L’œil de l’historien

30 août 2022

Christian Taoutel, 102 après, ils attendent encore

Christian Taoutel est un Historien libanais. Directeur du département d’Histoire-Relations internationales et Conservateur des archives de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth

Le 31 juillet et le 4 août 2022, s’effondraient partiellement les silos à grains du port de Beyrouth à cause de l’incendie qui y sévissait depuis des semaines. Ces effondrements spectaculaires et toujours traumatiques étaient attendus depuis deux ans ; ils coïncident incroyablement avec la deuxième commémoration de la grande explosion du 4 aout 2020[1] qui avait ravagé la capitale libanaise. Depuis, le gouvernement libanais qui a sécurisé un périmètre autour du lieu de l’explosion, attend que les silos subsistants tombent tous seuls. Cette chute unilatérale serait moins coûteuse ; elle effacera surtout le lieu du drame. Quant aux familles des victimes qui souhaitent en faire un lieu de mémoire, elles continuent à attendre une justice quelconque, locale ou internationale.

Au Liban, l’attente, est devenue l’action de l’absurde. Cette attente est destructrice, elle empêche de percevoir le présent. Elle pousse au désespoir. Dans son roman, Le Désert des Tartares[2], Dino Buzzatti met en scène le soldat le commandant Giovanni Drogo qui attend sans cesse le jour d’une grande bataille. Dans ce roman qui traite de la fuite du temps, de l’attente dérisoire d’une reconnaissance et d’une grande bataille finale, le protagoniste incarne à lui seul le peuple libanais : 102 ans d’attente absurde et longue depuis la création de l’État libanais.

Alors qu’attendent -ils ?

L’attente d’un État

Proclamé par le Général Gouraud le 1er septembre 1920 depuis les marches de la Résidence des Pins à Beyrouth, l’État du Grand-Liban naissait au lendemain de la Grande Guerre de 1914-1918, et de la « Grande Famine[3] » qui pour rappel, avait décimé un tiers des Libanais[4].

En présence du Grand mufti de Beyrouth, Cheikh Moustafa Naja et du Patriarche Maronite Mgr Elias Hoyek, le Liban passait ainsi de près de 4 000 km2 aux 10 452 km2 reconnus aujourd’hui. Il passait du statut de province autonome ottomane à celui d’un État. Mais qu’en est-il de cet « État » un siècle après ?

Pour rappel, cette proclamation du Grand-Liban posait déjà un problème intérieur à la naissance, puisque les composantes sunnites et orthodoxes de la société libanaise voyaient d’un mauvais œil cette « proclamation coloniale » française. Pour les musulmans sunnites, le Grand-Liban n’était que le « produit des mains chrétiennes françaises sur les décombres de l’empire ottoman sunnite ». La bourgeoisie orthodoxe beyrouthine elle, puissante et influente sur le littoral se froissait de la création de ce pays aux frontières élargies, dans lequel elle ne pesait pas beaucoup et qui en plus, serait désormais dirigé par les Maronites « venus de la montagne ». Notons que certains chrétiens libanais et syriens ne pardonnèrent jamais au Patriarche Hoyek, d’avoir choisi ce Grand-Liban plus large certes et englobant les musulmans, mais cousu[5] au détriment des chrétiens du littoral syrien, laissant ainsi la majorité politique chrétienne aux maronites.

Un siècle après, les Libanais attendent encore le jour où ils aboutiront à un État puissant, décentralisé et dont toutes les composantes agissent en citoyens et non pas en groupes confessionnels.

L’attente d’une Indépendance,

La naissance du Liban en 1920 et son autonomie vis-à-vis de la Syrie voisine, est proclamée un mois après la bataille de Maysaloun en Syrie. Ce 24 juillet 1920, les forces françaises, commandées par le Général Goybet, mettent en déroute les indépendantistes syriens menés par Youssef al-Azmeh, ministre de la guerre du roi Fayçal. Les conséquences symboliques de cette bataille sont énormes : victoire écrasante pour la France, défaite fracassante pour les Syriens. La Syrie ne pardonnera donc jamais au Liban d’être né d’une défaite syrienne et ne digèrera jamais, par conséquent, son indépendance en 1920 puis en 1943[6].

