L’histoire des cimetières et des monuments consacrés à la guerre 1914-1918 est aussi l’histoire de l’interprétation que les nations ont donné à la mort des soldats. Sacrifice, douleur des mères, héroïsme patriotique. 

1917 est  l’âge de l’héroïsme, 1923 est l’âge de la douleur des mères et du refus d’autres guerres. La Belle Motte porte dans les plis de son linceul les échos de ces moments.

Né pendant la guerre et ébauché par les Allemands, puis réorganisé après le traité de Versailles et les accords sur le retour ou l’inhumation des soldats, ce cimetière symbolise aussi et déjà une coopération aujourd’hui riche de sens et de fraternité.

Historique

Les premières pierres du cimetière ont donc été posées en 1917 par les Allemands. Durant les combats du mois d’août 1914, de nombreux soldats avaient été directement enterrés sur le champ de bataille. La Belle-Motte accueillera les 374 victimes héroïques de la retraite de Le Roux inhumés à l’arrière de l’Ogive.

Après le rapatriement des victimes françaises dans leurs villages d’origines, de nombreux petits cimetières ou carrés militaires sont démantelés. Le cimetière militaire de la Belle-Motte est agencé et ordonné tel que vous le connaissez aujourd’hui.

Dans cet écrin de verdure où le silence est tantôt pesant, tantôt paisible, d’autres corps, relevés dans l’Entre-Sambre-et-Meuse et tombés dans ce sinistre mois d’août 1914, ont rejoint leurs frères d’armes. Ici reposent désormais un total de 4.066 soldats. 1.191 soldats identifiés et dans deux ossuaires, situés de part et d’autre de l’Ogive, les restes de 2.875 corps français non identifiés qui proviennent des cimetières provisoires de pas moins d’une trentaine de communes.

Une cathédrale

Construite à l’initiative des Allemands, au centre du cimetière militaire, se dresse une arche de style gothique aux traits pouvant se confondre avec ceux d’une ogive « obus », formée par deux mains se joignant en guise de symbole de paix. Il s’agit de l’embryon d’une œuvre d’art, base de ce qui devait être une chapelle dont la construction inachevée fut abandonnée après l’Armistice de 1918.

On peut imaginer que la nécropole de la Belle-Motte a été conçue comme une cathédrale naturelle, dont les arbres ceinturant le cimetière symbolisent des colonnes soutenant la voûte de feuillage des nefs.

L’ogive est centrale, c’est aussi une porte vers cet ailleurs que rejoignent les soldats, c’est enfin une clé de voûte et le lieu principal des commémorations.

L’inauguration en 1923

C’est le dimanche 19 août 1923, que l’on inaugurait officiellement le cimetière militaire de la Belle-Motte dans sa structure actuelle. Dès 15h, trois longs cortèges rejoignaient le dispositif de la Belle-Motte venant d’Aiseau, de Falisolle et de Le Roux et prenaient place en face de l’Ogive. Plusieurs personnalités avaient rejoint les hauteurs des villages. Le général PASSAGA, commandant du 10è Corps d’Armée de Rennes, représentait le Ministre de la Guerre français, et le Lieutenant-Général Bernheim représentait le Ministre de la Défense belge, aux côtés de Messieurs Bierlaire et Parent, les bourgmestres d’Aiseau et de Le Roux.

La Belle-Motte, un partage de Paix dans une « Mémoire Partagée »

Derrière le cimetière français, dès 1917, s’étendait également un cimetière allemand créé par l’armée allemande. En 1954, le gouvernement belge et celui de la République Fédérale allemande décidèrent de procéder à une concentration des petits cimetières éparpillés dans le Royaume. Les soldats allemands de la Belle-Motte furent transférés dans les Flandres à Langemark.

Dès ce mois d’août 2023, une stèle allemande, sauvée par le comité Royal du Souvenir de Le Roux retrouvera sa place sur le dispositif de la Belle-Motte. Cette stèle aura toute son importance dans le cadre de la « Mémoire Partagée », chère au C.R.S.

