Le monument du mois

22 février 2022

Sépulture de Marcelle Henry, Compagnon de la Libération

Tombe de Marcelle Henry avant et après son nettoyage par le comité du 8ème arrondissement de Paris

Marcelle Henry est née le 7 septembre 1895 à Angers (Maine-et-Loire) où son père est alors inspecteur départemental du Travail dans l’Industrie.

Licenciée en lettres et en droit, elle enseigne au lycée de Langres. Peu après la Grande Guerre, elle monte à Paris et entre au ministère du Travail. Catholique fervente, elle est chef de bureau dans ce ministère en 1940. Au lendemain de l’armistice, elle prend position contre la collaboration et développe un esprit de résistance au sein du ministère. Elle entre en liaison avec la Résistance et constitue chez elle, des dépôts de tracts qu’elle distribue dans les usines. En même temps, elle amène plusieurs de ses collèges à la lutte active et use de ses fonctions professionnelles pour couvrir les agissements clandestins de ses subordonnés. Elle donne également asile à des réfugiés poursuivis.

En septembre 1943, elle est incorporée aux Forces françaises combattantes, au titre de la DGER (Direction générale des Etudes et Recherches). Elle travaille alors comme agent de liaison au circuit d’évasion que dirige Henri Levin. Ce réseau prend en charge les officiers français et alliés. Agent P.1 à partir du 1er novembre 1943, elle assure l’hébergement des évadés lors de leur passage à Paris et travaille sous les ordres du commandant Jacques Mitterrand, alias « Julien ».

La Gestapo l’arrête le 4 juillet 1944 à son domicile parisien du boulevard Saint-Michel croyant y trouver « Julien ». Durant de cruels interrogatoires, elle parvient à ne pas parler sinon pour épargner plusieurs de ses collaboratrices, également arrêtées.

Marcelle Henry est condamnée à mort au moment où elle est promue sous-lieutenant des Forces françaises combattantes (agent P.2). Elle ne doit son salut qu’à la désorganisation allemande du mois d’août 1944, son dossier étant probablement égaré. Elle est cependant déportée le 15 août 1944 par le dernier convoi qui quitte Paris avec 2 200 résistants et aviateurs alliés.

Arrivée le 21 août 1944 au camp de concentration de Ravensbrück, elle est envoyée à Torgau, kommando de Buchenwald, où les détenus travaillent dans une usine de fabrication de munitions et d’explosifs.

En janvier 1945, le kommando est évacué sur Ravensbrück où Marcelle Henry est libérée par la Croix-Rouge le 9 avril 1945. Rapatriée en France le 14 avril, elle décède dix jours plus tard à l’hôpital Claude Bernard.

Marcelle Henry est faite Compagnon de la Libération par décret du Général de Gaulle, le 27 avril 1945. Comme les 5 autres femmes Compagnons de la Libération, cette nomination est effectuée à titre posthume (6 sur 1038).

Elle est inhumée dans la tombe de la famille Lavedan au cimetière de Bagneux, sur décision de son amie Pauline Lavedan.

Dans cette simple tombe sont déjà inhumés deux combattants « Morts pour la France », Pierre Lavedan (1917) et Charles Marchal (1919).

La tombe qui était à l’abandon a été rénovée par le comité du Souvenir Français du 8ème arrondissement de Paris.

Oubliée, pendant des décennies, Marcelle Henry est revenue à la lumière à la fin du 20ème siècle avec la dénomination d’une salle au ministère du Travail ainsi que d’une passerelle dans le 17ème arrondissement de Paris. La mémoire de Marcelle Henry est aujourd’hui portée par l’association pour l’Etude de l’Histoire de l’Inspection du Travail.

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18 mars 2022

Le Monument funéraire du sergent pilote André Louis TACHARD, « Mort pour la France » est menacé : il va être vendu aux enchères

  L’Hôtel des ventes de Montpellier propose la vente aux enchères, le 26 mars 2022, de quatre-vingts objets de la collection Jeanne TACHARD, dont le monument funéraire installé sur la sépulture d’André Louis TACHARD, située au cimetière du Montparnasse à Paris. André Louis TACHARD, architecte avant sa mobilisation en 1914, sergent pilote au 2e Groupe […]

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25 février 2022

La mémoire de la guerre d’Algérie. Comment bien refermer la boite à chagrin ?

Le 27 août 1961, évoquant la guerre d’Algérie, le général de Gaulle confia à Hervé Alphand « il faut nous débarrasser de cette boite à chagrin où nous engloutissons pour rien nos énergies et qui nous attire toutes sortes de difficultés sur tous les plans. »

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3 février 2022

Communiqué du Président général du Souvenir Français

La vandalisation des monuments dans les départements d’Outre-Mer se poursuit. Lorsque le monument de Joséphine de Beauharnais a été décapité, la majorité des Français sont restés silencieux. Elle était la première épouse de « l’horrible » Napoléon qui avait rétabli l’esclavage. Lorsque le monument de Schoelcher a été vandalisé, la majorité des Français sont restés silencieux. Qui […]

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17 mars 2021

La revue du Souvenir Français

Vous n’êtes pas abonnés à la revue nationale mais certains textes ou articles vous intéressent ? Tous les trimestres, nous vous indiquons le sommaire de la revue à paraître (Janvier, avril, juillet et octobre). Si vous souhaitez la recevoir occasionnellement sans vous abonner, après avoir repéré un article qui vous plaisait, vous pouvez la commander […]

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30 août 2022

Bilan des activités du président général

Eté 2022 1er juillet 2022 : Réunion de travail à l’Institut d’études politiques de Paris afin d’examiner le projet de rénovation du monument aux morts érigés dans l’entrée de l’école rue Saint Guillaume. 4 juillet 2022 : Réunion de travail en visioconférence avec des sénateurs et en particulier Jean-Marc Todeschini, ancien secrétaire d’état aux Anciens Combattants et […]

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Le monument du mois

L’ossuaire français de Dolno Karaslari Pendant la Première Guerre mondiale, la Macédoine du Nord était un territoire du front d’Orient. L’armée française ainsi que les autres armées de l’Entente faisaient face aux armées des puissances centrales (Allemagne, Autriche-Hongrie et Bulgarie). Le front macédonien est percé le 15 septembre 1918 par les armées françaises. Des milliers […]

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