président de la République.

Après quoi, il fallut fédérer les actions et canaliser les comités en leur communiquant les grandes lignes des missions à suivre et celles des évolutions à venir, d’après l’expérience acquise et compte-tenu de la taille de la société qui grandissait de manière exponentielle. En 1894, on est passé de 296 comités locaux à 381 et seuls six départements échappaient encore à la société.

Ce fut donc principalement dans le cadre des assemblées générales annuelles que l’on communiqua dans les trente premières années, d’abord pour ceux qui pouvait venir à Paris le jour J et également au travers du rapport annuel de l’assemblée générale, publication d’une soixantaine à une centaine de pages. Le premier publié en 1894 permet à Xavier NIESSEN, en tant que secrétaire général, de présenter un rapport sur les travaux de l’année détaillant le nombre d’adhérents par département, comité et sous-comité, nommant les acteurs locaux, indiquant les conférences tenues, reprenant les manifestations ayant eu lieues, les couronnes offertes, les plaques funéraires apposées, les entretiens de monuments réalisés, les subventions versées, les monuments érigés dans l’année et ceux à venir. On retrouve les mêmes bilans jusque dans le rapport de 1915 et très certainement jusqu’au décès de Xavier NIESSEN en 1919. Puis c’est la revue qui, sous un format différent, remplaça cette publication du panorama annuel de l’association.

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l’association ressentit la nécessité d’aller au-delà de l’assemblée générale statutaire pour communiquer en son sein. L’idée germa de réunir les délégués généraux et, en dehors de l’assemblée générale qui se tient à Paris le 11 mai 1946. Le premier congrès des délégués généraux fut organisé à Metz les 31 août et 1er septembre 1946. Réunis en trois commissions, une cinquantaine de délégués généraux partagèrent leurs expériences dans le domaine de la propagande, des finances et des monuments. L’expérience sembla concluante et la ville de Nice fut retenue pour le congrès de 1947, mais celui-ci fut annulé pour des raisons financières : il était trop coûteux de financer deux regroupements différents dans l’année. C’est finalement une demi-journée qui fut ajoutée à la demi-journée de l’assemblée générale pour présenter les réalisations passées, les grandes lignes d’orientation future et mettre un peu de convivialité à la rigueur du statutaire. En 1997, le général de PERCIN élu Président général du Souvenir Français estima que le coût pour réunir les délégués généraux en un point ou en un autre de la France métropolitaine n’était globalement pas plus onéreux qu’à Paris, si on y incluait dans le chiffrage son organisation qui revenait au département. De plus la connaissance des territoires dans lesquels évoluaient chaque délégué général pouvait être bénéfique aux autres ; et la mise en lumière du Souvenir Français dans un département par la tenue d’un congrès national constituait un avantage pour la délégation générale et les comités concernés. Il fut décidé que le congrès annuel du Souvenir Français comprenant à minima l’assemblée générale statutaire, une cérémonie remarquable dans la ville avec les autorités départementales et une réunion des délégués généraux, serait organisé une année sur trois en province, les deux autres se passant à Paris. Ce fut chose faite en 1998 à Strasbourg ; en 2001 à Marseille ; en 2004 à Vichy ; en 2007 à Metz ; en 2010 à Orléans ; en 2013 à Vannes. A partir de 2015, le pas fut fixé à deux années. En 2015 à Reims ; en 2017 à Canet-en-Roussillon ; en 2019 à Mulhouse. En 2016, se basant sur le texte de Francis Simon qui, le premier, le 26 novembre 1916, demandait à ce que le corps d’un soldat français inconnu soit inhumé à Paris afin de rendre hommage à travers lui à tous les « Morts pour la France » il fut décidé de remettre en place un séminaire annuel des délégués généraux en le liant à une commémoration, par l’association nationale du Souvenir Français, de ce 26 novembre matérialisée par le ravivage de la flamme sous l’Arc de Triomphe. Depuis seule l’année 2020 fit exception et l’association s’oriente désormais vers une assemblée générale annuelle 2 années en province et une année à Paris – celle de Paris étant l’Assemblée Générale élective – ainsi qu’un séminaire annuel à Paris autour de la date pivot du 26 novembre.

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18 mars 2022

Le Monument funéraire du sergent pilote André Louis TACHARD, « Mort pour la France » est menacé : il va être vendu aux enchères

  L’Hôtel des ventes de Montpellier propose la vente aux enchères, le 26 mars 2022, de quatre-vingts objets de la collection Jeanne TACHARD, dont le monument funéraire installé sur la sépulture d’André Louis TACHARD, située au cimetière du Montparnasse à Paris. André Louis TACHARD, architecte avant sa mobilisation en 1914, sergent pilote au 2e Groupe […]

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25 février 2022

La mémoire de la guerre d’Algérie. Comment bien refermer la boite à chagrin ?

Le 27 août 1961, évoquant la guerre d’Algérie, le général de Gaulle confia à Hervé Alphand « il faut nous débarrasser de cette boite à chagrin où nous engloutissons pour rien nos énergies et qui nous attire toutes sortes de difficultés sur tous les plans. »

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3 février 2022

Communiqué du Président général du Souvenir Français

La vandalisation des monuments dans les départements d’Outre-Mer se poursuit. Lorsque le monument de Joséphine de Beauharnais a été décapité, la majorité des Français sont restés silencieux. Elle était la première épouse de « l’horrible » Napoléon qui avait rétabli l’esclavage. Lorsque le monument de Schoelcher a été vandalisé, la majorité des Français sont restés silencieux. Qui […]

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17 mars 2021

La revue du Souvenir Français

Vous n’êtes pas abonnés à la revue nationale mais certains textes ou articles vous intéressent ? Tous les trimestres, nous vous indiquons le sommaire de la revue à paraître (Janvier, avril, juillet et octobre). Si vous souhaitez la recevoir occasionnellement sans vous abonner, après avoir repéré un article qui vous plaisait, vous pouvez la commander […]

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22 juin 2022

Sous les projecteurs

En juillet, Le Souvenir Français souhaite mettre en lumière l’année 1942, une année tragique et une année d’espérance. 1 – Un hommage aux victimes du Vel d’Hiv Le 15 mai 2022, Le Président général du Souvenir Français et le Grand Rabbin de France Haïm Korsia, secrétaire général du Souvenir Français se sont rendus au cimetière […]

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Agenda du mois

Comme tous les ans depuis 2017, Le Souvenir Français rend hommage aux Présidents de la République décédés. Ce choix est d’abord celui d’une association placée sous le haut patronage de ceux qui incarnent l’Etat. Le 1er février 1906, le Président Emile Loubet signe le décret reconnaissant l’utilité publique du Souvenir Français. Ce Président qui avait […]

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Jean-Christophe Denis est le délégué général du Souvenir Français pour le Loiret et membre du Conseil d’Administration de notre association. Il a écrit un ouvrage sur le Souvenir Français, « Le Souvenir Français à travers les siècles 1887-2017 » publié en 2017.

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