Symboliquement obtenue le 22 novembre 1943, décrite et enseignée comme un épisode héroïque de l’histoire libanaise, l’indépendance du Liban est en réalité un effet direct de l’affaiblissement de la France occupée par l’Allemagne nazie entre 1940 et 1945. Encerclée par les fronts du second conflit mondial et minée par les divisions entre gaullistes et pétainistes, la France quittera le Liban dans le désordre de 1939-1945. L’épisode douloureux de la guerre franco-française au Liban en juillet 1941 et le sous-marin français « Souffleur » qui repose au large de Beyrouth en demeurent bien emblématiques[7].

Accordée en 1943 et entérinée en 1946 par le départ des troupes françaises, l’indépendance libanaise aura été bien éphémère. Dès 1948, le conflit israélo-arabe entraine le Liban dans les conflits sanglants régionaux, dans un contexte encore plus compliqué de guerre Froide entre Américains et Soviétiques. Les vagues de refugiés palestiniens vers le Liban se succèderont et l’accord du Caire[8] de 1969 enterre l’indépendance libanaise, prise entre le marteau israélien et l’enclume de la fraternité arabe. Depuis le Liban devient malgré lui, la caisse de résonnance des règlements de comptes régionaux et le demeure encore aujourd’hui.

L’attente d’une Souveraineté

Depuis l’indépendance en 1943, la souveraineté du Liban a été maintes fois bafouée : les raids israéliens sur l’aéroport de Beyrouth en 1968, l’accord du Caire en 1969, les invasions israéliennes du Liban en 1978 et 1982, l’occupation syrienne du Liban entre 1976 et 2005 et depuis le retrait israélien du Liban en 2000, une majorité de libanais considèrent que le Hizbollah est « un bras iranien au Liban ». Les déclarations des dirigeants iraniens accentuent ces accusations[9].

En 1989, la « guerre de libération du Liban » lancée par le commandant en chef de l’armée libanaise, le Général Michel Aoun, contre l’armée syrienne se termine en débâcle totale. Le Liban tombe alors entièrement sous l’occupation syrienne et en octobre de la même année, l’accord de Taëf[10] met fin à la guerre du Liban. C’est le début de la tutelle syrienne sur le Liban, légitimée par la communauté internationale qui récompense le régime de Damas pour son alignement contre Saddam Hussein durant la guerre du Golfe.

Le célèbre slogan du président syrien Hafez el-Assad, qui considère que le Liban et la Syrie forment « un seul peuple dans deux États », a longtemps justifié l’entrée des troupes syriennes au Liban. « Présence » pour les uns et « occupation » pour les autres, l’armée syrienne ne quittera le Liban qu’en avril 2005, quelques semaines seulement après l’assassinat du Premier ministre libanais Rafik Hariri.

Depuis le retrait israélien du Liban en 2000, le Hezbollah allié de l’Iran s’est proclamé résistance divine au Liban et s’est impliqué en faveur du régime Assad dans la guerre civile syrienne en 2011 et en faveur des houthis dans le conflit Yéménite.  Actuellement, le Hezbollah contrôle militairement une grande partie du sud Liban, de la Bekaa ainsi que la banlieue sud de Beyrouth. La FINUL[11] (Force intérimaire des Nations unies au Liban) surveille les côtes libanaises[12] et assure une présence au Sud Liban depuis 1978.

La souveraineté libanaise est fortement dépendante d’une future solution équitable du conflit israélo-arabe et dont le Liban a payé presque tout seul le tribut le plus lourd.

Actuellement les Libanais attendent le résultat de la démarcation de la frontière maritime du Liban avec Israël. Ces négociations indirectes entre sont menées par l’émissaire américain, Amos Hochstein et tous les espoirs sont fixés sur les champs gaziers en Méditerranée… Les Libanais espèrent que d’éventuels gisements de pétrole ou de gaz pourront alléger la dramatique chute de l’économie libanaise.

Puisse cela assurer enfin une souveraineté du Liban sur ses territoires et richesses maritimes.

L’attente d’une Paix régionale

En 2020, sous le mandat du Président américain Donald Trump, quatre pays arabes (les Émirats arabes unis, le Bahreïn, le Soudan et le Maroc) ont signé les accords d’Abraham parrainés par les États-Unis pour normaliser leurs relations avec Israël. La Jordanie avait normalisé ses relations avec Israël en 1994, devenant ainsi le deuxième pays arabe à établir des liens diplomatiques avec Tel Aviv après l’Égypte en 1979. Ces accords semblent avoir pour objectif la création d’un axe arabe uni contre l’Iran et la Turquie qui s’impliquent de plus en plus dans les conflits de la région. L’Arabie saoudite semble être le prochain pays arabe, prêt à normaliser ses relations avec Israël. Le 15 juillet 2022, l’Arabie saoudite a officialisé l’ouverture de son espace aérien aux avions israéliens.