Dimanche 23 août 2023, un événement et un carrefour de l’histoire et de la mémoire

Ce dimanche 23 août 2023, c’est aussi avec une grande solennité qu’un nouveau comité Royal du Souvenir célébrera le centenaire de cette inauguration, en présence de Denis MATHEN, Gouverneur de la Province de Namur ; du Colonel Hubert STAHL, Attaché de Défense auprès de l’ambassade de France à Bruxelles ; Eckart BLAUROCK, Chef de mission adjoint et Chargé d’Affaires, auprès de l’ambassade de la République fédérale d’Allemagne ; des représentants de la Secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants français et de la Ministre de la Défense belge ; des Commandants militaires des provinces de Hainaut et de Namur ; Daniel TILMANT, Délégué général-adjoint du Souvenir Français pour la Wallonie, ainsi que des bourgmestres et élus des communes d’Aiseau-Presles, de Fosses-la-Ville et de Sambreville. Plusieurs élus et délégations des villes régimentaires du mois d’août 1914 de Bretagne et de Normandie, du Land de Basse-Saxe seront présentes pour cet événement mémoriel. Le 3è Régiment de Génie de Charleville-Mézières et le 2è Wing Tactique de la base de Florennes rendront les honneurs militaires avec la participation de la Musique du 2è Chasseurs à Pied de Charleroi et de la chorale de l’amicale des paras-commandos.

Centenaire d’un lieu de mémoire essentiel et exceptionnel.

Cette commémoration a sans aucun doute encore plus de sens pour les pèlerins de la mémoire que nous sommes et les compagnons du Comité Royal du Souvenir de Le Roux et du Souvenir Français que tout autre moment dans le calendrier de la Belle Motte.

C’est une synthèse de la mission du Souvenir Français, honorer et se souvenir, construire des lieux et des espaces où les symboles et la mémoire imposent le respect et l’admiration pour ceux qui y sont honorés.

Relevé des tombes militaires suite aux combats livrés dans la bataille dite de « Charleroi » ou de l’Entre-Sambre-et-Meuse

Les corps des soldats de la guerre 1914/1918 inhumés depuis 1923 dans la nécropole nationale de la Belle-Motte ont été relevés dans les communes, hameaux ou lieu-dit de :

Les deux Ossuaires

Les deux ossuaires, situés de part et d’autre de l’Ogive, renferment les restes non identifiés de 2.875 corps français qui proviennent des cimetières provisoires suivants :

Commémoration du vingtième anniversaire de la mort du Général Simon (1912-2003) – Querqueville (Cherbourg-en-Cotentin) – 10/10/2023

Le 28 septembre 2003 disparaissait le Général d’armée Jean Simon, chancelier de l’Ordre de la Libération ; le 3 octobre, il était inhumé à Querqueville, après une cérémonie d’hommage national présidée par le président de la République Jacques Chirac dans la cour d’honneur des Invalides à Paris.

Afin d’honorer la mémoire de ce valeureux soldat et d’en perpétuer le souvenir, une cérémonie a été organisée par l’UNC Querqueville et le comité du Souvenir français de Cherbourg-en-Cotentin devant sa tombe, en présence de sa famille et de nombreuses autorités civiles et militaires, dont M Hervé Gaymard, ancien ministre et président de la fondation Charles de Gaulle, le général d’armée Bruno Cuche (ex-CEMAT), les représentants de la promotion « Général d’armée Jean Simon » (2003-2006) de Saint-Cyr-Coëtquidan et Monsieur Paul Leterrier, dernier vétéran de la Bataille de Bir-Hakeim (1942) et à ce titre compagnon d’armes du général Simon.

Des légionnaires d’active de la 13ème demi-brigade de Légion étrangère, stationnée en Aveyron, se s’étaient également spécialement déplacés pour l’occasion pour rendre hommage à leur ancien camarade.

Devant cette nombreuse assistance, le secrétaire de la promotion « Général Simon » a lu l’éloge funèbre prononcé le 2 octobre 2003 par Jacques Chirac, qui retraçait la riche carrière du général Simon marquée par son engagement dans la France Libre dès 1940 avec son ami Pierre Messmer et sa participation à l’épopée de la 13ème DBLE qui le conduit en Afrique noire puis en Ethiopie, au Levant et en Libye (Bir Hakeim, juin 1942), et le fait participer à la campagne d’Italie, au débarquement de Provence et aux combats pour la libération de l’Alsace.

