Le Parlement européen a voté, le 17 janvier 2024, une résolution[1] portant sur la nécessité de créer une conscience historique européenne.
Si l’idée de créer cette « conscience » est une nécessité, la question centrale demeure celle du fondement de cette mémoire européenne.
La résolution du Parlement européen assoit cette conscience historique sur quatre composantes :
Dès lors, la question centrale que posent ces choix est celle de la capacité d’un territoire de faire partager à sa population les moments les plus sombres de son histoire (la nation européenne reposerait donc uniquement sur les pages les plus sombres de l’histoire). Ce choix est exactement l’inverse de celui proposé par Ernest Renan dans son discours « Qu’est-ce qu’une nation ? » qui souligne que l’oubli des pages sombres est nécessaire si l’on veut faire Nation.
Ce choix doit nous interroger comme doit nous interroger le ciblage des populations porteuses de mémoire à savoir « les groupes sous-représentés jusqu’à présent »[6].
Le risque majeur de cette résolution est de faire de l’Europe un territoire de mémoire négative, et de sociétés émiettées. Il serait nécessaire que l’Europe se tourne vers d’autres mémoires partagées, parmi lesquelles :
Deux mémoires positives qui entretiendraient la fierté des Européens.
[1] Résolution du Parlement européen du 17 janvier 2024 sur la conscience historique européenne (2023/2112 (INI)). [En ligne : https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/TA-9-2024-0030_FR.html].
[2] Paragraphe n°5 de la Résolution : « (…) salue l’ensemble des initiatives passées et présentes au niveau européen visant à promouvoir une mémoire historique européenne commune, notamment la Journée commémorative de l’Holocauste, la Journée européenne de commémoration des victimes de tous les régimes totalitaires et autoritaires, la mise en place d’un volet consacré à la mémoire dans l’ancien programme « l’Europe pour les citoyens » (CERV) ».
[3] Ibid.
[4] Paragraphe n°6 : « (…) reconnaît les crimes commis par les régimes totalitaires nazis, fascistes et communistes, et à l’époque du colonialisme, et le rôle que ces crimes ont joué dans la formation des perceptions de l’histoire en Europe (…) ».
[5] Ibid.
[6] Paragraphe n°8 : « (…) reconnaît la nécessité d’une compréhension plus large et plus globale de l’histoire européenne pour qu’émerge une conscience historique européenne critique et capable de se remettre en question, notamment en élargissant le champ des initiatives européennes actuelles liées au travail de mémoire, en tenant dûment compte également des groupes qui ont été sous-représentés jusqu’à présent, et en promouvant de nouvelles méthodes d’enseignement de l’histoire (…) ».
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