Les Arabes vont-ils faire encore la guerre avec Israël pour la Palestine ? Iront-ils de nouveau jusqu’à rompre leurs relations avec les États-Unis en raison du soutien inconditionnel américain à Israël ? Non. Ainsi, les nouvelles paix israélo-arabes auront exclu le Liban. Ironiquement, ces paix séparées avec Israël se basent sur l’initiative de paix arabe proposée par la Ligue arabe en 2002 à Beyrouth[13]. Elle a pour objectif de résoudre le conflit israélo-arabe, en échange du retrait total des territoires occupés et d’une solution viable pour les réfugiés palestiniens. Israël n’a jamais voulu étudier cette proposition globale et a préféré les paix séparées sous l’égide américaine.

Aujourd’hui, ces paix séparées sont des accords qui inscrivent un tournant dans l’équilibre géopolitique du Moyen-Orient. La solidarité arabe contre Israël est tombée et abandonne derrière elle les Palestiniens à leur sort, ainsi que les camps de réfugiés palestiniens au Liban, dont les Libanais attendent désespérément encore le démantèlement.  

L’attente d’une Justice

Le mot qui fait mal au Liban, c’est bien le mot Justice. Après la guerre civile (1975-1990) une loi d’amnistie de 1991 a mis les principaux chefs de guerre à l’abri de tout règlement judiciaire. La Paix Syrienne, imposée par la communauté internationale, a mis en place l’équation dangereuse de la justice contre la paix, autrement dit la sécurité contre le silence. Entre 1991 et 2005, les présidents et les gouvernements successifs ont systématiquement cultivé la culture de l’impunité et de l’irresponsabilité. Presque tous les chefs de milices ont pris la tête des institutions du pays, et se sont enrichis.

L’attente poignante d’une justice au Liban est ainsi décrite par Léna Gannagé, doyen de la Faculté de droit et des sciences politiques, lors de son allocution prononcée à l’occasion de la visite du cardinal Paul Gallagher à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth : « Aucune commission de réconciliation nationale, aucun mécanisme de justice transitionnelle qui puisse permettre à tout le moins d’établir les responsabilités des uns et des autres, n’était mis en place. On renonçait en réalité tout simplement à l’impératif de justice- avec ses vertus de réparation et de pacification- en invoquant officiellement le souci de garantir la paix civile et la stabilité encore fragile d’un pays vulnérable ».

Aujourd’hui, les Libanais attendent la justice pour les 150 000 morts et près de 17 000 disparus, sans compter les blessés et handicapés et les déplacés de la guerre. La justice pour les assassinats politiques de 2 Présidents de la République, 2 Premiers Ministres, de députés, de journalistes, d’écrivains, de religieux et de civils. Justice pour les attentats contre les ambassades et représentations diplomatiques étrangères au Liban, notamment les contingents américains et français en 1983. La justice pour les prises d’otages et les victimes des voitures piégées contre les églises et mosquées, hôpitaux et universités, les marchés et centres commerciaux. La liste serait trop longue. Rousseau écrivait « Le spectacle continu de la misère durcit le cœur ». C’est ainsi, qu’impuissants et le cœur durci que les libanais attendent des lendemains meilleurs en espérant que les élections présidentielles de l’automne 2022, rendront au Liban une certaine dignité.

Dans la capitale, Beyrouth, deux bâtiments iconiques représentent cette attente de l’absurde. La tour Murr et les silos du Port. La première est un immeuble de 28 étages toujours détruit et vide 32 ans après la fin de la guerre libanaise. Les silos de blé ou ce qu’il en restera au moment de votre lecture de ce texte, quant à eux, sont le symbole de l’impuissance de toute une nation endeuillée par l’explosion mystérieuse du 4 août 2020. Au lendemain de l’explosion du port, en ce macabre 4 août 2020, le Président libanais Michel Aoun promettait pourtant une enquête en 5 jours. Depuis seuls les silos qui s’effondrent effacent lentement les traces du drame.

Les Libanais qui se sont soulevés contre la corruption et qui ont formé le mouvement révolutionnaire du 19 octobre 2019 attendent aussi la justice pour les balles de caoutchouc tirées à bout pourtant sur les yeux des manifestants par la police du Parlement libanais, Ils attendent aussi justice pour leurs blessures perpétrées par des milices clairement désignées et connues de tous.

