Le moment nostalgique

5 décembre 2024

Retrouvez dans cette rubrique l’histoire d’un objet patrimonial de l’association.

Le monument des Savoyards morts pour la patrie

38 ans après la fin de la guerre de 1870, le 26 juin 1909, le Souvenir Français créait à Chambéry un comité spécialement chargé d’élever un monument aux Savoyards tués au combat. Ce comité était présidé par le Comte Léon Costa de Beauregard, maire de La Motte-Servolex et neveu de Charles-Albert de Savoie, qui commandait le 1er Bataillon et qui fut blessé lors de la bataille de Bethoncourt, le 16 janvier 1871. Le Comte perdra dix-sept membres de sa famille lors de cette guerre. En août 1910, le comité accepte le projet du sculpteur renommé Ernest Dubois, déjà auteur de la statue des frères de Maistre à Chambéry.

Au sommet d’un pilier en pierre, se dressent deux personnages allégoriques en bronze, représentant d’une part la France tenant fièrement son drapeau, et la Savoie portant la coiffe de la tarentaise d’autre part. La grande France protège et retient d’une main la petite Savoie qui veut repartir au combat bien que son épée ait été brisée près de la garde.

Sur le socle, on   peut lire : « Aux Savoyards morts pour la patrie ». Il s’agit des morts de la guerre de 1870 à 1871, qui furent plus de trois cents pour les deux départements de Savoie, et en particulier des soixante-treize « mobiles » qui tombèrent entre le 15 et 16 janvier 1871 dans la vallée de la Lizaine près de Montbéliard (Doubs). Les deux brigades de Savoie, qui avaient fait campagne d’abord près de la boucle de la Loire furent intégrées à l’armée du général Bourbaki, et participèrent à une offensive destinée à dégager Belfort dont la garnison résistait à un long siège. 

Monument aux Morts, place Monge, 2024

L’inauguration était prévue en 1911 pour le quarantième anniversaire de la fin de la guerre, mais elle fut reportée d’un an car, la statue fut jugée si réussie qu’elle fut envoyée à Paris pour figurer à l’Exposition nationale des Beaux-arts. C’est le 23 juin 1912 qu’a lieu cette inauguration au cours de laquelle Léon Costa de Beauregard, au nom du Souvenir Français, remis officiellement le monument à la Ville de Chambéry. L’inauguration se déroule en grande pompe, en présence du Général Franchet d’Esperey et de François-Xavier Niessen, fondateur du Souvenir Français. Dès le samedi est célébrée une messe solennelle et le soir est organisée une retraite aux flambeaux. Toute la ville est pavoisée et illuminée. Le programme du dimanche matin est chargé : salve d’artillerie, course cycliste, cortège de quatre mille personnes accompagnant les personnalités à travers la ville, de la gare vers la statue située place Monge devant la caserne Curial. Neuf musiques, civiles et militaires, font résonner les rues. Des détachements du 4ème régiment de Dragons, du 97ème R.I., du 13ème B.C.A. encadrent la place Monge. A 10 heures, la Marseillaise retentit et les discours alternent avec les chants et les morceaux de musique patriotique. Après un banquet, des manifestations sportives occupent l’après-midi, et la journée se termine par un grand feu d’artifice et des bals populaires.

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