Lundi 6 janvier, réunion de travail avec des responsables d’associations partenaires (« Fils et Filles des morts pour la France », « Mémoires du Mont Valérien »).

Jeudi 9 janvier, réunion du bureau du Souvenir Français.

Jeudi 9 janvier réunion du conseil d’administration.

Jeudi 9 janvier, inauguration de l’exposition présentée au siège de l’association « Paul Flickinger, sculpteur de mémoire » dans le cadre de la cérémonie des vœux de l’association.

Vendredi 10 janvier, participation à la réunion du comité scientifique du Concours National de la Résistance et de la Déportation.

Lundi 13 janvier, réunion de travail avec la présidente de l’association « Les Compagnons du 8 novembre 1942 ».

Mardi 14 janvier, participation à la réunion du comité scientifique de la « Fédération nationale des anciens combattants d’Algérie ».

Mardi 14 janvier, réunion de travail avec le responsable de l’Institut François Mitterrand.

Mercredi 15 janvier, assemblée générale de l’association « Paysages et sites de mémoire de la Grande Guerre ».

Lundi 20 janvier, réunion de travail avec la présidente de l’association des « Amis du peintre Renefer ».

Mardi 21 janvier, réception au siège de la délégation du Souvenir Français de la Nièvre et de la Société des Membres de la Légion d’Honneur.

Jeudi 23 janvier, participation à la présentation du guide sur les lieux de mémoire de 1870 en Meurthe-et-Moselle réalisé par la délégation du Souvenir Français de Meurthe-et-Moselle et publié par le Conseil départemental.

Mardi 28 janvier, participation à la commission nationale du diplôme de porte-drapeau à l’ONACVG.

Mardi 28 janvier, participation à la cérémonie du ravivage de la Flamme sous l’Arc de Triomphe avec le collège Xavier Bichat de Nantua.

Mercredi 29 janvier, participation à la commémoration du 75ème anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz.

Mercredi 29 janvier, réunion de travail présidée par Olivier Jacquin, sénateur de Meurthe-et-Moselle.

Jeudi 30 janvier, réunion de travail avec les délégués généraux du Souvenir Français mobilisés par le 150ème anniversaire de 1870.

Tout au long du mois participation à de nombreuses cérémonies de vœux (chef d’Etat major de l’armée, de l’armée de l’air, de la maire, de CDC Habitat, du Service historique de la Défense).

Le 14 novembre, Le Souvenir Français a inauguré la géolocalisation du cimetière de Vélizy-Villacoublay. 22 tombes de « Mort pour la France » ont été mises en valeur.

Ville dotée d’un aéroport, la commune a été la cible de nombreux bombardements pendant la Seconde Guerre mondiale.  15 tombes géolocalisées contiennent les dépouilles de victimes de bombardements ayant la mention « Mort pour la France ».

Des élèves des écoles Buisson et Fronval ont participé à l’inauguration, ils ont ainsi pu découvrir le destin de ces « Mort pour la France » parmi lesquels Léon Guenot, né le 14 décembre 1916 à Issy-les-Moulineaux, Hauts-de-Seine (92). Ajusteur de profession, il est le fils d’Adolphe Guenot et de Jeanne Guenot, née Laure. Appartenant à la classe 1937, Léon Guenot participe avec son bataillon au combat de la Bresle dans la Somme où il est blessé. Evacué, il est fait prisonnier le 12 juin 1940 sur la plage de Saint-Valéry-en-Caux, Seine Maritime (76). Interné dans plusieurs camps de prisonniers en Allemagne, le dernier connu étant le Stalag VIK 326, il décède le 24 juillet 1945 affaibli par cinq années de captivité.

Roger Mahieu, né le 29 mars 1923 à Paris, est le fils de Gaston Mahieu et de Marie Mahieu, née Fressont. Requis dans l’organisation Todt à Soulac en Gironde, il rejoint le maquis où il est accueilli par un groupe régulièrement organisé. Au cours de la nuit du 11 juillet 1944, Roger Mahieu et quelques résistants partent réceptionner une livraison d’armes parachutées par deux avions américains. Roger Mahieu va faire face, avec trois autres résistants, à l’ennemi qui les avait encerclés. Les Nazis les prirent vivants et les fusillèrent aussitôt. Enterré tout d’abord au cimetière de Saint-Léger-de-Vignague en Gironde (33), son corps a été exhumé et transféré au cimetière de Vélizy-Villacoublay, sa commune de vie. Une voie de la commune porte son nom.