Les Libanais n’attendent pas la vérité. Ils connaissent la vérité. Ils savent précisément qui sont les ennemis du Liban et qui sont ceux qui l’ont occupé et détruit et bombardé. Les Libanais ont eu le courage de designer les coupables à maintes reprises mais ce que les Libanais veulent aujourd’hui, c’est la Justice.

Conclusion

102 ans depuis la proclamation solennelle du 1er septembre 1920 et le général Gouraud, le Patriarche Hoyek et le Mufti Naja attendent encore. Je les vois attendre avec les citoyens libanais dans les files interminables liées aux pénuries de pain et d’essence. Je les imagine attendre et espérer que l’électricité soit approvisionnée un peu plus que 2 heures par jour. Ils attendent le rétablissement de la souveraineté libanaise sur les frontières terrestres poreuses. Ils attendent le retour des réfugiés palestiniens et syriens chez eux. Ils attendent que les forces de la police et de l’armée libanaises soient les seuls groupes armés du Liban. Ils attendent et espèrent la fin de ce long cauchemar, de cette malédiction récurrente qui frappe ce pauvre pays.

Le philosophe français Vladimir Jankélévitch écrivait que « Tant que l’attente comporte un espoir, elle est le contraire de l’ennui, même lorsqu’il s’agit d’attendre que la douleur passe, que le sucre fonde, que le sablier se vide ». 102 ans après, il est impératif d’attendre et d’espérer.


[1] Le 4 août 2020, une explosion gigantesque a secoué le port de Beyrouth, faisant 233 morts et près de 8 000 blessés, et laissant derrière elle un immense champ de ruines. L’explosion a été provoquée par 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium, stockées dans le port. L’enquête judiciaire n’a pas encore déterminé les causes de l’explosion.

[2] (Titre original en italien Il deserto dei Tartari) est un roman de Dino Buzzati paru en Italie, en 1940

[3] Le Peuple libanais dans la tourmente de la Grande Guerre, 1914-1918, Christian Taoutel et Pierre Wittouck, Presses de l’Université Saint-Joseph, 2015.

[4] La Première Guerre mondiale entre 1914 et 1918 est considérée comme une hécatombe au Liban : 200.000 morts, soit environ le tiers de la population du Mont-Liban. Les victimes sont principalement chrétiennes. Les ravages provoqués par les sauterelles dans les cultures vivrières dans la Montagne et le blocus ottoman du Mont-Liban (de toutes denrées alimentaires) déciment les villages. Les épidémies de malaria et de typhus fauchent les corps affaiblis. La corruption, l’emmagasinage de denrées pratiqué par certains commerçants et la pratique abusive de l’usure n’arrangent rien.

[5] Les adversaires du Grand-Liban et du Liban d’aujourd’hui, répètent jusqu’à nos jours que le Patriarche Hoyek est à l’origine de ce « grand mensonge » qu’est le Liban.

[6] Selon Carla Calargé, cette création du Grand-Liban a fait que les pouvoirs politiques syriens vont entretenir au long du XXe siècle une relation très problématique avec le Liban dans la mesure où selon eux, celui-ci n’a jamais été un pays indépendant mais plutôt une province syrienne qu’il s’agit de réannexer un jour ou l’autre.

[7] Le Souffleur est un sous-marin français torpillé au Liban par la marine anglaise le 25 juin 1941 avec à son bord quelque 57 marins.

[8] L’Accord du Caire, signé le 3 novembre 1969 confirme la liberté de déplacement des combattants palestiniens  » fedayin  » en armes au Liban. Au début des années 1970, ils constituent déjà un État dans l’État.

[9] Le chef des Gardiens de la Révolution iraniens, Hossein Salami, a affirmé que « 100.000 missiles sont prêts au Liban à créer l’enfer » en Israël et que le Hezbollah, affidé de Téhéran, pouvait mettre l’État hébreu « à genoux ». L’Orient-le Jour / le 06 août 2022

[10] Accord qui met fin à guerre du Liban, signé en Arabie Saoudite et qui accepte que la Syrie puisse administrer le Liban.

[11] La mission FINUL a été mise en place par la résolution 425 du Conseil de sécurité des Nations Unies du 19 mars 1978, suite à l’invasion du Liban par Israël en mars 1978.

[12] Dans une lettre adressée aux Nations Unies le 6 septembre 2006, le gouvernement libanais, se référant à la résolution 1701 (2006), a demandé une assistance pour la sécurisation des frontières maritimes du Liban.

