Le Souvenir Français et l’Association des écrivains combattants ont lancé un projet national en novembre et décembre 2016 afin de rendre hommage aux 560 écrivains combattants dont les noms sont inscrits au Panthéon. Cet hommage s’est traduit par de nombreuses cérémonies rendant hommage à ces écrivains dans leur commune de naissance. Ils ont été évoqués lors des cérémonies du 11 novembre ainsi que le 2 décembre, date choisie par les deux associations partenaires pour commémorer le centième anniversaire du prix Goncourt, qui a été attribué le 15 décembre 1916 à deux écrivains combattants (à Henri Barbusse pour son récit de guerre Le Feu et à Adrien Bertrand pour son ouvrage Appel du sol ).

Plus de 80 communes ont répondu à notre appel, en montant des expositions, en citant les noms des écrivains lors des commémorations ou en faisant travailler des élèves leurs textes.

 

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L’hommage à Louis LAUTREY à Cousance

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Cérémonie au Panthéon – 14 Novembre 2018 – Délégation de Loudun

Vu à la télévision:

Jean Augustin

 

Ecrivains loudunais

CONSULTER LES ARTICLES DE PRESSE CONCERNANT CETTE INITIATIVE

LES PARTENAIRES

A la une

 Le développement de l’association Le Souvenir Français s’impose nécessairement dans toutes les communes de France. Toutes les municipalités ont en effet besoin d’une grande association mémorielle pour faire vivre la mémoire de la France combattante dans chaque commune. Cette vie mémorielle nécessite, en particulier, la sauvegarde des sites (tombes, monuments, stèles et plaques), l’animation des cérémonies (journées nationales et commémorations locales) et la transmission des pages de l’histoire combattante de la France aux jeunes générations.

Les adhérents des 1750 comités de l’association Le Souvenir Français se mobilisent afin de répondre aux demandes des municipalités. Parallèlement, Le Souvenir Français a besoin de l’engagement des élus municipaux qui doivent impérativement venir renforcer les comités de l’association Le Souvenir Français.

Le Souvenir Français et les municipalités de France, c’est une longue histoire exemplaire qui a un passé, un présent et un riche futur.

Afin de renforcer les bases de cet avenir, deux conventions ont été signées avec l’Association des Maires de France et l’Association des Maires Ruraux de France.

Le 12 octobre, Le Souvenir Français et l’Association des Maires ruraux de France (AMRF) ont signé une convention de partenariat. L’AMRF, créée en 1971, fédère, informe et représente les maires des communes de moins de 3 500 habitants partout en France. L’association s’engage au quotidien au niveau local comme national pour défendre et promouvoir les enjeux spécifiques de la ruralité. L’AMRF rassemble près de 10 000 maires ruraux regroupés dans un réseau convivial et solidaire d’associations départementales, en toute indépendance des pouvoirs et partis politiques.

Cette convention a pour objectif de renforcer, dans les communes rurales de France, le partenariat entre les maires et Le Souvenir Français. Ce partenariat se développe plus particulièrement autour de quatre axes :

– l’entretien des lieux de mémoire de la France au combat (les tombes des combattants « Morts pour la France » ; les monuments aux morts ; les monuments et stèles).

– le renforcement des cérémonies patriotiques, la sauvegarde des drapeaux des associations d’Anciens Combattants dissoutes.

– la transmission de l’histoire de la France combattante vers les jeunes générations.

– la réflexion prospective sur les objectifs et l’évolution des formes commémoratives.

Pour en savoir plus : www.amrf.fr

Le 19 mai, Le Souvenir Français a signé une convention de partenariat avec l’association des Maires de France et des Présidents d’Intercommunalité (l’AMF). Créée en 1907 et reconnue d’utilité publique en 1933, cette association a pour objectif de travailler à la défense des libertés locales, à appuyer les élus dans la gestion quotidienne en restant un partenaire loyal mais « exigeant de l’Etat ».

Force de proposition vis-à-vis des pouvoirs publics, l’Association des Maires de France et des Présidents d’intercommunalité est présidée depuis 2014 par François Baroin, ancien ministre. L’AMF compte parmi ses adhérents 34 486 maires et 1 481 présidents d’intercommunalité.

L’histoire de cette association est celle de la défense des libertés locales. L’association veille à ce que la décentralisation garantisse aux communes une réelle autonomie de gestion des affaires locales et intervient comme interlocuteur privilégié partout où se joue l’avenir des communes.

L’association des Maires de France et des Présidents d’Intercommunalité et Le Souvenir Français se rapprochent afin renforcer à l’échelon communal les initiatives de mémoire, en particulier dans le cadre de la sauvegarde des tombes des Morts pour la France, l’entretien des monuments et stèles et l’encadrement des remises des drapeaux des associations d’anciens combattants dissoutes dans les établissements scolaires.

Pour en savoir plus : http://www.amf.asso.fr/

21septembre2016

Le Souvenir Français a signé une convention d’amitié avec la Renaissance Française. La Renaissance Française est une institution créée en 1915 qui a pour objet de  participer au rayonnement de la langue française, de la culture française et francophone, des valeurs de la francophonie dans le monde, de veiller à la protection des patrimoines (y compris le patrimoine environnemental), d’encourager l’artisanat d’art et la création artistique, de prendre part à la sauvegarde des langues minoritaires, de faire dialoguer les cultures et de contribuer, dans un esprit de partage, au rapprochement des hommes et des peuples.  Cette convention a été signée à l’occasion des célébrations du centenaire de la Renaissance Française à l’Académie des Sciences d’Outre-Mer.

