Au cimetière de Vercel-Villedieu-le-Camp, dans le Doubs, une grande tombe grise abrite les corps de sept soldats ukrainiens tombés en 1944. Ils périrent en combattant aux côtés des résistants français locaux.
Mais comment et pourquoi ces Ukrainiens en sont-ils arrivés à combattre pour la libération de la France ?
Leur histoire commence en juillet 1942, en Ukraine. A Kiev, les autorités allemandes forment un bataillon composé d’anciens prisonniers de guerre et de jeunes ayant échappé au Service de travail obligatoire. Ce groupe prend le numéro d’ordre 118. A l’automne 1942, le bataillon est envoyé en Biélorussie occupée, dans les environs de Minsk, afin d’effectuer des missions de défense interne sur des voies ferrées et des installations militaires. Après plus d’un an et demi passé à effectuer ces tâches, certains de leurs officiers supérieurs hésitent à prendre contact avec la Résistance nationale ukrainienne. En effet, la plupart préfèrent lutter pour une Ukraine indépendante plutôt que soumise à l’Allemagne ou à l’URSS.
Néanmoins, au début de l’été 1944, le bataillon 118 est déplacé en Prusse-Orientale. De là, les autorités allemandes prévoient de le transférer en France occupée. Le commandant Nehrebetsky et les officiers Bilyk et Fedoriv décident alors que le bataillon passera dans le maquis dès son arrivée sur le sol français.
Arrivé en France à la mi-août 1944, le bataillon 118 est cantonné dans la petite ville de Valdahon, dans le Doubs. Dans la nuit du 26 au 27 août, environ 460 soldats désertent le camp avec un armement assez conséquent, à savoir : un canon antichar, huit mitrailleuses lourdes, 25 fusils mitrailleurs, quatre mortiers et sept lance-grenades. Ils prennent immédiatement contact avec Gilbert Amiot, membre des FFI, qui les fait rencontrer le capitaine « Leclerc », commandant local de la Résistance. Dès le lendemain, ce dernier officialise leur ralliement à la cause nationale. Il les équipe du brassard tricolore à Croix de Lorraine et du brassard jaune et bleu aux couleurs de l’Ukraine.
Ainsi, dès le 28 août, le bataillon commence à combattre aux côtés des Français libres. Il participe notamment à la libération de Pontarlier et de Dambelin, ainsi qu’à des embuscades menées dans les environs de Chaux-lès-Passavant. Les opérations sont menées avec succès. En septembre 1944, alors que la campagne de France arrive à son terme, le commandement français dissout le bataillon et disperse ses hommes dans la Légion étrangère. Les mois et années qui suivent, ceux-ci poursuivent donc leur engagement auprès de la France en combattant en Allemagne nazie, mais aussi en Indochine et en Algérie.
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, ces Ukrainiens tombés en libérant notre pays sont honorés par différents monuments dans le département du Doubs, parmi lesquels se trouve la tombe de Vercel-Villedieu-le-Camp où reposent sept d’entre eux :
Aujourd’hui, la stèle est toujours entretenue par le Souvenir Français du secteur de Valdahon, afin que la mémoire de ces hommes tombés si loin de leur patrie pour la libération de la France puisse perdurer.


Tombe des soldats ukrainiens à Vercel-Villedieu-le-Camp
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