[13] À l’exception de l’Irak et de la Libye, les pays de la Ligue arabe ont approuvé y compris l’Autorité Palestinienne, une proposition globale qui consiste à mettre fin au conflit israélo-arabe. Elle prévoit le retrait israélien des territoires arabes occupés, y compris du Golan. Aussi, la proposition de Beyrouth propose de parvenir à une solution juste au problème des réfugiés palestiniens, conformément à la Résolution 194 de l’Assemblée générale de l’ONU : accepter la création d’un État palestinien indépendant et souverain sur les territoires palestiniens occupés depuis le 4 juin 1967 en Cisjordanie et dans la bande de Gaza avec Jérusalem-Est pour capitale. En retour, les États arabes, signeront un accord de paix et de normalisation avec Israël dans le cadre de cette paix globale.

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Au Liban, l’attente, est devenue l’action de l’absurde. Cette attente est destructrice, elle empêche de percevoir le présent. Elle pousse au désespoir. Dans son roman, Le Désert des Tartares[2], Dino Buzzatti met en scène le soldat le commandant Giovanni Drogo qui attend sans cesse le jour d’une grande bataille. Dans ce roman qui traite de la fuite du temps, de l’attente dérisoire d’une reconnaissance et d’une grande bataille finale, le protagoniste incarne à lui seul le peuple libanais : 102 ans d’attente absurde et longue depuis la création de l’État libanais.

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Pour rappel, cette proclamation du Grand-Liban posait déjà un problème intérieur à la naissance, puisque les composantes sunnites et orthodoxes de la société libanaise voyaient d’un mauvais œil cette « proclamation coloniale » française. Pour les musulmans sunnites, le Grand-Liban n’était que le « produit des mains chrétiennes françaises sur les décombres de l’empire ottoman sunnite ». La bourgeoisie orthodoxe beyrouthine elle, puissante et influente sur le littoral se froissait de la création de ce pays aux frontières élargies, dans lequel elle ne pesait pas beaucoup et qui en plus, serait désormais dirigé par les Maronites « venus de la montagne ». Notons que certains chrétiens libanais et syriens ne pardonnèrent jamais au Patriarche Hoyek, d’avoir choisi ce Grand-Liban plus large certes et englobant les musulmans, mais cousu[5] au détriment des chrétiens du littoral syrien, laissant ainsi la majorité politique chrétienne aux maronites.

Un siècle après, les Libanais attendent encore le jour où ils aboutiront à un État puissant, décentralisé et dont toutes les composantes agissent en citoyens et non pas en groupes confessionnels.

L’attente d’une Indépendance,

La naissance du Liban en 1920 et son autonomie vis-à-vis de la Syrie voisine, est proclamée un mois après la bataille de Maysaloun en Syrie. Ce 24 juillet 1920, les forces françaises, commandées par le Général Goybet, mettent en déroute les indépendantistes syriens menés par Youssef al-Azmeh, ministre de la guerre du roi Fayçal. Les conséquences symboliques de cette bataille sont énormes : victoire écrasante pour la France, défaite fracassante pour les Syriens. La Syrie ne pardonnera donc jamais au Liban d’être né d’une défaite syrienne et ne digèrera jamais, par conséquent, son indépendance en 1920 puis en 1943[6].

Symboliquement obtenue le 22 novembre 1943, décrite et enseignée comme un épisode héroïque de l’histoire libanaise, l’indépendance du Liban est en réalité un effet direct de l’affaiblissement de la France occupée par l’Allemagne nazie entre 1940 et 1945. Encerclée par les fronts du second conflit mondial et minée par les divisions entre gaullistes et pétainistes, la France quittera le Liban dans le désordre de 1939-1945. L’épisode douloureux de la guerre franco-française au Liban en juillet 1941 et le sous-marin français « Souffleur » qui repose au large de Beyrouth en demeurent bien emblématiques[7].

Accordée en 1943 et entérinée en 1946 par le départ des troupes françaises, l’indépendance libanaise aura été bien éphémère. Dès 1948, le conflit israélo-arabe entraine le Liban dans les conflits sanglants régionaux, dans un contexte encore plus compliqué de guerre Froide entre Américains et Soviétiques. Les vagues de refugiés palestiniens vers le Liban se succèderont et l’accord du Caire[8] de 1969 enterre l’indépendance libanaise, prise entre le marteau israélien et l’enclume de la fraternité arabe. Depuis le Liban devient malgré lui, la caisse de résonnance des règlements de comptes régionaux et le demeure encore aujourd’hui.