Pour en savoir plus :  http://larenaissancefrancaise.org/

Contact : sga@larenaissancefrancaise.org

L’AGENDA DE NOS PARTENAIRES

 

14-18 Magazine

14-18 Magazine propose aux lecteurs de la lettre de l’association Le Souvenir Français d’accéder gratuitement au dernier numéro du magazine 14/18 en version numérique.

Le magazine propose également une d’offre d’abonnement à tarif réduit (25% de réduction) et exclusive « Le Souvenir Français  »  (23 euros au lieu de 26 euros, et 31,6 euros en kiosque).

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Pour profiter de cette offre :  http://www.hommell-magazines.com/magpress/site/hommell/default/fr/kiosk/static.html?page=promo1418

 

L’Association des écrivains combattants :

Le 2 décembre, hommage aux écrivains combattants dans les communes de naissance des 560 écrivains Morts pour la France durant la Grande Guerre.

Le 3 décembre, 86èmeaprès –midi du livre à la mairie du 15e arrondissement de Paris, 14h à 19h.

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Pour en savoir plus : http://www.lesecrivainscombattants.org/

Contact : aec@unc.fr

 

 

L’Association Renefer

Le 3 décembre,Participation au 86ème Après-Midi du Livre organisé par l’Association des Ecrivains Combattants, pour « Carnet de Poilu » et « Le Feu »  avec Cécile Coutin.

Le 15 décembre, Centenaire d’attribution du prix Goncourt au Feu d’Henri Barbusse. A cette occasion, L’association Renefer et les Editions Douin annoncent la réédition du Feu illustré de 86 dessins et eaux fortes de Renefer dans l’édition originale de 1918 de Gaston Boutitie.

Pour en commander : télécharger le bon de commande

Jusqu’au 3 mars 2017, l’exposition « De la plume au fusil – du roman de guerre à l’œuvre pacifique – le centenaire du Feu de Barbusse » aux Archives Départementales de Seine-Saint-Denis expose deux eaux-fortes de Renefer pour le Feu.

Jusqu’au 30 juin 2017, le Musée de la Résistance à Limoges présente l’exposition  « Renefer, Correspondances et Œuvres de Guerre ».

Pour en savoir plus : www.renefer.org

Contact : mgthierry@club-internet.fr

 

Le Cercle Félix Eboué

Le 1er décembre, Présentation officielle du projet EPICTETE à la Mairie de Cayenne.

Pour en savoir plus : https://fr-fr.facebook.com/Cercle-F%C3%A9lix-Ebou%C3%A9-1546431678929487/

 

IRHiS – Institut de Recherches Historiques du Septentrion

La Base Monuments aux Morts se félicite d’avoir atteint 8 000 monuments : Tous conflits – France 17772 – Belgique 228 et pour la guerre 1914-1918 – France 16468 – Belgique 180.

Pour en savoir plus : http://monumentsmorts.univ-lille3.fr

Contact : martine.aubry@univ-lille3.fr

  1. A quelle date le lieutenant Jean Du Bos, honoré à Rancourt,a-t-il été tué ?
    1. Le 25 septembre 1925
    2. Le 25 septembre 1916
    3. Le 11 septembre 1915

 

  1. La Chapelle-Mémorial de Rancourt veille sur trois nécropoles. Quelle nation n’a pas de nécropole à Rancourt-Bouchavesnes ?
    1. L’Allemagne
    2. L’Australie
    3. La Grande Bretagne

 

  1. A quel seuil démographique est-on considéré comme une commune rurale ?
    1. Moins de 5 000
    2. Moins de 1 000
    3. Moins de 3 500

 

  1. Qui a créé le Réseau de la Résistance « Charrette » ?
    1. Le neveu du Général de Gaulle, Michel Cailliau
    2. Philippe Dechartre
    3. Jean Moulin

 

  1. Quel est le but de l’opération « La Seconde vie des drapeaux associatifs » ?
    1. Déposer les drapeaux des associations dissoutes au sein des musées.
    2. Transformer les drapeaux des associations dissoutes en outil pédagogique au sein d’établissements scolaires.
    3. Apprendre aux élèves l’histoire de l’association « Le Souvenir Français ».

 

Voir les réponses

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Depuis 1937, Le Souvenir Français assure la gestion de la Chapelle-Mémorial de Rancourt. Ce haut lieu de la mémoire de la Grande Guerre – un des sites funéraires religieux le plus symbolique avec l’ossuaire de Douaumont et la Chapelle de Dormans, nécessite aujourd’hui d’importants travaux de rénovation. Parallèlement, son positionnement dans la politique mémorielle de la Somme doit être repensé. A cette fin, Le Souvenir Français a décidé de rattacher la gestion de ce site au siège parisien de l’association, et de nommer un chargé de mission, Mme Lisette Queyrat, qui sera en charge de la coordination du dossier, et de la gestion du partenariat avec la Fondation du Patrimoine.

Présentation par M. Marcel Queyrat, président du comité de Chaules de l’association Le Souvenir Français parue dans le n° 73 du Magazine 14 – 18.

La Chapelle-Mémorial de Rancourt

La chapelle, en pierre de taille, a été érigée au bord de la route Péronne-Bapaume, par les parents du lieutenant Jean Du Bos, pour honorer la mémoire de leur fils tué le 25 septembre 1916. Ils y ont associé le souvenir de tous ses camarades morts lors de l’offensive française sur Rancourt, Bouchavesnes, Sailly-Saillisel, et le Bois Saint-Pierre-Vaast. La chapelle marque en même temps la limite de la progression alliée qui, dans un océan de boue, prit fin en novembre 1916. Le 25 septembre, le 94e d’Infanterie donne l’assaut sur la tranchée Rostow. Rancourt est pris mais le régiment perd 25 officiers et un millier d’hommes. On ne retrouve pas tout de suite le corps de Jean Du Bos. Son ordonnance, blessé, ne revient sur les lieux que le lendemain et retrouve alors le corps de l’officier, repérant soigneusement l’emplacement où il est inhumé. Le 1er juillet 1917, il se rend sur le lieux accompagné d’un architecte et identifie le monticule sous lequel il est enseveli. C’est là qu’est édifiée la chapelle, à la limite des communes de Rancourt et de Bouchavesnes.

