Le monument de Noisseville

Le 4 octobre 1908, une foule immense se rassemble à Noisseville, en Moselle annexée, afin de participer à l’inauguration du monument érigé par Le Souvenir Français.

Depuis 1870, de nombreux monuments allemands ont été érigés à la gloire des vainqueurs. Pour Jean-Pierre JEAN, Président du Souvenir Français d’Alsace-Moselle, ceci est inacceptable. Il ressent l’oubli des héros français comme un crime et décide d’y remédier. Il souhaite « réparer cet oubli et ranimer le culte des grands morts ». En 1906, il met son projet à exécution et propose l’érection d’un monument commémoratif à la gloire des morts pour la France de la guerre franco-prussienne.

Le choix de Noisseville s’impose de lui-même. La bataille de Noisseville est en effet la seule tentative victorieuse des armées françaises pour rompre le siège de Metz, le 31 août 1870. Le site est choisi avec l’accord de la municipalité. Un projet, confié à l’architecte Télémont GUÉRIN et au sculpteur Emmanuel HANNAUX, tous deux Messins, est lancé et validé par les autorités allemandes.

Le monument qui s’élève à 3 mètres de hauteur, se compose d’un groupe principal en bronze. Le piédestal ainsi que l’entourage sont en granit rose des Vosges, provenant des carrières de Louis GEISLER, « grand bienfaiteur » du Souvenir Français. Au premier plan, la France est représentée casquée, recevant dans ses bras un soldat en tenue de campagne de 1870, qui tombe, mourant dans les plis du drapeau national. Sur le piédestal, le « Souvenir » est représenté sous les traits fins et bienveillants d’une jeune Lorraine. L’ensemble du monument apparaît comme puissant et monumental.

Si les autorités allemandes n’interdisent pas l’inauguration du monument, elles ne font rien pour en faciliter l’organisation, car le but de Jean-Pierre JEAN est de rassembler le plus grand nombre de Mosellans et de transformer cette cérémonie en élan de patriotisme français. La cérémonie d’inauguration se déroule en deux temps, le 3 et le 4 octobre 1908. Le premier jour, trois offices religieux sont organisés, au temple, à la synagogue et à la cathédrale. La cathédrale de Metz est « tendue de noir », l’estrade funéraire est entourée de drapeaux tricolores et recouverte de couronnes de fleurs, dont celle du « Comité de l’œuvre de Noisseville » (comité qui a été créé dans le but d’ériger le monument), avec l’inscription «  A nous le Souvenir, à eux l’Immortalité ». 6 000 personnes sont présentes.

L’inauguration du monument a lieu le lendemain. La presse rapporte l’événement comme étant grandiose ; les trains bondés transportent à Nouilly (gare la plus proche de Noisseville) une foule immense de voyageurs. Les rues jusqu’à Noisseville sont obstruées et engorgées. Toute la Lorraine est venue rendre hommage « à ses héros français ». « Notre souvenir sera leur meilleure récompense » prononce Jean-Pierre JEAN lors de son discours.

Depuis cette date, le monument de Noisseville symbolise le patriotisme alsacien-lorrain. Chaque année le Souvenir Français y organise une cérémonie en octobre, afin d’enraciner dans l’histoire de la Lorraine et de la France cette page de mémoire partagée.

Contact Jacques MONDON, Délégué Général du Souvenir Français pour la Moselle, 57@dgsf.fr

Pour en savoir plus : BRECK, F., MASON, J.-L., « Histoire de la bataille de Noisseville et du Monument du Souvenir Français », in Le livre d’or de Noisseville, Noisseville, 1984, p. 117-150.

Cahier de Photographies

Cahier de photographies

Photographies de « L’Inauguration du monument de Noisseville élevé aux soldats français tombés en 1870 sur les champs de bataille à l’est de Metz. Imprimerie Lorraine, Metz, 1908 »

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