Sa brillante carrière se poursuit après-guerre jusqu’au grade de général d’armée (1970) et il quitte le service actif en 1973 pour occuper de 1978 à 2002 le poste de Chancelier de l’Ordre de la Libération, dont il a organisé la sauvegarde.

Après cet hommage, le chant de la promotion « Général Simon », rappelant les valeurs d’honneur, du sens du devoir et de l’engagement personnel de son parrain s’est élevé, plongeant l’assistance dans l’émotion, avant le dépôt de gerbes des autorités, la sonnerie « Aux morts », la minute de silence et l’hymne national, repris de façon vibrante par l’ensemble des participants.

A l’issue de la cérémonie, ceux-ci ont descendu l’allée du Général Simon, inaugurée le 21 mai 2013 à l’occasion des 10 ans de la disparition du vaillant soldat* pour rejoindre le manoir de la Coquerie pour un moment de convivialité.

                                                                                                              Pascal Pelé

*A noter qu’en septembre de la même année, un boulevard « Général d’armée Jean Simon » a été inauguré dans le 13ème arrondissement de Paris.

Déplacement mémoriel à Auschwitz-Birkenau le 20 novembre 2023

Le 20 novembre dernier a été organisé par le comité de Metz fédéré, et le consistoire israélite du Luxembourg et de Moselle, un déplacement mémoriel aux camps d’Auschwitz 1 et Auschwitz-Birkenau.

Pour certains, c’était un pèlerinage qu’ils faisaient pour la première fois.

Pour d’autres, c’est le devoir de mémoire, celui qui anime le Souvenir Français.

Pour ma part, j’y suis allé avec ma fille de 18 ans car la jeunesse est notre avenir et elle doit connaître son passé.

 » Un peuple qui oublie son passé est condamné à le revivre » W. CHURCHILL.

Après quelques heures d’avion et de bus, nous sommes arrivés à Auschwitz 1. La visite commence par un couloir en béton où résonnent d’une voix froide le prénom et le nom de chaque personne tuée par les nazis dans le camp. Sortis de là, on arrive sur le portail d’entrée avec son inscription « Arbeit Macht Frei ». S’ensuit une visite des bâtiments où sont exposés photos, objets personnels, cheveux, valises. A la sortie d’un bâtiment, nous sommes arrivés dans la cour des fusillés, pas très loin du bâtiment où le docteur MENGELE faisait souffrir les prisonniers. La visite d’Auschwitz 1 se termina par la place où fut pendu Rudolf HESS, la chambre à gaz et le four.

Départ en bus pour Auschwitz-Birkenau.

Arrivés sur place, de nouveau le choc devant ce bâtiment par où les trains arrivaient.

Nous marchons le long du quai, celui-là même où des humains étaient triés comme du bétail.

Il reste encore un wagon sur les rails. On essaye d’imaginer mais l’effroi nous en empêche.

L’étendu du camp est impressionnante. Du côté des hommes, il ne reste plus que les cheminées des baraquements. Au bout du quai, se trouve le Monument aux Morts où nos amis de confession juive ont pu faire une prière pour les disparus(e)s.

Visite du camp des femmes à gauche, les baraquements sont encore debout, sauf au début où se trouvait un immense bâtiment qui contenait la fosse. C’était là où les personnes devaient se déshabiller avant de se rendre dans la chambre à gaz et les fours crématoires. Les nazis l’ont détruit à l’arrivée des Soviétiques. Dans les baraquements, nous avons pu nous rendre compte des conditions de vie de ces femmes.

Puis le retour, chacun perdu dans ses pensées avec le sentiment qu’il fallait y aller.

« A nous le souvenir, à eux l’immortalité »

Mr Gérald FARINE, DGA Metz Grande ceinture

Inauguration d’une route du Souvenir Français à Romagne (Vienne) lors des commémorations des évènements du 25 août 1944.