Un projet ambitieux

Pour le financer, une souscription est lancée et un « comité commémoratif des héros de Rancourt, Bouchavesnes, Sailly-Saillisel » constitué. La maréchale Foch en accepte la présidence. Dans le Comité d’honneur, qu’elle préside également, on note, parmi les « veuves, mères et sœurs d’officiers » les noms de la princesse Murat, dont le fils décédé des suites de ses blessures le 21 août 1916, repose à Lihons et de la duchesse de Rohan, dont le mari, Josselin, capitaine au 4eBataillon de Chasseurs à Pied, a été tué le 13 juillet 1916 à Herbécourt. Les donateurs peuvent acheter une plaque de 0,48 m sur 0, 18 m, au prix de 100 francs ou un vitrail de la nef (1,60 m sur 0,86) pour 3 000 francs. En outre, des plaques collectives sont mises à la disposition des familles qui souhaitent y faire inscrire le nom de leur parent sans pouvoir acheter une plaque individuelle (60 francs par inscription). Une souscription publique lancée aux Etats-Unis rapporte 25 000 dollars (125 000 francs de l’époque). L’idée de la famille Du Bos est de faire rebâtir l’église du village de Bouchavesnes sur l’emplacement même où le corps de Jean est inhumé. Cette église devait être entourée d’un cloître, dominé par une lanterne des morts. La première pierre est posée le 25 septembre 1920 par monseigneur Dubois de la Villerabel, évêque d’Amiens. Les travaux sont menés par l’architecte Pierre Paquet. L’inauguration, le 22 octobre 1922, rassemble plus de 10 000 personnes. Le maréchal Foch, retenu par une mission en Roumanie, est représenté par le général Desticker, son chef d’état-major.

Emportée par la maladie, la mère de Jean Du Bos, qui, la première, a eu l’idée de cette édification, n’étant plus là, sa mémoire est associée à celle de son fils dans les discours prononcés par monseigneur Lecomte, nouvel évêque d’Amiens, par le général Desticker et le général sir C.Sackeville-West, représentant l’ambassade de Grande-Bretagne. Monseigneur de la Villerabel, devenu évêque de Rouen est également présent. Le capitaine Rémy qui commandait le bataillonauquel appartenait Jean Du Bos récite un poème écrit par le père d’un officier du 28e Bataillon de Chasseurs Alpins tombé à Rancourt. En voici la première strophe :

« Bouchavesnes, Rancourt, et Sailly-Saillsel,

 Villages effacés sous les landes incultes !

Bois de Saint-Pierre-Vaast qui dresse sous le ciel

Les squelettes noircis de ses arbres adultes

Pareils à des gibets ! Plus de maisons debout. 

Les foyers écroulés gisent sous la poussière ; il n’est plus de vivants que le grand cimetière

Dont les petites croix s’alignent bout à bout. »

En fait, à cette date, la nef n’est pas terminée et la totalité du projet ne peut, pour des raisons financières être menée à bien ; la cloître et la lanterne des morts ont donc été abandonnés.

Haut lieu de la bataille de la Somme

Depuis 1937, c’est Le Souvenir Français qui assume la gestion de la Chapelle-Mémorial près de laquelle un pavillon accueille les visiteurs (12 000 en 2015).

En entrant dans la chapelle, on remarque tout de suite une dalle sous laquelle repose le lieutenant Du Bos avec cette épitaphe :

« Ici repose Jean du Bos,

Lieutenant au 94e R.I.

Chevalier de la légion d’Honneur

Décoré de la Croix de Guerre,

 5 citations

Tombé au champ d’honneur en entraînant sa compagnie

A l’assaut du village de Rancourt,

Le 25 septembre 1916, à l’âge de 26 ans

Requiescat in pace »

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Le porche, largement ouvert en plein cintre, rappelle les voûtes charretières de nos anciennes fermes. Dans la nef, de nombreuses plaques de marbre apportées par les familles, portent les noms de soldats morts lors des combats dans la Somme. Sous le péristyle sont apposées deux grandes plaques donnant la liste de tous les régiments engagés dans la Somme pendant la Grande Guerre. Sur le tympan du portail d’entrée, est gravée cette dédicace :

« Aux officiers, sous-officiers et soldats tombés dans les batailles de Picardie de 1914- 1918, la Patrie reconnaissante. Le Souvenir Français ».

Avec le temps, la Chapelle-Mémorial, haut lieu de la participation française de la Somme, a pris une dimension d’autant plus symbolique qu’elle veille sur trois nécropoles, française (8566 tombes ; la plus grande nécropole française de la Somme), britannique (93 tombes), allemande (11 422 tombes). En 1986, pour le 70e anniversaire de la Bataille de la Somme, une délégation allemande, civile et militaire participa, pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale aux cérémonies. Ce site est un lieu de paix et de réconciliation. Lors de chaque cérémonie, des gerbes sont déposées successivement dans les trois nécropoles.

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Contact :

M. Michel HADJ, Directeur de l’Association « Le Souvenir Français », directeur@souvenir-francais.fr

Marcel QUEYRAT, Président du comité de Chaulnes, marcel.queyrat@wanadoo.fr

Ancien résistant et président du comité de Caluire-Cuire de l’association « Le Souvenir Français ».