Le cimetière de Vélizy est le cinquième cimetière à être géolocalisé dans le département des Yvelines. Deux autres cimetières seront géolocalisés prochainement.

L’application MémoiredHomme est disponible sur iPhone/iPad : https://apps.apple.com/fr/app/m%C3%A9moiredhomme/id1105344532

et sur Android : https://play.google.com/store/apps/details?id=fr.fettle.souvenirfrancais&hl=fr

Contact : Jean-Marc BLOT, délégué général du Souvenir Français pour les Yvelines 78@dgsf.fr

Agendajan2020

Les nouveaux partenariats

La délégation de Belgique a signé une convention de partenariat avec l’Union royale des fraternelles d’Anciens Combattants. Cette association sans but lucratif a pour objet de conserver l’esprit de patriotisme, de sauvegarder le prestige de l’armée, de perpétuer et d’honorer la mémoire des combattants morts pour la Patrie et d’entretenir des relations avec les régiments d’active de l’armée belge.

Contact : Claude Michel, belgique@souvenir-francais.fr

L’Agenda de nos partenaires


La Fédération Française de Généalogie

22 janvier 2020, « Tweeter sa généalogie » conférence-débat avec Aliénor Samuel-Hervé auteur d’un mémoire de recherche sur la généalogie à l’ère numérique, à partir de 14h, Tour Essor, Pantin.

Contact : ffg93@orange.fr


ANORGEND (fédération nationale des réservistes opérationnels et citoyens de la gendarmerie)

3 janvier 2020, cérémonie du ravivage de la Flamme sous l’Arc de Triomphe.

25 janvier 2020, assemblée générale de l’association à la garde républicaine, quartier des Célestins.

Pour en savoir plus : https://anorgend.org/events/assemblee-generale-de-lanorgend/


Les Amis de Georges Bruyer

2020 publication d’un livre sur Georges Bruyer en souscription-cotisation.

Télécharger le bulletin de souscription

Contact : Xavier Corvol, président, xavier.corvol@wanadoo.fr


Ciné histoire

4 janvier 2020, « La règle du jeu » de Jean Renoir au cinéma Saint-André-des-Arts, Paris.

6 janvier 2020, séance « Polar et Histoire » à l’Hôtel de Ville de Paris.

Pour en savoir plus : https://www.cinehistoire.fr/


Les Amis de Rochambeau

1er février 2020, assemblée générale aux Greniers de l’Abbaye à Vendôme et conférence ouverte au public sur le Colonel Armand 1751-1793 par Louis-François Garnier.

Pour en savoir plus : http://lesamisderochambeau.org/


Anacej l’association nationale des conseils d’enfants et de jeunes

21 janvier 2020, rencontre des petites et moyennes communes à l’Anacej.

28 janvier 2020, 5ème rencontre du réseau des départements à Paris.

Pour en savoir plus : https://www.anacej.fr/actualite


l’Association des Anciens des Lycées Français du Monde

11 janvier 2020, assemblée générale de l’Union ALFM

Pour en savoir plus : alfm.fr


AFPSAS l’Association des familles des parachutistes SAS de la France Libre

4 janvier 2020, cérémonie de recueillement devant les stèles du capitaine Médecin Meyer Sasson et du sergent Jean Prédali et devant le monument aux parachutistes SAS dans les Ardennes Belges.

5 janvier 2020, 75ème anniversaire de la bataille de Bure.

Pour en savoir plus : http://www.afpsas.fr/

A la recherche des jeunes retraités

Le Souvenir Français est confronté comme la majorité des associations françaises à la question du renouvellement de ses responsables.

Cette question est au centre des préoccupations de l’association.

Renouveler les responsables, en offrant à « ceux qui descendent » la possibilité de continuer à apporter leurs connaissances et leur engagement, en accédant à l’honorariat, et à « ceux qui montent » les responsabilités de conduire le renouvellement de l’association, est la politique mise en œuvre depuis 4 ans.

Les résultats sont aujourd’hui significatifs.

Nomination en 2017, 2018 et 2019
Délégués généraux en France 40 (sur 102 départements)
Délégués généraux à l’étranger 30
Délégués généraux adjoints en France 68
Délégués généraux adjoints à l’étranger 17
Présidents de comités en France 409 (sur 1600 comités)

L’âge moyen des 40 délégués généraux en France nommés durant ces trois années est de 64 ans. Le nouvel âge pivot du Souvenir Français !