L’attente d’une Souveraineté

Depuis l’indépendance en 1943, la souveraineté du Liban a été maintes fois bafouée : les raids israéliens sur l’aéroport de Beyrouth en 1968, l’accord du Caire en 1969, les invasions israéliennes du Liban en 1978 et 1982, l’occupation syrienne du Liban entre 1976 et 2005 et depuis le retrait israélien du Liban en 2000, une majorité de libanais considèrent que le Hizbollah est « un bras iranien au Liban ». Les déclarations des dirigeants iraniens accentuent ces accusations[9].

En 1989, la « guerre de libération du Liban » lancée par le commandant en chef de l’armée libanaise, le Général Michel Aoun, contre l’armée syrienne se termine en débâcle totale. Le Liban tombe alors entièrement sous l’occupation syrienne et en octobre de la même année, l’accord de Taëf[10] met fin à la guerre du Liban. C’est le début de la tutelle syrienne sur le Liban, légitimée par la communauté internationale qui récompense le régime de Damas pour son alignement contre Saddam Hussein durant la guerre du Golfe.

Le célèbre slogan du président syrien Hafez el-Assad, qui considère que le Liban et la Syrie forment « un seul peuple dans deux États », a longtemps justifié l’entrée des troupes syriennes au Liban. « Présence » pour les uns et « occupation » pour les autres, l’armée syrienne ne quittera le Liban qu’en avril 2005, quelques semaines seulement après l’assassinat du Premier ministre libanais Rafik Hariri.

Depuis le retrait israélien du Liban en 2000, le Hezbollah allié de l’Iran s’est proclamé résistance divine au Liban et s’est impliqué en faveur du régime Assad dans la guerre civile syrienne en 2011 et en faveur des houthis dans le conflit Yéménite.  Actuellement, le Hezbollah contrôle militairement une grande partie du sud Liban, de la Bekaa ainsi que la banlieue sud de Beyrouth. La FINUL[11] (Force intérimaire des Nations unies au Liban) surveille les côtes libanaises[12] et assure une présence au Sud Liban depuis 1978.

La souveraineté libanaise est fortement dépendante d’une future solution équitable du conflit israélo-arabe et dont le Liban a payé presque tout seul le tribut le plus lourd.

Actuellement les Libanais attendent le résultat de la démarcation de la frontière maritime du Liban avec Israël. Ces négociations indirectes entre sont menées par l’émissaire américain, Amos Hochstein et tous les espoirs sont fixés sur les champs gaziers en Méditerranée… Les Libanais espèrent que d’éventuels gisements de pétrole ou de gaz pourront alléger la dramatique chute de l’économie libanaise.

Puisse cela assurer enfin une souveraineté du Liban sur ses territoires et richesses maritimes.

L’attente d’une Paix régionale

En 2020, sous le mandat du Président américain Donald Trump, quatre pays arabes (les Émirats arabes unis, le Bahreïn, le Soudan et le Maroc) ont signé les accords d’Abraham parrainés par les États-Unis pour normaliser leurs relations avec Israël. La Jordanie avait normalisé ses relations avec Israël en 1994, devenant ainsi le deuxième pays arabe à établir des liens diplomatiques avec Tel Aviv après l’Égypte en 1979. Ces accords semblent avoir pour objectif la création d’un axe arabe uni contre l’Iran et la Turquie qui s’impliquent de plus en plus dans les conflits de la région. L’Arabie saoudite semble être le prochain pays arabe, prêt à normaliser ses relations avec Israël. Le 15 juillet 2022, l’Arabie saoudite a officialisé l’ouverture de son espace aérien aux avions israéliens.

Les Arabes vont-ils faire encore la guerre avec Israël pour la Palestine ? Iront-ils de nouveau jusqu’à rompre leurs relations avec les États-Unis en raison du soutien inconditionnel américain à Israël ? Non. Ainsi, les nouvelles paix israélo-arabes auront exclu le Liban. Ironiquement, ces paix séparées avec Israël se basent sur l’initiative de paix arabe proposée par la Ligue arabe en 2002 à Beyrouth[13]. Elle a pour objectif de résoudre le conflit israélo-arabe, en échange du retrait total des territoires occupés et d’une solution viable pour les réfugiés palestiniens. Israël n’a jamais voulu étudier cette proposition globale et a préféré les paix séparées sous l’égide américaine.