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1) Décrivez-nous votre parcours de Résistant.

Très tôt, je m’inquiète de la montée du nazisme, avec l’arrivée d’Hitler au pouvoir. J’ai 12 ans, je suis influencé, peut-être par mon père, grand invalide de guerre. Mes parents sont abonnés au journal Le Progrès qui mentionne les exactions du régime qui s’instaure : l’invasion de la Tchécoslovaquie, de l’annexion de l’Autriche, l’intervention de l’Allemagne et de l’Italie contre la République espagnole. Tous ces évènements me portent à résister, si ce régime vient chez nous.

En juin 1940, c’est la débâcle de l’Armée Française et, sur le conseil de mes parents, je pars de Lyon, à bicyclette, pour éviter d’être présent lors de l’arrivée de l’armée allemande. Lorsque je quitte la ville, les dépôts de carburants du port Edouard Herriot sont en feu.

Je reprends le travail à la centrale électrique et retrouve les anciens ouvriers « affectés spéciaux » qui sont déjà engagés dans la Résistance. Mon comportement et mes réactions face à l’occupation et au gouvernement de Vichy sont observés par ces camarades de travail et un jour de 1941, un de ceux-ci qui appartient à la Résistance se dévoile et me demande si je veux les aider : ma réponse est affirmative et immédiate. Je rentre ainsi dans la Résistance ouvrière et, par la suite, dans le Réseau « Charrette », Réseau créé par le neveu du Général de Gaulle. Je deviens adjoint au responsable du service identité et impression pour la région lyonnaise.

Ces activités me valent mon arrestation, la torture et la déportation à Buchenwald.

2) Vous êtes aujourd’hui un exceptionnel « Transmetteur de mémoire » auprès des jeunes générations, comment êtes-vous reçu ?

Je transmets la mémoire depuis très longtemps, parle aux élèves des collèges et lycées et j’interviens au Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation à Lyon et au Mémorial de Montluc dans le cadre des échanges scolaires. J’interviens également devant des élèves étrangers : anglais, allemands, finlandais, suédois, suisses, italiens, espagnols. Je parle aussi sur les bateaux de tourisme américains qui descendent la Saône et le Rhône.

Je suis bien accueilli, chaque intervention se termine par des applaudissements : c’est un grand réconfort et un encouragement. J’ai témoigné devant plus de 100 000 élèves !

3) Depuis quand présidez-vous le comité du Souvenir Français de Caluire ? Pourquoi vous êtes engagé dans notre association ?

A la demande du Colonel Béret, délégué général de l’époque, nous avons créé, mon épouse et moi, le comité de l’association Le Souvenir Français de Caluire et Cuire en 1982. Nous avons obtenu un « Espace du Souvenir Français » devant le monument aux Morts, place Gouailhardou. Notre comité est toujours dynamique. Il s’impose en effet dans cette commune de Caluire tant marquée par l’arrestation de Jean Moulin.

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, un exceptionnel réseau d’associations d’anciens combattants s’est mis en place. Plus de 10 000 communes possédaient « leur » association. Toutes possédaient un drapeau. Dans les années 1960 – 1970, un grand nombre de ces associations ont disparu. Dans le meilleur des cas, leurs drapeaux ont été déposés dans les mairies des communes où ils vieillissent souvent en dehors des regards.

Le Souvenir Français a souhaité donner une « seconde vie » à ces drapeaux associatifs en les déposant dans les établissements scolaires des communes concernées.

A cette fin, des conventions sont signées entre la municipalité dépositaire du drapeau, l’établissement scolaire qui va recevoir le drapeau et le comité local de l’association « Le Souvenir Français » qui va en coordonner la gestion.

Le drapeau reprend dès lors vie. Il est porté par une classe à chaque 11 novembre et 8 mai et devient un élément de l’enseignement de la citoyenneté.

Ce grand projet a reçu un accueil chaleureux de l’association des Maires de France et de celle des Maires Ruraux de France.

Une cérémonie exemplaire

Le 21 septembre en présence de Madame le Ministre de l’Education Nationale,de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Najat VALLAUD-BELKACEM, Le Souvenir Français a remis le drapeau associatif du Comité d’Action de la Résistance au Lycée Jacques DECOUR. Cette cérémonie s’est déroulée dans le cadre de la signature de deux conventions : la première entre Le Souvenir Français et le Lycée Jacques DECOUR et la seconde entre Le Souvenir Français et le Ministère de l’Education Nationale.

Le drapeau du Comité d’Action de la Résistance

La convention de la remise du drapeau a été signée entre le président général de l’association « Le Souvenir Français » et le Proviseur du lycée Jacques DECOUR, Patrick HAUTIN. Cette convention donne une seconde vie au drapeau du Comité d’Action de la Résistance, une association présidée par Pierre MOREL qui a fusionné avec Le Souvenir Français en 2015. Ce drapeau est désormais un outil pédagogique pour l’apprentissage de la citoyenneté.  Le lycée, qui porte le nom d’un grand résistant, s’engage à ce que le drapeau soit installé dans un lieu solennel et protégé du lycée  permettant au plus grand nombre des lycéens et collégiens de le découvrir. Le Lycée Jacques DECOUR a désigné également une garde d’honneur de trois lycéens pour sortir le drapeau afin qu’il  soit présent à l’Arc de Triomphe lors des principales cérémonies nationales notamment le 8 mai et le 18 juin. Le 16 novembre, le drapeau et sa garde étaient présents au Sénat lors de la cérémonie de remise du prix littérature de la Résistance.

