Sous les projecteurs : La rénovation des tombes à Bias

En janvier 1963, le camp de transit et de reclassement de Bias s’ouvre aux familles d’anciens harkis, réfugiés après les Accords d’Evian dans les camps de Bourg-Lastic, Le Larzac, Rivesaltes et Saint-Maurice l’Ardoise. Le camp de Bias, désigné officiellement « Centre d’Accueil des Rapatriés d’Algérie (CARA) » en 1964, est rapidement destiné à accueillir les personnes jugées « incasables » par l’administration : il s’agit des infirmes, des invalides, des personnes âgées et des veuves, pour lesquels il est indispensable de prodiguer des soins et de fournir un accompagnement médico-social. Beaucoup n’avait pas de famille car rapatrié seul et/ou blessé. La cité est cernée de barbelés et la vie y est très règlementée. Les premières années, le clairon rythme les journées, la présence au lever du drapeau est quasi obligatoire et la surveillance du camp est assurée par la gendarmerie. Si ces pratiques disparaissent rapidement, d’autres leurs survivent, édictées par un règlement intérieur concernant la circulation, la discipline, l’hygiène des habitants.

L’administration du camp est prise en charge par la ville de Bias, à la suite d’une révolte des jeunes fils de Harkis durant l’été 1975. Malgré les promesses de destruction du camp, il faut attendre 1983 et surtout 1989 pour que des premières démolitions soient réalisées et que des pavillons sociaux avec plus de confort, mais toujours dans cet espace de relégation soient créés.

Le cimetière communal a accueilli, dans une extension, les décédés du camp. Si les tombes des Harkis décédés à partir des années 1970, en laissant une famille derrière eux, sont bien entretenues, tel n’est pas le cas des tombes des Harkis arrivés célibataires et souvent de santé déficiente. Des dizaines de tombes étaient à l’abandon. De nombreux noms avaient disparu. Le collectif Harkis composé plus particulièrement d’enfants de la première génération a attiré très tôt l’attention sur cette situation. Après plusieurs années de renvoi entre services administratifs, Le Souvenir Français a décidé de prendre en charge la réhabilitation en partenariat avec la municipalité de Bias et le collectif Harkis.

Le projet de rénovation a été lancé le 22 janvier 2018 avec la pose du premier cadre funéraire de la sépulture de Mohammed MEZEMZI, né en 1895 à Aïn Sefra et décédé le 8 février 1967 à Bias.

Les personnes dont la sépulture a été rénovée :

Salah HELALI né le 27 mars 1938, décédé le 6 janvier 2011

Ahmed HANOUN né le 21 novembre 1936, décédé le 16 novembre 1974

Benaouda BELLABES né en 1910, décédé le 6 septembre 1973

Saïd SLIMANI né le 15 juin 1902, décédé le 14 août 1966

Sadia KABECHE veuve GUICI, née en 1927, décédée le 28 août 1966

Benchora OUAKAL, dates inconnues

Mo-Rachid TAMOURT, dates inconnues

Mohamed MEZEMZI né en 1895, décédé le 8 février 1962

Kheira TERFANI épouse TIKNIOUINE,  née en 1899, décédée le 27 août 1967

Abdelkader TIKNIOUINE né en 1889, décédé le 22 septembre 1967

BOUSSAID épouse  KHADRI

Le 25 septembre une cérémonie importante placée dans le cadre de la Journée commémorative nationale sera organisée afin d’inaugurer l’ensemble des 11 premières tombes rénovées.

 

Contact : Dick BOGG, délégué général du Souvenir Français pour le Lot-et-Garonne, 47@dgsf.fr

 

Témoignage de Mohamed Djafour

Ce texte relate l’enfer vécu par des milliers de familles de Harkis après le cessez-le-feu. La région de Tizi-Ouzou en particulier Makouda et ses alentours, en Kabylie est connue pour son excès de violence sans pitié à l’égard des Harkis et de leurs familles.

Télécharger le témoignage de Mohamed Djafour

 

 

Cahier de Photographies

Cahier de Photographies

Cahier réalisé par l’Etablissement de Communication et de Production Audiovisuelle de la Défense (ECPAD) dans le cadre d’un partenariat avec Le Souvenir Français.

Centre d’ instruction des harkis d’Hamman Meskoutine.

Pendant une quarantaine de jours, les jeunes harkis du centre d’instruction d’Hammam Meskoutine sont formés au maniement des armes, au tir, aux exercices sur le terrain. Ils suivent également une instruction psychologique dispensée par le le lieutenant Portet du 151e Régiment d’infanterie de motorisée (RIM), commandant du centre. Situé dans le secteur de Guelma et à 90 kilomètres au sud ouest de Bône, le site d’Hammam Meskoutine est plus particulièrement connu pour ses sources chaudes. Lors d’une patrouille, les harkis passent devant la station thermale au milieu des promeneurs venus admirer les bassins.

Lors d’un exercice de tir, un harki, posté derrière un fourré, s’initie au maniement de la mitrailleuse Browning 30 mm 1919 A6. Après une collation, distribuée en plein air sous un pâle soleil automnal, la harka quitte à nouveau le centre et repart en patrouille. De retour, les jeunes engagés algériens assistent à la traditionnelle montée des couleurs. Le soir, ils se distraient en jouant de la musique ou en dansant. La phase d’instruction ne les empêche pas d’aller aider les villageois à reconstruire leurs habitations. Pour cela, ils sont encadrés par des soldats français du contingent spécialisés dans le bâtiment. Dans le village, l’arrivée de l’aide médicale permet aux femmes d’amener leurs enfants vers les médecins pour un examen médical, pendant qu’un aspirant du 151e Régiment d’infanterie motorisée (RIM) s’adresse aux hommes réunis sur la place.

Les harkis du secteur de Collo

La harka des Reguibat de Tindouf.

Un groupe de nomades Reguibat, appelés communément « hommes bleus », par leur port d’un chèche, est employé par la Compagnie saharienne portée d’infanterie de Marine (CSPIMA) comme harkis. Lors de déplacements qui peuvent durer plus d’un mois, la harka a pour mission de s’informer des passages indépendantistes à la frontière algéro-marocaine en établissant des contacts avec les autres nomades venant de Mauritanie ou du Maroc. Un sergent Reguibat s’apprête à ordonner le départ de sa harka pour aller ravitailler un peloton dans le désert. Au cours de la mission, il rencontre d’autres « hommes bleus » circulant à dos de chameau et avec lesquels il converse chaleureusement. Cette rencontre est également l’occasion d’obtenir des informations. Un peloton de harkis est également installé au poste fixe de Djebilet qui protège le Bureau d’investissement algérien (BIA) s’occupant d’un important gisement de fer. Ce poste permet aux nomades de s’approvisionner en eau dans cette région saharienne aride.

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