La Refondation du Concours National de la Résistance et de la Déportation

30 mars 2017

Tristan LECOQ, Inspecteur général de l’Éducation nationale

Professeur des universités associé (histoire contemporaine) à l’Université de Paris Sorbonne

 TLECOQ

La Refondation du concours national de la Résistance et de la Déportation

La refondation du concours national de la Résistance et de la Déportation (CNRD) est partie du constat d’une forme d’affaiblissement de l’intérêt des élèves et des enseignants pour ce concours, créé en 1961 comme « Concours national de la Résistance » et devenu « Concours national de la Résistance et de la Déportation » : disparition des témoins directs, décalage croissant des nouvelles générations d’élèves et d’enseignants avec les faits, nécessité d’affirmer le CNRD comme un passeur entre les générations, en même temps que respect de la distinction entre l’histoire et la mémoire.

Placée sous l’autorité de l’Inspection générale de l’Education nationale et de la Direction générale de l’enseignement scolaire, cette rénovation a trois objectifs : simplifier les épreuves et ouvrir le concours à de nouvelles catégories de participants ; mieux adosser le concours aux programmes d’histoire et d’enseignement moral et civique ; rationaliser et renforcer l’exécutif du concours.

Le concours porte sur la résistance à l’occupant, à sa politique et à ses vassaux, sous toutes ses formes, extérieure et intérieure, militaire et politique, du 18 juin 1940 à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il porte sur la déportation et l’extermination des Juifs d’Europe par les nazis, ses étapes et ses espaces, ses processus et ses appareils, ainsi que sur la déportation d’autres minorités, telles que les Tziganes.

Le dispositif arrêté par la ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la recherche se concentre sur deux séries de décisions.

1. Un concours adapté aux programmes, des procédures simplifiées, de nouveaux participants

Sous l’autorité de l’Inspecteur général, président du collège des correcteurs, les thèmes annuels proposés au choix du ministre chargé de l’Education nationale seront adossés aux programmes d’enseignement, dans leur triple dimension académique, didactique et pédagogique, répondant en cela à une demande forte des enseignants d’histoire et de géographie. Il importe dans le même temps de faire entrer, avec dilection et recul, les enseignements récents de la recherche, française et étrangère, dans les problématiques du concours et de renforcer ainsi la relation entre l’histoire et l’histoire enseignée.

Le nouveau concours met fin à la confusion antérieure en particulier en ce qui concerne les « catégories audiovisuelles». L’arrêté du 23 juin 2016 propose un choix plus simple : participation individuelle ou collective pour les lycéens, participation individuelle ou collective pour les collégiens. Dans la mesure où ce type de production cumule les objectifs pédagogiques et ouvre la voie à une modernité déjà effective, les résultats attendus pourront de plus être valorisés et diffusés.

Les nouvelles dispositions du CNRD ouvrent le concours à de nouvelles catégories d’élèves et d’établissements : Etablissements régionaux d’enseignement adapté (EREA), Centres de formation d’apprentis (CFA), Centre national d’enseignement à distance (CNED), Maisons familiales et rurales (MFR) … cette ouverture est à la fois une marque de reconnaissance, de fraternité et d’exigence, dans la belle tradition du concours

2.Un concours mieux préparé, mieux harmonisé, mieux valorisé

Les documents pédagogiques indispensables aux enseignants qui préparent leurs élèves au CNRD feront, eux aussi,  l’objet d’une rénovation placée sous le signe de la rigueur scientifique, de la mise en ligne systématique, du maintien d’une diffusion plus traditionnelle. Sous l’autorité de l’Inspection générale, les fondations et partenaires du concours y apporteront leur expérience et leurs compétences.

Les sujets des épreuves individuelles réalisées à l’échelon académique seront encadrés au niveau national, de façon à placer le concours sous le signe d’une véritable égalité entre les candidats individuels. Il faut le souligner avec force : si ce concours est et restera national, s’il s’enrichit des contributions plurielles comme le veulent les intitulés des sujets, l’empreinte nationale doit se traduire par une forme de régulation plus opérationnelle.

L’engagement des élèves sous l’autorité des leurs enseignants, les résultats qu’ils obtiennent, la reconnaissance de l’Institution seront mis en valeur, diffusés largement, proclamés à l’échelon territorial et à l’échelon national, dans le cadre d’une réflexion conduite par la Direction générale de l’enseignement scolaire (DGESCO) et l’Inspection générale de l’Education nationale, avec l’appui et le concours des corps territoriaux d’inspection et des partenaires institutionnels et associatifs du CNRD, au sein desquels Le Souvenir Français aura toute sa place.

L’enseignement de la Résistance et de la Déportation comme objets d’histoire, en collège et dans les lycées, la réflexion sur les mémoires de la Résistance et de la Déportation comme objets d’histoire, le recul critique par rapport à un savoir en permanente évolution sont ainsi au cœur de la rénovation du CNRD.

Tristan Lecoq

Inspecteur général de l’Education nationale

Professeur des universités associé (histoire contemporaine) à l’Université paris Sorbonne

Dernier ouvrage paru :           

Enseigner la Résistance  sous la direction de Laurent Douzou et Tristan Lecoq, Futuroscope : Canopé éditions, DL 2016.

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 TLECOQ

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La refondation du concours national de la Résistance et de la Déportation (CNRD) est partie du constat d’une forme d’affaiblissement de l’intérêt des élèves et des enseignants pour ce concours, créé en 1961 comme « Concours national de la Résistance » et devenu « Concours national de la Résistance et de la Déportation » : disparition des témoins directs, décalage croissant des nouvelles générations d’élèves et d’enseignants avec les faits, nécessité d’affirmer le CNRD comme un passeur entre les générations, en même temps que respect de la distinction entre l’histoire et la mémoire.

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Tristan Lecoq

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