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Le président général de l’association « Le Souvenir Français » confie le drapeau au proviseur du Lycée Jacques DECOUR

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Le président général signe la convention avec Madame le Ministre de l’Education Nationale

Lors de cette cérémonie,  le président général du Souvenir Français a également signé une convention avec Madame le Ministre reconnaissant l’association comme « Ambassadeur de la Réserve citoyenne de l’Education Nationale ». Le Souvenir Français est la première association mémorielle à rentrer dans la Réserve citoyenne.

La réserve citoyenne de l’Education Nationale constitue une forme d’engagement individuel bénévole au service de l’Ecole de la République. Le Souvenir Français s’engage à promouvoir et valoriser la Réserve citoyenne de l’Education Nationale et à participer à des manifestations organisées par le Ministère pour la promotion ou l’animation de la Réserve citoyenne.

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Le porte-drapeau du Lycée Jacques DECOUR reçoit le drapeau du Comité d’Action de la Résistance

Pour en savoir plus sur la Réserve Citoyenne :  http://www.education.gouv.fr/reserve-citoyenne/cid94074/la-reserve-citoyenne.html

Contact : A l’association Le Souvenir Français, l’opération « seconde vie des drapeaux associatifs » est suivie par Monsieur Hugo MARTIN,  missions@souvenir-francais.fr

 

Jeudi 1er décembre,  Réunion de travail au cabinet du Ministre de l’éducation Nationale sur la Réserve Citoyenne.

Vendredi 2 décembre, Hommage aux écrivains combattants Morts pour la France à la Mairie du 8e arrondissement, à la Mairie du 9e arrondissement et, au square des écrivains combattants dans le 16e arrondissement et au Petit Palais (18h00).

Samedi 3 décembre, Participation à l’après-midi du livre de l’association des Écrivains Combattants à la Mairie du 15e arrondissement.

Mardi 6 décembre, Membre du jury de thèse de Jérémy Pignard «  Les tombeaux vides de la France : un siècle d’évolution et d’adaptation d’un objet de célébration et de commémoration de la mort collective au combat ».

Mercredi 7 décembre, Audience de M. Cochet, député-maire de Caluire.

Samedi 10 décembre, Participation au congrès de l’Association « Mémoire et Avenir ».

Mardi 13 décembre, Assemblée générale de l’Association « Paysages et Sites de Mémoire de la Grande Guerre ».

Mercredi 14 décembre, Conseil d’administration de l’Association « Le Souvenir Français ».

Vendredi 16 décembre, Réunion départementale de l’Association « Le Souvenir Français » de la Drôme.

Mercredi 21 décembre, Audience du Président de l’Assemblée des Notaires.

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Télécharger l’ensemble des initiatives de la mobilisation des comités et délégations du Souvenir Français en Décembre 2016 

Sophie HASQUENOPH

L’ouvrage que présente Mme Sophie Hasquenoph, docteur en histoire moderne, agrégée et maître de conférences en histoire moderne à l’Université de Lille III, est le 4e de la collection « Histoire de la mémoire » dirigée par M. Serge Barcellini et éditée par la maison SOTECA avec le soutien de l’association « Le Souvenir Français ».

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Les trois premiers ouvrages sont :

Olivier LALIEU, Histoire de la mémoire de la Shoah

Rémi DALISSON, Histoire de la mémoire de la Grande Guerre

Emile KERN, Histoire de la mémoire du Premier Empire

Ces ouvrages sont diffusés par les éditions Belin et peuvent être commandés sur internet ou dans toutes les librairies : http://www.editions-belin.com/ewb_pages/r/rubrique-fille-hors-scolaire.php?ruid=11156

 

Le devoir de mémoire. Histoire des politiques mémorielles

Depuis les années 1990, l’expression « devoir de mémoire » est à la mode dans notre pays. Elle est partout déclinée en de multiples applications et pas seulement lors des grandes commémorations, qui rythment notre calendrier national. Pour certains, elle devient même un peu trop envahissante, génératrice de tensions et de revendications. En outre, si d’aucuns trouvent légitime l’expression, d’autres la réprouvent et surtout le mot « devoir », en contradiction avec les libertés individuelles chèrement acquises par le peuple français. Il paraît assurément difficile, comme le souligne le philosophe Paul Ricoeur, de faire mémoire de manière apaisée [1]. Le débat sur cette thématique est donc plus que jamais d’actualité. Il engage l’Etat dans une politique mémorielle, que celui-ci doit constamment justifier, voire moderniser. Car les citoyens du 21ème siècle, façonnés par une autre culture que celle de leurs pères, ont une façon différente de vivre et de regarder le passé.

 

Le devoir de mémoire : d’un contexte à l’autre

Le terme se répand dans les années 1990. L’émission de télévision à grande écoute qu’est « La Marche du Siècle », le popularise via son magazine du 30 juin 1993. La même année, la question est inscrite au sujet de philosophie du Baccalauréat. Ce n’est pas un hasard. Enfin, le souvenir de la Grande Guerre, quelque peu marginalisé par les images de la Seconde, revient sur le devant de la scène mémorielle, sorte d’avant-goût du centenaire de 2014-2018. Très vite, les associations combattantes et commémoratives, la société civile et les municipalités reprennent l’expression de « devoir de mémoire » et la font leur, soutenus par le Ministère de la Défense. A présent, elle est devenue courante et les livres sur la question foisonnent.

Cette imprégnation de la mémoire s’explique à la fois par le rôle de l’histoire et par l’importance de la tradition judéo-chrétienne. Historiquement, notre pays est depuis des siècles marqué par la guerre et la mémoire combattante. Combien d’écoliers, utilisateurs du célèbre « petit Lavisse »ont égrené les noms de batailles célèbres et de leurs héros ! La mise en place du service militaire en 1798 (loi Jourdan) rend l’armée familière aux anciens. La tradition judéo-chrétienne, de son côté, conforte l’idée de mémoire. Que ce soit le « Zakhor » juif de l’Ancien Testament (« souviens-toi ») ou « l’anamnèse » (le souvenir) des chrétiens,fidèles au message du Christ, la dynamique mémorielle imprègne notre civilisation.

