
Monument aux Morts pour la France en opérations extérieures, parc André-Citroën, 15e arrondissement, Paris.
Proposé depuis des années par plusieurs associations, le projet d’un monument aux morts pour la France en opérations extérieures, soutenu par le ministère des Armées, voit le jour en 2019, soit cinq ans après la pose de la première pierre et huit ans après l’acceptation du projet.
Le 12 octobre 2026, sept ans plus tard, 288 nouveaux noms de soldats « Morts pour la France » vont être inscrits sur l’un des murs végétalisé.
Rappelons-nous ce monument, formé de deux ensembles fonctionnant comme un tout.
Réalisée par le sculpteur Stéphane Vigny, la scène de portage centrale, imposante par son réalisme et par l’impression de mouvement que confèrent les postures, saisit l’observateur. Sa solennité tient en partie à la symbolique du cercueil invisible. Cette absence interpelle, elle dit le vide laissé par la mort et la douleur du deuil ; à travers les positions des figures, elle traduit l’union des différents corps d’armée autour du traumatisme de la perte.
Apposées entre 2014 et 2019 sur les murs qui entourent la sculpture, et dialoguant avec elle, les 37 plaques gravées rappellent l’identité de 549 militaires « Morts pourla France » au cours d’opérations extérieures menées après 1963. Véritable tournant, cette date marque la fin de la décolonisation et, avec elle, la naissance d’un nouveau type d’engagement militaire, celui des interventions ponctuelles de la France hors de son territoire national, communément appelées OPEX.
Cette périodisation pose un problème puisqu’elle exclut les soldats « Morts pour la France » sur un TOE (théâtre d’opérations extérieures), notion antérieure à celle d’OPEX. Pourtant, le monument du parc André-Citroën porte déjà les noms de vingt soldats morts en Mauritanie, à une époque où ce territoire n’était pas indépendant et où la France y exerçait sa souveraineté coloniale, une situation relevant du TOE.
C’est cette distinction entre conflits que vient effacer l’extension.
La nouvelle plaque sera ainsi gravée des noms de soldats « Morts pour la France » au cours de l’intervention en Palestine en 1948 (4 noms), pendant la guerre de Corée, entre 1950 et 1953 (267 noms), et lors de l’expédition de Suez, en 1956 (17 noms).
Avec cette extension, le monument OPEX, érigé à l’origine pour honorer la « quatrième génération du feu », rend hommage à l’ensemble des soldats « Morts pour la France » hors de ses frontières. À terme, d’autres extensions sont prévues, et le dernier pan de mur, aujourd’hui végétalisé, pourrait accueillir les noms de soldats morts à Madagascar en 1947.
Retrouvez dans cette rubrique toutes les initiatives du mois à venir au niveau national et local. 1 – Les publications de nos adhérents et de nos comités 1 – La bataille de Mers el-Kébir, Aubry Palouzier et Lucas Di Nallo, Arvi Édition, 2026. Juin 1940. La France s’effondre face à l’avancée fulgurante des troupes allemandes. […]
Voir l'article >Le Soldat inconnu de Jussey (Haute-Saône) Photographies de la tombe et de la plaque du soldat inconnu inhumé en 1914 au cimetière de Jussey. « Au soldat X, tombé devant l’ennemi en août 1914. Nous avons recueilli ton pauvre corps broyé Un soir sombre où grondait l’infernale avalanche. Nul ne saura ton nom, humble sacrifié, Tu […]
Voir l'article >Pour en savoir plus sur la Crise du canal de Suez 1 – Suez 1956 – Naissance d’un tiers-monde, Marc Ferro, Editions Complexe, juin 2006. Plus d’infos : https://www.fnac.com/a1820943/Marc-Ferro-Suez-1956 2 – Port-Fouad, laboratoire d’une occupation et révélateur d’une crise (7 novembre – 22 décembre 1956), François David, Service Historique de la Défense, septembre 2009. Plus d’infos :https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/ouvrages/port-fouad-laboratoire-dune-occupation-et-revelateur-dune-crise-7-novembre-22-decembre […]
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