       Président national de la Ligue de l’enseignement, Joël Roman est professeur de philosophie au lycée Pissarro de Pontoise et chargé de cours au CELSA, au CNAM et à l’Institut d’études politiques de Paris. Fortement engagé dans la vie associative et la réflexion sur la démocratie, il a animé le réseau « social plus » avec la CFDT, participé à de nombreux réseaux de citoyenneté, en particulier avec les associations et mouvements d’éducation populaire, et coprésidé avec Jean-Pierre Mignard (qui fut membre du conseil d’administration du Souvenir Français) du mouvement « Sauvons l’Europe ».

Parmi ses nombreuses publications, citons l’édition commentée du livre d’Ernest Renan, Qu’est-ce qu’une nation ?, Presses Pocket, 1992 ; Quelle démocratie ? quelle citoyenneté ?, (avec Philippe Herzog, Blandine Kriegel, Dominique Voynet), Editions de l’Atelier, 1995 ;  et La démocratie des individus, Calmann-Lévy, 1998.

1. La Ligue de l’enseignement est la principale association d’éducation populaire dans notre pays. Pouvez-vous nous présenter votre association ?

La Ligue de l’enseignement est une confédération d’associations françaises d’éducation populaire et laïque. Notre mouvement, fondé en 1866 par Jean Macé, est présent dans toute la France grâce à ses 103 fédérations départementales et à ses unions régionales. La Ligue de l’enseignement regroupe 30 000 associations dans 24 000 communes, et compte 1,6 million d’adhérents et 500 000 bénévoles. Selon nos statuts, son objectif premier, au service de l’idéal laïque, démocratique et républicain, est de contribuer à l’éducation sous toutes ses formes. Cette ambition s’incarne très concrètement dans les territoires où nos fédérations œuvrent pour :

Le développement de l’éducation : association complémentaire de l’école publique, la Ligue accompagne les enseignants et tous les autres acteurs éducatifs (animateurs, familles…) pour que ce droit à l’éducation profite à tous, tout au long de la vie.

La démocratisation de la culture : grâce à son large réseau de diffusion, nous encourageons la fréquentation des œuvres et toutes les pratiques artistiques.

L’accès au sport pour tous : avec ses deux fédérations sportives (USEP et UFOLEP), la Ligue propose des activités sportives adaptées à chaque âge de la vie et qui répondent aux besoins tels que l’éducation, l’insertion sociale, le handicap et la santé.

L’accès aux vacances : premier organisateur de colonies de vacances, nous plaidons pour la démocratisation de cette expérience hors du cadre familial, propice à l’épanouissement personnel et à l’apprentissage du « vivre ensemble ».

La Ligue de l’enseignement se distingue également par son engagement et ses prises de position dans le débat public sur la laïcité, les questions démocratiques, la solidarité, la défense de l’environnement.

2. La Ligue de l’enseignement est un acteur des politiques mémorielles. Pouvez-vous nous donner vos lignes directrices et quelques exemples d’action ?

Depuis les années 1990, face à des prises de position douteuses ou aux effets contemporains de certaines situations historiques, le pouvoir politique a été amené à se saisir du passé. Ce mouvement a initié une série de lois mémorielles (Loi Gayssot, de juillet 1990, réprimant tout acte raciste, antisémite ou xénophobe et  condamnant le négationnisme; loi Taubira, de mai 2001, reconnaissant la traite et l’esclavage en tant que crime contre l’humanité) et de questionnements dont on ne saurait nier aujourd’hui la dimension éducative et sociale. Idéalement situé au croisement de l’individuel et du collectif, du politique et de l’historique, de l’émotionnel et de l’éthique, du local et du global également, le motif de la mémoire résonne avec la notion de citoyenneté. Aborder la question mémorielle, c’est aussi s’intéresser à la citoyenneté.

La mémoire collective peut se concevoir comme partie intégrante de l’identité de la personne. Elle demande une certaine connaissance du passé et suppose une éducation commune. Elle implique une prise de position empreinte de valeurs positives, favorisant le ciment social et la solidarité. Aussi œuvre-t-elle au développement de l’esprit humain, une mission au cœur et à l’origine du mouvement de la Ligue de l’enseignement. C’est donc tout naturellement que nous avons investi ce champ d’action. Nos initiatives sont nombreuses comme par exemple :

Le travail accompli durant de longues années à l’initiative de notre camarade Bernard Neplaz, par la Fédération de Haute-Savoie, sur la mémoire de la Résistance.