Aujourd’hui néanmoins, la réalité est beaucoup moins évidente. Le service militaire n’existe plus et, avec lui, la notion de soldat-citoyen ; le dernier poilu de 1914-18 est mort en 2008, âgé de 110 ans ; la sécularisation de notre société s’accélère, alors même que la seconde religion du pays, l’Islam, n’a pas un lien aussi fort avec la mémoire ; l’immédiateté de notre vie quotidienne, bénéficiant de nouveaux outils technologiques performants, implique un autre rapport de l’homme au temps ; enfin, la mémoire patrimoniale semble de plus en plus l’emporter sur la mémoire combattante, comme le confirme le succès des « Journées européennes du Patrimoine » depuis 1991. Cette situation nouvelle contribue à conférer une place nouvelle au devoir et à la politique de mémoire. Il est essentiel de rappeler ce contexte évolutif, avant d’analyser le cœur de la politique mémorielle dans notre pays.

D’une mémoire de guerre à une mémoire civile et victimaire

La mise en place d’une véritable politique mémorielle dans notre pays remonte à 1870, à l’heure de la guerre franco-prussienne, qui voit la perte de l’Alsace-Lorraine. L’esprit de revanche se développe alors, l’association Le Souvenir Français se crée en 1887 et la mémoire s’inscrit dans la pierre, avec l’édification des premiers monuments mémoriaux. L’Eglise catholique et le régime de la 3ème République s’investissent pleinement dans ce premier grand élan mémoriel. Avec la guerre de 1914-18, qui ouvre le 20ème siècle, c’est une nation toute entière en deuil qui se reconnaît dans la politique mémorielle lancée par les autorités du pays. Au lendemain de ce terrible conflit, les Français honorent leurs morts avec émotion et gravité. Les associations d’anciens combattants et les cérémonies patriotiques incarnent cette France unie, qui veut rendre hommage à ses nombreux enfants sacrifiés. Certes, la Seconde Guerre mondiale et la mémoire de la Résistance qui se met en place au lendemain de la Libération, tendent à affaiblir quelque peu le souvenir de 14-18, tout comme elles occultent, dans un premier temps, celui de la Shoah. A la fin du 20ème siècle pourtant, la mémoire du 8 mai 1945 semble marquer le pas au profit de l’idéal européen. La politique mémorielle fluctuante du 8 mai suscite des tensions, relayées bientôt par d’autres, notamment autour de la guerre d’Algérie. En effet, si la mémoire combattante indochinoise se fait discrète, au lendemain de cette guerre coloniale, il n’en est pas tout à fait de même de la guerre d’Algérie. Les difficultés encore aujourd’hui pour aboutir à une « mémoire apaisée », souligne la complexité d’un conflit, qui ravive de douloureux souvenirs chez les appelés, les harkis et les rapatriés. La politique mémorielle avance sur un terrain extrêmement sensible. Enfin, en ce début de 21ème siècle, la mémoire combattante s’incarne dans la mobilisation des soldats professionnels engagés dans les opérations extérieures, en Afrique ou ailleurs. Leurs victimes font désormais partie de notre mémoire nationale et doivent être honorées comme telles ; tel est le sens depuis 2012, de la nouvelle commémoration du 11 novembre. Ainsi, d’hier à aujourd’hui, la mémoire combattante est passée par des temps forts et des temps de fragilité, ceux-là même qui expriment l’évolution de notre société et la prise en considération de celle-ci par l’Etat.

Si la mémoire combattante s’est affaiblie, c’est aussi qu’une autre mémoire, civile et victimaire, a depuis quelques dizaines d’années pris le relais. Mobilisés par l’idéal des droits de l’homme proclamé avec force dans les années 1980, les Français se montrent sensibles aux nombreuses victimes de la Shoah. Ce qui avait été jusque-là plutôt passé sous silence, devient une réalité qui interpelle en particulier les jeunes, à l’écoute des « passeurs de mémoire » survivants de l’horreur. De la Shoah à la mémoire coloniale, le pas est vite franchi par une France black-blanc-beur, qui cherche à mieux comprendre son histoire et ses origines multiples. Bientôt, c’est au tour des « victimes oubliées » de se mobiliser : homosexuels, arméniens ou tsiganes. Le glissement d’une mémoire combattante à une mémoire victimaire rend compte d’une nouvelle donne : le développement d’une mémoire identitaire, voire communautaire, qui peut affaiblir la mémoire nationale. Tel est la réalité historique.

Les grandes questions et débats mémoriels d’aujourd’hui

L’évolution de la France, la construction de sa mémoire tout au long des décennies écoulées, révèlent des réalités qui suscitent bien des débats au sein de l’opinion publique et politique. Ces débats animent, amplifient ou affaiblissent la politique mémorielle, qui se doit d’être sans cesse reconsidérée. L’un de ces débats concerne le calendrier mémoriel qui n’a eu de cesse de s’allonger au cours du 20ème siècle. Aujourd’hui, 14 journées de commémoration nationales rythment notre année. Pour certains, c’est beaucoup trop. Prenant acte des tensions existantes autour de ce « trop-plein mémoriel », l’Etat met en place en 2008 une commission confiée à l’historien André Kaspi, afin de réfléchir sur la possible réduction et simplification de la mémoire nationale. Les principales conclusions du  rapport Kaspi vont effectivement dans ce sens.

