« Aux guérilleros espagnols morts pour la France et la liberté 1940-1945. »
Inscription gravée au centre de la plaque apposée sur la façade du socle du monument.
«Por la libertad asi como per la honra se puede y debe aventurar la vida.»
Tiré d’un vers de Cervantes. Inscription gravée sur la partie droite de la plaque apposée sur la façade du socle du monument.
Dédié aux guérilleros espagnols exilés en France après 1939 qui ont décidé de poursuivre leur combat contre le fascisme, ce monument en béton à la figure humaine et au style géométrique se dresse depuis 1982 à l’entrée du village de Prayols en Ariège.
Imposante, la figure se présente en position frontale, le torse massif, les jambes écartées et fermement ancrées dans le socle ; un assemblage d’angles durs qui renforce l’impression de puissance qui s’en dégage. Au centre, une arme tenue fermement à l’horizontale rompt l’harmonie créée par les jeux de symétrie.

Monument national des guérilleros espagnols, de la guerre de 1939-1945 à Prayols.
La posture, tout comme le choix de la commune pour l’emplacement de ce monument, ne sont pas anodins. Ils renvoient à un épisode marquant de l’histoire locale.
Le 20 août 1944, une dizaine de camions transportant des soldats allemands quittent Tarascon-sur-Ariège pour rejoindre Foix en traversant Prayols. Le matin, la 3101e compagnie FTP et le 1er bataillon de guérilleros espagnols, dirigés par le capitaine Ferrand (Jean Sannac) et le commandant Pedro Abascal, sont positionnés en embuscade à l’entrée sud du village. Vers 10h, ils interceptent un premier camion venu en reconnaissance. Une heure plus tard, le reste du convoi arrive et l’affrontement reprend, se prolongeant jusque dans l’après-midi avant de s’achever par la défaite des Allemands.
Le choix de confier la réalisation du monument à Manuel Perez Valiente, dit Manolo Valiente, artiste espagnol né à Séville en novembre 1908, revêt également une forte portée symbolique. Contraint à l’exil en 1939, il est par la suite interné dans différents camps du sud de la France jusqu’en 1942. Ces expériences marquent profondément sa sensibilité artistique, qui s’exprime, pour ce monument, par un traitement brut de la matière et le recours à des formes simples.
Hommage aux guérilleros espagnols, aux résistants et aux combattants du 20 juillet 1944, ce monument célèbre avant tout une mémoire franco-espagnole partagée.
Sur la partie gauche de la plaque apposée sur la façade du socle du monument, figurent ainsi les mots que Charles de Gaulle aurait prononcés à un guérillero espagnol blessé en Ariège : « Je salue en toi tes vaillants compatriotes pour votre sang versé, pour la liberté et pour la France. Par tes souffrances, tu es un héros espagnol et français. »
Enfin, le 21 octobre 1994, un hommage commun est rendu sur les lieux par François Mitterrand et Felipe González, chef du gouvernement espagnol, cinquante ans après la bataille de Prayols, au cours de laquelle de nombreux guérilleros espagnols, engagés aux côtés des résistants français, stoppèrent l’avancée d’une importante colonne de soldats allemands.
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