Le pilotage du concours national « La Flamme de l’égalité » qui est l’équivalent du C.N.R.D sur le thème de l’histoire et de la mémoire de l’esclavage.

L’organisation de randonnées mémorielles proposées par de nombreuses fédérations départementales (Allier, Isère, Loire, etc.) pour associer découverte de lieux de mémoire et pratique sportive

La production d’outils pédagogiques sur des sujets variés (la Grande Guerre, les Compagnons de la Libération, l’histoire de la Marseillaise…)

3. La Ligue de l’Enseignement et Le Souvenir Français sont nés de la passion républicaine, la Ligue en 1866 et Le Souvenir Français en 1887. Comment concevez-vous le partenariat entre nos deux associations ?

Il faut déjà rappeler que ce partenariat existe dans plusieurs départements, comme par exemple à Paris ou en Saône-et-Loire. Un travail conjoint autour d’actions ciblant principalement la jeunesse a permis la réalisation, ces dernières années, de très beaux projets dont nos deux institutions peuvent être fières. Selon moi, ces partenariats devraient évidemment être encouragés autour de quelques principes simples :

Se rencontrer : il faut travailler au rapprochement des comités locaux du Souvenir Français avec nos fédérations départementales. Des rencontres dans les territoires doivent permettre une présentation des structures, des projets en cours, de nos besoins respectifs. Cette connaissance mutuelle est la base mais elle n’est pas si simple à mettre en œuvre car souvent le temps manque pour l’organiser. Je crois que nous devons être volontaristes sur ce sujet.

Travailler aux objectifs de l’autre : c’est la définition même du partenariat. Nos futurs projets communs devront pouvoir soutenir le travail mené par le Souvenir Français dans les nécropoles tout en intégrant une dimension éducative forte. Les animations scolaires proposées grâce à l’application MemoiredHomme en sont un bon exemple. D’autres actions doivent être imaginées dans le même esprit.

Faire vivre ce partenariat au plan national : notre coopération doit aussi s’incarner à ce niveau. Une convention de partenariat est en cours d’élaboration ce qui est une bonne chose. Je crois aussi à l’intérêt de parvenir à concevoir ensemble un dispositif de grande envergure qui pourrait se décliner dans les départements. C’est une proposition de chantier sur le moyen terme que j’ouvre là.

Laurence Thibault a fait des études universitaires de Droit Public et de Sciences Politiques. Ses activités ont d’abord été tournées vers l’enseignement (Paris I, EFAP…) et la recherche. A partir de 1977, Secrétaire générale d’un groupe de sociétés psycho-socio-culturelles, puis agences en communication à Lille et à Paris. Parallèlement, publication d’articles divers (agence de presse féminine, revue d’histoire populaire…) et d’ouvrages (La peine de mort en France et à l’étranger, Gallimard, collection Idées).
En 2000, elle entre à l’AERI (association pour des études sur la Résistance intérieure), créée par des résistants (Serge Ravanel, Lucie et Raymond Aubrac, Hélène Viannay, Jacques Delarue…) pour réaliser des cédéroms et dvd-roms sur la Résistance dans les départements ou régions grâce à des équipes d’historiens et résistants locaux. Avec le travail de recherche sur toute la France, une base de données de médias importante a été constituée et a permis de créer le Musée de la Résistance en ligne.
A partir de 2006, un partenariat AERI-Documentation Française crée les Cahiers de la Résistance : Laurence Thibault y publie Les Femmes et la Résistance, Les Jeunes et la Résistance, Imprimeurs et Editeurs dans la Résistance.

Les jeunes en Résistance

On ne peut réduire la Résistance à la jeunesse, mais elle y est bien représentée. Comme leurs aînés, les jeunes ont ressenti le choc de la défaite, l’humiliation. Avec une spontanéité qui peut tendre vers l’inconscience, ils veulent en découdre avec l’occupant.