Un autre débat concerne l’appropriation de la mémoire par les survivants et les témoins d’un drame historique : soldats, prisonniers, déportés, … Vivre un deuil national, choisir le silence parce que la parole est impossible, oser parler en témoin exorcisant ses peurs et ses douleurs, ces différentes attitudes sont celles d’hommes et de femmes, acteurs et vecteurs de mémoire. Personne n’est en droit de juger de leurs attitudes mais peut, à travers elles, s’interroger sur le sens du traumatisme qu’engendre une volonté de transmettre le souvenir.

Dans le même temps, certains contemporains des événements ou leurs descendants n’hésitent pas à remettre en cause l’histoire pour créer une autre mémoire, dangereuse car basée sur le faux. Cette mémoire négationniste ou révisionniste, qui se développe à la fin des années 1970, n’a pas disparu aujourd’hui. Qu’elle s’exprime par des universitaires, des hommes politiques ou des humoristes, elle souligne la fragilité de la politique mémorielle et de son impact sur l’opinion publique.

Enfin, la politique de mémoire peut susciter l’essor d’un esprit de repentance, d’une reconnaissance officielle des « responsabilités », pour déboucher parfois sur une démarche active de réparation. Que ce soit le Président de la République en 1995, les évêques de France en 1997 ou le président de la SNCF depuis 2000, les discours se sont multipliés, ces dernières années, revenant sur l’implication de telle ou telle institution dans un drame passé. La création d’une Mission d’Etudes sur la Spoliation des Juifs de France ou l’aménagement de la gare de Bobigny pour en faire un lieu de mémoire, montrent cette volonté très médiatisée de proposer une mémoire repentante. Pour autant, chasser le danger de l’oubli par un excès de mémoire, peut aussi s’avérer inquiétant.

L’entretien de la mémoire ou les « passeurs de mémoire »

Au-delà des interrogations et des débats qui animent la politique mémorielle en France aujourd’hui, il s’avère capital de faire un point sur les médiateurs de cette mémoire. Qui sont-ils ? Dans quelle direction s’oriente leur action ? Par quel prisme s’exprime leur investissement ? Il suffit d’abord de regarder autour de soi et de considérer le nombre important de monuments mémoriaux, qui existent sur notre territoire national. Ceux-ci contribuent au développement d’un tourisme de mémoire, comme le souligne les Assises nationales du Tourisme de Mémoire tenues pour la première fois en 2011. De fait, ici et là, des sites mémoriels attirent toujours davantage de visiteurs issus de multiples générations. Par leur mise en valeur et leur fréquentation accrue, cimetières, nécropoles monuments, prisons, camps, musées…humanisent notre mémoire. « Passant, souviens-toi ! », peut-on lire souvent sur les murs de nos communes. Les commémorations, locales ou nationales qu’ils suscitent, intensifient la réalité d’une mémoire nationale vivante.

Et les hommes ? Ceux que l’on appelle les « porteurs de mémoire » se sont multipliés et diversifiés, au rythme des décennies écoulées. L’hommage des écrivains, de Doris Lessing à Pierre Lemaitre, en passant par Boualem Sansal et bien d’autres, est essentiel. Outre la transmission d’une culture, c’est une mémoire qu’ils entretiennent, qui ouvre parfois des portes insoupçonnées d’émotion et de vérité. Le prix Goncourt attribué à Pierre Lemaitre pour son « Au revoir là-haut » est ainsi une belle reconnaissance au travail de mémoire réalisé. Bien sûr, les grands porteurs de mémoire restent les anciens combattants et autres membres d’organismes mémoriels qui, depuis de nombreuses années, mobilisent leurs énergies et donnent de leur temps pour que l’on n’oublie pas. Certes, ces hommes et ces femmes sont de moins en moins nombreux à présent et beaucoup d’associations s’essoufflent mais leur investissement passé n’est pas sans lendemain. Car aujourd’hui, de nouveaux relais apparaissent et notamment chez les jeunes. Si certains participent à des actions anciennes comme la collecte du Bleuet, d’autres recherchent de nouvelles formes de mobilisation comme les associations de reconstitution historique ou les sites internet. Dans les municipalités, les Correspondants Défense institués en 2001, jouent également un rôle important. Les uns et les autres sont désormais affrontés à des défis, qui les conduisent à réfléchir sur la nation à construire. Entre la France d’Ernest Renan et la France européenne, il existe sans doute un équilibre à trouver. L’histoire des politiques mémorielles de notre pays doit les y aider, qu’ils soient éducateurs, enseignants, élus ou simplement actifs au sein d’une association mémorielle. Il y va de notre avenir, de notre République et de notre démocratie. Victor Hugo disait en 1848 : « Les souvenirs sont nos forces. Quand la nuit essaie de revenir, il faut allumer les grandes dates, comme on allume des flambeaux. ». Elle est peut-être là la politique mémorielle de demain ?

 

Sophie HASQUENOPH

 

[1] P. RICOEUR, La mémoire, l’histoire, l’oubli, Paris, Seuil, 2000.

M. le Ministre de la Défense salue un porte-drapeau de l'association "Le Souvenir Français".

M. le Ministre de la Défense salue un porte drapeau de l’association « Le Souvenir Français ».

Monsieur le Ministre,

Monsieur le Préfet,

Madame le Maire,

Mesdames et Messieurs les Élus,

Messieurs les Officiers Généraux,

Mesdames et Messieurs les Présidents d’associations,

Mesdames et Messieurs les Porte-drapeaux,

Chers descendants de Francis SIMON, à qui je tiens à dire mon amitié et mon respect pour leur formidable engagement dans Le Souvenir Français,

Chers adhérents du Souvenir Français,

Chers amis.