Aujourd’hui, ces paix séparées sont des accords qui inscrivent un tournant dans l’équilibre géopolitique du Moyen-Orient. La solidarité arabe contre Israël est tombée et abandonne derrière elle les Palestiniens à leur sort, ainsi que les camps de réfugiés palestiniens au Liban, dont les Libanais attendent désespérément encore le démantèlement.  

L’attente d’une Justice

Le mot qui fait mal au Liban, c’est bien le mot Justice. Après la guerre civile (1975-1990) une loi d’amnistie de 1991 a mis les principaux chefs de guerre à l’abri de tout règlement judiciaire. La Paix Syrienne, imposée par la communauté internationale, a mis en place l’équation dangereuse de la justice contre la paix, autrement dit la sécurité contre le silence. Entre 1991 et 2005, les présidents et les gouvernements successifs ont systématiquement cultivé la culture de l’impunité et de l’irresponsabilité. Presque tous les chefs de milices ont pris la tête des institutions du pays, et se sont enrichis.

L’attente poignante d’une justice au Liban est ainsi décrite par Léna Gannagé, doyen de la Faculté de droit et des sciences politiques, lors de son allocution prononcée à l’occasion de la visite du cardinal Paul Gallagher à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth : « Aucune commission de réconciliation nationale, aucun mécanisme de justice transitionnelle qui puisse permettre à tout le moins d’établir les responsabilités des uns et des autres, n’était mis en place. On renonçait en réalité tout simplement à l’impératif de justice- avec ses vertus de réparation et de pacification- en invoquant officiellement le souci de garantir la paix civile et la stabilité encore fragile d’un pays vulnérable ».

Aujourd’hui, les Libanais attendent la justice pour les 150 000 morts et près de 17 000 disparus, sans compter les blessés et handicapés et les déplacés de la guerre. La justice pour les assassinats politiques de 2 Présidents de la République, 2 Premiers Ministres, de députés, de journalistes, d’écrivains, de religieux et de civils. Justice pour les attentats contre les ambassades et représentations diplomatiques étrangères au Liban, notamment les contingents américains et français en 1983. La justice pour les prises d’otages et les victimes des voitures piégées contre les églises et mosquées, hôpitaux et universités, les marchés et centres commerciaux. La liste serait trop longue. Rousseau écrivait « Le spectacle continu de la misère durcit le cœur ». C’est ainsi, qu’impuissants et le cœur durci que les libanais attendent des lendemains meilleurs en espérant que les élections présidentielles de l’automne 2022, rendront au Liban une certaine dignité.

Dans la capitale, Beyrouth, deux bâtiments iconiques représentent cette attente de l’absurde. La tour Murr et les silos du Port. La première est un immeuble de 28 étages toujours détruit et vide 32 ans après la fin de la guerre libanaise. Les silos de blé ou ce qu’il en restera au moment de votre lecture de ce texte, quant à eux, sont le symbole de l’impuissance de toute une nation endeuillée par l’explosion mystérieuse du 4 août 2020. Au lendemain de l’explosion du port, en ce macabre 4 août 2020, le Président libanais Michel Aoun promettait pourtant une enquête en 5 jours. Depuis seuls les silos qui s’effondrent effacent lentement les traces du drame.

Les Libanais qui se sont soulevés contre la corruption et qui ont formé le mouvement révolutionnaire du 19 octobre 2019 attendent aussi la justice pour les balles de caoutchouc tirées à bout pourtant sur les yeux des manifestants par la police du Parlement libanais, Ils attendent aussi justice pour leurs blessures perpétrées par des milices clairement désignées et connues de tous.

Les Libanais n’attendent pas la vérité. Ils connaissent la vérité. Ils savent précisément qui sont les ennemis du Liban et qui sont ceux qui l’ont occupé et détruit et bombardé. Les Libanais ont eu le courage de designer les coupables à maintes reprises mais ce que les Libanais veulent aujourd’hui, c’est la Justice.

Conclusion

102 ans depuis la proclamation solennelle du 1er septembre 1920 et le général Gouraud, le Patriarche Hoyek et le Mufti Naja attendent encore. Je les vois attendre avec les citoyens libanais dans les files interminables liées aux pénuries de pain et d’essence. Je les imagine attendre et espérer que l’électricité soit approvisionnée un peu plus que 2 heures par jour. Ils attendent le rétablissement de la souveraineté libanaise sur les frontières terrestres poreuses. Ils attendent le retour des réfugiés palestiniens et syriens chez eux. Ils attendent que les forces de la police et de l’armée libanaises soient les seuls groupes armés du Liban. Ils attendent et espèrent la fin de ce long cauchemar, de cette malédiction récurrente qui frappe ce pauvre pays.

