Hommage à Jean Berguerand le 3 septembre 2019 à Vincennes

Le 3 septembre 2019 Le Souvenir Français a rendu hommage aux soldats Morts pour la France en 1939.

La cérémonie nationale a eu lieu dans le cimetière ancien de Vincennes où le soldat Jean Berguerand a été mis à l’honneur. Madame Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’Etat auprès de la Ministre des Armées, a présidé cette cérémonie.

Télécharger le discours de Madame Geneviève Darrieussecq 

Télécharger le discours du Contrôleur général des armées Serge Barcellini, Président général du Souvenir Français 

Jean-Felix Marie Joseph Berguerand naît le 21 novembre 1914 à  Vincennes.

Son père, Maurice Félix BERGUERAND, qui travaille dans le domaine de l’industrie, est mobilisé en 1914 à l’âge de 31 ans. Survivant de la Première Guerre mondiale, il est néanmoins gazé et reste d’une santé très précaire. En 1922, il décède des suites de ses blessures de guerre, à l’âge seulement de 39 ans. Le jeune Jean est donc orphelin de père à 8 ans ; il est élevé à Vincennes par sa mère Suzanne, sans profession. Après une enfance et adolescence studieuse, il choisit de suivre des études à Sciences Po. Etudiant brillant, il témoigne d’une grande culture littéraire, aux dires de plusieurs membres de sa famille. Au terme de ses études, il fait sa Préparation militaire supérieure, d’où il sort Major. Le jeune homme, appelé à un grand avenir, entre au Ministère des Finances comme secrétaire-rédacteur. Pour lui, ce n’est qu’un début de carrière ! Le 9 août 1938, il épouse Germaine PIERRE, une jeune professeure de piano. L’existence s’annonce heureuse et paisible pour ce jeune couple, qui attend bientôt un enfant.

   Survient alors, dans un contexte de tension internationale, la guerre contre le voisin allemand. Le 2 septembre 1939, alors même que le Parlement français vote un crédit militaire de 70 milliards, la mobilisation générale commence dans tout le pays. Jean BERGUERAND est appelé comme lieutenant au sein du 182ème Régiment d’Artillerie lourde Tractée (R.A.L.T.). Envoyé avec son régiment en Allemagne, il participe à l’offensive de la Sarre, la première opération militaire française de la Seconde Guerre mondiale. L’opération, commandée par le commandant Gamelin, débute le 7 septembre. Le 9, l’ensemble des divisions d’infanterie et mécanisées entrent en Sarre, sans aucune résistance de la part des Allemands, qui se concentrent sur la campagne de Pologne. Néanmoins, l’offensive de la Sarre, qui dure jusqu’au 17 octobre 1939, fait 196 morts parmi les Français. L’un d’eux n’est autre que Jean BERGUERAND, qui, lors d’une reconnaissance délicate à proximité des lignes ennemies, est atteint le 14 septembre par un éclat d’obus au carrefour de PEPPENKUM. Il est inhumé le lendemain à 7 heures du matin, au cimetière voisin de GROS REDRECHING. Le jeune lieutenant n’avait que 24 ans. Il est l’une des toutes premières victimes de la Seconde Guerre mondiale.

Dès l’annonce de sa mort, le colonel Le Nôtre demande la citation militaire et la Légion d’Honneur à titre posthume. Pour sa famille et sa jeune épouse enceinte, c’est un drame à affronter, alors que la guerre commence à peine. Quelques mois après le décès de Jean BERGUERAND, le 11 décembre 1939, son épouse met au monde un garçon, dénommé François. Elle l’élève seule, dans le souvenir de son père « Mort pour la France ». Malheureusement pour elle, un nouveau drame vient la frapper. Le 21 décembre 1949, le jeune garçon âgé tout juste de 10 ans, décède d’une méningite foudroyante. La jeune veuve fait montre alors d’un courage exceptionnel, soutenu par sa famille et ses amis. Elle demeure à Vincennes, où reposent désormais le corps transféré de son époux, aux côtés de son fils François. Habitant presque jusqu’à la fin de son existence une maison avenue Georges Clemenceau à Vincennes, elle continue à y donner des leçons de piano. Avec elle disparait une lignée, doublement victime des guerres du 20ème siècle.

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