Il y a 79 ans, le 25 août 1944 Romagne a payé son tribut à la résistance à l’occupant :

 Ce 25 août, une colonne allemande de trente camions et trois automitrailleuses quitte le bourg de Romagne en direction de Champagné-Saint-Hilaire et se heurte aux hommes du maquis Martial (Armée Secrète) venu au ravitaillement.

Dans le prolongement de cet accrochage, à La Vergnauderie, un officier allemand est tué.

En représailles, l’armée allemande va exécuter lâchement … gratuitement, 4 civils occupés à des taches agricoles :

Maximin Baudin, tout d’abord, qui arrachait ses pommes de terre dans son champ puis

renonçant à poursuivre les maquisards en direction du parc, la colonne traverse La Millière et sans descendre des camions, les soldats allemands tuent René Texerault dans son jardin puis Constant Gatelier et Émile Tingault occupés au battage à La Baudonnière.

Pour que nul n’oublie, soixante-dix-neuf ans après ces tragiques événements, Romagne a rendu hommage samedi 25 août 2023 en fin d’après-midi aux quatre victimes.

La cérémonie présidée par le maire de la commune, Jean-Pierre MAURY, s’est terminée au monument aux morts de Romagne, en présence d’un grand nombre de personnalités locales dont le sénateur Bruno BELIN et la directrice du cabinet du préfet de la Vienne, madame Alice MALLICK, ainsi qu’une assistance importante et de très nombreux porte-drapeaux.

La commémoration a été l’occasion pour le maire de Romagne Jean-Pierre MAURY, le président du Comité du Souvenir Français de Valence-en-Poitou (ex-Couhé) Jean-Michel BAUFRETON et le délégué général du Souvenir Français pour la Vienne, Pierre PELLETIER d’inaugurer la « Route du Souvenir Français » sur laquelle ont été tué les quatre romagnons (elle s’étend du Bourg à la « Millière »).

Les discours ont permis de rappeler le rôle du Souvenir Français et son rôle au cœur de l’activité mémorielle :

« Cette route, si elle est un hommage durable aux résistants et aux militaires qui se sont battus pour libérer leurs terres et au-delà la France, cette route est également un témoignage de la Commune de Romagne et du Souvenir Français aux victimes de la barbarie qui, si elle a pris à l’affection de leurs proches quatre enfants du pays, elle les a ainsi rendus immortels.

Baptiser cette route est un geste fort envers le Souvenir Français, »

Lire l’article en hommage à Amado Granel Mesado (1898 – 1972)

A l’invitation de Monsieur Jacques Torres, président de l’association « Mémoire de Carquebut », le président et la vice-présidente étaient invités à l’inauguration du mémorial érigé en l’honneur du Flight Officer Robert Joseph Sarvis. Le Souvenir Français a souhaité apporter sa contribution et s’associer à ce projet qui est un hommage rendu à ce pilote canadien de 27 ans qui, par sens du devoir et de l’honneur demeura aux commandes de son bombardier Lancaster en flammes afin de préserver la commune de Carquebut et ses habitants. Ce mémorial rappellera son sacrifice le 25 juillet 1944.

Ainsi, le souvenir de ce pilote ne cédera jamais la place à l’oubli. Le comité de Valognes se devait d’être présent non seulement par reconnaissance envers lui mais aussi envers les Alliés qui ont combattu pour la paix et la liberté. En présence de Madame le Maire de Carquebut et du Surintendant du cimetière de Colleville-sur-Mer, le président a salué l’initiative de Monsieur Torres, sa ténacité et sa détermination ayant permis à ce monument commémoratif de voir le jour. Il a remercié également tous les bénévoles. Une convention de partenariat a par ailleurs été signée quelques jours plus tard entre l’association « Mémoire de Carquebut » et le comité de Valognes, les deux associations partageant des valeurs et des objectifs communs.

Assemblée générale du comité du Souvenir Français de Cazères

Naissance du comité de Cazères

Cérémonie du centenaire du monument aux morts

Hommage à un grand résistant

Moments d’émotion à Cazères

Montberaud honore la Résistance

Montberaud honore la Résistance (2)

Hommage aux 11 victimes du nazisme du village

Hommage à Robert Sicilia