Le philosophe français Vladimir Jankélévitch écrivait que « Tant que l’attente comporte un espoir, elle est le contraire de l’ennui, même lorsqu’il s’agit d’attendre que la douleur passe, que le sucre fonde, que le sablier se vide ». 102 ans après, il est impératif d’attendre et d’espérer.


[1] Le 4 août 2020, une explosion gigantesque a secoué le port de Beyrouth, faisant 233 morts et près de 8 000 blessés, et laissant derrière elle un immense champ de ruines. L’explosion a été provoquée par 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium, stockées dans le port. L’enquête judiciaire n’a pas encore déterminé les causes de l’explosion.

[2] (Titre original en italien Il deserto dei Tartari) est un roman de Dino Buzzati paru en Italie, en 1940

[3] Le Peuple libanais dans la tourmente de la Grande Guerre, 1914-1918, Christian Taoutel et Pierre Wittouck, Presses de l’Université Saint-Joseph, 2015.

[4] La Première Guerre mondiale entre 1914 et 1918 est considérée comme une hécatombe au Liban : 200.000 morts, soit environ le tiers de la population du Mont-Liban. Les victimes sont principalement chrétiennes. Les ravages provoqués par les sauterelles dans les cultures vivrières dans la Montagne et le blocus ottoman du Mont-Liban (de toutes denrées alimentaires) déciment les villages. Les épidémies de malaria et de typhus fauchent les corps affaiblis. La corruption, l’emmagasinage de denrées pratiqué par certains commerçants et la pratique abusive de l’usure n’arrangent rien.

[5] Les adversaires du Grand-Liban et du Liban d’aujourd’hui, répètent jusqu’à nos jours que le Patriarche Hoyek est à l’origine de ce « grand mensonge » qu’est le Liban.

[6] Selon Carla Calargé, cette création du Grand-Liban a fait que les pouvoirs politiques syriens vont entretenir au long du XXe siècle une relation très problématique avec le Liban dans la mesure où selon eux, celui-ci n’a jamais été un pays indépendant mais plutôt une province syrienne qu’il s’agit de réannexer un jour ou l’autre.

[7] Le Souffleur est un sous-marin français torpillé au Liban par la marine anglaise le 25 juin 1941 avec à son bord quelque 57 marins.

[8] L’Accord du Caire, signé le 3 novembre 1969 confirme la liberté de déplacement des combattants palestiniens  » fedayin  » en armes au Liban. Au début des années 1970, ils constituent déjà un État dans l’État.

[9] Le chef des Gardiens de la Révolution iraniens, Hossein Salami, a affirmé que « 100.000 missiles sont prêts au Liban à créer l’enfer » en Israël et que le Hezbollah, affidé de Téhéran, pouvait mettre l’État hébreu « à genoux ». L’Orient-le Jour / le 06 août 2022

[10] Accord qui met fin à guerre du Liban, signé en Arabie Saoudite et qui accepte que la Syrie puisse administrer le Liban.

[11] La mission FINUL a été mise en place par la résolution 425 du Conseil de sécurité des Nations Unies du 19 mars 1978, suite à l’invasion du Liban par Israël en mars 1978.

[12] Dans une lettre adressée aux Nations Unies le 6 septembre 2006, le gouvernement libanais, se référant à la résolution 1701 (2006), a demandé une assistance pour la sécurisation des frontières maritimes du Liban.

[13] À l’exception de l’Irak et de la Libye, les pays de la Ligue arabe ont approuvé y compris l’Autorité Palestinienne, une proposition globale qui consiste à mettre fin au conflit israélo-arabe. Elle prévoit le retrait israélien des territoires arabes occupés, y compris du Golan. Aussi, la proposition de Beyrouth propose de parvenir à une solution juste au problème des réfugiés palestiniens, conformément à la Résolution 194 de l’Assemblée générale de l’ONU : accepter la création d’un État palestinien indépendant et souverain sur les territoires palestiniens occupés depuis le 4 juin 1967 en Cisjordanie et dans la bande de Gaza avec Jérusalem-Est pour capitale. En retour, les États arabes, signeront un accord de paix et de normalisation avec Israël dans le cadre de cette paix globale.

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