L’engagement
Lors des combats du printemps de 1940, des étudiants sont faits prisonniers. La volonté de combattre l’ordre établi, « les vieux de Vichy », est immédiate pour beaucoup de jeunes, les interdits étant nombreux : il est interdit de danser ou d’écouter du jazz…

Mais les raisons de s’engager sont multiples. Ainsi, quand les Allemands envahissent la France, une délégation des Jeunesses hitlériennes va détruire le centre de formation des Scouts de France de Chamarande (aujourd’hui, en Essonne). Le scoutisme est interdit en zone occupée, où il devient clandestin.
Les évasions de France commencent dès juin 1940 et augmentent après le débarquement allié en Afrique du Nord, en novembre 1942, et l’occupation de la France entière par les nazis. Quelques-uns s’évadent par la mer et se dirigent vers l’Angleterre, certains tentent le chemin de la Suisse, d’autres de traverser les Pyrénées pour passer en Espagne, avec le risque d’être arrêté et interné dans le camp de Miranda de Ebro pendant plusieurs mois.

Parmi les évadés de France, il y a des adolescents qui s’engageront dans diverses formations des Forces françaises Libres (FFL) : cinq jeunes gens dont le plus jeune à dix-sept ans traversent la Manche sur un canoë ; le 24 juin 1940, lorsque tous les hommes de l’ile de Sein embarquent pour l’Angleterre, le plus jeune a douze ans. Il y a aussi les évadés des départements de l’Est annexés (Haut-Rhin, Bas-Rhin et Moselle) qui n’acceptent pas la volonté de l’envahisseur et passent la frontière avec la France au prix de mille dangers, des ordonnances ayant introduit le service militaire obligatoire dans la Wehrmacht.

Parmi les formes de Résistance qui apparaissent dès l’été 1940, se mettent en place les réseaux d’évasion. Leur mission s’est concentrée sur l’évasion des prisonniers de guerre et l’aide au passage des lignes de démarcation. Des réseaux de renseignements se développent aussi, destinés à recueillir des informations militaires.
Fin juin 1940, des garçons âgés de quinze à vingt-et-un ans créent l’un des premiers groupes de Résistance : L’Espoir français. Son but initial est l’aide aux prisonniers de guerre, qui s’étend très vite à la recherche de renseignements. Ce groupe d’une quarantaine de jeunes est décimé en juillet 1941, avec l’arrestation d’une vingtaine d’entre eux.
Dès juillet 1940, apparaissent les premiers textes à l’Université, signés par l’Union des étudiants communistes de France (UELCF) et des tracts sont lâchés, durant l’été au quartier latin.
De nombreux jeunes ont la volonté de « faire quelque chose ». Ils commettent de petits actes qui relèvent à la fois du refus individuel d’accepter la présence allemande et la mise en pratique de consignes transmises par la radio de Londres : les graffitis et les papillons, notamment des croix de Lorraine et des « V » pour victoire, fleurissent sur les murs. Les affiches allemandes sont prises pour cibles : les arracher ou y inscrire quelques mots ironiques donnent le sentiment de s’attaquer à la puissance occupante et à sa propagande. Surpris dans leur geste, des lycéens  sont arrêtés par la police française : c’est le cas d’un élève de Janson de Sailly en novembre 1940 ou d’un lycéen de Carnot au mois de décembre suivant.

Le premier élan patriotique collectif, le 11 novembre 1940, est le fait de la jeunesse. Préparée en secret par de petits groupes, des mots d’ordre invitent à se rendre au rond-point des Champs-Elysées pour fleurir la statue de Clemenceau et gagner l’Arc de Triomphe. Le chiffre « 11 » fleurit sur les murs du Quartier latin. Toute la journée, des Parisiens viennent déposer des bouquets. La préfecture de police en recense 750 au pied de la statue et 5 600 personnes place de l’Etoile. Il s’agit essentiellement de lycéens venus de Janson de Sailly, de Buffon, de Condorcet, de Carnot ainsi que des étudiants de la faculté de droit. Le bilan officiel fait état de 123 arrestations et de trois blessés légers. Après la manifestation, l’université de Paris et les grands établissements sont fermés sur directive des autorités allemandes.
Entrer dans la Résistance organisée, pour un lycéen ou un étudiant, s’il n’y est pas aidé par son entourage familial, ne va pas de soi. Il faut trouver le contact avec une organisation ou un réseau en qui on a confiance et qui a confiance en vous. Il y a un cloisonnement même souvent à l’intérieur des familles.