 

Monsieur le Ministre, permettez-moi de vous remercier. Une nouvelle fois, vous honorez Le Souvenir Français par votre présence. Rappelons que vous avez présidé les deux derniers congrès de notre association à Reims et à Paris. Merci Monsieur le Ministre.

Cette cérémonie aujourd’hui – un 26 novembre et ici – n’est pas banale.

Elle est à la fois la commémoration d’un immense symbole – la tombe du Soldat Inconnu – d’une grande association mémorielle – Le Souvenir Français – et d’un homme qui s’est engagé pour que s’enracine notre mémoire nationale – Francis SIMON.

Lorsque le 26 novembre 1916 Francis SIMON propose dans le discours qu’il prononce au cimetière de l’Est « Pourquoi la France n’ouvrirait-elle pas les portes du Panthéon à l’un de ces combattants ignorés morts bravement pour la Patrie, avec pour inscription sur la pierre, deux mots : un Soldat – deux dates : 1914-1917 ? Cette inhumation d’un simple soldat sous ce dôme où reposent tant de gloires et de génies, serait comme un symbole et de plus un hommage rendu à l’armée française tout entière ».

Nul ne peut imaginer combien ce vœu aura de retentissement. Nul ne peut imaginer que chaque Nation voudra se reconnaître dans un Soldat Inconnu – son Soldat Inconnu – comme un véritable ciment de son identité – Qui aurait pu imaginer le 26 novembre 1916 que la plupart des capitales des pays du monde se doterait d’une tombe nationale, Londres, Washington, Bruxelles, Rome, Belgrade, Bucarest, Athènes, Vilnius, Sofia, Varsovie mais aussi Berlin, Alger, New Delhi – Qui aurait pu imaginer que des nations comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Canada proclameraient leur autonomie de Nation en créant une tombe de Soldat Inconnu ?

Aujourd’hui, en rappelant ici le vœu de Francis SIMON, nous enracinons dans notre histoire, l’invention d’un formidable symbole national.

Lorsqu’il prononce son discours, Francis SIMON, est un acteur incontournable de la vie mémorielle de Rennes, il préside le comité du Souvenir Français de cette ville.

Et en 1914, présider un comité du Souvenir Français ce n’est pas rien.

Cette association – notre association – a alors 27 ans d’existence. Elle est toute jeune et présente pourtant déjà un formidable bilan. Plusieurs milliers de monuments, de stèles et de plaques ont été matérialisés. Des milliers de tombes ont été sauvegardées. Le Souvenir Français participe alors grandement à la construction de cette Nation mémorielle qu’est la France – Nation mémorielle définie avec tant de talent par un autre breton – Ernest RENAN.

Le Souvenir Français est né  – est-il nécessaire de le rappeler – de la volonté des gouvernements de la 3ème République de doter la France d’une grande association chargée de sauvegarder la Mémoire de la France au combat.

Est-il nécessaire de rappeler ici que le principal monument construit à Waterloo en 1904 a été financé par Le Souvenir Français. Est-il nécessaire de rappeler ici que la Mémoire de la guerre franco-prussienne de 1870-71 a été portée par Le Souvenir Français.

En 1916, le discours de Francis SIMON s’impose car il est celui d’un président d’une grande association qui apporte à la Nation en guerre l’obligation du souvenir – réponse en particulier qu’il a matérialisée en créant le 2 septembre 1914 une association – fille du Souvenir Français l’Escorte d’Honneur.

Mais au-delà de cette réalité, ce discours est d’abord celui d’un homme.

Formidable Francis SIMON – imprimeur et quel imprimeur dans cette ville  de Rennes qui à l’époque est une véritable pépinière de grandes imprimeries, Francis SIMON est un homme engagé dans la cité.

L’énumération des associations dont il fut le créateur ou l’animateur est impressionnant – la société philarmonique rennaise, l’union fraternelle des blessés de la Grande Guerre, le comité de défense des intérêts bretons, la chambre des métiers de Bretagne, la société de gymnastique de tir et d’escrime, l’Escorte d’Honneur, le cercle du Général Hubert LYAUTHEY, la chambre de commerce et de l’industrie, l’association d’assistance mutuelle de la société de protection des enfants employés dans les manufactures, la société d’archéologie d’Ile et Vilaine, le comité des fleurs de la ville de Rennes.

Nul mieux que Francis SIMON n’a su illustrer la force de la vie associative à Rennes.

Hommage aujourd’hui lui est rendu, à lui qui ne fut invité ni le 11 novembre 1920 lorsque l’on transféra à l’Arc de Triomphe le cercueil du Soldat Inconnu, ni le 11 novembre 1923 lorsque l’on inhuma ce soldat dans sa tombe actuelle.

Monsieur le Ministre,

En rappelant ici ce discours fondateur du 26 novembre 1916, je tiens aussi à souligner ce que nous apprend le passé de notre association – l’obligation de l’enracinement, la force de l’ouverture et la richesse de l’innovation.

Monsieur le Ministre, aujourd’hui et je terminerai mon propos sur ces trois idées :

  • L’enracinement c’est la décision prise par Le Souvenir Français, de raviver la Flamme chaque année le 26 novembre.
  • L’ouverture – c’est l’exemple de la délégation d’Ile et Vilaine et du comité de Rennes ouvert sur la société civile.
  • L’innovation enfin – c’est la décision de soutenir le grand projet initié par M. Jean-Michel GILOT – ici présent, de réaliser un « Panthéon numérique » des Morts pour la France de la Grande Guerre.

Respect au Soldat Inconnu

Hommage à Francis SIMON

Avenir du Souvenir Français

Trois voies auxquelles nous engage la cérémonie d’aujourd’hui

Je vous remercie