Trois questions à Jacques BONNETÊTE

Né à Beyrouth en 1931, Jacques BONNETÊTE sert dans l’Infanterie jusqu’au grade de Commandant. Officier de Légion au 3ème puis au 4ème Régiment Etranger d’Infanterie, il a participé à la Guerre d’Indochine, où il fut prisonnier du Viet-Minh durant sept mois, puis à la Guerre d’Algérie pendant plus de cinq ans. Il a également servi au 24ème Bataillon de Chasseurs Portés en Allemagne, à l’Ecole Militaire de Strasbourg et à l’Etat Major de l’Armée de Terre.

De 1972 à 1995, il a été Contrôleur puis Contrôleur Général des Armées. Après avoir exercé des missions traditionnelles de contrôle, il a été successivement « Chargé de Mission Economies d’Energies » auprès du ministre de la Défense, Chef de « l’Inspection des Installations Classées pour la protection de l’environnement » du ministère de la Défense et enfin de 1989 à 1995 Secrétaire Général du Conseil Supérieur de la Fonction Militaire.

Depuis 2000 il est Président de l’ANAPI (Association Nationale des Anciens Prisonniers, Déportés et Internés d’Indochine) et depuis 2008 également Président du Comité National d’Entente Indochine – Missions Extérieures.

Titulaire de la Croix de Guerre T.O.E. avec une citation à l’ordre de l’Armée, et de la Croix de la Valeur Militaire avec cinq citations, le Contrôleur Général BONNETÊTE est Grand Officier de la Légion d’Honneur et Chevalier des Palmes Académiques. Titulaire d’une Maîtrise de Droit Public et d’une Licence de Sciences de l’Education, il est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Strasbourg et d’Etudes Supérieures de Droit Public.

1) Vous présidez le Comité National d’Entente Indochine – Missions Extérieures, quelles actions conduit ce comité afin de sauvegarder la mémoire de la guerre d’Indochine en France ?

Le Comité National d’Entente Indochine – Missions Extérieures a pour mission principale de sauvegarder la mémoire de la Guerre d’Indochine et de défendre les droits des anciens Combattants.

A ce titre il a obtenu le statut de « Prisonnier du Viet-Minh » par une Loi du 31 décembre 1989.

En matière de Mémoire, il a été à l’origine du transfert du Soldat Inconnu à Notre Dame de Lorette, puis de la Nécropole de Fréjus inaugurée en 1994 par le Président de la République François MITTERRAND.

Il a obtenu la création d’une Journée Nationale de Commémoration des Morts pour la France en Indochine, le 8 juin. Cette cérémonie à l’Arc de Triomphe est présidée le plus souvent par le ministre des Armées. Exceptionnellement cette année, la cérémonie Nationale sera présidée le 8 juin 2019 par le Premier ministre aux Invalides et par les Préfets le 13 juin 2019 en province.

  2)  Quelle place doit selon vous conserver la guerre d’Indochine dans l’enseignement de l’histoire ?

La place de la Guerre d’Indochine est quasiment nulle dans les programmes scolaires d’histoire, si ce n’est occasionnellement dans les huit heures consacrées à la décolonisation. C’est dire le peu d’enthousiasme manifesté par le ministère de l’Education Nationale.

Néanmoins, quelques initiatives locales permettent à de rares élèves de visiter la Nécropole de Fréjus et de faire comprendre aux jeunes générations que cette guerre avait pour objectif d’éviter que les trois pays (Vietnam, Laos, Cambodge) tombent sous la férule communiste, ce qui malheureusement fut le cas.

Hommage doit être rendu aux victimes chez les forces franco-vietnamiennes.

  3)  Les anciens d’Indochine sont de moins en moins nombreux. Qui d’après vous doit prendre leur relai afin que leur mémoire soit sauvegardée, en particulier dans les communes où existent des monuments et des stèles ?

Le Comité est pleinement conscient du fait que le souvenir et les sacrifices consentis par les combattants d’Indochine en faveur de notre pays ne doivent pas s’effacer avec la disparition progressive et inéluctable des derniers survivants de ce conflit.

Cette question a d’ailleurs fait l’objet de nombreux échanges au sein du Comité d’Entente lequel rassemble – je tiens à la rappeler –  une cinquantaine d’associations de vétérans. Aussi lors d’une de ses dernières réunions, celui-ci a-t’il pris la décision de s’ouvrir aux plus récentes générations du feu ayant participé aux opérations extérieures menées par la France depuis 1963. D’où la nouvelle dénomination qui est la sienne désormais : Comité National d’Entente Indochine – Missions Extérieures. De la sorte, on peut raisonnablement espérer que ces plus jeunes vétérans auront à cœur de perpétuer la mémoire non seulement de leurs combats mais également de ceux de leurs grands Anciens d’Indochine.

D’une manière plus générale, ce Comité pourrait fusionner avec une des grandes associations ou fédérations : Maginot, l’UNC (Union Nationale des Combattants) ou/et le Souvenir Français, en particulier pour les communes où existent des monuments et des stèles.

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