Trois questions à Serge Barcellini

Secrétaire général de l’association « Paysages et Sites de Mémoire de la Grande Guerre ».

 

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Président général de l’association « Le Souvenir Français », Serge Barcellini assure le Secrétariat général de l’association « Paysages et Sites de Mémoire de la Grande Guerre » qui porte le dossier d’inscription des sites funéraires et mémoriels de la Grande Guerre auprès de l’UNESCO.

 

1- Pourquoi avez-vous fait le choix d’inscrire des sites funéraires et mémoriels de la Grande Guerre sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ?

Ce choix s’inscrit dans une réflexion. La disparition des derniers anciens combattants (Lazare Ponticelli en 2008) a ouvert un nouveau temps mémoriel. Après avoir été porté par l’homme (celui qui pouvait dire j’y étais), le témoignage de la Grande Guerre est désormais porté par le site (celui où l’on peut dire ici, il s’est passé quelque chose). Cette transformation induit trois conséquences: la première, c’est l’obligation de bien entretenir les sites; la deuxième, c’est de définir le rôle des nouveaux acteurs de mémoire et la troisième, enfin, est de coordonner les sites afin qu’une mise en valeur ne transforme pas leur histoire et plus globalement l’histoire de la guerre. Ces obligations sont d’autant plus fortes que la prise en charge par les Conseils départementaux de nombreux sites de mémoire et l’ouverture au tourisme qui fait rentrer la mémoire dans le champ économique entraîne un fort risque de concurrence entre les sites.

L’inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO est donc une réponse à l’ardente obligation de maintenir la Grande Guerre dans le champ de l’Histoire.

2- Comment êtes-vous parvenu à créer le dossier qui sera déposé à l’UNESCO en janvier 2017 ?

Quatre étapes :

La première, c’est la rencontre entre deux acteurs de mémoire : Mme Marie-Madeleine Damien, professeur à l’Université de Lille qui proposa aux autorités belges d’associer la France au projet qu’ils portaient et moi-même qui propose en 2009 au Conseil départemental de la Meuse de lancer un projet d’inscription au patrimoine mondial du champ de bataille de Verdun et des sites du front français.

La deuxième, c’est l’accord intervenu entre la Belgique et la France. Les autorités flamandes ont inscrit un dossier pour les sites mémoriels flamands de la Grande Guerre en 2002. En 2011, nous avons proposé d’une part d’élargir leur dossier à la Wallonie, d’autre part de créer un dossier global pour tout le front de l’ouest.

La troisième, c’est la création d’une association réunissant les quatorze départements du front. Cette association est coprésidée par deux présidents de Conseils départementaux : Monsieur Claude Léonard (Meuse) et Monsieur Laurent Somon (Somme). C’est cette association qui porte depuis 2011 le dossier auprès de l’UNESCO.

La quatrième, enfin, c’est l’acceptation par les autorités françaises de ce dossier, en deux temps, inscription d’abord sur la liste française des sites retenus pour l’UNESCO, et accord ensuite pour que la Belgique dépose le dossier avec la France à ses côtés.

3- Quand pensez-vous parvenir au classement ?

Le calendrier est désormais très contraint. Le 31 janvier 2017, le dossier est déposé définitivement à l’UNESCO par la Belgique et la France. De septembre 2017 à décembre 2017 les experts de l’ICOMOS (Conseil international des monuments et des sites) vont visiter l’ensemble des sites. Ils rendront leur conclusion en mai 2018. Et si tout est parfait, les sites funéraires et mémoriels de la Grande Guerre seront inscrits sur la liste du patrimoine mondiale en juin 2018.

Le 11 novembre 2018 marquera ainsi un nouveau point de départ d’une mémoire de la Grande Guerre.

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