Dans tout le pays, les engagements s’expriment par l’adhésion progressive à des mouvements[1] et réseaux[2] clandestins, les uns créés par des lycéens eux-mêmes, tels les Volontaires de la Liberté, les autres, émanations de groupes d’adultes.
Les Volontaires de la Liberté est un mouvement créé à Paris, en mars 1941, par des élèves de Louis-le-Grand, de Henri IV et des grandes écoles. Ils publient un bulletin à partir de juin 1941, dénommé Les Volontaires de la Liberté, puis Le Tigre. Après l’occupation totale de la France, en novembre 1942, les Volontaires de la Liberté adhèrent à Défense de la France, mouvement plutôt étudiant que lycéen, mais conservent leur bulletin jusqu’à la Libération.

Les jeunes jouent un rôle important au sein du mouvement Résistance. Le journal Résistance leur ouvre ses colonnes sous la rubrique « Résistance de la jeunesse de France », avec pour épigraphe une phrase de Bernanos : « Vous êtes le dernier risque et le dernier honneur ». En 1943, une organisation particulière pour les jeunes est créée au sein du mouvement avec des lycéens et étudiants le l’Ecole Normale Supérieure, Agro, Polytechnique, Institut catholique de Paris, Sciences po, lycée Hoche à Versailles, Saint-Cyr… Certains rejoignent des maquis[3], permettant ainsi au mouvement d’y placer de nombreux réfractaires.
De même, si l’OCM (Organisation civile et militaire) naît quelques mois après l’armistice, en 1943, apparaît une formation indépendante de jeunes.
Le contexte s’y prête puisque la création du Service du travail obligatoire (STO)[4] menace directement les jeunes et les pousse vers la Résistance. Grâce aux différentes associations déjà existantes, aux universités, le recrutement est très efficace. Les mouvements s’attaquent au STO en organisant des maquis. Les jeunes y reçoivent parfois une instruction militaire dispensée par d’anciens officiers patriotes. Ils seront rejoints, en 1944, par des ouvriers, des cultivateurs…
La MOI[5] regroupe aussi de nombreux très jeunes gens : Gerda Bach a 15 ans quand elle est arrêtée en décembre 1941 à Paris par la police française alors qu’elle colle des papillons. Joseph Farbiaz, dit « Jojo », a 15 ans quand il pénètre le 16 août 1944 dans une école lyonnaise où sont stationnés des GMR[6]… Letrès jeune âge de ces militants s’explique par la situation particulière que connaissent ces jeunes Juifs : parents arrêtés, famille disloquée, ce qui les pousse à se regrouper. 
 

Agents de liaison

C’est à des jeunes que les mouvements de Résistance font appel pour leur servir de secrétaires et d’agents de liaison.

Dès leur fondation, les mouvements ont besoin de secrétaire pour taper les tracts, les manifestes, les ordres, les directives. Il y a une correspondance active entre les différents groupes d’un mouvement, dispersés dans une ville ou un département. Les secrétaires doivent être très discrets. Tapant le courrier, elles ou ils connaissent beaucoup de choses sur les mouvements, leurs actions, leurs projets.

Les agents de liaison sont également indispensables pour la correspondance entre les mouvements : les résistants se méfient de la poste, sous contrôle allemand, ainsi que le télégraphe et le téléphone. Ils doivent créer une véritable organisation postale. Les membres ou des amis des mouvements deviennent des boîtes aux lettres. C’est chez eux que l’on porte le courrier qu’on ne peut pas envoyer à un clandestin sans domicile fixe. Les agents de liaison ont donc un rôle de facteur. Ils utilisent la bicyclette qui n’attire pas l’attention de l’ennemi. Ils doivent être discrets, sûrs, courageux, libres de leur temps : c’est pourquoi ce sont presque toujours des jeunes garçons et filles capables de passer leurs journées en courses harassantes ou de faire des voyages longs et pénibles dans les trains où ils doivent se méfier de leurs voisins

Les groupes francs
Avides d’action, les jeunes sont souvent employés par les mouvements de Résistance pour faire des « coups de main » qui n’ont pas un but militaire mais psychologique : ils exaspèrent les occupants et le gouvernement de Vichy.

Les coups de main sont nombreux : sabotages des conférences dans les Universités, coupures d’électricité, lancer de boules puantes, bris de vitrine de commerçants réputés collaborateurs, destruction de kiosques où sont exposés les journaux de Vichy, inscriptions sur les murs…


Il y eut surreprésentation des jeunes dans les mouvements de Résistance, dans les maquis et dans les Forces Françaises Libres. Plus de 10% des Compagnons de la Libération n’ont pas 20 ans au moment de la déclaration de guerre de septembre 1939.

