Retrouvez dans cette rubrique l’histoire d’un monument lié à notre thématique mensuelle.

Le camp de Monowitz-Buna / Auschwitz III
Monowitz-Buna ou Auschwitz III est l’un des trois ensembles de camps de concentration du vaste complexe d’Auschwitz. Établi en octobre 1942 comme annexe d’Auschwitz dont il est séparé en novembre 1943, il est conçu comme un camp de travail, avec une composante importante d’extermination par le travail. Les détenus sont en effet envoyés à l’usine Buna-Werke de la société IG Farben, une fabrique de caoutchouc dirigée par des civils, en coopération avec la SS.
Jusqu’en 1945, le camp héberge environ 12 000 prisonniers, majoritairement juifs, mais également des prisonniers de droit commun et politiques, qui reçoivent généralement des tâches moins lourdes.
L’usine devait être entièrement construite et rentabilisée par les prisonniers, qui recevaient le strict minimum en matière d’outils, de nourriture et de logement. Ces derniers mouraient d’épuisement ou de faim après quelques mois. Les plus épuisés d’entre eux, qui ne pouvaient plus continuer à travailler, sont envoyés dans les chambres à gaz de Birkenau afin d’y être exterminés.
Le choix de l’artiste
La réalisation de l’œuvre est confiée à Louis Mitelberg (1919-2002), dit Tim, artiste français d’origine juive polonaise qui s’est notamment illustré dans l’illustration, la caricature et la sculpture. Son style se caractérise par un graphisme aux traits enchevêtrés mêlé à un humour souvent noir.
Le monument
Le monument de Buna-Monowitz-Auschwitz III, financé principalement grâce à l’aide de l’État et de la Ville de Paris, est inauguré le 4 février 1993 par Louis Mexandeau, secrétaire d’État aux Anciens Combattants et Victimes de guerre. Il est érigé juste à côté de celui consacré au camp de Dachau.
Sur un carré de pelouse le long de l’allée circulaire du Père Lachaise, quelques marches portent le regard du visiteur vers un large socle rectangulaire sur laquelle se dressent cinq silhouettes en bronze. Malgré l’indifférenciation de leurs traits, leur aspect longiligne, leur dos courbé, leurs mains liées, et les rayures de leur tenue se laissant traverser par la lumière ne laissent aucun doute sur leur statut de déportés, et sur le sort qui les attend. Le détenu du milieu pousse une brouette dans laquelle gît le corps d’un de leurs camarades, rappel effrayant de la mortalité de ces camps de déportation.
Avant de partir, le visiteur arrête son regard sur une plaque apposée au milieu des marches, qui, pour la première fois sur un monument au Père-Lachaise, mentionne le caractère juif des victimes :
« De 1941 à 1945, Auschwitz III comptait 39 camps nazis, tous exploités par le trust allemand de la chimie IG Farbenindustrie : Buna-Monowitz, Blechhammer, Gleiwitz, I, II, III, IV, Rajko Furstengrübe, Gunthergrübe, Jawischowitch, Jaworzno, Feudenstadt… 30 000 déportés dont 3 500 arrêtés en France, juifs pour la plupart, y moururent de faim, de froid, sous les coups et d’épuisement, ou désignés par les SS lors des sélections, ils furent exterminés dans les chambres à gaz d’Auschwitz-Birkenau. N’oublions jamais. »

La France et l’OTAN Stephen Launay est docteur en science politique. Ses recherches portent sur les relations internationales, la philosophie libérale, ainsi que sur la pensée politique, la politique intérieure et la politique étrangère de la Colombie et du Venezuela. Maître de conférences (HDR) à l’université de Paris-Est à Marne-la-Vallée, et directeur de recherche au […]
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