Selon Laurent Douzou[7], « la Résistance a connu des phases distinctes et successives auxquelles correspondirent des générations de responsables différents. Ce qui les distingua au bout du compte, ce ne fut pas leur date de naissance, mais bien leur date d’entrée en Résistance. Si la notion de génération a un sens et si elle peut permettre de mieux comprendre la réalité résistante, c’est d’abord à l’aune de ce critère de l’ancienneté de l’entrée en Résistance qu’il faut la juger ».


  • [1] Dès la fin de l’année 1940, apparaissent des groupuscules qui deviendront les mouvements. Leur but premier est la propagande, ils éditent des tracts et des journaux. Ensuite, toute une organisation apparaît et se diversifie : service social, mais aussi groupes armés.
  • [2] Les réseaux acheminent les fugitifs vers la Grande-Bretagne, l’Espagne, la Suisse…, ou collectent des informations pour la France libre ou l’Intelligence Service. Souvent peu connus, ils constituent la part la plus active de la Résistance. A la fin de la guerre, 266 réseaux ont été officiellement recensés. Ils ont fonctionné grâce au concours d’environ 100 000 personnes.
  • [3] Le maquis est une expression d’origine corse, désignant un espace où la végétation est touffue et dense, donc peu accessible. Par extension, le terme « maquis » définit tous les refuges de résistants.
  • [4] Après l’institution du Service du travail obligatoire (16 février 1943) qui contraint plusieurs centaines de milliers de jeunes Français à travailler dans les usines allemandes, tous ceux qui refusent d’apporter leur contribution à l’effort de guerre ennemi deviennent des réfractaires.
  • [5] Dès 1926, le Parti communiste, lors de son 5e Congrès, met en place une structure pour les militants d’origine étrangère : « main-d’œuvre étrangère (MOE) » qui, en 1929, prend le nom de main-d’œuvre immigrée (MOI). Il y a dans la MOI des groupes de langue italien, espagnol, polonais … et un groupe dit « juif » pour les militants de langue yiddish venant d’Europe centrale et orientale.
  • [6] Groupes mobiles de réserve : unités paramilitaires créées par le gouvernement de Vichy.
  • [7] « Le phénomène générationnel dans la Résistance intérieure française », in Etre jeune en France 1939-1945, op.cit.

La mémoire à travers les livres

Un régiment granvillais, le 2ème RI, Jean-Louis GOËLAU

Du 21 octobre 1873 au 1er avril 1920, date officielle de sa dissolution, le 2ème régiment d’infanterie fut en garnison à la caserne du Roc à Granville. Pendant près de cinquante ans, il partagea la vie de la population au point d’être surnommé « le régiment granvillais ».

Aujourd’hui, à l’exception des anciens bâtiments qui se dressent fièrement sur l’éperon rocheux du Roc, seules quelques plaques rappellent l’existence du régiment qui a beaucoup compté dans la vie de la cité. Pour le 100ème anniversaire de la fin de la Grande Guerre, il semblait louable de rappeler ce que fut ce beau régiment avant et après le 7 août 1914, jour de son départ vers la Belgique, sur la Sambre.

Pour soutenir cette publication : https://www.interservices-eurocibles.fr/ouvrages/150-un-regiment-granvillais-le-2eme-ri-9782354580605.html?search_query=granville&results=9

Du Terrible au Triomphant, la vie secrète des sous-marins, Amiral François DUPONT, Commandant de sous-marins

300 mètres carrés, 111 hommes, 70 jours sous la mer : bienvenue à bord d’un SNLE, c’est-à-dire d’un sous-marin nucléaire lanceur d’engins, seigneur des océans. Monstres d’acier, cathédrales de silence, les sous-marins rôdent sous les flots, veillant sur nous et notre sécurité, et nous n’en savons rien. Pourtant bien des choses se passent au fond des eaux, et la vie à bord est tout sauf ennuyeuse. Elle obéit à des règles, une discipline stricte et sereine, des rituels, des loyautés et des amitiés qui ont le goût de l’aventure et sans lesquelles peut-être risquer leur vie aurait moins de sens pour ces hommes.

Sous-marinier pendant plus de vingt ans, l’amiral François Dupont nous emmène à bord du bateau qu’on lui a confié, immergé avec les hommes dont il a la responsabilité, pour, le temps d’une traversée, partager avec nous la beauté de ce métier où s’incarnent à chaque instant le sens de l’engagement et la notion du devoir.

Pour soutenir cet ouvrage : https://www.autrement.com/Catalogue/essais-et-documents/commandant-de-sous-marins

Grand-père, je t’ai trouvé de David Pineda

En 1939, la guerre d’Espagne entre dans sa phase finale. La chute de Barcelone provoque un exode sans précédent. Près d’un demi-million de personnes franchissent la frontière des Pyrénées : c’est la Retirada. Petit-fils d’un soldat républicain déporté dont la figure tragique a hanté son enfance, David Pineda offre un document en forme de cicatrice. Séparé de sa femme et de ses enfants, réfugié en France, le parcours d’Antonio Ariza Baca s’interrompt à sa libération du camp de Mauthausen en Autriche. Qu’est-il arrivé à ce héros familial, père devenu fantôme et grand-père chimérique ?

Liant la grande histoire aux récits de famille, David Pineda a mené une enquête de cinq années, parsemée de rebondissements inattendus, pour reconstituer le puzzle du parcours de son grand-père et résoudre le mystère de sa disparition. Refusant les vérités préétablies, les inerties administratives et les pièges des archives, l’auteur reconstitue patiemment des parcelles de vérité en multipliant les témoignages. Ainsi il dit l’histoire de dizaine de milliers de soldats républicains espagnols contraints de fuir leur pays et celle de leurs familles, laissées dans le silence et le doute.

Pour soutenir cet ouvrage : https://audiable.com/

Un mémorial virtuel

Jean-François Montes a rédigé un ouvrage sur les militaires tuberculeux pulmonaires dans la 16e région militaire. La prochaine étape de ce projet vise à créer sous format électronique, un « Mémorial des militaires tuberculeux pulmonaires hospitalisés à l’hôpital sanitaire régional à Campagne-les-Bains (1916-1922) ».

Il consiste à présenter l’ensemble des documents sur l’histoire de chacun des militaires tuberculeux,  réalisé à partir des fiches matricules détenues par les directions départementales des archives et les dossiers des officiers conservés au Service Historique de la Défense.

Les premières publications porteront sur les départements de la 16e région militaire (Aude, Aveyron, Hérault, Lozère, Pyrénées-Orientales, Tarn) mais également sur les deux autres départements limitrophes de l’Aude (l’Ariège et la Haute-Garonne). Ultérieurement, il concernerait les autres départements d’origine des militaires tuberculeux.

Pour soutenir ce projet, contacter Jean-François Montes : jf.montes@laposte.net


Rond-point Portes du Comminges. / DDM A.M.

Dépôt de petits drapeaux au rond-point de Comminges. Fin novembre, une quarantaine de petits drapeaux du Souvenir Français ont été plantés aux portes de Comminges (Haute-Garonne).

Samedi 30 novembre, intervention au congrès de l’association Mémoire et Avenir.

Lundi 2 décembre, participation à la cérémonie d’hommage aux 13 combattants « Morts pour la France » aux Invalides.

Mercredi 4 décembre, réunions de travail avec les responsables de la région Grand-Est sur 1870, avec le président de la fédération des lauréats du Concours National de la Résistance et de la Déportation, et avec le président du collectif de sauvegarde des cimetières d’Oranie.

Jeudi 5 décembre, réunion de travail avec la coordinatrice du collège Sainte Ursule du 17ème arrondissement.

Samedi 7 décembre, participation à l’hommage aux résistants arméniens et au groupe Manouchian.

Lundi 9 décembre, participation à la réunion du comité stratégique du Concours National de la Résistance et de la Déportation.

Mardi 10 décembre, participation au dîner de gala organisé par le Comité français de Yad Vashem.

Mercredi 11 décembre, cérémonie d’hommage à François-Xavier Niessen au cimetière de Neuilly-sur-Seine.

Samedi 14 décembre, participation au spectacle de l’humoriste Guillaume Bats coorganisé à Lyon par la délégation du Souvenir Français et l’association Jamais.

Lundi 16 décembre, réunion de travail avec la Fédération française de la généalogie.

Mercredi 18 décembre, participation et animation du colloque organisé aux Invalides par l’Association Paysages et Sites de Mémoire de la Grande Guerre dans le cadre du projet d’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco des sites funéraires et mémoriels de la Première Guerre mondiale.

Jeudi 19 décembre, intervention à la soirée de l’association des Charentais de Paris.

Agenda-décembre